dimanche 27 avril 2008

DES PLAGES EN ANTARCTIQUE...

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«Il y avait des rivières, de la pluie et des arbres en abondance. Cette découverte est une des plus surprenantes de ma carrière», a indiqué David Harwood de l’Université du Nebraska, un des scientifiques qui a participé au projet ANDRILL.

Ainsi, le 16 avril dernier, ces scientifiques ont présenté les résultats préliminaires de leurs recherches à l’assemblée de l’Union de géoscience européenne de Vienne. Depuis deux ans, ils ont récolté 30 M$ afin de mener à terme le projet ANDRILL qui consiste à extraire des carottes de glace de plus de 1200 mètres pour découvrir l’histoire climatique de l’Antarctique.

À la différence des autres études, qui pouvaient interpréter les 800 000 dernières années, ANDRILL a permis aux scientifiques de retourner il y a plus de 16 millions d’années.
«Nous avons toutes les pages de l’histoire, maintenant», a dit David Harwood.


Dr. David Harwood
Pas de glace
Grâce à ces nouvelles données, les chercheurs peuvent maintenant confirmer que l’Antarctique n’a pas toujours été recouvert de glace. Ainsi, il y a 3,5 millions d’années par exemple, la glace aurait entièrement fondu sur le continent blanc, et ce, pour environ 200 000 ans, ce qui aurait fait augmenter le niveau des océans de dix mètres.
«Cette situation est arrivée alors que la température était de 3 ou 4 degrés plus élevée qu’aujourd’hui, en raison de la concentration du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ça ressemble à la situation que nous vivons aujourd’hui», a expliqué Tim Naish, un des dirigeants du projet à l’Institut des sciences de la géologie et du nucléaire en Nouvelle-Zélande.

Dr Tim Naish
Selon ces scientifiques, une augmentation de la température de 3 à 5 degrés de plus qu’aujourd’hui pourrait faire fondre entièrement la glace de l’Antarctique.

jeudi 24 avril 2008

Le Chili appelle à une politique unifiée sur la défense des pays latino-américains



Les commandants en Chef des Armées du Mercosur avec Mme Bachelet Photos Alex Ibañez

Mme Bachelet a tenu ces propos lors d'un entretien au palais présidentiel avec des généraux des armées des pays partenaires et des pays membres du Mercosur, marché commun sud-américain.

Elle a indiqué que l'armée a joué un rôle important dans le développement de l'Amérique latine et a appelé "les gouvernements de l'Amérique latine et leurs armées à envisager l'établissement d'une politique unifiée sur la sécurité et la défense".

Les pays latino-américains doivent montrer au monde que "leurs troupes peuvent exister comme une force en mesure de maintenir la paix et d'apporter la prospérité à la population", a ajouté la présidente.

La 10e session des commissions des généraux des pays partenaires et des pays membres du Mercosur se tient du 22 au 24 avril au Chili.

dimanche 20 avril 2008

La mission internationale de la FIDH à Santiago


La mission rencontrera les familles des victimes, des juges et avocats travaillant sur les droits de l'homme, mais aussi les autorités chiliennes. La mission réalisera par ailleurs un travail d'information sur la procédure de compétence extraterritoriale en cours en France auprès de responsables politiques et de la société civile.

Un procès historique

Le 16 octobre 1998, le Général Augusto Pinochet est arrêté à Londres, à la demande des autorités judiciaires espagnoles. Dans les jours qui suivent, les familles de ces quatre ressortissants français disparus au Chili entre le 11 septembre 1973 - date du coup d'état -, et le 9 février 1977 déposent plainte en France pour obtenir enfin la vérité et la justice, qu'elles n'ont pas obtenu au Chili.

La FIDH, et ses organisations membres au Chili, la Corporation pour la défense et la promotion des droits du peuple (CODEPU) et la Ligue française des droits de l'homme et du citoyen (LDH), ainsi que les organisations France Amérique Latine et l'association des Ex prisonniers politiques chiliens en France, se constituent alors parties civiles aux côtés des familles des victimes.

L'instruction, ouverte par le Juge Le Loire à partir du le 30 octobre 1998, a été close par la Juge Sophie Clément le 21 février 2007, par une ordonnance de renvoi devant la cour d'assise.

Ainsi, un procès historique se tiendra devant la Cour d'assises de Paris - la plus haute juridiction criminelle française - à partir du 19 mai prochain: celui de 15 auteurs présumés des crimes de torture et disparition forcées de ressortissants français ou franco-chiliens, perpétrés durant les premières années de la dictature militaire au Chili.

Ce procès devrait permettre la première condamnation du système répressif de la la dictature de Pinochet telle qu’elle a régné de 1973 à 1990 au Chili. Les crimes poursuivis de disparition - qualifiées d’arrestation et séquestration aggravées en droit français, de torture et d’acte de barbarie rendent compte de l’échelle de commandement du régime, et portent sur des évènements très marquants de la dictature: le bombardement du Palais présidentiel de la Moneda, le plan condor visant l’élimination des opposants des régimes dictatoriaux de la région, les crimes commis dans le centre clandestin de torture « la colonie ’Dignidad’ » mis en place par l’ancien criminel nazi Paul Schaeffer.

"Les audiences permettront entre autres de faire entendre plusieurs témoins historiques. En dépit de la mort d’Augusto Pinochet, ce procès n’en sera pas moins celui, posthume, du dictateur, mais également le seul de l’ensemble du système de répression mis en place", ont déclaré les avocats des familles, Maîtres William Bourdon et Sophie Thonon et des associations Maîtres Claude Katz, Benjamin Sarfati.

Les juridictions françaises sont compétentes ici car les victimes sont de nationalité française, et les crimes commis, imprescriptibles et continus.

Il est d'ailleurs aujourd'hui admis que perpétrés de manière systématique et massive, ces crimes sont des crimes contre l'humanité : leur répression dépasse nécessairement les frontières et contribue à la lutte contre l’impunité à un niveau mondial.

Contexte historique au Chili:

Le 11 septembre 1973, Augusto Pinochet, avec le soutien des Etats-Unis, a dirigé un coup d'état contre le gouvernement de l'unité Populaire de Salvador Allende. Il bombarde le palais présidentiel de la Moneda, où le Président Allende résiste, avant de se suicider.

La dictature militaire d'Augusto Pinochet durera 17 ans, jusqu'au 10 mars 1990. Elle vise l'élimination des opposants politiques « ennemis de la Nation ». Le crime de torture caractérise ce régime répressif. Disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires et exils forcés sont aussi systématiques.

Sur la base des travaux de la Commission nationale de vérité et réconciliation, de la Corporation nationale de réparation et réconciliation (établies en 1990 et 1992 sur les seules violations du droit à la vie), et de la Commission prison politique et torture (établie en 2003) l'Etat chilien reconnaît officiellement, 3197 victimes de disparitions ou exécutions, 28461 victimes de torture.

Il est généralement admis que le mandat limité de ces instances, notamment, a laissé de côté des milliers d'autres victimes non identifiées comme telles.

La détention d’Augusto Pinochet à Londres en 1998 a permis de relancer les procédures en cours, initiées par les victimes de la dictature chilienne, au Chili comme à l’étranger. Près de 300 enquêtes sont en cours au Chili. Peu ont pour l'instant abouti à des sanctions définitives.

La prescription comme la loi d'amnistie de Pinochet continuent de faire partiellement obstacle.

Les quatre victimes franco-chiliennes:

Georges Klein – Conseiller du Président Allende

Né en France le 29 décembre 1945, Georges Klein s'est expatrié au Chili en 1953. En 1971, il épouse Alice Vera Fausto, avec laquelle il aura une fille, Vanessa.

Psychiatre de profession, il milite au parti socialiste, puis au parti communiste (1967). Il devient conseiller du Président Allende, élu en octobre 1970.

Georges Klein se trouvait aux côtés du président Salvador Allende lors du bombardement du palais de la Moneda. Comme les autres défenseurs du Palais, il est fait prisonnier ce même jour et transféré en car, avec une quarantaine de personnes, au régiment TACNA (régiment d'artillerie de l'armée de terre). Le régiment était commandé par le lieutenant colonel Luis RAMIREZ PINEDA qui, avec le General Javier PALACIOS, dépendait du général Herman Brady ROCHE, commandant en chef de la garnison de Santiago.

Sur place, les 40 prisonniers sont conduits dans les écuries et sommés de s'allonger sur le ventre, les jambes écartées et les main derrière la nuque jusqu'au lendemain. Selon de nombreux témoignages, les prisonniers ont subis de mauvais traitements lors du transfert et au régiment de TACNA : coups violents, obligation de rester immobile dans le froid, privation d'eau et de nourriture, menaces de morts, etc.

Le 13 septembre, Georges Klein, conduit avec 20 autres personnes dans un camion benne hors du Régiment TACNA, disparaît sans laisser de traces. Certains témoignages recueillis pendant l'enquête relatent qu'il aurait pu être conduit sur les terrains de PELDEHUE, où il aurait été abattu par des tirs de mitrailleuses sur ordre du major Rafael AHUMADA VALDERRAMA.

Etienne Pesle – en charge de la réforme agraire à l'Institut du développement de l'agriculture et de la pêche (INDAP) à Temuco

Né en France le 9 janvier 1927, Etienne Pesle, alors prêtre, part au Chili en 1953 pour se consacrer aux plus démunis. En 1966, il quitte la prêtrise et épouse Aydée Mendez Caceres dont il aura deux enfants, Robert et Anne-Marie.

Etienne Pesle était en charge de la réforme agraire à l'INDAP dont le but était, suivant la politique définie par le Président Allende, de redistribuer des terres au profit des paysans pauvres et dans la région de TEMUCO, plus particulièrement aux paysans Mapuche. Etienne Pesle était également adhérent au parti d'Allende, mais ne menait aucune activité politique au sens strict.

Le 12 septembre 1973, Etienne Pesle est arrêté une première fois pendant 24 heures, mais sans être interrogé ni torturé. Le 19 septembre il est arrêté une seconde fois sur son lieu de travail par des militaires portant l'uniforme de la FACH (Force aérienne chilienne), parmi lesquels Emilio SANDOVAL POO, officier de réserve de la FACH. Le groupe est commandé par Miguel MANRIQUEZ, pilote civil et propriétaire terrien à l'encontre duquel Etienne Pesle avait conduit des opérations d'expropriation au profit des indiens Mapuche. A partir de ce jour, sa famille ne le reverra plus.

Des indices concordant permettent de soutenir qu'il a été ensuite conduit à MAQUEHUE, base de l'armée de l'air au sud de Temuco. Des nombreux témoignages permettent d'observer que la torture a été appliquée dans beaucoup d'enceintes de détention de la région. Dans quelques-unes, des civils auraient été autorisée à agir.

Le sort ultérieur d'Etienne Pesle reste indéterminé. Certaines personnes rapportent qu'il aurait été tué et son corps jeté à la mer depuis l'avion privé de Miguel MANRIQUEZ.

Alphonse Chanfreau, membre du MIR, responsable de la ville de Santiago

Alphonse Chanfreau est né le 22 décembre 1950 à Santiago. Sa famille est d'origine française et avait conservé la double nationalité française et chilienne.

Il épouse Erika Hennings en 1972, dont il aura une fille, Natalia.

Membre du Movimiento Izquierda Revolucionaria (MIR), parti révolutionnaire de gauche, il devient à la suite du coup d'Etat du 11 septembre 1973, responsable de la ville de Santiago.

Le 30 juillet 1974, Alphonse Chanfreau est arrêté à son domicile, par la police politique (Dirección de Inteligencia Nacional – DINA). Gerardo GODOY GARCIA et Osvaldo ROMO MENA ont participé à cette opération. Son épouse, Erika, a été arrêtée le lendemain matin «pour que son mari parle».

Pendant 15 jours de détention au 38 rue Londres, les époux sont sauvagement torturés par, notamment, Osvaldo ROMO et Miguel KRASNOFF MARTCHENKO et Marcelo MOREN BRITO.

Erika Chanfreau est ensuite transférée dans d'autres centres de détention puis expulsée vers la France. Alphonse Chanfreau est pour sa part, transféré le 13 août 1974 à la Villa Grimaldi où on lui écrase les jambes avec véhicule avant d'être reconduit au 38 rue de Londres. Disparu depuis, certains témoins indiquent qu'il aurait été conduit à la « Colonia Dignidad », lieu de séquestration et de torture pour les prisonniers et lieu de formation pour les agents de la DINA, quiavait été créée par Paul SCHAEFFER, ancien criminel nazi.

Jean-Yves Claudet – Membre du MIR, en charge des relations internationales

Jean-Yves Claudet est né le 30 janvier 1939 à Maipu, Chili. Il possédait la double nationalité française et chilienne.

Il épouse Arhel Danus en février 1962, avec laquelle il aura deux fils, Etienne et Roger.

Ingénieur de profession, Jean-Yves Claudet était adhérent du MIR. Arrêté à deux reprises en 1973, il restera un an en détention. Libéré, il est immédiatement transféré à l'Ambassade française et embarqué sur un vol à destination de France.

De France, Jean-Yves Claudet aide à l'installation d'une cellule du MIR en Argentine. Il se rend à Buenos Aires le 30 octobre 1975, en possession de microfilms. Il est interpellé à l'Hotel Liberty le 1er novembre 1975 par les agents de la police secrète argentine (SIE), dans le cadre du Plan Condor. Un représentant de la DINA à Buenos Aires préviendra par la suite, dans un mémorandum adressé à sa hiérarchie, que Jean-Yves Claudet « Ya no existe » - n'existe plus.

Les accusés : voir +

- M. BRADY ROCHE Hernán Julio

- M. SANDOVAL POO Emilio

- M. RAMÍREZ PINEDA Luís Joachim

- M. AHUMADA VALDERRAMA Rafael Francisco

- M. GODOY GARCÍA Gerardo Ernesto

- M. ZAPATA REYES Basclay Humberto

- M. KRASNOFF MARTCHENKO Miguel

- M. MOREN BRITO Marcelo Luís

- M. ESPINOZA BRAVO Pedro Octavio

- M. SCHAEFFER SCHNEIDER Paul

- M. CONTRERAS SEPÚLVEDA Juan Manuel Guillermo

- M. ARRANCIABIA CLAVEL Enrique Lautaro

- M. ITURRIAGA NEUMANN Raúl Eduardo

- M. ZARA HOLGER José Octavio

- M. RIVEIRO José Osvaldo

Augusto Pinochet était également poursuivi pour sa responsabilité pénale personnelle et directe dans la disparition et la torture des quatre victime, en tant que Chef de la junte : un mandat d’arrêt international avait également été délivré contre lui. Les poursuites ont pris fin avec son décès survenu le 10 décembre 2006, quelques semaines seulement avant l'adoption de l’ordonnance de mise en accusation de la Juge Sophie Clément. Trois autres suspects poursuivis dans cette affaire sont aussi décédés avant l’ouverture de ce procès : Javier Secundo Emilio PALACIOS RUHMANN, Osvaldo ROMO MENA, Andres Rigoberto PACHECO CARDENAS.

jeudi 17 avril 2008

La présidente de la République se réunit avec l'Attaché de Défense

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Photo José Manuel de la Maza
La Présidente de la République, Michelle Bachelet, s'est réunie avec l'Attaché de Défense et des officiers de l'armée chilienne en instruction en Shanghai, République populaire de Chine.

Parlement chilien limoge sa ministre de l'Education

Une suspension provisoire avait été votée le mois dernier par les députés chiliens et cette décision a été entérinée de manière définitive par le Sénat, mardi. Dans l'ordonnance promulguée par le parlement figure en outre une interdiction d'exercer une activité dans la fonction publique pour une durée de cinq ans.

Depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990, jamais aucun membre d'un gouvernement n'avait été sanctionné de la sorte par le parlement de Santiago.

Aucune procédure judiciaire n'a été pour l'heure ouverte à l'encontre de la ministre mais les parlementaires chiliens ont préféré agir de manière préventive, au cas où celle-ci serait amenée dans les prochaines semaines à répondre aux questions de la justice.

Une enquête menée par le contrôleur général aux comptes a révélé il y a quelques semaines que des fonds publics ont été versés à des établissements privés qui avaient gonflé au préalable leurs effectifs en vue de toucher plus d'aides de l'Etat. Le montant de la fraude est estimé à plus de 580 millions de dollars, soit environ 360 millions d'euros.

Les parlementaires ont considéré que Yasna Provoste a été mise au courant de cette affaire et n'a pas su réagir rapidement pour faire toute la lumière sur ces malversations.

La majorité gouvernementale a estimé de son côté qu'il s'agissait là d'une sombre manoeuvre politique. La présidente Michelle Bachelet, qui avait nommé Yasna Provoste en juillet 2006 à la suite de violentes manifestations estudiantines, a qualifié pour sa part cette décision de tentative de "démonstration de force" de l'opposition. AP

Parlement chilien limoge sa ministre de l'Education

Une suspension provisoire avait été votée le mois dernier par les députés chiliens et cette décision a été entérinée de manière définitive par le Sénat, mardi. Dans l'ordonnance promulguée par le parlement figure en outre une interdiction d'exercer une activité dans la fonction publique pour une durée de cinq ans.

Depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990, jamais aucun membre d'un gouvernement n'avait été sanctionné de la sorte par le parlement de Santiago.

Aucune procédure judiciaire n'a été pour l'heure ouverte à l'encontre de la ministre mais les parlementaires chiliens ont préféré agir de manière préventive, au cas où celle-ci serait amenée dans les prochaines semaines à répondre aux questions de la justice.

Une enquête menée par le contrôleur général aux comptes a révélé il y a quelques semaines que des fonds publics ont été versés à des établissements privés qui avaient gonflé au préalable leurs effectifs en vue de toucher plus d'aides de l'Etat. Le montant de la fraude est estimé à plus de 580 millions de dollars, soit environ 360 millions d'euros.

Les parlementaires ont considéré que Yasna Provoste a été mise au courant de cette affaire et n'a pas su réagir rapidement pour faire toute la lumière sur ces malversations.

La majorité gouvernementale a estimé de son côté qu'il s'agissait là d'une sombre manoeuvre politique. La présidente Michelle Bachelet, qui avait nommé Yasna Provoste en juillet 2006 à la suite de violentes manifestations estudiantines, a qualifié pour sa part cette décision de tentative de "démonstration de force" de l'opposition. AP

mercredi 16 avril 2008

La présidente du Chili en escale à Tahit

Le Haut-commissaire, représentant l'Etat en Polynésie française, Anne Boquet, le nouveau président de la Polynésie française, Gaston Tong Sang, élu le matin même, mais également le consul du Chili en Polynésie française, Maeva Navarro, étaient présents pour accueillir la présidente chilienne.

Michelle Bachelet rentrait au Chili après une visite d'Etat de cinq jours en Chine. Lors de son séjour dans ce pays, il a notamment été question de la participation du Chili à l'Exposition universelle 2010 de Shanghai. MS

La ministre de l'Education destitituée par le Sénat

Mme Yasna Provoste ancienne ministre de l'Education
Le Sénat chilien a adopté par 20 voix contre 18 une motion de censure contre la ministre de l'Education pour désordres administratifs au niveau du ministère.

C'est la première fois qu'un ministre a été destitué par le Parlement chilien depuis 1990.

Cependant, les membres du gouvernement de la présidente Michèle Bachelet a manifesté son mécontentement devant l'acte du Sénat.

"Aujourd'hui une nouvelle majorité a gagné, mais elle a perdu la raison et la justice", a commenté Mme Provoste après le scrutin au Sénat.

"Une position inégale a été prise, le gouvernement réaffirme le principe que les ministres du pays n'ont à répondre politiquement qu'au président de la république", a indiqué le ministre de l'Intérieur, Edmundo Perez Yoma.

L'opposition chilienne a accusé Mme Proveste d'avoir mal géré les ressources financières, et d'avoir accordée des millions de dollars de subventions irrégulières à des écoles de Santiago ( capitale).

Quant à la présidente chilienne Michèle Bachelet, elle a affiché son soutien ferme à sa ministre. Elle a imputé les désordres administratifs aux anciennes administrations, et aux mauvaises actions des indidivus qui, selon elle, ont déjà été dénoncées par Mme Provoste.

mardi 15 avril 2008

Klaus Schmidt-Hebbel nommé Économiste en chef de l’OCDE

Secrétaire général Angel Gurría rencontre la presse pendant sa visite officielle au Chili le 6-9 novembre 2007

«La nomination de Klaus Schmidt- Hebbel montre clairement que l’OCDE évolue pour être une institution encore plus présente à l’échelle mondiale», selon le Secrétaire Général Angel Gurría. «M. Schmidt-Hebbel est un économiste éminent et respecté qui apporte une vision nouvelle et ouverte sur les possibilités et les défis du développement économique au 21e siècle. Nous sommes certains qu’il contribuera à l’enrichissement d’une équipe déjà forte au sein du département économique de l’OCDE.»

Klaus Schmidt-Hebbel prendra ses nouvelles fonctions en septembre 2008. Il remplace Jean-Philippe Cotis qui a été nommé chef de l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques en France (INSEE) en octobre 2007. Jorgen Elmeskov, Directeur des études de politique économique continuera à assurer l’intérim d’ici là.

Professeur d’économie à l’Université catholique du Chili depuis 2004, M. Schmidt-Hebbel a été nommé en 2007 Président de l’Association économique chilienne. Parallèlement à ces activités, il a travaillé en étroite collaboration avec de nombreuses institutions financières (FMI, Banque mondiale et Banque asiatique de développement notamment) et banques centrales (de Nouvelle-Zélande, du Pérou, d’Argentine, d’Uruguay, d’Egypte, d’Indonésie et du Mexique). Il a aussi apporté son expertise à des gouvernements et des universités comme conseiller dans un large éventail de domaines allant de la politique macroéconomique et des stratégies de croissance à l’organisation des institutions et à la conception des politiques publiques, en passant par les systèmes de retraite et les réformes des marchés de capitaux.

M. Schmidt-Hebbel est l’auteur de nombreuses publications concernant le développement des marchés de capitaux, les politiques monétaires, les systèmes de retraite et les réformes. Il parle couramment espagnol, anglais, allemand et portugais et a des connaissances de base en français.

M. Schmidt-Hebbel est titulaire d’un doctorat d’économie du Massachusetts Institute of Technology et d’une maîtrise d’économie de l’Université catholique du Chili.

samedi 12 avril 2008

Chili: à la recherche du lac disparu

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UN IMPORTANT LAC BAPTISÉ CACHET 2 (47°12´ S - 73°15´ W), AVAIT CARRÉMENT DISPARU. PARTI SANS LAISSER D'ADRESSE.
À l'exception d'un indice de taille: le matin suivant sa disparition, l'immense rivière Baker, située dans la même région, a laissé les habitants des villages à l'entour bouche bée.

Elle a d'un seul coup débordé de son lit sur plus de quatre mètres. Puis, durant deux bonnes heures, elle s'est mise à couler en sens inverse!

Certains natifs d'Aysen, cette région de Patagonie isolée au sud du Chili, semée de fjords, de glaciers et de rivières, ont pu croire à un châtiment divin. La cause de ce phénomène impressionnant est un peu plus scientifique…

Étrange tache blanche

Jonathan Leidich l'a compris. Intrigué, ce responsable de l'entreprise touristique Patagonia Adventure Expeditions, a survolé la région. À plusieurs kilomètres au sud-ouest de Coihaique, il aperçoit une tache blanche étrange, dans l'une des plus importantes zones glacières du Chili, le champ de glace Nord.

Il expédie ses photos au Centre d'études scientifiques de Valdivia (CECS). Les glaciologues Andrés Rivera et Gino Casassa les comparent aux images satellites. Ils sont formels: la tache correspond au lac glaciaire Cachet 2. Sauf qu'il n'a plus d'eau.

En moins de 12 heures dans la nuit de lundi à mardi, ce lac - qui correspond en volume à la moitié du lac Saint-Louis au sud-ouest de Montréal - a disparu! La faute à qui? «Au réchauffement planétaire», explique le glaciologue Andrés Rivera.

L'été vient de se terminer au Chili. «On a connu des records de chaleur, précise-t-il. La région sud de la Patagonie n'y a pas échappé.» Le glacier Colonia, qui borde le lac Cachet 2, a fondu.

Le lac a tellement gonflé qu'il a fini par faire flotter en partie le glacier de 333 km2 (la densité de l'eau étant supérieure à celle de la glace). Les 250 millions de m3 se sont alors engagés dans ce tunnel formé entre la glace et la roche.

L'eau a cheminé dans ce tunnel sur plus de 8 km jusqu'à déboucher sur le lac Colonia, puis sur la rivière Baker, dans laquelle il se déverse.

Disparitions en série

Ce phénomène, dit Glacial Lake Outburst Flood (GLOF), est connu des scientifiques. On l'a déjà vu se produire dans les montagnes de l'Himalaya. Il est généralement assez rare.

Mais au Chili, c'est le deuxième en un an. En mai 2007, une équipe de gardes forestiers chiliens découvre le lac Tempano asséché. Situé dans le champ de glace Sud, il est deux fois et demie plus petit que Cachet 2.

«La Patagonie fait partie des régions qui subissent les bouleversements les plus rapides de la planète du fait du réchauffement climatique», souligne Andrés Rivera. «Chaque année, certains glaciers régressent de plusieurs centaines de mètres.»

Au cours de ses conférences, l'ex-vice-président américain Al Gore insiste généralement sur le cas du glacier chilien Marinelli. Proche du détroit de Magellan, il a diminué de plus de 4 km en deux ans.

Les experts prévoient une augmentation de ces phénomènes. Ils sont inquiets. Au Chili, les GLOF ne poseraient pas de danger direct pour la population, les glaciers étant généralement loin des zones habitées.

Mais l'impact de la fonte des glaciers du Chili sur l'élévation du niveau de la mer dans le monde menace l'équilibre écologique de la planète.

La Chine investit l'Amérique du sud

[Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]L'arrivée à l'Aéroport de Sanya – Chine, à son arrivée à l'Aéroport International de la Ville de Sanya, La Présidente de la République, Michelle Bachelet est reçue par Lin Fanglue, le Vice-gouverneur de la Province de Hainan. République populaire Chine.
Photo
Les relations sino-sudaméricaines sont récentes. La plupart des gouvernements de l’Amérique du sud n’ont reconnu la République populaire de Chine qu’après la visite de Nixon à Pékin en 1972. Depuis 2000, les relations trans-pacifiques s’amplifient en raison d’intérêts économiques. Mais dans le cadre de leurs échanges, la Chine a tendance à prendre l’ascendant, ce qui déplaît au Brésil, puissance émergente. Le Mexique a, quant à lui, déclaré la guerre à Pékin.

Un flirt économique bancal :

Les non-alignés économiques
Depuis vingt ans, les pays amérindiens cherchent ouvertement à quitter la sphère d’influence économique des Etats-Unis. La Chine leur ont apporté une alternative concrète: un soutien financier sans aucune contrepartie politique. En échange, Pékin veut accéder aux meilleurs prix aux matières premières d’Amérique latine.

D’un côté, les pays du Mercosur (l’union économique des pays d’Amérique latine) profitent des investissements chinois. De l’autre côté du Pacifique, Pékin récupère les richesses latines, à savoir le soja, le pétrole et de nombreux minerais (argent, cuivre, étain). Le cobalt et le nickel cubains sont importés massivement vers Shanghai. Le géant asiatique est souvent le premier consommateur, et donc importateur mondial, de ces ressources.

Retour de dépendance
Les industriels brésiliens, réunis en conférence, ont dénoncé, il y a quelques mois, la nouvelle dépendance de leur pays à la Chine. Ils accusent leur président Lula d’avoir remplacé Washington par Pékin.

Le géant chinois, et sa croissance record de 10% par an, happe les matières premières amérindiennes, tout en inondant les marchés latins des produits manufacturés "made in China". Pour les dirigeants amérindiens, les capitaux et investissements chinois sont une aubaine: l’Argentine, qui sort difficilement d’une crise financière, a même demandé à Pékin de remplacer le FMI, bailleur de fond temporaire de Buenos Aires.

La stratégie chilienne
Le Chili,champion du libre-échange sur son continent, veut libéraliser le commerce dans les secteurs industriels avec la Chine, la plaçant dans la même position que les Etats-Unis. Selon certains économistes, la suppression des barrières douanières serait une catastrophe pour le Chili. Mais le ministre de l’Economie veut provoquer une guerre ouverte entre les produits chinois et américains. Par principe, cette concurrence devrait faire baisser les prix.

Le réveil des consciences :

L’intervention d’Hu Jintao
Lors d’une visite d’État effectuée du 11 au 23 novembre 2004 dans quatre pays d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Chili et Cuba), le Président chinois Hu Jintao a conclu des ententes permettant de débloquer des investissements de plus de 30 milliards de dollars en Argentine et au Brésil au cours des prochaines années.

La reprise actuelle de l’économie brésilienne est d’abord et avant tout reliée aux exportations, la Chine en constituant assurément l’une des plus puissantes locomotives. Le dollar ne règne plus sur les puissantes émergentes que sont le Brésil, l’Argentine et le Chili.

Des sino-dollars critiqués
Cette domination financière de Pékin inquiète les industriels amérindiens, directement concurrencés par les produits manufacturés chinois. Les producteurs argentins de soja sont les premiers à avoir sonné l’alarme en 2006: ils menacent aujourd’hui de bloquer les exportations de la fève vers le géant chinois. Selon l’un des plus puissants exploitant de mines d’argent du Brésil, l’union commerciale du Mercosur doit être complétée "avant de pactiser avec le diable" chinois.

Guerre ouverte avec le Mexique
Le cas de Mexico est un peu différent. La Chine a ravi au Mexique sa position de deuxième fournisseur de l’économie américaine. Depuis que le Chine veut entrer à l’Organisation mondiale du Comerce, le gouvernement mexicain n’a eu de cesse de réclamer un approfondissement de l’ALENA, le Traité de libre-échange nord-américain, qui permettrait au Mexique de renforcer sa position stratégique de partenaire privilégié de l’économie américaine.

Quelques chiffres

Population Amérique latine/Chine
: 600 / 1322 millions d’habitants
Superficie Amérique latine /Chine : 18,4 / 9,6 millions de km²
Densité Amérique latine /Chine : 49 / 136 habitants/km²
Indice de développement humain (calculé à partir du niveau de vie, de la santé et de l’éducation de la population) : 0,869 pour l’Argentine (38e rang mondial en 2005, avant la crise financière) 0,821 pour le Mexique (53e rang mondial) 0,8 pour le Brésil (70e rang mondial) 0,761 pour la Chine (81e)


vendredi 11 avril 2008

La présidente chilienne s'engage à renforcer la coopération avec la Chine

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Mme Bachelet, attendue vendredi à Beijing pour devenir ainsi la première présidente de l'Amérique latine à visiter la Chine, a exprimé sa joie de se rendre en Chine lors du 30e anniversaire de l'ouverture et de la réforme de cette dernière.

Le Chili et la Chine, malgré l'éloignement géographique et la grande différence au niveau de la superficie de leur territoire, entretiennent des relations proches et partagent beaucoup de points communs depuis que les deux pays ont établi des relations diplomatiques il y a 37 ans, a-t-elle indiqué.

Les deux pays ont poursuivi leur développement, en renforçant leur économie nationale et en ambitionnant de s'engager dans les activités économiques mondiales, et tous deux ont souligné que les résultats de la croissance économique doivent être partagés par tout le monde, a fait remarquer Mme Bachelet.

Elle a qualifié les relations Chili-Chine de "très bonnes" du point de vue des perspectives politiques et économiques, ajoutant que les relations bilatérales sont caractérisées par le respect mutuel et une étroite coopération.

Elle a exprimé sa satisfaction sur le développement du commerce bilatéral, annonçant que les deux pays ont connu des résultats remarquables.

Mme Bachelet a déclaré que l'année dernière a témoigné de la plus importante croissance du commerce bilatéral depuis l'entrée en vigueur de l'Accord de libre échange (ALE) en octobre 2006. Elle a souligné que l'accord a servi à diminuer la distance entre les deux pays et a inspiré un plus grand enthousiasme commercial.

Le volume du commerce entre les deux pays a atteint 14,673 milliards de dollars (msd usd) en 2007, soit une croissance significative de 65% sur 2006, selon les statistiques fournies par le ministère chinois du Commerce. L'exportation chilienne vers la Chine en 2007 a atteint 10,257 mds usd, soit une augmentation de 78,8% par rapport à 2006.

Constatant que la Chine est devenue la plus grande partenaire commerciale du Chili, Mme Bachelet a indiqué que le Chili est tout à fait conscient que son développement est connecté à des liens avec l'Asie, et particulièrement avec la Chine.

Elle a indiqué que les deux pays doivent renforcer leur intégration économique, regarder vers le futur et développer de nouveaux marchés dans les pays tiers pour le développement conjoint, plutôt que de se concentrer seulement sur le commerce bilatéral.

Elle a aussi conseillé aux deux pays de renforcer la coopération dans les domaines comme la culture, l'éducation, l'environnement et la défense nationale.

Mme Bachelet a aussi annoncé qu'elle espère finaliser les articles concernants le commerce du service dans la deuxième phase de l'ALE.

Mme Bachelet a aussi exprimé ses meilleurs voeux aux JO de Beijing, précisant que le gouvernement chilien accordera son plein soutien aux athlètes chiliens pour des performances de haut niveau dans les jeux.

Née le 29 septembre 1951, Mme Bachelet s'est rendue en Chine en mai 2004 en tant que ministre chilienne de la Défense.

Le Chili a été le premier pays de l'Amérique latine à avoir établi des relations diplomatiques avec la Chine.

jeudi 10 avril 2008

Les députés chiliens suspendent à titre provisoire leur ministre de l'Education

Depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990, jamais aucun membre d'un gouvernement n'avait été sanctionné de la sorte par le parlement de Santiago. Le Sénat a désormais 30 jours pour statuer sur le cas de Yasna Provoste et trancher sur son avenir à la tête du ministère de l'Education.

Aucune procédure judiciaire n'a été ouverte à l'encontre de la ministre mais les députés ont préféré agir de manière préventive, au cas où celle-ci serait amenée dans les prochaines semaines à répondre aux questions de la justice chilienne.

Yasna Provoste avait été nommée à son poste en juillet 2006 par la présidente Michelle Bachelet à la suite de violentes manifestations estudiantines qui avaient agité le pays.

Commission pour une Société mondiale durable

Objectifs et responsabilités partagées de la communauté internationale

Saluant la tenue de cette seconde réunion au Chili, Ricardo Lagos a noté que les travaux de la Commission faisaient partie d’une longue et fière tradition au sein de l’Internationale Socialiste pour la lutte pour des sociétés égales, qui vivent ensemble pacifiquement. Les questions examinées par la Commission étaient pour la première fois de nature véritablement mondiale et ne pouvaient être résolues que globalement ; il était possible que les problèmes commencent au niveau national mais les effets se répandaient rapidement à travers le monde. La perspective que les forces progressistes pouvaient apporter à l’agenda international sur changement climatique comprenait des initiatives pour tous, basées sur le principe de responsabilités communes mais différenciées. Chaque société était différente et il était clair qu’une approche uniforme ne fonctionnerait pas. Faire en sorte que les questions environnementales soient proéminentes sur les agendas politiques et promouvoir des types de développement différents – alliant préoccupations environnementales avec avancées technologiques, croissance et durabilité, et coopération entre le secteur privé et le secteur public –étaient d’une importance vitale.

Reconnaissant les inégalités et injustices considérables que le changement climatique risquait de créer, Elio Di Rupo, ministre d’Etat et leader du Parti Socialiste de Belgique, PS, a affirmé que les façons de penser devaient être fondamentalement changées. Le coût de l’inaction serait encore plus grand que le coût engendré par l’action. Ceux de gauche ne pouvaient pas soutenir un modèle mondial qui marginalisait la majorité ; le défi auquel devait faire face l’Internationale Socialiste était d’assurer que l’agenda international soit basé sur la solidarité et l’éradication de la pauvreté. Tandis que certains considéraient que les progrès réalisés lors de la Conférence des Nations Unies en décembre étaient insuffisants, la Feuille de route de Bali avait fourni un nouveau cadre pour des négociations sur la base ferme de recommandations scientifiques spécifiques. Il a ajouté qu’agir globalement ne signifiait pas sous estimer la contribution du niveau local à cette question.

Prenant la parole lors de la session d’ouverture, Michelle Bachelet a souligné le nouveau sentiment d’urgence ressenti par la communauté internationale pour s’attaquer au changement climatique. Le cas scientifique en matière de réchauffement de la planète avait clairement été affirmé et la reconnaissance de la contribution substantielle de l’activité humaine à la détérioration de l’environnement avait mis un terme au comportement aveugle et inerte de nations qui pendant longtemps avaient compté sur une vision du développement qui considérait comme allant de soi le fait que les ressources naturelles était illimitées. Un nouveau consensus politique était en train de se mettre en place pour générer une nouvelle action politique mondiale, au sein de laquelle le rôle des idées progressistes était fondamental. Le monde requerrait une équité basée sur des politiques environnementales, qui aideraient les secteurs les plus touchés de la société. Le changement climatique n’était pas simplement un concept sophistiqué qui s’appliquait uniquement aux pays développés, a-t-elle conclu, mais il était également une réalité pour les pays du monde les plus vulnérables, qui requerrait une nouvelle capacité mondiale.

Les membres de la Commission et les participants invités ont pris part à des échanges de point de vue francs et animés.

Diriger en montrant l’exemple

Partageant l’expérience de son gouvernement, S.E. Martin Torrijos, président de la République de Panama et leader du Parti révolutionnaire Démocratique, PRD, a présenté un rapport clair et détaillé sur les plans pour élargir le Canal de Panama. Ceci montrait, pensait-il, qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre d’importants projets infrastructurels et la lutte de l’humanité contre les dégâts environnementaux. L’expansion du Canal soulevait en son cœur des questions liées au changement climatique, à la fois en matière de technologie utilisée pour le construire de façon durable et de réduction d’émissions de carbone que le développement assurerait par l’intermédiaire d’une productivité accrue. Ainsi, de nouveaux investissements, des types de développement différents et une croissance écologique étaient tout à fait possibles.

Eduquer les nouvelles générations

Amenant avec elle sa perspective d’Amérique centrale et du Nord, Beatriz Paredes, présidente du Parti Révolutionnaire Institutionnel, PRI, Mexique, a souligné le rôle de l’éducation pour que les nouvelles générations s’engagent en faveur des questions liées au changement climatique. Dans des sociétés, telles qu’au Mexique, où les forces politiques vertes n’avaient pas de forte tradition, les futurs leaders, à la fois du gouvernement et du monde des affaires, devaient prendre conscience des implications des développements environnementaux. Elle a commenté que tandis qu’il y avait de nombreux actes de solidarité vis à vis de pays qui devaient faire face à des désastres naturels, comme c’était souvent le cas des nations vulnérables de sa région, il n’existait pas de procédures systématiques pour aider durant l’étape difficile du rétablissement des infrastructures.

Le rôle décisif de la politique

Mona Sahlin, présidente du Parti Social-Démocrate Suédois, SAP, a affirmé que la communauté internationale avait maintenant conscience de ce qui devait être fait face au changement climatique et pourquoi, mais que les sociaux-démocrates pouvaient montrer comment, avec l’esprit de solidarité devenant une stratégie de survie mondiale. Le rôle de la politique devait s’accroître, avec des politiques incitant au développement technologique écologique: le marché pouvait être un servant excellent, a-t-elle dit, mais un mauvais maître. Elle a ajouté que tandis que les effets du changement climatique pouvaient apparaître mondiaux, un changement concret avec un impact bien réel pouvait rapidement se produire au niveau local et que ces expériences pouvaient être hautement valables, les pratiques les meilleures pouvant être globalement partagées.

Dilemme du développement

Le dilemme important faisant face aux pays émergeants, selon l’avis de Mohammed Elyazghi, ministre d’Etat du Maroc, était comment développer et industrialiser sans polluer. La solidarité entre les nations développées et celles en développement était vitale. L’accès à de nouvelles technologies devait être universel, alors qu’au contraire elles étaient vendues aux nations non industrialisées à un prix d’or. Avec la diverse flore menacée dans le bassin méditerranéen, par exemple, où les pays n’avaient pas les moyens de protéger de telles zones, la culture sociale-démocrate devait jouer un rôle significatif en aidant les nations en développement.

Solidarité au coeur de l’agenda international du changement climatique

Nkosazana Dlamini Zuma, ministre des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud, a réitéré que la réponse au changement climatique devait être traitée au moyen d’une solidarité sans précédent entre nations développées et nations en développement, en particulier en ce qui concernait l’Afrique, le continent qui serait le plus touché par le réchauffement de la planète mais qui avait le moins de capacité de s’adapter. Le changement climatique n’était plus théorique et la région expérimentait déjà la hausse des températures et la diminution des stocks naturels de nourriture. Le défi pour l’Afrique était comment passer de la dépendance vis à vis du charbon sans perdre son élan économique, et pour accomplir ceci, une aide était requise pour progresser finalement vers l’utilisation de technologies plus vertes. Ce transfert constituait un impératif et non pas un choix, et la question du coût demeurait fondamentale.

Solutions énergétiques spécifiques

Marco Aurélio Garcia, PT, Brésil, a présenté un compte-rendu détaillé de l’expérience de son pays en matière de production de biocombustibles, une alternative qui avait été recherchée durant les crises pétrolières des années 1970. Les défis qui existaient toujours aujourd’hui étaient d’assurer cette énergie à partir de ces sources sans causer de dégâts environnementaux ni perdre ou mettre en danger les réserves de nourriture. L’importance de l’expérience était multiple : le Brésil était autosuffisant en termes énergétiques, il n’expérimentait pas de mouvements migratoires vers les villes mais conservait sa population rurale avec des opportunités d’emplois productives ; les biocombustibles eux-mêmes ayant ouvert une série d’autres produits pouvant être produits, par exemple des plastiques et des fertiliseurs biodégradables. Il a demandé comment cette expérience pouvait être étendue à d’autres continents, en particulier à l’Afrique, qui pourrait être bénéfique de la même manière, et également repenser les modèles de développement et réduire les subventions afin de permettre un meilleur accès au biocombustibles.

Feuille de route à suivre

Sergei Mironov, président du Conseil de la Fédération russe a souligné les nombreux domaines d’action qui se présentaient. Des recherches scientifiques d’une plus grande portée étaient nécessaires. L’impacte de l’humanité sur le changement climatique n’avait pas été étudié dans son entier et davantage d’investigations sur les mesures requises pour combattre les dégâts environnementaux seraient requises. Il a souligné que tout nouvel accord international ne pourrait être efficace que s’il était compréhensif : tous les pays devraient être nécessairement partager le fardeau. Des standards d’adéquation étaient nécessaires dans les accords internationaux, ciblant à la fois la croissance économique et prenant en considération l’impact sur l’environnement. Il était clair que de meilleurs instruments d’adaptation étaient vitaux en matière de stratégie pour promouvoir des moyens écologiquement viables.

Apprendre à partir des erreurs passées

Aleksandr Kwasniewski, ancient président de la Pologne, a noté l’engagement encourageant de l’Union européenne en faveur de la réduction dramatique des émissions, en réponse au changement climatique. Il pensait qu’une contribution pratique de la part des nations développées pouvait être de délivrer de nouvelles technologies propres aux nations émergentes, afin qu’elles ne répètent pas les erreurs du passé dans leur processus d’industrialisation. Il a suggéré que les dettes de tels pays pourraient être transférées dans des ‘fonds écologiques’ qui ne seraient utilisés que pour un développement ne nuisant pas à l’environnement. Il a ajouté que de nombreux leaders politiques devaient être éduqués : le changement climatique ne figurait toujours pas au sommet de l’agenda politique de nombreux pays.

Les actions de la Chine face au changement climatique

Zhijuan Zhang, vice-ministre de la Chine, a décrit la situation dans son pays, qui a déjà souffert des effets négatifs du changement climatique : 180 millions de personnes avaient récemment été touchées par trois semaines de pluie glacée qui avait paralysé les infrastructures électriques dans plusieurs provinces. La Chine, a-t-il dit, avait adopté une approche constructive recherchant un modèle de développement équilibré, avec un développement économique et social et la protection de l’environnement. Le parlement avait récemment promu l’Agence de protection de l’environnement au rang de ministère et le budget pour la protection de l’environnement avait été augmenté de façon significative. Tandis que l’allègement de la pauvreté demeurait un défi inquiétant en Chine, le pays s’était engagé à maintenir le principe de responsabilités partagées et différenciées en ce qui concernait le changement climatique. Il était important, a-t-il ajouté de ne pas exclure la coopération bilatérale et régionale et d’étudier avec attention les expériences nationales.

Accroître la contribution de la politique

Ricardo Lagos a abordé plusieurs domaines où la politique pourrait prendre l’initiative pour augmenter la croissance, lutter contre la pauvreté et accroître l’efficacité en matière de consommation énergétique. La coopération publique-privée était une question clé, car le financement et le transfert des technologies requerraient des investissements importants de la part du secteur privé et la question des incitations était bien réelle. Le besoin d’une formule qui comprenait les différences entre pays, signifiait que des engagements nationaux particuliers pouvaient se traduire dans des accords de la communauté internationale. Et, a-t-il suggéré, une approche sectorielle possible où des standards d’émissions similaires pourraient s’appliquer à travers les pays ayant des standards de production également similaires.

Les participants ont convenu que l’importance du rôle de la politique était de faire en sorte que les investissements soient possibles et viables, avant que les marches ne comprennent les possibilités économiques des technologies écologiques. Des partenariats publics privés étaient vitaux en ce qui concerne les nouveaux modèles de développement. Cependant il était préoccupant que l’environnement ne soit pas toujours une priorité des gouvernements et l’importance donnée aux ministères de l’environnement – qui devaient fonctionner à travers le spectre gouvernemental dans son entier – dans différentes nations, a été signalé.

Signalisation le long du chemin

Luis Ayala, secrétaire général de l’Internationale Socialiste, a introduit la déclaration qui allait être émise pas la Commission. Faisant suite à la réunion de Londres, où la Commission avait abordé les thèmes qui devaient être examinés, les priorités de ses travaux et défini le chemin à suivre, la réunion de Santiago avait donné l’opportunité de fournir d’autres indications le long de ce chemin, en soulignant les domaines de préoccupation cruciale aujourd’hui pour les sociaux-démocrates. Mettant en avant l’interdépendance du monde, dans lequel les crises avaient des impacts partout, comme c’était le cas du désarroi financier, a-t-il dit, la gouvernance mondiale n’était plus un concept mais un besoin urgent. Bali avait fourni une fenêtre d’opportunités mais le système multilatéral nécessitait un leadership et une compréhension des implications et des conséquences mondiales dans un monde en changement. Le développement devait aller de paire avec la durabilité, sans être dicté par les marchés, et une meilleure éducation était nécessaire. La réunion a adopté la Déclaration à l’unanimité.

Futures activités

La Commission a convenu que lors de sa prochaine réunion plénière en Suède en septembre, elle devrait considérer plus en profondeur les idées et propositions sur le financement, les transferts technologiques et les mesures d’atténuation, avant la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Poznan en Pologne en décembre 2008. Il a été suggéré que des ministres et représentants ayant des affinités similaires attendant de telles réunions pourraient se rassembler de façon informelle la veille pour continuer de bâtir un consensus.

Les questions qui seraient traitées par la Commission serait au sommet de l’ordre du jour du prochain XXIIIème Congrès de l’Internationale se tenant à Athènes, en Grèce, du 30 juin au 2 juillet. De plus, le changement climatique serait un domaine clé des discussions lors de la future réunion des maires socialistes de l’IS.

En ce qui concerne les réunions régionales, en raison des changements qui allaient être mis en place en ce qui concerne le nouveau Ministère de l’Environnement en Chine, le séminaire qui y avait été prévu allait devoir être reporté à une date ultérieure, mais les membres ont convenu d’évaluer la possibilité d’avancer la réunion proposée en Russie. Une école d’été, avec des jeunes et des leaders de l’opinion serait également considérée.

mercredi 9 avril 2008

Décision arbitraire sur la « pilule du lendemain »

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Le dictateur Augusto Pinochet, réunit avec Jaime Guzmán, Joaquín Lavín et Julio Dittborn, dirigeants de la UDI.


En interdisant vendredi la distribution gratuite de la «pilule du lendemain » dans le système de santé public, le tribunal constitutionnel du Chili vient de porter un rude coup au droit des femmes à disposer librement de leur corps. La nouvelle a provoqué un tollé dans un pays où l’IVG (interruption volontaire de grossesse) reste illégale et sévèrement punie par la loi. Cette décision est un camouflet pour la présidente, Michelle Bachelet, qui s’était investie personnellement pour promouvoir cette méthode contraceptive d’urgence. En effet, le Chili est confronté à un sérieux problème de santé publique : le nombre de grossesses chez les jeunes filles est très élevé, touchant particulièrement les familles les plus pauvres. Dans certaines communes populaires comme Cerro Navia, dans l’ouest de Santiago, près du quart des adolescentes de moins de dix-huit ans sont enceintes ou l’ont été. Ces grossesses sont bien souvent non désirées et débouchent parfois sur des avortements clandestins très risqués.

Malgré l’opposition farouche de l’église catholique, de la droite et d’une partie de la démocratie chrétienne (membre de la coalition au pouvoir), la présidente Bachelet avait réussi fin 2006 à imposer la distribution gratuite et anonyme de la «pilule du lendemain» dans les consultations du système public de santé, pour les jeunes filles de plus de quatorze ans. Le tribunal constitutionnel a accueilli favorablement la requête présentée par 36 députés du parti de droite, Union démocrate indépendante (UDI) au motif que la pilule serait «abortive». La formation politique fondée en 1983 par Jaime Guzman, idéologue de la dictature et bras droit du général Pinochet, se distingue régulièrement par ses positions ultraconservatrices en matière de moeurs.

Réagissant samedi depuis Londres où elle effectuait une visite officielle, la présidente Bachelet a «regretté profondément» la décision du tribunal. «Ce jugement va d’abord à l’encontre des femmes pau- vres», a-t-elle indiqué. En effet, paradoxalement, la prohibition ne concerne que le système public : la «pilule du lendemain» sera toujours en vente sur ordonnance dans les pharmacies. Et de ce fait, seules les femmes qui en ont les moyens pourront se la procurer… Devant cette situation qualifiée de «discriminatoire», le sénateur de centre-gauche Guido Girardi - proche de la présidente et médecin de profession - a lancé une pétition en vue de présenter une réforme constitutionnelle, permettant aux femmes de choisir librement leur moyen de contraception. D’autres parlementaires ont évoqué un recours auprès de la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Jean Boulangé

lundi 7 avril 2008

Le Chili accueille les premiers réfugiés palestiniens

Photo (Xinhua / AFP)
Ces 39 Palestiniens, dont 25 enfants, font partie des premiers 117 réfugiés acceptés par le Chili lors des négociations peu avant entre le gouvernement chilien et le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Un millier d'habitants locaux se sont réunis pour accueillir les Palestiniens à La Calera, à 110 km au nord de Santiago, capitale chilienne, tandis que les réfugiés épuisés après 40 heures de voyage, ont répondu en les remerciant et se montrant ravis.

Après un petit-déjeuner leur offrant des plats chiliens et arabes dans un restaurant au centre-ville, les réfugiés ont été accompagnés dans leurs nouvelles habitations.

Les Palestiniens sont déjà entrés en contact avec la communauté arabe locale dans la ville voisine de Vina del Mar pour accéder aux infrastructures religieuses et faciliter la pratique de leur religion.

Une durée d'un mois sera accordée à ces réfugiés pour apprendre la langue espagnole, avant leur intégration à la commune locale.

Les autres réfugiés autorisés à s'installer au Chili, divisés en deux groupes, s'y rendront dans les semaines à venir.

Le plus haut volcan du monde à moto

German Hess, Monsieur l'ambassadeur de Suisse, Johann Janko, Roland Hess et Giovanni Sanguedolce
Roland Hess, champion de trial au Chili, et son frère German Hess ont réussi l'exploit de gravir le volcan le plus haut du monde. Accompagnés par le montagnard Johann Janko et l'enduriste Giovanni Sanguedolce, ils ont atteint 6 200 mètres d'altitude au guidon de deux motos de trial. "En haut, nous disions "plus jamais", et finalement le lendemain on remontait, racontent les nouveaux recordmen. Les conditions étaient très difficiles : le froid, le vent permanent, l'altitude et la difficulté à s'habituer au manque d'oxygène, les maux de tête et parfois même... la mauvaise humeur !" Partis le 14 mars dernier, ils ont dépassé les 6 200 mètres le 19 mars à 16 heures.