vendredi 30 mai 2008

Arrestation d'une centaine d'anciens tortionnaires de la dictature chilienne

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

DES PUBLICATIONS ÉDITÉES DEPUIS MI JUIN 1975 AU BRÉSIL, EN ARGENTINE ET AU MEXIQUE, —CERTAINES PARUES UNE SEULE FOIS—, ONT SIGNALÉ DES « LUTTES INTERNES » ET DE RÈGLEMENTS DE COMPTES AU SEIN DU MIR, ET ONT PUBLIÉ DES LISTES DE MORTS QUI COÏNCIDAIENT ÉTRANGEMENT AVEC CELLES DES PRISONNIERS TOMBÉS DANS LES GRIFFES DE LA DINA ET DISPARUS DEPUIS. LA PRESSE CHILIENNE PROCHE DE LA DICTATURE A PARTICIPÉ AUSSI À CETTE VASTE MANIPULATION.
Les victimes, pour la plupart militants du Mouvement de gauche révolutionnaire (MIR), ont été assassinées en juillet 1975, au cours de l'opération "Colombo", après avoir été torturées. A l'époque, le régime militaire avait attribué ces décès à des règlements de comptes entre groupes de gauche chiliens ayant eu lieu en dehors du pays.

Les corps de quarante-deux des victimes n'ayant pas été retrouvés, les détenus pourraient être inculpés d'"enlèvements permanents". Cette figure juridique, revendiquée par le juge Juan Guzman, rendu célèbre pour avoir inculpé à plusieurs reprises M. Pinochet, permet une interprétation inédite de la loi d'amnistie imposée en 1978 par l'ancien dictateur pour protéger les crimes commis par les forces armées. Le magistrat, aujourd'hui à la retraite, a démontré que les disparus ne pouvaient pas être déclarés morts tant que leurs cadavres n'avaient pas été retrouvés. L'accusation ne porte donc pas sur des homicides mais sur des enlèvements qui constituent des délits.
"Ces arrestations sont le résultat de trente-trois ans d'enquête", a précisé le juge Montiglio. Parmi les tortionnaires, militaires et civils, figure l'ancien chef de la Dina, le général Manuel Contreras. "C'est un pas extraordinairement positif en faveur de la justice", estime la porte-parole de l'association des familles de détenus disparus, Mireya Garcia.
Cette opération judiciaire est la plus importante dans le cadre des violations des droits de l'homme commises pendant la dictature de Pinochet, qui a fait plus de 3 000 morts et disparus. La présidente socialiste Michelle Bachelet avait elle-même été arrêtée et torturée. Des centaines de tortionnaires ont déjà été condamnés. En revanche, le général Pinochet est mort, le 10 décembre 2006, sans avoir été jugé pour les crimes et les délits de corruption dont il était accusé. Christine Legrand

jeudi 29 mai 2008

Chili : arrestation de plusieurs centaines d'élèves protestataires contre la loi d'éducation


Manifestation des étudiants à Santiago
Images Rodrigo Casanova

Les protestations ont été organisées dans les villes les plus importantes de Santiago, Valparaiso et Antofagasta, où un total de 456 élèves ont été arrêtés, selon le premier décompte officiel.

Les protestataires jugent que la loi n'engage pas une réforme substantielle sur ce qui a été légué du régime militaire du pays.

A Santiago, près de 2000 élèves ont tenté de marcher le long des artères de la ville, avant d'être forcés par la police de se rendre dans d'autres quartiers.

A Valparaiso, des élèves sont entrés au ministère de l'Education régionale. Le commandant de la police locale Cesar Vargas a confirmé avoir arrêté une dizaine d'élèves.

Les mineurs ont été remis à leurs parents, tandis que les adultes feront face à des poursuites judiciaires, a-t-il poursuivi.


Tournoi de Toulon : Le Chili en finale grâce à "el loco"

Pour sa première participation au tournoi de Toulon, le Chili emmené par "el loco", accédera à la finale où il affrontera l’Italie, victorieuse du Japon lors d’une séance de tirs aux buts (5-4).

Les chiliens en confiance après leurs trois victoires dans le tournoi ont ouvert le score dès la cinquième minute de jeu par l’intermédiaire de Pedro Morales qui recevant le ballon aux 35 mètres décoche une frappe venue d’ailleurs qui lobe le gardien ivoirien. Menée, la Côte d’Ivoire va se réveiller et va pousser pour égaliser avant la mi-temps, elle y parviendra à la 43ème sur un joli coup franc d’Adou Cissé.

Egalité logique à la pause, malgré de grosses occasions des deux cotés. En deuxième période, se sont les éléphants qui se montrent les plus dangereux. Mais ils vont se faire surprendre sur un décalage majestueux de Villanueva, coté gauche, pour Lorca qui élimine son adversaire d’un grand pont et dépose le ballon dans les pieds d’Orellana qui marque.

Une nouvelle fois menés au score les ivoiriens vont continuer d’y croire mais vont se heurter à un Cristofer Toselli plus déterminant que jamais, il sera d’ailleurs élu homme du match. La Côte d’Ivoire peut nourrir des regrets mais la solidité chilienne a fini par payer.

La Rojita retrouvera donc les italiens en finale pour un match qui s’annonce d’ores et déja explosif.

Chili: séisme de magnitude 5,4 dans la région du volcan Chaiten

La secousse tellurique n'a pas fait de victimes, selon la même source. de Puerto Montt, à environ 1.000 km au sud de Santiago la capitale.

Selon l'Institut de sismologie de l'Université du Chili, le séisme s'est déroulé à une profondeur de 22,4 km.

La zone déjà affectée le 2 mai par l'éruption du volcan Chaiten a vécu depuis de nombreuses secousses, mais selon les experts, elles ne sont pas d'origine volcanique.

Chili/Australie: fin des négociations sur un accord de libre- échange

Lors d'une conversation téléphonique entre M. Foxley et le ministre australien du Commerce Simon Crean, ce dernier a dit que le futur accord sera l'accord de libre- échange le plus complet conclu par l'Australie avec un autre pays.

"Nous passons d'une phase de réalisation du réseau de l'ALT dans le monde, notamment dans la région d'Asie-Pacifique, vers une phase de récolte des bénéfices de l'ALT", a-t-il dit.

Le Chili et le 3e plus grand partenaire commercial de l'Australie en Amérique latine, alors que l'Australie est le 4e plus grand investisseur étranger au Chili avec des investissements directs de 3 milliards de dollars dans ce pays.

Les deux pays ont commencé les négociations en août 2007 à Sydney, Australie.

L'Australie dispose des accords de libre-échange avec les Etats-Unis, Singapour, la Thaïlande et la Nouvelle-Zélande et chacun des accords souligne la protection des industries menacées.

mercredi 28 mai 2008

La pomme de terre sème la zizanie entre le Pérou et le Chili



Les experts péruviens rejettent les assertions du ministre chilien de l’agriculture qui assure que 99% des pommes de terre existant dans le monde ont un lien génétique avec celles cultivées au Chili. "La pomme de terre chilienne procède de la péruvienne, cela est indiscutable et le tubercule a son origine au Pérou dans la région nord du lac Titicaca, la région où il en existe la plus grande diversité", a assuré à l’AFP M. Juan Risi Carbone, le chef de l’Institut de recherche agraire (INA) du ministère de l’agriculture péruvien.

C’est de la région du Titicaca que le tubercule s’est propagé dans la région andine et notamment au Chili, ajoute-t-il en présentant le tubercule chilien "comme la petite-fille de la pomme de terre péruvienne". "Elle est aussi péruvienne que la citadelle inca du Machu Picchu ou que les lignes de Nazca" (dessins préinca dans le désert au sud de Lima), a commenté le scientifique.

La pomme de terre péruvienne est arrivée en Europe en 1570 et la chilienne 241 années plus tard, en 1811, insiste-t-il encore, en citant M. David Spooner, un scientifique de l’Université du Wisconsin, aux Etats-Unis. La presse péruvienne, qui accuse mardi le Chili de vouloir lui "voler la pomme de terre péruvienne", est toujours prompte à défendre ses produits vis-à-vis de son voisin comme ce fut le cas pour le Pisco, un alcool de raisin. La ministre de l’agriculture du Chili, Marigen HornKhol, a fait inscrire au registre du Service de l’agriculture et de l’élevage (SAG) 280 sortes de pommes de terre, originaires de l’île de Chiloe dans le sud du pays. Selon le Chili, 90% des 7.000 variétés existant en Hollande ont des origines chiliennes.

mardi 27 mai 2008

LA JUNTE DISSIMULAIT MAL SES CRIMES

[Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

« 59 MIRISTAS CHILIENS TOMBENT EN OPÉRATIF MILITAIREEN ARGENTINE. » « EXTERMINÉS COMME DES RATS » TITRAIT LE JOURNAL  « LA SEGUNDA »  DU 24 JUILLET 1975


Le 23 juillet 1975, un frisson d'horreur s'empare des rues de Santiago et d'autres villes chiliennes. A la une des journaux autorisés par la dictature de Pinochet s'affichent les titres suivants : "Le MIR [Mouvement de la gauche révolutionnaire] assassine 60 de ses hommes à l'étranger" (La Tercera), "Des miristas exterminés comme des rats" (La Segunda), "On a identifié les corps de 60 miristas assassinés par leurs compagnons d'armes" (El Mercurio), "Offensive sanglante du MIR à l'étranger" (Las Ultimas Noticias). Les journaux publient la liste de 119 Chiliens exécutés par leurs compatriotes à Salta, en Argentine. Et rappellent que tous figuraient également sur la liste des prisonniers disparus pour lesquels un habeas corpus avait été présenté devant la justice. A l'époque, plusieurs organismes internationaux exigent par ailleurs de la junte militaire des informations sur ces prisonniers. "Voilà qui fait la preuve du mensonge fabriqué par les marxistes sur l'action des services de sécurité", répète à l'envi la dictature, tandis que les familles, amis et compagnons des disparus sont au désespoir.


[Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LA COUVERTURE ET LES INTÉRIEURS DE LA « REVUE LEA », D'ARGENTINE. DANS SON PREMIER ET UNIQUE NUMÉRO PARU LE 15 JUILLET 1975, « LEA » A PUBLIÉ UN ARTICLE DATÉ À MEXICO INTITULÉ « LA VENDETTA CHILIENNE ». UNE GRANDE PHOTO MONTRE LE PRÉSIDENT SALVADOR ALLENDE, ORLANDO LETELIER ET SA FEMME ISABEL SUR LA LÉGENDE : « SALVADOR ALLENDE, « LE PARRAIN » TUE DEPUIS SA TOMBE ».


La terreur règne alors. Des automobiles sans plaque d'immatriculation parcourent les rues pour enlever des citoyens qui disparaissent sans laisser de trace et sans que personne n'annonce leur arrestation. Mais ils sont des milliers à savoir que ces 119 Chiliens ont été emprisonnés au Chili. Pour chacun d'entre eux, les tribunaux avaient reçu un récit détaillé de l'enlèvement et même des témoignages de personnes les ayant vus dans les prisons secrètes de la dictature. Et, alors que toutes les preuves avaient été réunies, qu'on avait frappé à toutes les portes et affronté le silence brutal des juges, on apprenait qu'ils avaient été assassinés par leurs propres camarades en Argentine.

L'information est apportée par deux publications, le journal brésilien Novo O Dia, de Curitiba, et la revue Lea, à Buenos Aires : le premier fait état, le 25 juin 1975, de l'assassinat de 59 militants du MIR, dont il donne les noms, au cours d'"affrontements avec les forces du gouvernement argentin à Salta", et la seconde publie le 15 juillet une nouvelle liste de 60 "extrémistes chiliens éliminés par leurs propres compagnons d'armes".

« LE MIR [MOUVEMENT DE LA GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE] ASSASSINE 60 DE SES HOMMES » 


Il allait falloir patienter dix ans pour éclaircir le mystère d'O Dia, un vieux journal brésilien qui reparut seulement le 25 juin de cette année-là pour rendre publique la liste des 59 extrémistes "assassinés" par leurs camarades.


JOSÉ LÓPEZ REGA
En août 1992, après le retour de la démocratie, je me suis rendue à la mairie de Santiago, dont le directeur de la communication, Gerardo Roa, qui exerçait déjà cette fonction sous la dictature. Il dut alors reconnaître que c'était lui qui avait négocié la reparution d'O Dia et qu'il avait reçu les instructions et la liste des personnes assassinées du chef de la DINA [police secrète de la dictature chilienne], Manuel Contreras. Quant à la revue argentine Lea, dont le directeur était Juan Carlos Viera, elle était éditée par Codex, un organisme placé sous la tutelle du ministère du Bien-Etre social, alors dirigé par José López Rega, également chef de la Triple A [Alliance anticommuniste argentine]. Cette parution à 20 000 exemplaires fut elle aussi unique : Lea n'est plus jamais sortie dans les kiosques.

[Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]


ENRIQUE ARANCIBIA CLAVEL
On retrouva le nom donné à cette opération ainsi que les détails de son organisation à l'étranger dans les archives secrètes de la DINA conservées par son agent à Buenos Aires, Enrique Arancibia Clavel (condamné à la prison à perpétuité pour l'assassinat du général Carlos Prats et de son épouse et aujourd'hui en liberté à Buenos Aires) ; je retrouvai moi-même ces informations dans les archives judiciaires de ce pays en 1986. C'est ainsi qu'on apprit que la DINA avait donné à ce massacre le nom d'"opération Colombo". Il a fallu trente-trois ans pour que justice soit faite par un tribunal pour l'assassinat le plus massif d'opposants chiliens accompli avec la complicité des services de sécurité argentins et de journalistes du Chili et d'Argentine. Mais il reste encore bien des horreurs à découvrir.






Mónica González

Clarín

dimanche 25 mai 2008

Douze pays sud-américains lancent l'Unasur



UNASUR Une réunion Extrarodinaria de Chefs d'État et de Gouvernement
Photos José Manuel de la Maza

Les chefs d'État ou leurs représentants ont signé en fin de matinée dans la capitale brésilienne le traité constitutif de cet organisme de coopération régionale, qui sera doté notamment d'un parlement dont le siège sera situé à Cochabamba, en Bolivie.

L'Unasur, formée par l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Equateur, la Guyane, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l'Uruguay et le Venezuela, constitue un ensemble de 388 millions d'habitants.

Ce forum, qui se réunira une fois par an au niveau des chefs d'État et prendra ses décisions par consensus, voit le jour au moment où plusieurs des dirigeants qui assistent vendredi au sommet sont à couteaux tirés.

Le président colombien Alvaro Uribe a ainsi annoncé qu'il renonçait à la présidence de l'Unasur qu'il devait assumer à Brasilia, en arguant que «cela n'était pas prudent» pour le moment «étant donné les difficultés avec les présidents du Venezuela (Hugo Chavez) et de l'Equateur (Rafael Correa)».

C'est la chilienne Michelle Bachelet qui devra assumer la présidence.

«L'Unasur devra surmonter les différences idéologiques entre les gouvernements», a affirmé l'ex-président équatorien Rodrigo Borja qui a lui aussi annoncé qu'il refusait d'en être le secrétaire général.

D'autres divergences plus ou moins profondes règnent dans la région: l'Argentine et l'Uruguay s'opposent au sujet de l'installation d'une fabrique de papier en bordure du fleuve qui sépare les deux pays; le Chili et la Bolivie n'ont toujours pas rétabli leurs relations diplomatiques, rompues en 1978. La vieille demande de la Bolivie au Chili d'un accès au Pacifique reste lettre morte.

Conscient de ces divisions, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a appelé à l'unité des pays de la région. «Nous, gouvernants de la région savons que les contentieux actuels sont passagers» et que «tous ensemble, notre souveraineté est plus forte», a dit Lula lors de l'ouverture du sommet.

Au cours de ce sommet, le Brésil tentera également de rallier des soutiens à son projet de «Conseil de Défense sud-américain» dont l'objectif est d'élaborer des politiques communes de défense, quitte à le faire sans la Colombie, très réticente.

Le Brésil, premier intéressé à une plus grande intégration régionale face aux grandes puissances, espère que le forum permettra de rapprocher l'Equateur, la Colombie et le Venezuela, a déclaré le conseiller spécial du président brésilien Lula en questions internationales, Marco Aurelio Garcia.

En pleine envolée des prix du pétrole, les dirigeants sud-américains devaient aussi discuter des moyens de renforcer l'intégration régionale en matière d'énergie, ainsi que de politique sociale et d'éducation.

Chili: 15'000 personnes déplacées par les inondations


Dans la capitale Santiago, de nombreux quartiers n'ont plus d'eau potable. Plusieurs écoles de la région sont restées fermées. En 24 heures, il est tombé sur Santiago 35,7 mm de pluie, soit, en temps normal, la pluviométrie de l'hiver tout entier, ont précisé les autorités.

Plus au sud, une dizaine de rivières sont sorties de leur lit, inondant des milliers d'habitations. Le principal axe nord-sud du pays a été coupé en trois endroits distincts.

Dans la région viticole de Maule, à quelque 200 km au sud de Santiago, un pont de chemin de fer s'est effondré, interrompant les liaisons ferroviaires avec le sud.

Selon les autorités, plus de 8000 maisons ont été affectées par les inondations et 316 personnes sont encerclées par les eaux. Un demi-millier d'autres ont été prises en charge dans des centres d'hébergement d'urgence tandis que 15'000 trouvaient refuge auprès de proches.

Les pluies se sont atténuées, mais de nouvelles précipitations sont annoncées pour la semaine à venir.

dimanche 18 mai 2008

Commerce: négociations laborieuses entre Européens et Latino-Américains

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Réunion avec la Troika de l'Union Européenne, José Manuel Barroso et Michelle Bachelet

Photo Alex Ibañez

L'Union européenne devait successivement recontrer les pays de la Commnauté andine, le Chili, les pays membres du Mercosur, le Mexique, les pays centroaméricains et des Caraïbes.

Des accords de libre-échange ont déjà été conclu avec le Mexique et le Chili, ce qui a permis d'augmenter sensiblement les échanges, mais ce n'est pas le cas avec le reste de l'Amérique latine.

Le Mexique, qui a signé cet accord il y a huit ans, a vu ses échanges avec l'UE passer de 19 milliards à 48 milliards de dollars. Ce pays deviendra à partir de samedi "partenaire stratégique" de l'Union européenne, comme c'est déjà le cas pour le Brésil en Amérique latine.

Les choses sont en revanche nettement moins avancées en ce qui concerne les pays de la Communauté andine des Nations (CAN), très divisée entre partisans d'un accord (Colombie et Pérou) et ceux qui y sont opposés (Equateur et Bolivie).

Européens et pays andins sont finalement convenus samedi d'accepter le principe d'une négociation pays par pays, faute d'accord au sein de la CAN. L'UE avait pourtant tenté jusqu'au bout de négocier bloc à bloc, mais les pressions en faveur d'un tel compromis, tant du côté européen que de la CAN, ont finalement eu raison de cette volonté.

"La réunion que nous venons d'avoir avec les représentants de l'Union européenne et les présidents des pays andins a permis de parvenir à une conclusion qui représente un pas en avant fondamental", s'est félicité samedi devant la presse le président péruvien.

La chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero ont tous deux souligné à Lima la nécessité d'avancer avec le Pérou et la Colombie. Cette dernière, alliée des Etats-Unis, a déjà signé un accord de libre-échange avec Washington, mais la Bolivie et l'Equateur, nettement plus à gauche, rechignent à ce type d'accord, y compris avec les Européens.

L'UE souhaite également conclure un accord d'association, comprenant un traité de libre-échange, avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), mais les négociations sont au point mort depuis 2004.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Premier ministre de Slovénie, Janez Jansa et Michelle Bachelet

Photo Alex Ibañez

Elles dépendent désormais totalement de l'issue du cycle de Doha, les négociations sur la libéralisation du commerce lancées dans le cadre de l'OMC, comme l'a encore confirmé le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson.

Européens et Sud-Américains vont donc se contenter de "confirmer leur engagement à relancer leurs négociations, une fois connu le résultat de Doha", a indiqué à l'AFP Alfredo Chiaradia, secrétaire d'Etat aux Relations économiques internationales et principal négociateur côté argentin.

Le Cycle de Doha que négocient 151 pays de l'OMC a été lancé en 2001 dans la capitale du Qatar et aurait dû être conclu en 2004. Une issue à ces négociations ambitieuses est néanmoins activement recherchée avant la fin du mois de juillet.

Les pays en développement, dont ceux du Mercosur, réclament une réduction des subventions et des barrières douanières agricoles de l'UE et des Etats-Unis tandis que les pays riches demandent aux pays émergents d'ouvrir leurs marchés industriels et des services.

Les dirigeants de l'UE et du Mercosur ont constaté vendredi à Lima la persistance de leurs divergences sur ce point, a reconnu devant la presse la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero Waldner.

vendredi 16 mai 2008

Éruption du volcan Chaiten au Chili


L
a ville est menacée par le volcan du même nom, qui s'est réveillé le 2 mai, après plusieurs milliers d'années d'inactivité, et laisse échapper des nuages de cendres. Ceux-ci ont atteint Buenos Aires, après avoir parcouru plus de 1 000 kilomètres, et menacent de perturber le trafic aérien de la capitale argentine.

L'éruption n'a fait aucune victime, mais la région du volcan a été évacuée sur un rayon de 30 kilomètres. Selon les experts, les débris volcaniques maintenus en l'air par des projections constantes pourraient finir par s'effondrer. D'importantes inondations se sont également produites, les cendres du volcan ayant fait gonfler les cours d'eau. L'éruption pourrait se prolonger pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

mercredi 14 mai 2008

Au Chili on mange à sa faim

A l’heure où le monde vit sa plus grave crise alimentaire depuis 15 ans – plus de 100 millions de personnes dans 37 pays sont dans une situation dramatique-, Michelle Bachelet participe à la Conférence régionale "Vers l’éradication de la malnutrition infantile en Amérique Latine et aux Caraïbes" à Santiago, afin de présenter la situation du Chili, au taux de malnutrition infantile le plus bas de toute l’Amérique Latine.
La Présidente a rappelé que : "Toute la première partie du XXè siècle le Chili a souffert, comme tous les pays d’Amérique Latine, d’un fort taux de malnutrition qui se répercutait sur un fort taux de mortalité infantile. Aujourd’hui le Chili a presque éradiqué la malnutrition infantile, avec 0,3% de la population contre 37% en 1960. Alors qu’en Amérique Latine et aux Caraïbes on compte encore près de 9 millions d’enfants qui souffrent de malnutrition chronique et 53 millions de personnes qui souffrent de carences alimentaires (absence de certains aliments dans leur alimentation). En effet 7% des enfants de moins de 5 ans y ont un poids inférieur à la normale et 16% une taille inférieure à la moyenne". Résultats satisfaisants
"Ces chiffres sont le résultat d’une politique de santé publique menée sur le long terme par le Chili, a t-elle rappelé. Le premier programme d’alimentation complémentaire du pays date de 1924 et garantissait les nécessités alimentaires premières aux enfants". Aujourd’hui, chaque jour, sont distribuées 2,2 millions de rations de lait dans les établissements publics pour lutter contre les carences en lactose et assurer le demi-litre de lait quotidien nécessaire à chaque enfant.
Au vue de ces progrès, Michelle Bachelet, en tant que présidente et médecin pédiatre, a appelé a redoubler d’effort afin de "combattre ce fléau", rappelant que dans le monde un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes. Signe des temps, le Chili est plutôt aujourd’hui confronté au problème de l’obésité, une question de santé publique presque aussi préoccupante.

Les données personnelles de 6 millions de Chiliens publiées sur internet

Cinq « clic » et tout y est ! Noms, prénoms, numéros de téléphone, adresses, numéro de carte d’identité, courrier électronique, informations académiques et sociales de 6 millions de Chiliens de presque la moitié de la population étaient ce week-end en libre accès sur deux sites internet.

Un pirate du net, dit « le lâche anonyme », aurait violé les systèmes de sécurité informatiques de quatre organismes publics et d’entreprises privées téléphoniques. Son objectif ? «Montrer à quel point au Chili les données confidentielles sont mal protégées».

La cyber-brigade débute l’enquête. Les organismes publics démentent une intrusion dans leur système. Les informations seraient assez vieilles. Le pirate a peut-être trouvé toutes les données légalement. Le Service des registres civils rappelle : pour près de 20 000 euros, il vend toutes ses données à n’importe qui. S’il y a délit, une plainte sera déposée par le gouvernement.

L’histoire fait déjà scandale. Selon le ministre aux Télécommunications, il y a urgence à légiférer. Rien ni personne ne protège les données confidentielles au Chili.

Le séisme en Chine a fait près de 9.000 morts

Le bilan du violent séisme en Chine s’est alourdi à 9.000 morts et plus de 10 000 blessés. Les autorités ont déjà annoncé que le nombre de morts devrait encore augmenter à mesure que les équipes de secours parviennent dans les zones les plus reculées.

Un puissant séisme a frappé la Chine ce lundi faisant cinq morts. Ce tremblement de terre aurait causé des dégâts importants. Deux écoles primaires de Chongqing ont été détruites, faisant quatre morts parmi les écoliers et plus d’une centaine d’autres écoliers. Une cinquième personne est morte dans l’effondrement d’un château d’eau dans la province voisine du Sichuan.

Les séismes les plus puissants enregistrés depuis 1900

* Tremblement de terre au Chili, magnitude de moment 9,5 , le 22 mai 1960.
* Tremblement de terre de Sumatra-Andaman, magnitude 9,3 le 26 décembre 2004.
* Tremblement de terre du Vendredi Saint (Alaska), magnitude 9,2 le 27 mars 1964.
* Alaska, magnitude 9,1 en 1957.
* Kamtchatka, magnitude 9,0 en 1952.
* Équateur, 8,8 en 1906.
* Sumatra et l’Île de Nias, magnitude 8,7 le 28 mars 2005.
* Alaska, magnitude 8,7 en 1965.
* Tibet, magnitude 8,6 en 1950.
* Kamtchatka, magnitude 8,5 en 1923.
* Indonésie, magnitude 8,5 en 1938.
* îles Kouriles, magnitude 8,5 en 1963.
* San Francisco, magnitude 8,5 le 18 avril 1906 (voir : Tremblement de terre de 1906 à San Francisco)
* Le 24 janvier 1939, le séisme de Chillán au Chili (magnitude 8,3) avait tué 28 000 personnes et blessé 58 000 autres.
* Le 17 janvier 1995, le tremblement de terre de Kōbe, Japon (magnitude 7,3) avait tué 6432 personnes et en avait blessé 43 792 autres.
* Le 4 mai 2006, le séisme dans les Tonga, de magnitude 8,3 est ressenti à plus de 2 300 km de l’épicentre.
* Le 15 novembre 2006, un séisme de magnitude 8,3 secoue les Kouriles, entrainant un raz de marée d’1,80 m. Il fut ressenti à plus de 1 600 km de l’épicentre, notamment dans le port de Crescent City en Californie.
* Le 13 janvier 2007, les Kouriles sont à nouveau secouées par un séisme de magnitude 8,3.
* Le 17 août 1906, un séisme de magnitude de 8,2 avait causé la mort de 20 000 personnes et fait 20 000 blessés à Valparaiso au Chili.
* Le Séisme du 15 août 2007 au Pérou, magnitude 8.

Séismes les plus meurtriers depuis 1900

Tremblements de terre ayant fait plus de 15 000 victimes, d’après les estimations des autorités locales (la notation comporte respectivement le lieu, le pays, la date, la magnitude notée M, et le nombre d’êtres humains morts) :

* Kangra, Inde, le 04/04/1905, M=8,6, 19 000 morts.
* Santiago du Chili, Chili, le 17/08/1906, M=8,6, 20 000 morts.
* Messine, Italie, le 28/12/1908, M=7,5, 84 000 morts.
* Avezzano, Italie, le 13/01/1915, M=7,5, 29 980 morts.
* Bali, Indonésie, le 21/01/1917, M= ?, 15 000 morts.
* Gansu, Chine, le 16/12/1920, M=8,6, 200 000 morts.
* Tôkyô, Japon, le 01/09/1923, M=8,3, 143 000 morts. Le séisme est suivi d’un gigantesque incendie. (voir : Tremblement de terre de Kantō de 1923).
* Xining, Chine, le 22/05/1927, M=8,3, 200 000 morts.
* Gansu, Chine, le 25/12/1932, M=7,6, 70 000 morts.
* Quetta, Pakistan, le 30/05/1935, M=7,5, 45 000 morts.
* Chillán, Chili, le 24/01/1939, M=8,3, 28 000 morts.
* Erzincan, Turquie, le 26/12/1939, M=8,0, 30 000 morts.
* Ashgabat, Turkménistan, le 05/10/1948, M=7,3, 110 000 morts.
* Agadir, Maroc, le 29/02/1960, M=5,9,intensité X(MM), environ 12 000 morts. (voir Tremblement de terre d’Agadir de 1960)
* Iran, le 31/08/1968, M=7,3, 16 000 morts.
* Chimbote, Pérou, le 31/05/1970, M=7,8, 66 000 morts.
* Yibin, Chine, le 10/05/1974, M=6,8, 20 000 morts.
* Guatemala, le 04/02/1976, M=7,5, 23 000 morts.
* Tangshan, Chine, le 27/07/1976[7], M=8. Le nombre officiel de morts est 240 000 personnes[8]. D’autres estimations font état de 800 000 victimes directes ou indirectes[9]. (voir : Tremblement de terre de 1976 à Tangshan).
* Michoacan, Mexique, le 19/09/1985, M=8,1, 20 000 morts (voir : Tremblement de terre de 1985 à Mexico).
* Arménie, le 07/12/1988, M=7,0, 25 000 morts. (voir : Séisme du 7 décembre 1988).
* Zangan, Iran, le 20/06/1990, M=7,7, 45 000 morts.
* Kocaeli, Turquie, le 17/08/1999, M=7,4, 17 118 morts. (voir : Tremblement de terre en Turquie).
* Bhuj, Inde, le 26/01/2001, M=7,7, 20 085 morts.
* Bam, Iran, le 26/12/2003, M=6,6, 26 200 morts.
* Sumatra, Indonésie, M=9,0, 232 000 morts. (voir : Tremblement de terre du 26 décembre 2004).
* Nord du Pakistan, le 08/10/2005, M=7,6, 79 410 morts.

La graduation de l’échelle de Richter :

L’échelle étant le logarithme d’une amplitude, elle est ouverte et sans limite supérieure connue. Dans la pratique les séismes de magnitude 9 sont exceptionnels et les effets des magnitudes supérieures ne sont plus décrits séparément. Le séisme le plus fort jamais mesuré atteignait la valeur de 9,5, c’était le 22 mai 1960 au Chili.

Micro : inférieur à 2,0

Micro tremblement de terre, non ressenti.

Très mineur : 2,0-2,9

Généralement non ressenti mais détécté/enregistré.

Mineur : 3,0-3,9

Souvent ressentis mais causant rarement des dommages.

Léger : 4,0-4,9

Secousses notables d’objets à l’intérieur des maisons, bruits d’entrechoquement. Dommages importants peu commun.

Modéré : 5,0-5,9

Peut causer des dommages majeurs à des édifices mal conçus dans des zones restreintes. Cause de légers dommages aux édifices bien construits.

Fort : 6,0-6,9

Peut être destructeur dans des zones jusqu’à 180 kilomètres à la ronde dans les zones peuplées.

Majeur : 7,0-7,9

Peut provoquer des dommages sévères dans des zones plus vastes.

Important : 8,0-8,9

Peut causer des dommages sérieux dans des zones à des centaines de kilomètres à la ronde.

Exceptionnel : 9,0 ou plus

lundi 12 mai 2008

Révélations du tortionnaire Aussaresses

Le sulfureux général Aussaresses
revient avec de nouvelles confessions
explosives.
- Voilà, certains étaient même devenus tout simplement chefs des Services spéciaux, notamment au Chili. C'est un bon exemple. Dans ces années, nous avions, nous Thomson, un contentieux avec le Chili de Pinochet, un contentieux qui s'éternisait et bloquait toute coopération entre notre société et l'Etat chilien. Mon agent là-bas, Oscar Ahues, était très valable. D'origine libanaise, c'était un très bon catholique. Dans son grand bureau de Santiago, trônait une superbe image de la Sainte Vierge. Il été surtout très copain avec Pinochet. Pour vendre des armes, il lui arrivait de traiter directement avec lui. Un jour, donc, il me téléphone : "Paul, tu devrais venir pour démêler une histoire qui n'en finit pas. Je crois que toi seul peux leur faire entendre raison, car le gars que tu auras en face de toi, tu le connais bien, il était attaché militaire au Brésil en même temps que toi, c'est le général Gordon." Je m'exclame . - "Et qu'est-ce qu'il fout, le général Gordon, maintenant dans son pays ? - Il est chef de la région militaire. - La région militaire ? Et alors, c'est un bidasse comme les autres, qu'est-ce que j'en ai à faire ? - Tu ne comprends décidément rien. Eh bien, c'est le titre qui camoufle les Services spéciaux. Le général Gordon est le chef officieux des Services spéciaux, la DINA."

- Sur quoi portait ce contentieux?

- Le Chili avait commandé à Thomson Brandt la construction d'une usine de
nitroglycérine, il y avait quelques années, avant que je n'arrive dans la boîte. Brandt avait étudié le coup et construit cette usine, mais, c'est vrai, ils avaient mis le temps. Des années plus tard, donc, les Chiliens ont décrété que Brandt leur devait de l'argent pour compenser les retards. Ils voulaient en quelque sorte des indemnités. Je crois que les bouleversements politiques du pays n'étaient pas étrangers à ce temps perdu dans la construction. Une mission chilienne avait été envoyée en Angleterre pour déterminer la somme due. Les Chiliens voulaient une grosse somme qui correspondait aux intérêts de ce qu'ils avaient payé avant que l'usine ne sorte de terre. Mon chef Scotto est d'accord pour que je prenne en charge l'affaire. Je rends donc visite aux juristes et aux conseillers financiers du groupe pour discuter d'une solution.

- Le litige portait sur une somme importante?

- Très importante. Un million de dollars de compensation...

- C'est beaucoup.

- C'était leur calcul. Les conseillers du groupe Thomson Brandt voulaient engager un avocat international qui connaîtrait ces histoires d'armement. Mais ils hésitaient, car cela faisait grimper sérieusement la facture.

De mon côté, j'ai travaillé avec Oscar. Nous avons cherché la meilleure tactique pour, évidemment, payer le moins possible : "Paul, tu as étudié ta salade ? – Oui, j'ai étudié ma salade, je connais le dossier sur le bout clés ongles." Le contrat avait été signé par l'un de mes prédécesseurs chez Thomson, un dénommé Lévy-Jacquemin, je m'en souviens parce qu'il était le beau-frère de Maurice Schumann, un grand résistant, ministre du général de Gaulle.

- Et du côté chilien, qui l'avait signé ?

lll

- C'était un général de brigade (lui était, à ce moment-là, directeur du matériel militaire à l'état-major général de l'armée chilienne. Il s'appelait Augusto Pinochet.

Oscar m'explique que Pinochet, devenu chef d'Etat, ne veut plus s'occuper directement de ce genre d'histoire, mais il suit ce contentieux quand même d'assez près, et il a confié sa résolution, non pas aux militaires comme cela serait logique, mais à la DINA, ses services spéciaux. "Paul, puisque tu es copain avec Gordon, tu viens à Santiago et tu l'invites à déjeuner dans un bon restaurant que je t'indiquerai. Mais blinde-toi, arrive avec des chiffres justes. Fais attention où tu vas mettre les pieds.

- Pourquoi?

- Parce que j'ai su incidemment par Pinochet lui-même qu'ils envisagent la construction d'une autre usine d'explosifs, mais bien plus grande. Si tu les fâches, tu seras Gros Jean comme devant. Si tu sais les manœuvrer, comme je le pense, tu ramasses la mise. Fais gaffe, tu sais qu'ils sont très fiers ; s'ils ont l'impression que tu veux les flouer, tu perdras tout."

Les services juridiques de Thomson me donnent leur verdict. La compensation que demandent les Chiliens est surévaluée, et de beaucoup. Nous proposons quatre cent mille dollars. Je communique le chiffre à Oscar

- "J'ai calculé que vraiment ils demandaient trop. Je ne veux pas t'ennuyer avec le détail de mes calculs, mais je trouve qu'ils exagèrent, c'est presque le double d'un dédommagement ordinaire."

Oscar ne semble pas étonné. "Si tu veux bien, je vais donner ce chiffre à Gordon."

Quelques jours plus tard, je prends l'avion pour le Chili. Au jour et à l'heure fixés, je me présente accompagné d'Oscar au restaurant, l'un des plus chics de Santiago. Nous avons réservé une salle particulière. Gordon est là. Il n'a pas changé. Mon ancien collègue et élève - car il avait fait un stage ou deux à Manaus - est toujours mon ami. Il traîne avec lui un officier, un lieutenant-colonel qu'il me présente comme étant l'homme qui va étudier le contrat signé jadis entre Thomson et Pinochet. Je ne comprends rien, je supposais que ce travail avait déjà été fait.

Pendant les apéritifs et les hors-d'œuvre, nous évoquons quelques brefs souvenirs, puis Umberto Gordon aborde le sujet qui nous préoccupe : "Cette affaire traîne depuis trop longtemps. Un juriste de notre ministère a épluché le contrat signé par ton prédécesseur chez Brandt. Les clauses sont claires en ce qui concerne les délais de construction de l'usine. J'ai par ailleurs une chronologie des travaux. Vous avez perdu un temps fou. Nous ne voulons pas en savoir les raisons. C'est votre problème. Je crois pour ma part, et cela reste entre nous, que l'instabilité de notre régime politique ne vous incitait pas à activer le programme. Passons. Maintenant, l'ordre règne chez nous. Notre juriste a avancé le chiffre d'un million de dollars qui pourrait compenser le préjudice- Ce juriste est un commandant de la direction du matériel. Et, tu vois, lui, il se tourne vers l'homme assis à ses côtés - il est lieutenant-colonel et il travaille auprès de moi. Il va donc vérifier les comptes de son côté. Ce sera vite fait, je t'assure. Tu travailles avec lui demain et nous nous retrouvons, Oscar, toi et moi, le soir dans un autre restaurant. On essaiera de conclure.

- Pourquoi un autre restaurant? Celui-ci est très bon.

- Pour varier les plaisirs, et si ça se passe bien demain soir, comme nous le souhaitons tous, nous parlerons alors, peut-être, d'une possible nouvelle commande."

Le lendemain à la première heure, j'ai, rendez-vous au siège de la DINA avec le lieutenant-colonel. Je commence à comprendre ce que veut dire cette comédie. Nous épluchons les contrats, les rangées de chiffres, la chronologie des travaux. Le lieutenant colonel ne fait pas montre de la moindre agressivité. Moi qui étais prêt à avaler des couleuvres pour ménager la fierté de mes amis chiliens...

"J'ai revu vos comptes, j'ai lu aussi la petite note que vous avez rédigée. Vous reconnaissez les faits, vous êtes donc d'accord pour payer une compensation, mais pas aussi élevée que nous l'avions cru. Le général Gordon vous donnera le chiffre que nous proposons, ce soir quand vous dînerez avec lui." Le soir même, je suis attablé devant une bonne bouteille de vin français avec Oscar et Gordon. Il n'y a pas une ombre de suspense, car mon ami de la DINA va droit au but : "Nous sommes arrivés an même résultat que toi, mais il y aura quelques frais, es-tu d'accord ?"

J'ai compris et j'acquiesce de la tête. Autrement dit, j'ai fait économiser six cent mille dollars à ThomsonBrandt, qui a payé aussitôt, et nous avons obtenu presque immédiatement un nouveau marché.

- Qui portait sur quoi ?

- La construction de l'autre usine de nitroglycérine, celle dont Pinochet avait parlé à mon agent Oscar.

- Qui a été construite cette fois dans les délais.

- Oui.

- Mais dites-moi, nous avons oublié une chose, importante, le nerf de la guerre dans les tractations de ce niveau : les pots-de-vin. Vous avez bien sûr versé une commission au juriste ou/et à Gordon?

- Pas un sou au juriste et à Gordon ; enfin, pas directement. Il y a eu une commission versée à un intermédiaire chilien qui se trouvait en Angleterre.

- Versée sur un compte dans une banque je suppose?
- Oui.

- Et après ?

- Après, la commission est revenue tout naturellement au Chili.

- Pour qui?

- Officiellement pour l'Etat. C'est ce que nous avions décidé avec Gordon lors de notre deuxième dîner.

- En fait, votre ami Gordon n'a pas touché de commission, mais c'est tout comme.
- Voilà. Vous avez compris. Quand j'ai fait mon compte-rendu en rentrant aux Champs-Elysées (le siège de Thomson à Paris), on m'a dit que j'étais un champion, car tous les cadres connaissaient ma mission. Ce n'est pas rien de faire gagner six cent mille dollars à sa boîte. Certains m'ont donc demandé si j'avais palpé quelque chose là-dessus. D'abord, chez Thomson, nous n'étions pas à la commission. Ensuite, je n'étais qu'un simple salarié qui touchait son chèque à la fin du mois. Enfin, je n'ai jamais touché un kopeck de "com", durant toute ma carrière, je vous l'assure.

- Vous êtes resté en relation avec Gordon?

- Oui, de temps en temps, même quand il était patron de la DINA après 1980, mais je n'ai plus fait d'affaires avec lui. Il est mort d'un cancer, je crois…
(A suivre)

mardi 6 mai 2008

Michelle Bachelet sera au FÉIA de Montréal

Les travaux se tiendront sous le thème "Maîtriser le changement/La grande Transition".

Mme Bachelet a été la première femme à accéder au poste de chef de l'Etat dans son pays. Au Forum, elle prendra la parole au cours d'une session plénière qui portera sur les perspectives de développement des Amériques dans un contexte de changement politique et économique.

Pédiatre de formation, Michelle Bachelet a été classée la 17e femme la plus puissante au monde par le magazine "Forbes". Elue en 2006, elle parle couramment l'espagnol, le français, l'anglais, l'allemand et le portugais.

Cette année, le Forum économique international des Amériques/Conférence de Montréal réunira quelque 3000 participants en provenance de toutes les régions du monde, ainsi que plusieurs délégations ministérielles qui viendront entendre plus de 150 conférenciers.

Outre Mme Bachelet, la Conférence de Montréal accueillera notamment Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Henry Kissinger, ancien secrétaire d'Etat des Etats-Unis et récipiendaire du Prix Nobel de la paix (1973), Paul Volcker, ancien directeur de la Réserve fédérale des Etats-Unis, José Miguel Insulza, secrétaire général de l'Organisation des Etats Américains (OEA), Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, et Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France.

Chili : la mine de cuivre Codelco fermée de nouveau, suite à des violences de grévistes

Photo Codelco
La décision de fermeture intervient après que des ouvriers en grève eurent lapidé les navettes nocturnes transportant les mineurs.

La division d'Andina, dont la production a atteint 218.000 tonnes en 2007, a suspendu ses opérations il y a 19 jours avant de les reprendre samedi dernier.

Arturo Martinez, chef du premier syndicat chilien CUT, a révélé que le gouvernement a présenté une proposition visant à mettre fin à la grève, sans toutefois donner de détails.

Photo Codelco

Le gouvernement a insisté à ce que Codelco et les sous- traitants appliquent une série d'accords conclus l'an dernier, dont l'engagement de Codelco d'absorber des sous-traitants pour les employer à plein temps.

Le 16 avril, les mineurs sous-traitants de Codelco sont decendus dans la rue pour réclamer une majoration salariale et une amélioration de leurs conditions de travail, contraignant la compagnie à clôturer un bon nombre de mines de cuivre.

Mardi, Codelco a annoncé une réduction de 19.000 tonnes de sa production en raison de la grève, équivalent à des pertes de 100 millions de dollars.

Le Chili constitue le premier producteur de cuivre du monde. En 2007, Codelco a produit environ 1,8 million de tonnes de cuivre.

Les grèves chiliennes ont contribué à exacerber le marché international, déjà sous pression suite au bas niveau des stocks, dopant les cours du cuivre avec un record de 9.000 dollars la tonne.

lundi 5 mai 2008

Chili/volcan: 4.000 personnes évacuées

Chaiten sous les cendres
Quelque 500 autres personnes devraient être évacuées dans les prochaines heures de la ville qui compte 7.000 habitants, a-t-on indiqué de même source>.
Selon l'Office national des urgences (Onemi), le volcan continue de cracher des cendres qui forment un nuage de 20 km vers l'est et qui a atteint plusieurs localités de la province argentine de Chubut.
Une couche de 20 à 30 cm de cendres très fines recouvre les rues de Chaiten où, depuis minuit (heure locale) les grondements du volcan ont commencé à s'espacer, selon l'Onemi.
Une dizaine de secousses de moyenne intensité ont été ressenties depuis le début de la journée provoquant l'inquiétude des habitants qui n'ont pas encore été évacués de la ville, située à 1.300 km au sud de Santiago.

Des empanadas comme au Chili

Cette petite boulangerie du boulevard Saint-Laurent, El Refugio, existe toujours. Et je continue ainsi, quelque 20 ans plus tard, à aller y chercher ces délicieux petits pains fourrés à la viande.

Chez El Refugio, il n'est pas question de décliner les empanadas en mille saveurs.

Il n'y a qu'une seule sorte. C'est celle du Chili, au boeuf haché et aux oeufs durs, avec oignons et olives noires douces.

C'est savoureux, réconfortant, la pâte y est toujours délicieusement élastique, voire un peu sucrée, et le jeu de textures des oeufs durs et des olives fait de ces empanadas des en-cas réellement hors circuit.

On peut les acheter et les emporter pour aller les manger dans un parc ou à la maison, ou on peut rester sur place, car la boulangerie, véritable refuge pour âmes hispanophones et latinophiles affamées, compte quelques tables.

On s'assoit alors et on accompagne son empanada (ou deux) d'une boisson gazeuse importée du Chili par les propriétaires, la famille de Jorge Vileda, immigré chilien ayant quitté son pays sous la dictature de Pinochet.

Et si vous voulez pratiquer votre espagnol, on se fera un plaisir de vous donner la répartie dans la langue d'Isabel Allende. (Bref, ce n'est pas du tout comme dans certains cafés de la Petite Italie où on vous regarde d'un air totalement exaspéré, voire dédaigneux, si vous essayez de placer un mot en italien.) Jadis, l'endroit était fréquenté presque exclusivement par la diaspora chilienne en particulier et sud-américaine en général. Aujourd'hui, ce n'est plus ainsi.

Mais la boulangerie continue d'être très chilienne et ne propose que des spécialités du pays, incluant les allullas, des petits pains blancs, ronds, typiques et des produits importés comme des confitures.

El Refugio 4648, boulevard Saint-Laurent, Montréal, 514-845-1358

samedi 3 mai 2008

Ouverture du premier institut de Confucius au Chili

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Avec le le développement des relations entre la Chine et le Chili, davantage de Chiliens veulent mieux connaître la Chine, a indiqué Wang Liangen, chargé d'affaires de l'ambassade de Chine au Chili lors de la cérémonie d'inauguration de l'institut.

De la sorte, l'institut est conçu non seulement pour intensifier l'enseignement du chinois aux Chinois d'outre-mer mais également pour promouvoir la culture chinoise à travers le monde, a-t-il souligné.

L'institut de Confucius est créé conjointement par l'Université de l'Anhui de Chine et l'Université Saint Thomas du Chili

Le volcan chilien Chaiten entre en éruption

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
Photo Mauricio Barrera

Le volcan Chaiten, à quelque 1.300 km au sud de Santiago du Chili, est entré vendredi en éruption, contraignant les autorités à déclencher l'alerte rouge et à évacuer quelque 1.500 personnes de la région, recouverte d'un nuage de cendres qui a atteint l'Argentine.

Le volcan Chaiten, qui culmine à 1.000 mètres, est situé à 10 km de la ville du même nom, peuplée de 7.000 habitants.

Jusqu'à présent, "on n'a enregistré aucun blessé ni dégât matériel", a indiqué l'Office national des urgences (Onemi).

Les autorités ont décidé l'évacuation immédiate de 900 à 1.500 personnes risquant d'être incommodées par la fumée ainsi que la fermeture des écoles.

"Etant donné que ce massif est proche de la ville de Chaiten, il a été décidé de déplacer à titre préventif 900 à 1.500 personnes", en priorité les personnes âgées et les femmes enceintes ou qui allaitent, a fait savoir l'Onemi dans un communiqué.

Ces personnes seront évacuées par voie maritime vers les villes voisines de Puerton Montt et de Quellon à bord de trois embarcations de la marine.

Quelque 9.000 masques à gaz et de l'eau potable seront acheminés à Chaiten, les autorités locales ayant décidé de couper l'eau par précaution.

Les autorités avaient annoncé dans un premier temps que le volcan Michimahuida était entré en éruption, avant de rectifier pour indiquer qu'il s'agissait de celui de Chaiten.

L'épais nuage de cendres qui s'échappe du volcan et qui a atteint des localités du côté argentin de la cordillère, n'a pas permis le survol de la zone, a souligné le ministre pour expliquer l'erreur d'identification du volcan.

Trois volcans se trouvent à très peu de distance les uns des autres dans la région de Chaiten, d'un accès difficile.

La présidente chilienne Michelle Bachelet a assuré de son côté que toutes les mesures seraient prises pour faire face à cette situation.

L'éruption a été précédée d'une soixantaine de secousses d'intensité moyenne qui ont été ressenties depuis mercredi.

jeudi 1 mai 2008

Chili: un maire va distribuer du Viagra pour "améliorer la qualité de vie"

"On remettra chaque mois quatre pilules de 50 milligrammes, soit ce qu'il faut pour quatre relations sexuelles par mois", a expliqué Gonzalo Navarrete, maire de Lo Prado, une commune pauvre située au sud de la capitale Santiago.

Les bénéficiaires seront les hommes de plus de 60 ans qui en feront la demande. Ils devront au préalable passer un examen médical pour s'assurer qu'ils ne risquent pas de souffrir d'effets secondaires du médicament contre l'impuissance masculine.

M. Navarrete a raconté qu'il avait eu l'idée de ces distributions en entendant régulièrement, lors de réunions avec ses administrés, des hommes âgés se plaindre de ne pas pouvoir avoir de relations sexuelles.

"Cette initiative vise à améliorer la qualité de la vie, et elle est faite avec responsabilité. Ce n'est pas comme une distribution de friandises au coin de la rue", a souligné le maire dans une déclaration au quotidien Las Ultimas Noticias.