mercredi 31 décembre 2008

ALEJANDRO ARAVENA, LA VILLE COMME CREUSET DE L'ÉQUITÉ SOCIALE

Elle permet d'améliorer leur vie et de limiter les inégalités à court terme. Il faut agir sur l'éducation, l'emploi, mais cela prend beaucoup de temps. L'urbanisme est un raccourci."
L'année 2008 aura été fructueuse pour le directeur de l'agence Elemental Team, également professeur à l'Université catholique de Santiago, après avoir enseigné à Harvard et à Barcelone : Alejandro Aravena a été lauréat du Lion d'argent de l'architecte le plus prometteur à la Biennale de Venise, nominé au Global Award for Sustainable Architecture à Paris, et vient d'être nommé membre du jury du prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l'architecture.
Face à des budgets publics toujours très serrés et à l'urgence sociale dramatique du logement, son approche inattendue suscite de plus en plus d'intérêt : "Nous préférons construire la moitié d'une bonne maison plutôt qu'un mauvais logement." Une recette qui permet, selon lui, pour un coût de seulement 10 000 dollars par habitation, de faire face à l'urbanisation galopante des pays du Sud et de résorber les bidonvilles sans sacrifier la taille des logements et sans exiler les pauvres à des kilomètres des centres urbains.

"Avec l'argent public, on construit ce qu'une famille ne peut pas faire correctement par elle-même : la cuisine, la salle de bains, les murs mitoyens, l'isolation...", explique l'architecte. Aux habitants de réaliser peintures et finitions sur les murs de briques et de béton ; à eux aussi de bâtir les pièces supplémentaires dans les vides prévus à cet effet. "Nous savons dès le départ pour qui nous construisons, ce qui nous permet d'impliquer les communautés dans une démarche participative, pour les aider à définir un contrat social, des règles communes, des modèles de construction efficaces et peu coûteux."

Ainsi, à Iquique (nord du Chili), cent familles d'un bidonville ont été relogées dans des habitations mitoyennes de 36 m2, au profil étrangement crénelé en forme de L. En quelques mois, les habitants ont bâti des chambres dans le vide des L et fait passer la taille de leurs logements à 70 m2. Cinq programmes de ce type ont déjà été réalisés au Chili, treize autres sont en chantier. "On a des appels de toute l'Amérique du Sud", se félicite Alejandro Aravena, qui démarre un projet au Mexique.

Le budget économisé sur la construction est affecté à des dépenses jugées plus stratégiques : "Les familles peuvent modifier l'allure de leur logement, pas la nature de leur quartier. Nous n'achetons que des terrains centraux, bien desservis par les transports, en consacrant au foncier trois fois plus d'argent que le logement social classique. Ainsi ces familles pauvres, souvent sans voiture, ne seront pas isolées et auront accès aux emplois."

Une manière aussi de faire du logement social un investissement, et non une simple dépense, pour les familles propriétaires : "Alors que la plupart des logements sociaux piègent les familles dans des habitations qui ne cessent de se dévaluer, nous fournissons un produit qui va prendre de la valeur. Nous utilisons les principes du capitalisme pour aider les pauvres..."

Alejandro Aravena ne se cantonne pas à ce travail social. Il poursuit une oeuvre où se manifeste un goût prononcé pour la mise en scène et la géométrie. Après avoir signé plusieurs bâtiments universitaires à Santiago, il dessine un nouveau bâtiment pour la Vitra Design Foundation, à Weil-am-Rhein, en Allemagne. Loin des bidonvilles chiliens, il côtoie là des stars mondiales de l'architecture comme Herzog & de Meuron, Frank Gehry ou Zaha Hadid.

CHILI : LES ROBINS DES BOIS ARCHITECTES







Iquique, Quinta Moroy

Il dirige Elemental depuis 2006, une structure originale créée pour stimuler la construction durable. Spécialisé sur la construction de logements sociaux, la devise est la suivante : «faire mieux avec les mêmes moyens». Cette devise a déjà fait ses preuves dans des quartiers défavorisés du Chili ou avec un budget public restreint les architectes ont conçus en collaboration avec les habitants des bidonvilles, des logements sociaux de qualité.

La « construction ouverte »

Pour atteindre ces objectifs économiques, et pour réduire les coûts de construction, des rencontres sont organisées avec les habitants des bidonvilles pour déterminer les priorités des besoins. S’il est important que les habitats soient de bonne qualité (isolation, sanitaire, etc.) d’autres éléments sont moins urgents (peinture, espace supplémentaire). Cents familles issus de bidonvilles d’Irique, relogées sur place ont expérimenté la «construction ouverte » grâce aux subventions publics modestes et à l’intervention d’Elemental. Ils, ont, par exemple, accepté de peindre leurs habitations eux-mêmes plus tard, préférant privilégier les travaux qu’ils ne pourraient pas faire eux-mêmes comme les salles d’eau. Les habitations ont pris dans le cadre de se projet la forme d’un ‘L’ en béton afin de donner aux habitants, la possibilité d’agrandir sa maison en complétant cette espace dès qu’il en a la possibilité et les moyens.

Faire de la ville une source d’équité

Alejandro Aravena fait du social et plus précisément de l’intégration sociale. Affilié à l’Université de Santiago, Elemantal est un « Do Tank » (en opposition à « Think Tank) qui met en œuvre des projets urbains d’intérêts sociaux. Trois principes guident la démarche de ce groupe : le premier met en avant la nécessité de penser et de construire de meilleurs quartiers afin que le développement casse le cercle vicieux de l’inégalité. Deuxième principe le fameux « hacer mas con lo mismo », faire plus avec la même chose et enfin, « faire de ces logements un progrès social et non une simple dépense de plus et améliorer ainsi la qualité de vie dans les villes chiliennes », l’objectif étant de faire de la ville une « source d’équité ». Le Chili, et le groupe Elemental semble là donner une bonne leçon à la France en matière de construction non seulement sociale, mais aussi environnementale. « A la lumière de l’expérience, Elemental veut contribuer, avec une ingénierie et une architecture d’avant-garde, à élever le niveau de vie au Chili, en utilisant la ville comme une ressource illimitée pour construire l’égalité.»

Les projets d’Elemental ne s’arrêtent pas là. Récompensé à plusieurs reprises, dans le monde entier, le groupe a reçu les félicitations de la présidente du Chili Michelle Bachelet. Elemental construit également des bâtiments publics tels que des universités, propose des modèles de logements parasismiques et respectueux de l’environnement. Des projets qui s’étendent un peu partout dans le monde, notamment au Texas avec l’Université St Edwards à Austin.

Consulter le site web d’Elemental Visionner le diaporama des réalisations d’Elemental ici

Consulter nos articles sur l’architecture durable :



mardi 30 décembre 2008

Chili : une enquête sur les faux disparus

Le juge chilien Carlos Gajardo est exclusivement chargé de faire la lumière sur ces "faux disparus" qui ont causé une "profonde émotion publique", selon les magistrats de la cour d'appel.
Les autorités, qui vont engager des poursuites pour escroquerie et fraude, ont pour l'instant relevé le cas de quatre personnes, inscrites de manière erronée sur la liste officielle de plus d'un millier de victimes répertoriées au cimetière général de Santiago. Certains sont encore en vie, d'autres sont décédés, mais leur mort n'a rien à voir avec le régime militaire du général Pinochet (1973-1990), tenu pour responsable de la disparition de plus de 3.000 victimes.
Le scandale a éclaté après que l'Association des familles de détenus et disparus (AFDD) eut révélé en novembre le cas d'un Chilien de 65 ans, déclaré disparu alors qu'il vit à Buenos Aires. Sa famille, qui était au courant, avait perçu 62.000 dollars de l'Etat au titre de réparation morale.
Ces révélations ont ému l'opinion publique dans ce pays encore divisé autour de l'héritage de l'ancien dictateur, dont les partisans ont toujours affirmé que le nombre des disparus avaient été gonflés. La présidente socialiste du Chili, Michelle Bachelet, qui fut elle-même torturée sous la dictature, a affirmé qu'elle ne laisserait pas le doute ronger "la vérité historique".

dimanche 28 décembre 2008

Quatre pays sud-américains condamnent les raids israéliens sur Gaza

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Photo AP
Israël a lancé samedi des raids aériens meurtriers contre le Hamas à Gaza, qui ont fait 230 morts et 700 blessés dans une tentative d'en finir avec les tirs de roquettes sur l'Etat hébreu depuis le territoire sous contrôle du mouvement islamiste.

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Photo AP

Le président vénézuélien Hugo Chavez a fait part de sa "profonde indignation face à l'attaque criminelle que constitue le bombardement par Israël du peuple palestinien dans la bande de Gaza".

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Photo AP

Exprimant "sa solidarité avec le peuple palestinien", le gouvernement vénézuélien appelle à "lancer une campagne massive de condamnation de ces actes odieux de violence, à travers laquelle Israël cherche à annihiler l'espérance de vie de tout un peuple".

Le Venezuela, dont le président Chavez est la bête noire de Washington dans la région, condamne également la position des États-Unis, "le seul gouvernement du monde complice de cette attaque".

Parallèlement, le Chili a dans un communiqué officiel "condamné énergiquement les attaques perpétrées aujourd'hui (samedi) dans la bande de Gaza (...) et exprimé sa profonde préoccupation quant à l'escalade de la violence dans la région".

Le gouvernement chilien "appelle à la cessation immédiate des hostilités et des provocations et regrette profondément l'usage disproportionné de la force de la part d'Israël".

Le Brésil "a déploré la réaction israélienne disproportionnée", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, exprimant sa "solidarité" avec les familles des victimes des raids.

De son côté, le gouvernement argentin a exprimé sa "peine et le refus des actes de violence et demandé le retour du dialogue et de la négociation", également dans un communiqué du ministère à Buenos Aires.


jeudi 25 décembre 2008

L'écrivain Harold Pinter est mort

Photo Dick Scott-Stewart 30/03/01
L'auteur souffrait d'un cancer de l'œsophage depuis 2002. La nouvelle a été transmise au quotidien britannique The Guardian par Antonia Fraser, sa seconde épouse. "C'était un grand homme et ce fut un privilège de vivre avec lui pendant plus de trente-trois ans. Il restera à jamais dans nos mémoires", a-t-elle déclaré au journal sans donner plus de précisions.

Auteur d'une trentaine de pièces de théâtre, Pinter était également poète, metteur en scène et auteur de scénarios. Né le 10 octobre 1930 dans le quartier populaire londonien de Hackney, fils d'un tailleur juif, il se lance dans la production théâtrale en 1957, avec La Chambre. L'année où il l'écrit, Pinter donne également L'Anniversaire et Le Monte-Plats, dans un autre registre. Ces trois pièces en un an font de lui un dramaturge, par surprise, a-t-il souvent dit par la suite.

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Photo Alan Davidson

Le premier succès retentissant de Pinter est Le Gardien, en 1960. Suivent La Collection, L'Amant, Le Retour, C'était hier, No man's land et Trahisons, qui lui apportent une renommée mondiale. En France, Roger Blin le fait découvrir, dès 1960, avec Le Gardien. Il collaborera à plusieurs reprises pour le cinéma, écrivant notamment les scénarios de La Maîtresse du lieutenant français et de L'Ami retrouvé. Le 13 octobre 2005, il reçoit le prix Nobel, devenant le deuxième Prix Nobel britannique après George Bernard Shaw.

Artiste et intellectuel engagé, il était, dans les années 1980, un infatigable critique de l'action du président américain Ronald Reagan et de sa contemporaine britannique, l'ancienne première ministre Margaret Thatcher. Plus récemment, Pinter avait tourné sa colère contre l'engagement de l'ONU au Kosovo, l'invasion américaine de l'Afghanistan et la guerre en Irak (2003), comparant Tony Blair à "un idiot plein d'illusions" et qualifiant George Bush de "criminel de guerre".

mercredi 24 décembre 2008

Siglo XXI Juin 2007

SXXI JUIN 2007

Siglo XXI Septembre 2006

SXXI SEPT 2006

Siglo XXI Janvier 2006

SXXI JAN 2006

Siglo XXI Décembre 2005

SXXI DEC 2005

Siglo XXI Novembre 2005

SXXI NOV 2005

Siglo XXI Octobre 2005

SXXI OCT 2005

El Siglo XXI Septembre 2005

SXXI SEPT 2005

El Siglo XXI Juin 2005

SXXI JUIN 2005

El Siglo XXI Mai 2005

SXXI MAI 2005

El Siglo XXI Mars 2004

SXXI MARS 2004

El Siglo Janvier 2005

SXXI JAN 2005

mardi 23 décembre 2008

El Siglo XXI Novembre 2004

SXXI NOV 2004

Siglo XXI Septembre 2004

SXXI SEP 2004

Wal-Mart Stores lance une OPA sur le chilien D&S

D&S a déclaré vendredi soir tard à la Bourse chilienne que l'offre serait faite à hauteur de 0,408 dollar par action (258,46 pesos par action).Wal-Mart a déclaré que son offre représentait une prime d'environ 37% par rapport au cours moyen de clôture du titre des trente derniers jours.A l'ouverture de la bourse chilienne, lundi, le titre D&S a grimpé de 28%, à 250 pesos par action, avant de revenir dans la zone des 248 pesos.Le lancement de l'OPA devrait être effectif mardi aux Etats-Unis et au Chili.Manuel Farias, version française Florent Le Quintrec

La République du Chili convoquée devant le Tribunal des prud'hommes

Depuis une année, Antonieta1 a écrit (par l'entremise du Syndicat sans frontières) à la Mission permanente de la Suisse auprès des Nations Unies, au Bureau de l'amiable compositeur2, au Conseil d'Etat genevois et même à la présidente du Chili, Michelle Bachelet! A chaque fois elle a reçu la même réponse de Normand: «En principe, vous avez droit au salaire du contrat type de la branche, mais votre cas est un peu spécial.» Aux dernières nouvelles, c'est le Tribunal des prud'hommes qui devrait, enfin, lui donner la réponse. Mardi, le tribunal s'est déclaré compétent pour trancher le litige qui oppose la domestique à la «République du Chili». Cette ouverture fait chaud au coeur de Luis Cid, responsable du Syndicat sans frontières. Chilien lui aussi et infatigable dénonciateur des abus commis dans le cercle très protégé des diplomates. L'avocat de la mission du Chili, Antoine Kohler, a vainement tenté d'empêcher la tenue du procès à Genève, faisant valoir «l'immunité de juridiction du Chili»: les contrats de travail (signés à Genève) font en effet référence aux lois chiliennes. Il revenait donc, selon lui, aux tribunaux chiliens de trancher le litige. Un avis partagé par le Ministère des relations extérieures du Chili. Mais pas par les Prud'hommes. Quant à Luis Cid, il qualifie cette défense de «ridicule» car il existerait plusieurs précédents déjà jugés. Ces considérations procédurales dépassent un peu Antonieta. Aujourd'hui âgée de 71 ans, l'employée de maison n'a pas retrouvé de travail. Elle n'a pas droit non plus à l'AVS, son employeur n'ayant pas cotisé. Elle lui réclame des différences de salaire – par rapport au contrat type genevois de l'économie domestique – ainsi que le paiement d'heures supplémentaires. Soit 90 000 francs au total, pour 30 mois de travail effectués entre 2005 et 2008. De son côté, un collègue chauffeur exige 25 000 francs, également à titre de différence salariale avec le contrat type en vigueur, sur une période de 18 mois. Difficile de faire un pronostic. A en croire l'Amiable compositeur, le contrat type ne s'appliquerait pas forcément aux «détenteurs d'une carte de légitimation (délivrée par le DFAE, ndlr) de type E». La Mission permanente de la Suisse fait aussi dans la nuance, expliquant à Antonieta qu'elle n'a «pas été engagée par un membre d'une représentation étrangère, mais par un Etat étranger en tant qu'employée affectée à des tâches domestiques». Du coup, elle n'aurait pas les mêmes droits? Ce subtil distinguo reste en revanche hermétique aux syndicats, outre celui de Luis Cid. Lara Cataldi, du Syndicat interprofessionnel des travailleuses et travailleurs, est formelle: le «contrat type de l'économie domestique s'applique à tous les employés, sur tout le territoire genevois. Cela n'a absolument rien à voir avec le permis!» De même, Philippe Sauvin, membre de l'Autre syndicat, confirme que personne ne peut déroger au contrat type genevois. Du moins pas aux dispositions essentielles, dont le salaire fait partie. Mais d'un autre côté, les règles, directives et autre Convention de Vienne qui régissent l'activité des diplomates contiennent une foule d'exceptions, constituant «un vrai fouillis!» Les juges des Prud'hommes sont prévenus. I Note : 1 Prénom d'emprunt. 2 Structure composée de trois médiateurs, démunis de tout pouvoir, chargés de régler à l'amiable les différends entre employeurs et employés de la communauté internationale résidant à Genève.
PHILIPPE CHEVALIER

mardi 16 décembre 2008

L’Amérique latine: chimères et réalités

Pour qui prend son destin en mains, ce rêve peut cesser d’être utopique. A présent, on voit apparaître pour nos peuples ce que le Gabo a appelé avec toute la raison « une seconde opportunité ». L’Amérique latine et les Caraïbes ne sont pas « des pions sans libre arbitre » et leurs désirs d’indépendance ne doivent pas être vus comme chimériques.
La défaite allemande qui a mis fin à la seconde guerre mondiale a conduit à ce que l’Europe cesse d’être le centre du monde, comme cela avait été le cas depuis le début de son expansion outre-mer au seizième siècle, grâce aux efforts de l’Espagne et du Portugal, suivis ensuite de l’Angleterre, de la France et de l’Allemagne.
Depuis la conquête et jusqu’à il y a peu, à l’exception de Cuba qui a réussi à obtenir sa véritable indépendance en 1959, les peuples latino-américains et caribéens n’ont pas eu une minute de tranquillité. Les six derniers coups d’état le démontrent : le Brésil, l’Argentine, le Chili, l’Uruguay, la Bolivie et le Perou.
La « science » de maintenir le pouvoir par la force a marqué l’histoire des peuples de cette partie du monde depuis la disparition de nos aborigènes et l’importation d’esclaves amenés de la lointaine Afrique jusqu’au maintient de l’égide du néo-colonialisme.
Le triomphe de la révolution cubaine a marqué un virage évident. A partir de son attitude de résistance non pas à l’Europe mais au nouveau monarque, l’impérialisme nord-américain, l’Amérique latine a vu se développer des mouvements de guérilla, dont certains continuent encore à exister.
Elle a également souffert directement plusieurs invasions militaires : celles de la grenade de Maurice Bishop, le Panama de Omar Torrijos, le Saint Domingue de Francisco Caamaño… et elle a assisté à des efforts de changement non violent liquidés par les forces réactionnaires internes et externes. Le continent a vécu une autre étape de frustrations avec la longue nuit des dictatures militaires : le Chili, le Paraguay, l’Argentine, avec la séquelle de milliers de morts et de disparus et le mépris total pour la vie des êtres humains. L’exemple chilien est le plus éloquent par sa cruauté et son irrespect de la volonté populaire. Le général génocide Augusto Pinochet a attaqué le palais de la Moneda comme s’il s’agissait d’un fort militaire et il a éliminé le véritable président de cette nation, Salvador Allende La répression qui s’en est suivie, supervisée par de hauts officiers de la CIA et du pentagone, a crée un climat de terreur dans cette nation et dans d’autres du continent. Le climax a été atteint avec l’opération Condor. On ignore encore le nombre de personnes assassinées ou disparues sous ce régime de terreur imposé contre la volonté populaire. La politique socio-économique capitaliste régnante dans le sous-continent depuis le début du siècle dernier a converti les millions d’habitants de cette partie du monde en simples objets ou marchandises. Ces derniers temps de néo-libéralisme ont vu s’exacerber le pillage, l’abandon et le mépris pour la vie. Ce sont ces circonstances qui ont ouvert la porte, au cours de ces huit dernières années, aux changements que l’on peut apprécier en Amérique Latine. De notables alternatives démocratiques sont apparues sur diverses scènes de la région et dignifient l’homme nouveau. L’ascension au pouvoir de gouvernements favorables à la cause des plus pauvres, à la recherche de nouvelles solutions pour un développement plus juste et égalitaire de l’économie et à la réappropriation des principales ressources des pays, tous ces signes indiquent les défis des temps présents.
Les exemples sont à la vue, la Révolution cubaine toujours debout, le Venezuela socialiste que proclame et développe Hugo Chavez, le gigantesque Brésil fortifié par Lula, l’Equateur avec sa nouvelle Constitution et les changements économiques qui s’y produisent sous la direction de Rafael Correa, la Bolivie, autrefois oubliée, avec Evo Morales à sa tête, qui avance à grands pas sur l’altiplano andin, toutes les transformations qui se sont opéré dans d’autres pays de la région. C’est toute une révolution en ébullition qui dépasse les frontières et se convertit en une force commune pour lutter et donner raison à l’écrivain William Faulkner : « je refuse d’admettre la fin de l’homme ».
En synthèse, il s’agit à présent de la volonté des masses, si souvent écrasées par le poids de graves problèmes socio-économiques et par l’incapacité des politiques impérialistes de les résoudre, et qui maintenant conduit à la naissance de gouvernements de gauche qui transforment le panorama politique dans cette partie du monde.
Toutes les épreuves par lesquelles sont passés les pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes appartiennent à un passé auquel ils ne devraient pas revenir. Ils n’y reviendront pas s’ils comprennent que le plus important, pour cette partie du monde est de continuer à lutter pour cette cause. N’oublions pas que des grands drames naissent les grandes solutions.

Une délégation du Club de Madrid en Afrique du Sud

La question de la cohésion sociale et la meilleure manière d'y parvenir seront au centre des discussions avec la délégation composée des anciens présidents Joaquim Chissano (Mozambique), Patricio Aylwin (Chili), et de l'ancien Premier ministre français, Lionel Jospin.
Le Club de Madrid, dont l'ex-président sud-africain, Nelson Mandela, est membre, se veut "une organisation indépendante créée dans le but de promouvoir la démocratie et le changement dans la communauté globale".
Ses membres sont généralement d'anciens chefs d'Etat et de gouvernement qui ont la capacité d'être des catalyseurs du changement.
Le Club de Madrid travaille avec différents gouvernements et organisations dans la recherche de méthodes efficaces pour mettre à la disposition des nations en transition aspirant à la démocratie, des recommandations et des conseils techniques.
Le Club est dirigé par l'ancien président chilien, Ricardo Lagos, depuis le 27 mars, à l'issue de la 12ème réunion de son Comité exécutif, à Stockholm, en Suède.
Après leur rencontre avec Mme. Dlamini Zuma, la délégation devrait s'entretenir avec l'ancien président Nelson Mandela à Johannesburg, dans le courant de la journée.

samedi 13 décembre 2008

Un général de brigade chilien nommé commandant adjoint de la mission de paix de l'ONU en Haïti

Le ministre Goni a déclaré que la désignation de Toro constituait une reconnaissance du travail accompli par les forces chiliennes en Haïti, où le Chili a déployé un contingent de 514 soldats et policiers.

M.Toro, né en 1955, est sorti diplômé d'une école militaire comme sous-lieutenant de l'infanterie en 1974.

Onze ans plus tard, il a participé à la mission de l'ONU en Haïti comme chef des Opérations de la Minustah. Et il va prendre ses nouvelles fonctions le 21 décembre.

Il ne s'agit pas de la première fois qu'un Chilien occupe ce poste. Le général de brigade Eduardo Alduante a été commandant adjoint de la Minustah en 2005-2006.

dimanche 7 décembre 2008

L'équipe de Palestino a fait match nul (0 à 0) face à Rangers


C'était les buts marqués comme visiteur dans un match précédent qui lui ont permis le passage en final du championnat national chilien de football.

vendredi 5 décembre 2008

La droite se réjouit du retrait de Lagos à l'élection présidentielle

L'ancien mandataire, au pouvoir de 2000 à 2006, était le candidat officiel de la Concertation, la coalition de gauche au pouvoir dirigée par la présidente Michelle Bachelet.

La rumeur de cette décision courait déjà depuis quelque temps mais "elle représente un vrai tremblement de terre pour le gouvernement", indique le quotidien. Suite à cette annonce, la coalition gouvernementale paraît divisée et sans véritable programme. Lagos était le mieux placé pour affronter le candidat de droite, l'entrepreneur milliardaire Sebastián Piñera, qui incarne l'alternance et caracole en tête des sondages.

Le retrait de celui qui fut le premier président socialiste depuis le retour de la démocratie laissera vraisemblablement s'affronter lors des primaires du parti, le 26 avril, l'ancien président démocrate-chrétien, l'austère Eduardo Frei (1994-2000), qui n'incarne pas la nouveauté, et l'actuel secrétaire de l'OEA (l'organisation des Etats Américains), le socialiste José Miguel Insulza. Ce dernier, surnommé "le Panzer" en raison de son poids sérieux en politique et ex-ministre de l'Intérieur de Lagos, devra renoncer à sa fonction à Washington s'il se déclare.

La décision du Chili de proposer Ingrid Betancourt pour le Nobel de la paix met l’intéressée "mal à l’aise"

Ingrid Betancourt est un exemple de courage pour l'ensemble de notre continent", a déclaré Mme Bachelet à l'issue d'une entrevue entre les deux femmes.
La Franco-colombienne a expliqué de son côté que la décision de Santiago de la proposer pour le Nobel de la paix la met quelque peu mal à l'aise" car elle estime ne pas être qualifiée pour recevoir la prestigieuse distinction. Mais elle s'efforcera de se montrer à la hauteur de l'honneur qui lui est fait par le Chili, a-t-elle ajouté.
Ingrid Betancourt effectue au Chili la troisième étape d'une tournée en Amérique latine visant à remercier les dirigeants qui ont aidé à sa libération après six ans de captivité. Enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en 2002, elle a été libérée le 2 juillet dernier, avec 14 autres otages de la guérilla.

La présidente du Chili qualifie Betancourt d'"exemple" pour l'Amérique latine

"Ingrid est un exemple pour tout le continent pour son intégrité et son courage", a déclaré Mme Bachelet, qui avait proposé en vain le nom de la Franco-Colombienne pour l'attribution du prix Nobel de la paix.

La dirigeante socialiste a salué avec chaleur la "dignité énorme" de l'ancienne candidate écologiste à la présidentielle colombienne, libérée en juillet dernier après plus de six ans de captivité.

"Nous l'avions présenté comme prix Nobel de la Paix car nous croyons qu'elle mérite une reconnaissance de ce type, et que cela donnerait un nouveau souffle à la Colombie pour la lutte pour la paix", a ajouté Mme Bachelet, à l'issue d'une rencontre de plus d'une heure au palais présidentiel de La Moneda, au centre de Santiago.

"La cause d'Ingrid est notre cause", a souligné la présidente chilienne, avant d'ajouter : "nous ne voulons plus d'otages en Colombie ou ailleurs".

Mme Betancourt a entamé samedi en Colombie une tournée dans plusieurs pays latino-américains, afin de plaider la cause des otages encore détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Remerciant son hôte, l'ancien otage a déclaré qu'elle se sentait chilienne en raison du "passé de douleur qui nous unit". Une allusion à la dictature du général Augusto Pinochet, durant laquelle le père de Mme Bachelet fut assassiné.

"Je ferai tout mon possible pour mériter ce que vous avez voulu que je soi", a déclaré Mme Betancourt.

Plus tard lors d'une conférence de presse mercredi après-midi à l'ambassade de France, Mme Betancourt a indiqué que le but de son voyage était de commencer un dialogue avec les présidents de la région pour "entamer une réflexion commune qui peut mener à la liberté des personnes séquestrées" par les Farc.

"C'est une Amérique Latine nouvelle" a-t-elle lancé "avec des dirigeants charismatiques" en mentionnant les présidents Hugo Chavez, du Venezuela, Rafael Correa d'Equateur, Lula da Silva du Brésil et Cristina Kirchner d'Argentine.

"La guérilla a la possibilité de se réinserrer à travers une option politique mais à la condition impérieuse de libérer les otages" a-t-elle ajouté.

Mm Bétancourt, qui effectue une tournée de remerciements en Amérique Latine, devrait arriver jeudi à Lima au Pérou avant de se rendre au Brésil, en Bolivie et enfin au Venezuela.

Les occupants d'un bateau échoué en Antarctique ont été évacués


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Photo AP. "L'Achille" initie l'évacuation

Les 122 occupants de l'Ushuaïa ont été accueillis à bord d'un bâtiment chilien. Il devait les conduire jusqu'à la base militaire Frei, dans l'Antarctique, qu'ils devraient ensuite pouvoir quitter par les airs.
L'Ushuaïa, qui avait quitté dimanche le port argentin du même nom, situé en Terre de Feu, s'est échoué à environ 300 km au sud-ouest de la base militaire argentine de Marambio, située sur la péninsule de l'Antarctique.
Son capitaine a assuré que l'équipage avait pris des mesures pour contenir la fuite de carburant consécutive à la collision ayant entraîné l'échouement. Mais la marine chilienne a constaté vendredi qu'une nappe d'hydrocarbures s'étendait sur près d'un kilomètre autour du bateau.
Aucun des occupants du luxueux navire touristique n'a été blessé, a précisé son responsable.
Le tourisme dans l'Antarctique s'est multiplié par cinq depuis le début des années 1990 et des dizaines de milliers de touristes profitent de l'été austral pour aller observer les icebergs, les phoques, les baleines ou les manchots.
Il y a un an, plus de 150 personnes avaient été secourues au terme d'une opération mouvementée, après que leur bateau eut heurté un iceberg et fait naufrage.

Simon Gardner, version française Grégory Blachier

jeudi 4 décembre 2008

BNP Paribas noue un partenariat dans la gestion au Chili

L'accord prévoit l'acquisition par BNP Paribas Investment Partners (BNPP IP), la division de gestion d'actifs du groupe français, de 49,99% du capital de BancoEstado S.A. Administradora General de Fondos (BEAGF), filiale de l'établissement chilien BancoEstado. Cette prise de participation sera complétée par un accord de distribution exclusif sur 20 ans entre BEAGF et BancoEstado.
Ce partenariat, qui vise une clientèle d'entreprises et de particuliers, doit encore être approuvé par les organismes de régulation.

BEAGF avait 787 millions de dollars (622 millions d'euros) d'actifs sous gestion au Chili à fin septembre 2008, soit une part de marché d'environ 3%, et figurait dans les dix premiers acteurs d'un secteur encore éclaté, selon les chiffres fournis par BNP Paribas.
BancoEstado est la troisième banque chilienne, derrière Santander et Banco de Chile, avec plus de 331 agences et huit millions de clients sur une population d'environ 17 millions. Sa part du marché national de la banque de dépôt avoisine 16% en volume pour les dépôts, selon BNP Paribas IP.
UN MARCHÉ EN CROISSANCE RAPIDE
"Nous voulons faire du Chili notre deuxième grande plate-forme de gestion d'actifs en Amérique latine, derrière le Brésil", a déclaré à Reuters Max Diulius, en charge des nouveaux marchés chez BNP Paribas Investment Partners.
"Ce marché chilien, qui représente 25 milliards de dollars pour la gestion d'actifs en fonds mutuels, est déjà le troisième en Amérique latine derrière le Brésil et le Mexique et il croît très vite: il a progressé de plus de 30% par an en 2003-2007 et devrait encore le faire à un rythme annuel proche de 20% dans les prochaines années".
"Les actifs monétaires et obligataires représentent encore 80% environ des actifs gérés par BEAGF", ajoute-t-il. "A travers ce partenariat industriel, le but est de développer la part de produits plus sophistiqués comme les actions, les produits structurés ou garantis."
"Le Chili, parfois surnommé la Suisse d'Amérique latine, a un grand potentiel en la matière et figure déjà au troisième rang de la zone par la capitalisation boursière et au deuxième, derrière un Venezuela riche en pétrole, pour le produit national brut (PNB) par habitant, qui avoisine les 6.500 euros."
BNPP IP, présent dans 30 pays dans le monde, a déjà en Amérique latine 16 milliards de dollars d'actifs sous gestion, dont plus de quatre milliards hors Brésil, précise Max Diulius. Il estime que, dans le contexte de crise financière mondiale, les marchés émergents restent un axe de développement important, avec des opportunités de nouveaux partenariats.
Edité par Marc Angrand

mardi 2 décembre 2008

Union Européenne-Chili, cinq ans de mariage

L’observation des principes démocratiques, le respect des droits de l’homme, la primauté des droits et le soutien à un développement économique et social durable, tels étaient les principes fondateurs de l’accord d’association entre le Chili et l’Union Européenne signé en novembre 2002. L’aspect commercial prévoyait, quant à lui, un volet de libre-échange sur le commerce de marchandises et dans le domaine des services.
Six ans plus tard, cet accord d’association est un véritable succès tant politique qu’économique, aux dires des intervenants réunis vendredi dernier autour du ministre des relations extérieures, Alejandro Foxley. Il semble qu’il y ait un véritable « avant » et « après » l’accord. Entre 1998 et 2007, les exportations du Chili vers l’Union Européenne ont triplé. L’UE est désormais le principal partenaire commercial du Chili, qui lui-même est le deuxième des pays d'Amérique latine en terme de commerce européen. L’excédent commercial en faveur du Chili est de 10 millions de dollars, il exporte donc plus qu'il n'importe. Durant ces 5 ans, les investissements européens au Chili ont augmenté, ils en représentent désormais la moitié. L’UE est également une source financière capitale puisque, dans le cadre d’une coopération horizontale, de 2007 à 2013, l’UE prévoit de verser 41 millions d’euros.
Des chiffres et des lettres

Si les chiffres parlent, il ne faut pas négliger l’aspect politique et symbolique de cette union. Hector Casanueva, directeur du CELARE (centre latino-américain pour les relations avec l’Amérique latine) a rappelé à l’assemblée que l’Europe avait été, dans les années 80, un acteur majeur dans le processus de démocratisation des pays du cône sud et que si le Chili était le seul à avoir un accord de cette nature avec l’UE c’est parce qu’il a su prouver qu’il était stable tant économiquement que politiquement, contrairement à ses voisins. L’avenir semble plein de promesses pour les deux alliés qui prévoient désormais de développer ensemble le secteur aérien, d’intensifier les accords autour du vin et de s’ouvrir davantage l’un à l’autre.

dimanche 30 novembre 2008

Faire-part de décès de Jorge Borquez

MERCI à tous pour votre soutien et vos nombreux témoignages.

A la demande de Françoise je vous fais parvenir les informations suivantes :

– Le corps de Listón sera visible en chambre funéraire à l'Hôpital Goüin,
le lundi 1 décembre 2008
Rue Gaston-Paymal - 92110 Clichy
Tél. : 01 41 06 81 00
Métro Mairie de Clichy

- Les obsèques auront lieu le mardi 2 décembre à 10h,
au crématorium du Cimetière du Père-Lachaise

- Vous pouvez écrire à Françoise et famille aux adresses suivantes :
112, rue Faubourg Saint-Denis - 75010 Paris
francoise.baby@club-internet.fr

Pepa

samedi 29 novembre 2008

L'exponaval 2008 se déroulera du 1er au 5 décembre. La délégation du Canada atlantique sera accompagnée du ministre de la Défense, Peter MacKay.

"Le secteur de l'aérospatial et de la défense figure parmi les secteurs connaissant la croissance la plus rapide au Canada atlantique, indique M. MacKay. Le gouvernement du Canada, par l'entremise de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique, s'engage à aider les entreprises du secteur de l'aérospatial et de la défense du Canada atlantique à établir les liens sur la scène internationale et à y faire concurrence."

Retraite imminente pour le buteur vedette Marcelo Salas

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José Marcelo Salas Melinao. Photo PHOTOSPORT
"J'ai vu Marcelo ce matin (vendredi) et il a exprimé son intention d'arrêter de jouer, de finir ici à la +U+", le surnom de son club, l'Universidad de Chile, a déclaré Valdès. "Nous avons intérêt à ce que Marcelo reste d'une manière ou d'une autre lié au club, d'ailleurs Marcelo le souhaite aussi", a-t-il ajouté. Salas, 36 buts avec la "Roja", l'équipe nationale chilienne, a débuté sa carrière en 1993 à l'Universidad de Chile, avant de rejoindre les clubs italiens de la Lazio de Rome et la Juventus de Turin puis River Plate en Argentine.

vendredi 21 novembre 2008

Michelle Bachelet cède aux fonctionnaires

La mobilisation a fortement affecté le secteur de la santé; 4 600 chirurgiens ont cessé le travail, paralysant ainsi les principaux hôpitaux du pays. "C'est un triomphe pour les travailleurs et une humiliation pour les nantis", se réjouissent les syndicats en première page du quotidien El Mercurio de Santiago.
Le gouvernement de la présidente socialiste Michelle Bachelet a en effet accepté de revaloriser de 10 % les salaires des fonctionnaires. Une hausse jamais vue dans le pays depuis treize ans. La colère des fonctionnaires avait explosé à l'annonce d'un nouveau plan de rigueur, alors que l'inflation atteint 9,9 % et que la crise mondiale touche de plein fouet les secteurs exportateurs.
La semaine a été critique pour la présidence. A un an de l'élection présidentielle, le plan de rigueur proposé par Mme Bachelet a provoqué des divisions au sein de la coalition de gauche au pouvoir. Le Parti pour la démocratie (PPD) s'était fermement opposé aux mesures et avait violemment critiqué "la vision technocratique" de la présidente.

jeudi 20 novembre 2008

La grève des fonctionnaires paralyse le pays

Photo Reuters
Ils sont 600 000 à réclamer un ajustement de leur salaire. Ils veulent 14,5% de plus. Ce qui leur permettrait de récupérer tout juste leur pouvoir d’achat.

Les fonctionnaires publics ont commencé leur grève lundi. Et le gouvernement ne semble pas prêt à leur accorder leur augmentation. Il serait tout juste disposé à donner 9,5%.

La population fait les frais de la grève

La présidente a appelé les fonctionnaires à être compréhensifs. Le pays entre dans la crise. Le vote est maintenant entre les mains du Congrès. Pendant que les négociations piétinent, la population fait le dos rond. C’est elle qui fait les frais de la grève.

A la frontière, des camions de marchandise attendent depuis deux jours pour passer. Certains centres-villes sentent la poubelle à plein nez. Toute l’administration publique est en grève. Impossible donc de récupérer un passeport ou payer une amende. Beaucoup d’écoles sont sans professeurs.
Plus grave, les gens s’entassent aux urgences des hôpitaux publics. Hier, une femme est même décédée aux urgences de l’hôpital de Puerto Montt, au sud du pays. Il y avait seulement deux médecins pour tout le monde. Si la grève se poursuit, le gouvernement craint que de telles tragédies ne se répètent.

Le retour du disparu de la répression de Pinochet

Germán Cofré Martínez - Photo Harold Castillo
Trente-quatre ans après sa disparition, l'homme est réapparu, bien vivant. A 63 ans, le disparu est rentré chez lui dans la commune de La Cisterna, à Santiago, il y a une semaine. Il avait en fait quitté le Chili pour l'Argentine en 1975, où il avait refait sa vie et reconstruit une famille. Entendu par la justice, il a déclaré ne pas être rentré depuis, afin d'assurer sa sécurité. Son fils serait celui qui l'aurait dénoncé lundi auprès du Ministère de l'intérieur.

L'Association des familles de disparus a aussitôt rendu l'affaire publique. Sa présidente, Lorena Pizarro, a donné tous les antécédents à la justice, exigeant que l'affaire soit traitée «avec la plus grande rigueur». «Nous ne permettrons pas que notre tragédie soit traînée dans la boue», insiste-elle.

Depuis que ces femmes ont commencé à réclamer leurs proches, les sarcasmes n'ont pas manqué. Sous la dictature, elles s'entendaient dire que leurs proches étaient sûrement sous les palmiers d'une île paradisiaque. Cette soudaine apparition d'un disparu jette donc l'opprobre sur tous les autres cas. Lorena Pizarro ne manque pas de rappeler que si les forces armées avaient aidé à retrouver leurs proches, cette erreur n'aurait pas été commise.

En 1974, le communiste German Cofré est détenu par les forces de l'armée de l'air. Mais selon une voisine de la famille, Margarita Rivera Monsalve, il est fait prisonnier seulement pendant deux jours. C'est un an plus tard, en juillet 1975 qu'il quitte le pays pour Mendoza, accompagné par le mari de cette voisine - qui a confirmé l'information - et deux autres compagnons. Impossible donc, selon elle, que l'épouse de German Cofré, décédée l'année dernière, ne l'ait pas revu entre-temps.

Aides perçues par la famille

Or, c'est elle qui, en mars 1992, annonce sa disparition. Elle enterre même, trois ans plus tard, des ossements correspondant, selon elle, à son mari et remis par le service médico-légal. Ils avaient été retrouvés dans la fosse commune dite du «Patio 29», où plus de 130 victimes de la répression ont été jetées.

En 1996, la Commission présidentielle, chargée de répertorier les disparus, intègre German Cofré dans ses fichiers. La famille commence à percevoir les aides de l'Etat destinés aux familles de victimes... Il semble que ce soit là le mobile de cette arnaque au disparu. Claire Martin, Santiago du Chili

Chili: Grève nationale


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Photo Nelson Olmos
Cela se traduit par la fermeture des collèges publics, les services de santé réduits, aucune possibilité de réaliser des démarches administratives et les poubelles qui restent dans les rues, particulièrement dans le centre de Santiago. H.G

mercredi 19 novembre 2008

Chili - Sauvé par la démence

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Photo Jaime Bascur

Considéré comme l'un des principaux agents de la junte, cet ancien militaire de 88 ans a été condamné le mois dernier à six ans de prison pour avoir dirigé cet escadron qui avait sillonné le pays et exécuté des dizaines d'opposants juste après le putsch de Pinochet. Une expertise avait été ordonnée à la suite du jugement, la défense assurant que l'accusé souffrait de la maladie d'Alzheimer.

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Photo Marco Antonio Angelini

Le rapport médical a confirmé la détérioration de l'état mental de l'ancien général qui accomplira sa peine sous la forme d'un arrêt domiciliaire. Mis en cause dans plusieurs affaires de violations des droits de la personne, le général Pinochet, dont le régime est considéré comme responsable de la mort ou la disparition de plus de 3000 personnes, est décédé en décembre 2006, à l'âge de 91 ans, sans avoir jamais été condamné.

La justice chilienne avait aussi pris en compte la dégradation de la santé de l'ancien dictateur dans ses décisions. La Cour Suprême du Chili avait classé en 2002 pour raisons de santé une première enquête sur la responsabilité de Pinochet dans certains assassinats commis par la Caravane de la mort. En 2005, la Cour d'appel avait argué qu'il était atteint de démence modérée pour abandonner les poursuites dans le cadre de l'opération Condor, plan concerté pour supprimer leurs opposants.