samedi 21 juin 2008

L'Amérique latine défend les droits des sans-papiers en Europe

L’Europe vote la directive de la honte Publico, 19 juin 2008

Votée par le Parlement européen le 18 juin, la directive vise à harmoniser les règles d'expulsion des sans-papiers. Elle prévoit une rétention administrative pouvant aller jusqu'à dix-huit mois et le bannissement de tous les pays de l'UE pendant cinq ans. Ces dispositions s'appliqueraient aussi aux mineurs.

C'est au président bolivien, Evo Morales, que revient l'initiative des protestations latino-américaines. Les Boliviens constituent une importante communauté immigrée en Espagne. Le 9 juin, M. Morales a adressé une lettre ouverte à l'UE, reprise par plusieurs journaux, condamnant la "directive de la honte". Sa lettre rappelle que "les Européens sont arrivés massivement dans les Amériques sans visa ni conditions imposées par les autorités", en vue d'"exploiter les richesses et de les transférer en Europe".

Les immigrés se rendent aujourd'hui dans l'UE "pour contribuer à sa richesse, et non pas pour en tirer profit", dans la mesure où ils occupent "des emplois dans le BTP, les services aux personnes ou dans les hôpitaux, des postes que les Européens ne peuvent pas ou ne veulent pas occuper", ajoute la lettre du président bolivien. M. Morales a menacé de bloquer les négociations entre la Communauté andine des nations et l'UE, et d'exiger des visas aux Européens voulant se rendre en Bolivie.

"VIOLATION DES DROITS HUMAINS"

Le président équatorien, Rafael Correa, a appelé les pays d'Amérique latine à "donner une réponse commune" à ce qu'il qualifie d'"agression". Les Equatoriens sont nombreux en Espagne. La plupart des immigrés latinos vivent aux Etats-Unis, mais 15 % des fonds envoyés aux familles proviennent d'Europe. Dans le cas de la Bolivie, ces remesas représentent 10 % du produit intérieur brut.

Les protestations ne se limitent pas aux pays qui connaissent une forte émigration à destination de l'Europe. "Le Brésil, qui a accueilli des millions d'immigrés dont les descendants sont aujourd'hui harmonieusement intégrés dans la société, regrette une décision qui contribue à créer une perception négative des migrations", souligne une déclaration de Brasilia.

Selon le ministre argentin des relations extérieures, Jorge Taiana, la directive de l'UE "constitue une violation des droits humains fondamentaux". Au Chili, une note officielle renchérit : "Le nouveau texte tend à criminaliser les migrants irréguliers et les soumet à des procédures qui peuvent violer leurs droits élémentaires et empêcher le regroupement familial, principe consacré par plusieurs normes internationales des droits de l'homme."

De son côté, le ministre péruvien des relations extérieures, José Garcia Belaunde, estime que la directive "contredit ce que nous avons discuté pour protéger les droits de l'homme des migrants latino-américains", lors du cinquième sommet Union européenne-Amérique latine, qui s'est tenu à Lima, le 16 mai.

Louise Arbour, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Amnesty International, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, la Confédération européenne des syndicats et les Eglises, avaient également critiqué la "directive retour".

Paulo A. Paranagua

Forte mobilisation au Chili contre la réforme de l'éducation de Michelle Bachelet

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Photo C. Carvallo
De violents affrontements ont éclaté entre les manifestants et la police dans le quartier de Providencia, au cœur de la capitale. Les autorités, qui avaient interdit le rassemblement, ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau face aux manifestants, en majorité des étudiants, dont certains étaient munis de bâtons et de pierres. Près de trois cents personnes ont été interpellées.
A Valparaiso, siège du Parlement chilien, 10 000 personnes, en majorité des professeurs mais aussi des étudiants et des parents d'élèves, se sont rendues au Parlement pour faire part de leur hostilité à cette réforme, baptisée loi générale d'éducation (LGE). Sous l'égide du Colegio de profesores, un des principaux syndicats de l'éducation, le cortège a paralysé les rues de la ville.
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Photo C. Carvallo
RENFORCER L'ENSEIGNEMENT PUBLIC

Avec la LGE, censée remplacer la loi organique d'éducation (LOCE) mise en place sous le général Pinochet, la présidente chilienne s'est aliéné l'ensemble des acteurs du secteur de l'éducation, qui lui reprochent de ne pas s'éloigner assez de l'ancienne législation. Les étudiants dénoncent notamment l'augmentation des inégalités et de la ségrégation dans les écoles et les universités, alors que les professeurs demandent le renforcement de l'enseignement public et la fin de la sélection des élèves.
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Photo C. Bueno
"La LGE n'élimine pas le droit à faire du profit dans l'éducation, elle le légalise", estime le président du Colegio de profesores, Jaime Gajardo, dans El Mercurio. "On peut modifier quelque peu un système, on peut le réguler, mais on ne change pas son essence, quand celle-ci est le profit, et qui a permis à certaines personnes de s'enrichir grâce à l'éducation", explique-t-il. Son syndicat demande notamment la fin de la "municipalisation de l'éducation" et la mise en place de "corporations publiques" pour chacune des treize régions du pays. Selon des médias chiliens, le Colegio de profesores a promis une grève illimitée si le projet de loi venait à être adopté.
Luc Vinogradoff

mercredi 18 juin 2008

Le Chili satisfait des progrès dans ses relations avec la Bolivie

"Les relations avec la Bolivie sont très positives. Nous avançons de façon substantielle", a affirmé M. Foxley.

Il a tenu ces propos à l'issue de la signature d'un accord- cadre sur la coopération en matière de défense lundi dans la capitale administrative bolivienne de La Paz par le ministre chilien de la Défense Jose Goni et son homologue bolivien Walker San Miguel.

En vertu de l'accord, les deux pays établiront des communications concernant des questions de défense, l'échange d'expériences pour la promotion de la paix et les efforts conjugués dans le domaine du développement de l'industrie de la défense.

M. Foxley a refusé de donner d'autres détails sur la rencontre de La Paz, se contentant d'indiquer que "la volonté du gouvernement chilien était très forte" d'arriver à des résultats avec la Bolivie.

Il a ajouté que le Chili fournira en août un espace dans le port d'Iquique pour le transit des marchandises venant de Bolivie et construira une plateforme de quatre hectares mise à la disposition de la Bolivie.

En juillet 2006, les gouvernements des deux pays ont entamé la présente étape de négociations sur un programme de 13 points, comprenant la requête bolivienne concernant l'obtention d'un accès à la mer.

lundi 16 juin 2008

Amnesty International, 4.000 membres au Chili

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Affiche du "Newen Mapu documentaire che, l'histoire d'un conflit"
La réalisatrice chilienne Elena Varela López a été arrêtée le le 07 mai 2008 et est actuellement retenue au centre pénitentiaire de Rancagua (VI région). Elle était en train de réaliser un documentaire pour lequel elle avait enquêté pendant quatre ans, sur le conflit de territoire entre les compagnies forestières et la communauté mapuche.

Selon Amnesty International l’arrestation de cette reporter est une "tentative d’intimidation contre elle et contre toutes les personnes qui auraient participé à ce documentaire". Si le motif de son arrestation : "complicité illicite de délinquance ", dans des affaires de cambriolage de banques, en 2005, n'est pas en cause, selon le directeur d’Amnesty International au Chili, Sergio Laurenti, le procédé est douteux : "il n’est pas normal que son matériel soit saisi, c’est une atteinte à sa liberté de création artistique". Amnesty International craint que cela puisse être utilisé contre les activistes mapuches et autres personnes qui ont participé aux interviews du documentaire.

"Une situation inadmissible dans un Etat de droit"

Depuis l’arrestation de Elena Varela, en mars 2008, trois autres journalistes sont emprisonnés. Eux aussi, curieusement, étaient en train de réaliser des documentaires sur le conflit mapuche en rapport avec le droit à la terre. «"Ces arrestations sont, d’une part, une atteinte à la liberté d’expression et de création du reporter ; d’autre part, une atteinte au respect du secret des sources pour les personnes qui apparaissent dans ce documentaire. Cette double violation des droits de l’homme est une situation inadmissible dans un Etat de droit "

La question des peuples originaires comme le peuple mapuche est "un conflit prolongé", nous explique Sergio Laurenti. "Leurs revendications sont le plus souvent l’accès aux terres, aux sites ancestraux d’adoration… ". Selon lui, "le thème mapuche n’a pas été un thème prioritaire, contrairement à la volonté d’agir affichée par l’Etat".
La question mapuche, problème majeur au Chili, mobilise Amnesty International qui compte près de 4.000 membres dans ce pays. Avec 25 équipes, Amnesty International Chili défend les droits des femmes, des enfants, des personnes victimes de torture… Depuis le 21 mai 2008, le Chili a été élu Etat Membre pour 3 ans au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, ce qui donne de nouveaux espoirs à cette ONG internationale.

dimanche 15 juin 2008

FLOR

Chili/Education : grève des enseignants contre la nouvelle loi de l'éducation

Jaime Gajardo, un responsable des enseignants, a déclaré que cette décision a été prise pour faire retirer la loi et en élaborer un nouvelle.

La nouvelle loi de l'Education est un projet de réforme élaborée pour remplacer l'ancien projet de loi sur l'Education. Les opposants affirment que la réforme ne traite pas l'inégalité et les pratiques centrées sur les profits dans le système éducatif chilien.

Les étudiants envisagent également de lancer une grève pour demander l'annulation de la loi.

L'éruption du volcan chilien Chaiten s'intensifie

Deux nouveaux cratères se sont formés, et des émanations de gaz ainsi qu'une activité sismique ont été signalées.

Le volcan Chaiten est situé à 1.200km au sud de la capitale chilienne Santiago. Il est entré en éruption le 2 mai, entraînant l'évacuation des 4.500 habitants du village voisin de Chaiten, qui a depuis été sérieusement été endommagé par les crues de la rivière Blanco dont les eaux sont rendues plus épaisses par les cendres projetées par le volcan.

Avant cette éruption, le volcan Chaiten avait été endormi pendant au moins 9.000 années d'inactivité selon les volcanologues de l'institut scientifique Smithsonian à Washington.

samedi 14 juin 2008

La présidente du Chili séduit le maire Labeaume

[Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]Le parc de l'Amérique-Latine est situé juste à l'arrière du palais de justice de Québec, à l'embouchure de la rivière Saint-Charles. Photo Alex Ibañez

Complètement séduit par la démarche de cette femme qui, a-t-il rappelé, «a été torturée» sous l’ancien régime dictatorial qui sévissait dans son pays, le maire Labeaume a multiplié les qualificatifs à son endroit.

«Un beau cœur, une belle tête, une femme très impressionnante, énumérait-il sur un ton admiratif. Franchement, ça m’impressionne (ce qu’elle a vécu). On a la vie facile ici, très facile.»

Statue de Bernardo O’Higgins


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Photo Alex Ibañez

Cela dit, le maire Labeaume n’est pas resté insensible au cadeau que le Chili vient de faire à la Commission de la capitale nationale en installant une statue équestre du héros de l’indépendance chilienne, Bernardo O’Higgins, dans le parc de l’Amérique-Latine, un lieu de souvenir pour les Latins du Nord.

«On est des gens fiers à Québec, a enchaîné le maire Labeaume. Je pense qu’on devrait faire de même et offrir un cadeau au Chili, qui célébrera son 200e anniversaire d’accession à l’indépendance, en septembre 2010. À vrai dire, je le lui ai promis.»

Fille d’un général mort sous les malversations de la junte militaire, Mme Bachelet exerce les fonctions de présidente de la République du Chili depuis le 11 mars 2006 pour un mandat de quatre ans. Mais elle ne pourra pas, selon la Constitution révisée du pays, exercer un second mandat.

Arrivée à Québec en fin d’après-midi mardi, elle a eu droit à un léger bain de foule, au terme de sa visite officielle, quand les cérémonies protocolaires ont été conclues.

Depuis la place de Paris, à la place Royale, Mme Bachelet a marché quelque peu dans la ville historique, empruntant le funiculaire pour grimper jusqu’au monument de Champlain et, de là, se rendre jusqu’à l’hôtel de ville, où elle a signé le livre d’or. Le ministre responsable de la capitale nationale, Philippe Couillard, tout comme le maire de Québec l’accompagnaient sur ce circuit, avec l’historien David Mendel comme guide. Quelques représentants de la communauté chilienne de Québec s’étaient aussi dispersés sur son passage, scandant de joyeux «Viva el Chile» en brandissant des drapeaux de leur pays d’origine.

La présidente chilienne s’est dite honorée de la place où trône la statue de Bernardo O’Higgins, soit juste en face de celle de Simon Bolivar, la figure emblématique de l’émancipation des colonies espagnoles d’Amérique du Sud.

Situé juste à l’arrière du palais de justice de Québec, à l’embouchure de la rivière Saint-Charles, le parc de l’Amérique-Latine occupe un vaste espace d’environ 12 000 mètres carrés.

vendredi 13 juin 2008

Accident d'avion dans le sud du Chili: un mort et des blessés

Sauvetage des survivants Photo Sergio González

Selon les information données par le chef de la force aérienne il y a un mort, le pilote, et neuf survivants, dont plusieurs seraient blessés, a indiqué le ministre Felipe Harboe.

L'appareil, un Cessna 208, a été retrouvé mercredi dans une forêt proche de la localité de La Junta, dans la région de Aysen à 1200 kms au sud de Santiago. Le Cessna avait décollé samedi vers midi de la ville de Puerto Montt et a du faire un grand détour pour éviter les cendres du volcan Chaitén, en éruption depuis début mai.


jeudi 12 juin 2008

Appel de Kissinger à l'unité des Américains


Conciliabules Kissinger - Pinochet 1976

«Lorsque j'étais jeune professeur, il y avait un sens d'unité sur la façon avec laquelle nous devions aborder les grands enjeux internationaux. Nous avions le sentiment d'être engagés dans une entreprise commune», s'est rappelé hier l'ancien secrétaire d'État des présidents Richard Nixon et Gerald Ford devant les centaines de participants de la Conférence de Montréal venus l'entendre à l'heure du dîner. C'était l'époque de la guerre froide, les États-Unis et les autres pays occidentaux se voyaient comme les défenseurs de la démocratie et du capitalisme contre l'Union soviétique et ses pays satellites.

La guerre du Vietnam marquera la première grande fracture dans l'opinion publique américaine. «Lorsque le débat devient aussi polarisé et les attaques aussi personnelles, il n'y a plus moyen de rien faire», a expliqué celui qui était l'un des acteurs les plus importants à l'époque dans le camp américain.

Le monde a considérablement changé depuis ces années, mais le débat sur la politique étrangère américaine est tout aussi polarisé. En dépit des divergences d'opinion apparemment irréconciliables entre les camps républicain et démocrate sur ces enjeux, le partisan déclaré du candidat républicain John McCain estime qu'il est grand temps de rétablir une certaine unité de vue entre tous les Américains. «C'est un processus à travers lequel nous devons passer», a déclaré l'ancien diplomate de 85 ans. «Plusieurs d'entre nous [à Washington] avons convenu que, quelle que soit l'issue des élections, nous chercherons ensuite à arrêter une position bipartisane sur la direction que devrait prendre la politique étrangère. Nous serons sans doute en désaccord sur les meilleurs moyens tactiques, cela relèvera ensuite du débat démocratique normal, mais nous voulons rétablir un consensus sur notre rôle fondamental dans le monde.»

L'affaiblissement de l'État-nation

L'un des principaux facteurs dont il faudra tenir compte, selon lui, est l'affaiblissement de l'État-nation dans plusieurs parties du monde. On avait l'habitude depuis plus 300 ans de concevoir la scène internationale comme un monde habité seulement par des pays exerçant une souveraineté pleine et entière à l'intérieur de leurs frontières.

La création de l'Union européenne a toutefois amené des pays à céder «une bonne partie de cette souveraineté» à une entité commune dont les assises et l'autorité ne sont pas encore aussi fortes que celles des États-nations. «On n'est plus dans le passé, mais on n'est pas encore dans le futur», a résumé Henry Kissinger dans son discours d'une vingtaine de minutes bien tassées. Cela a notamment pour conséquence que l'on ne se sent plus capable d'exiger les mêmes sacrifices de la population au nom de l'intérêt collectif. Un exemple concret de ce phénomène, selon lui, est cet engagement de l'Allemagne en Afghanistan qui s'accompagne de toutes sortes de conditions afin de limiter au maximum les risques de pertes de soldats.

L'État-nation se porte mal aussi au Moyen-Orient, a-t-il dit. Imposée au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, cette structure politique n'a jamais vraiment fonctionné dans la région et donne aujourd'hui de nombreux signes d'effritement. Cela a notamment pour conséquence que le conflit irakien ne pourra vraisemblablement pas se régler par l'établissement d'un État-nation au terme d'une entente avec un gouvernement national. Le résultat final ressemblera probablement plus à un pays composé de régions autonomes qui aura fait l'objet d'un compromis entre les différents pays et forces impliqués sur le terrain.

La coopération entre géants

En Asie, c'est le phénomène contraire qui se produit, a noté Henry Kissinger. La rapide ascension de la Chine et de l'Inde ont propulsé à l'avant-plan des États qui ont une emprise solide sur leur territoire et qui ont une idée claire des objectifs à poursuivre dans les années à venir sur la scène internationale. L'influence croissante de ces géants aura fatalement pour effet de déplacer dans leur direction le centre de gravité mondial. Les États-Unis auraient toutefois tort de faire de la Chine leur nouvelle Union soviétique, a-t-il expliqué, comme il l'avait fait la semaine dernière dans Le Devoir. Un trop grand nombre de questions importantes, telles que l'énergie, l'environnement et la prolifération nucléaire, ne pourront être réglées, selon lui, que par la coopération entre ces géants.

«Les Américains aiment penser qu'il y a une solution à chaque problème, mais il n'y aura pas de solution magique», a dit Henry Kissinger à son auditoire. Il a toutefois prédit qu'après les élections présidentielles américaines, «vous assisterez probablement à des débats intenses, mais lorsque la fumée se dissipera, vous verrez ces enjeux ressortir».

Conciliabules Kissinger - Pinochet 1976


Tout le monde n'était pas aussi bien disposé hier à écouter tranquillement l'ancien conseiller à la sécurité nationale de 1969 à 1975 et secrétaire d'État de 1973 à 1977. Une soixantaine de manifestants ont fait le pied de grue devant l'entrée de l'hôtel du centre-ville où se déroulait l'événement. Des manifestants de tous les âges y ont dénoncé en français et en anglais les crimes contre l'humanité dont se serait rendu coupable Henry Kissinger, selon certains. On lui reproche notamment les morts des bombardements américains sur le Cambodge durant la guerre du Vietnam et l'appui des États-Unis au régime de Suharto malgré l'invasion du Timor oriental. Plusieurs Chiliens d'origine étaient là pour dénoncer les opérations clandestines ayant mené au renversement de Salvador Allende au Chili en 1973.

Bachelet diplomate

Quelques minutes après le passage de Henry Kissinger, les participants à la Conférence de Montréal ont entendu l'allocution d'une femme qui a bien connu ces années noires de l'histoire du Chili. La présidente du pays, Michelle Bachelet, a toutefois refusé de commenter la présence de l'ancien secrétaire d'État américain. Interrogée à sa sortie de la conférence, Mme Bachelet -- dont le père est mort torturé sous la dictature et qui a dû elle-même vivre en exil pendant plusieurs des années Pinochet -- a repoussé poliment les questions.

«Je n'étais pas ici [à l'heure du midi], je n'ai pas entendu ce que M. Kissinger a dit. J'ai mon opinion sur son passé, mais je ne sais pas ce qu'il a dit aujourd'hui, alors je ne commenterai pas», a-t-elle dit, un sourire aux lèvres.

Mme Bachelet venait par ailleurs de livrer un discours d'une vingtaine de minutes durant lequel elle a vanté les mérites économiques du Chili de l'après-Pinochet. Évoquant la croissance soutenue et la baisse importante du taux de pauvreté (de 40 % en 1990 à 13,7 % en 2006, selon la présidente), Mme Bachelet a notamment associé ces succès au climat politique qui règne depuis le retour de la démocratie au Chili.

Cela parce que la coalition au pouvoir depuis 1990 a réussi à «créer des consensus» et à mettre de côté le «modèle de politique de la confrontation», a indiqué Michelle Bachelet, qui s'est exprimée en anglais et en français.

La présidente socialiste a beaucoup insisté sur la notion de changement. «On peut changer les choses telles qu'on les connaît, a-t-elle lancé. En politique comme ailleurs. Et je le dis en tant que présidente élue d'un pays où règne une forte tradition sexiste.»

Avant de se présenter devant les congressistes, Mme Bachelet avait rencontré en matinée le premier ministre Jean Charest, avec qui elle a discuté des relations entre le Québec et le Chili, d'éducation et de la possibilité d'implanter un système d'échange d'étudiants universitaires. Mme Bachelet a aussi rencontré Pauline Marois et Michaëlle Jean.

Elle a finalement fait un saut à l'Université de Montréal pour signer une entente de coopération entre deux centres de développement des jeunes enfants.

mardi 10 juin 2008

La relation Canada-Chili s'intensifie

«La relation Canada-Chili est un modèle de partenariat réussi au sein de notre hémisphère, a déclaré M. Harper hier en présentant Mme Bachelet aux médias. Elle prospère non seulement en raison de la hausse des échanges commerciaux entre nos deux pays, mais également en raison de notre engagement mutuel de promouvoir les valeurs que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.»

Lors de sa visite à Mme Bachelet en juillet dernier à Santiago, le chef du gouvernement canadien avait profité de l'occasion pour annoncer son intention de faire du rengagement dans l'hémisphère des Amériques sa priorité de politique étrangère. Du même coup, il avait proposé le modèle canadien comme une solution de rechange au capitalisme à l'américaine et à l'autoritarisme de gauche du président vénézuélien Hugo Chavez. M. Harper avait affirmé que le Canada était déterminé à jouer un plus grand rôle dans l'hémisphère des Amériques et dans les Caraïbes.

Hier, première journée d'une visite de quatre jours de Michelle Bachelet, M. Harper et la présidente chilienne ont signé une déclaration portant sur des protocoles d'entente qui intensifieront les relations des deux pays dans les domaines des sciences et de la technologie, des bourses d'études, de la mobilité des jeunes, des investissements et de l'exploitation minière.

«Le Chili partage la stratégie des Amériques du Canada, a pour sa part déclaré la présidente chilienne. Nous partageons ses idéaux de bonne gouvernance et de démocratie, des outils nécessaires pour réduire la pauvreté et les inégalités.» Mme Bachelet a expliqué qu'elle voulait que son pays devienne d'ici une génération un pays développé et c'est pour cette raison qu'elle apprécie sa collaboration avec le Canada.


Accord controversé avec la Colombie


Mais l'annonce, en fin de semaine par le gouvernement Harper, de la conclusion d'un accord de libre-échange avec la Colombie a créé des remous du côté de l'opposition officielle. Hier, le porte-parole libéral chargé du commerce international, Navdeep Bains, a accusé les conservateurs de mépriser le Parlement du Canada en n'ayant même pas attendu que le Comité permanent du Commerce international publie son rapport sur ce projet de libre commerce avec la Colombie, ce qu'il doit faire au cours des prochains jours.

Le ministre du Commerce international, David Emerson, a en effet annoncé samedi que le Canada a conclu cet accord de libre-échange controversé malgré le fait que le comité n'ait pas encore fini d'examiner ce qui était censé guider les négociations.

«Le gouvernement savait que cet accord soulèverait la controverse lorsqu'il a entamé les démarches, a déclaré M. Bains. Tous les partis ont montré leur désir de travailler en collaboration avec le gouvernement pour permettre de s'attaquer à certaines préoccupations sur les droits de la personne et sur l'environnement. Tout le Comité du commerce s'est même rendu en Colombie le mois dernier pour mieux comprendre ces questions.»

Le député néo-démocrate Peter Julian s'est particulièrement élevé contre le fait que si l'une des clauses du traité est violée par l'un des partenaires, une amende sera versée à un fonds de solidarité. «S'il y a encore des assassinats de syndicalistes et de militants des droits de la personne, la Colombie versera une amende dans ce fonds. Cette disposition n'est pas du tout dans l'esprit des valeurs canadiennes», a protesté M. Julian.

Interrogé par les journalistes sur cette question, M. Harper a répondu qu'il y avait un désir de part et d'autre de signer cet accord depuis longtemps et que de toute façon, ce n'est pas demain la veille que le processus de ratification sera complété. «Il faudra quelques mois, a-t-il dit. () Nous pensons que cet accord sera positif pour l'économie canadienne, mais aussi pour la Colombie, en favorisant son intégration démocratique, sa prospérité future et le respect des droits de la personne.»

La présidente chilienne se rend à Québec aujourd'hui, où elle s'entretiendra notamment avec le premier ministre Jean Charest. Elle sera à Montréal demain, où elle prendra la parole devant la section montréalaise du Forum économique international des Amériques.

Disparition d'un petit avion avec 10 personnes à bord au Chili

Les autorités aériennes ont alors déclenché le plan de secours et les recherches ont été lancées sur la route qui devait être suivie afin de découvrir les raisons de sa disparition.
L'avion, un Cessna 208 appartenant à la compagnie aérienne Patagonia Airlines, avait décollé samedi après-midi d'un aéroport dans la ville de Puerto Montt (sud du Chili) et devait se rendre dans la ville de La Junta (sud), dans la région d'Aysen, ont précisé les médias citant une source de la force aérienne chilienne.

L'avion disparu, avec neuf passagers chiliens et un pilote à bord, était attendu à La Junta à 15H00 locales (19H00 GMT). Il a été déclaré disparu quatre heures plus tard, selon la source.

La compagnie aérienne a affirmé que les conditions météorologiques étaient bonnes lorsque l'avion décollait. Pourtant, selon les familles de passagers à bord, l'avion devait partir dans la matinée, mais son départ a été reporté dans l'après-midi à cause de mauvaises conditions climatiques.

La force aérienne a déjà lancé des opérations de recherche.

lundi 9 juin 2008

Le Premier ministre Harper et la présidente du Chili Michelle Bachelet renforcent leurs relations bilatérales

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Mme. Michelle Bachelet et Stephen Harper. Photo Alex Ibañez

«La relation Canada-Chili est un modèle de partenariat réussi au sein de notre hémisphère, a déclaré le Premier ministre Harper. Elle prospère non seulement en raison de la hausse des échanges commerciaux entre nos deux pays, mais également en raison de notre engagement mutuel de promouvoir les valeurs que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.»

S’inspirant du Cadre de partenariat Canada-Chili conclu par le Premier ministre Harper et la Présidente Bachelet, au Chili en juillet 2007, cette déclaration intensifiera les relations qu’entretiennent les deux pays dans les domaines des sciences et de la technologie, des bourses d’études, de la mobilité des jeunes, des investissements et de l’exploitation minière.

Le Premier ministre et la Présidente Bachelet ont en outre discuté de questions plus vastes comme les prix mondiaux de l’énergie et les problèmes d’approvisionnement, la nécessité de mener une action internationale concertée pour lutter contre les changements climatiques, de même que les contributions apportées par le Canada et le Chili à la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti.

«Mon gouvernement a fait du réengagement envers nos voisins des Amériques l’une de ses grandes priorités, a ajouté le Premier ministre Harper. Le partenariat Canada-Chili en définit la norme, et je me réjouis à la perspective de tisser des liens encore plus solides et meilleurs entre nos deux nations ainsi qu’avec d’autres pays de l’hémisphère.»

MICHELLE BACHELET SE REND EN CALIFORNIE

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LA PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE, MICHELLE BACHELET, ARRIVE
À L'AÉROPORT INTERNATIONAL MACDONALD-CARTIER DE LA VILLE D'OTTAWA,
LE LIEU OÙ ELLE INITIE SA VISITE OFFICIELLE AU CANADA.
PHOTO ALEX IBAÑEZ


Mme Bachelet compte signer avec les autorités californiennes un accord sur le renforcement des relations commerciales, culturelles et énergétiques entre la Californie et le Chili, a indiqué la présidence.

La présidente chilienne devrait rencontrer mercredi le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger.


Elle est ensuite attendue au Canada pour finaliser des accords sur la coopération dans l'enseignement supérieur, à l'intention des jeunes Chiliens qui souhaitent faire des études au Canada.

samedi 7 juin 2008

LA DERNIÈRE BATAILLE DE TIROFIJO


Pedro Antonio Marín est le vrai nom de Manuel Marulanda
dit "Tirofijo" ("En plein dans le mille") Photos Agences Reuters, EFE, AFP et AP.

Pedro Antonio Marín [le vrai nom de Manuel Marulanda] est mort [le 26 mars 2008]. De mort naturelle, deux mois avant de fêter ses 80 ans. Il était né à Génova (département du Quindío). Il était plus âgé – d’un jour – qu’Ernesto Che Guevara. Contrairement à Guevara, c’était un paysan et il l’a été jusqu’à sa mort.

Il avait pris les armes en 1948 lorsque ses oncles, de simples libéraux, avaient été condamnés par les “corbeaux” de la bourgade où ils vivaient [pendant la Violencia, la guerre civile qui opposa les conservateurs aux libéraux et qui fit plus de 300 000 morts]. Il les avait ensuite quittés pour tenter d’être commerçant dans le Valle del Cauca [département du sud de la Colombie].

Il aurait pu être un homme riche. Mais il reprit le sentier de la guerre en suivant ses cousins dans le sud du Tolima. Il avait du sang indien, ça se voyait dans ses yeux, qu’il avait petits et vifs. L’utopie communiste l’avait attiré non seulement par identification idéologique, mais aussi pour des raisons pragmatiques : les armes n’appartenaient pas au guérillero qui les gagnait mais au patrimoine de l’organisation.

Le gouvernement d’Alberto Lleras Camargo [1958-1962] lui avait concédé l’amnistie, et Pedro Antonio Marín était devenu ouvrier dans les travaux publics ; il construisit la route entre Planadas et Gaitania [dans le département du Tolima]. Mais il avait repris les armes lorsque les militaires l’avaient poursuivi.

C’est à cette époque que sont nées les Autodéfenses paysannes et Marquetalia [la république éphémère et autonome de Marquetalia, détruite par l’armée en 1964], qui n’a rien été d’autre qu’une tentative de gouvernement autonome dans une zone de colonisation. C’est à cette occasion que sont nées les FARC, avec une douzaine d’insurgés.

J’ai parlé deux fois avec Tirofijo [le surnom de Marulanda]. La première fois, c’était dans un campement situé à 80 kilomètres de Bogotá. C’est Alfonso Cano qui me l’a présenté. Il était accompagné d’un chien et portait une carabine M1. Plus que timide, il était prudent et sagace. Nous avons parlé toute une matinée et, de mauvais gré, il m’a raconté tout ce que je vous raconte.
La seconde fois, c’était en 1990, quelques jours avant le bombardement de son camp de la rivière Duda. Il a chargé son barda sur son dos et s’est échappé avec ses hommes. Malgré ce que l’on peut croire, Marulanda combattait : il faisait face à l’armée, il tendait des embuscades, il dormait dans des camps et il n’était pas étranger aux enlèvements et aux opérations.

Franchement, je ne crois pas qu’un bombardement [de l’armée] ait précipité son attaque cardiaque. Ni qu’il soit mort de peur comme le pense le ministre de la Défense [Juan Manuel Santos, qui a annoncé le 24 mai la mort de Marulanda, confirmée ensuite par les FARC].

Pour un guérillero, mourir à 80 ans est en soi un triomphe militaire. Marulanda est mort selon sa loi, c’est-à-dire de mort naturelle, ce qui représente une véritable victoire sur l’ennemi, qui n’a réussi ni à l’attraper ni à l’obliger à se rendre. Même si l’armée a réussi bien d’autres coups contre les FARC.


NAOMI KLEIN ET LE «CAPITALISME DU DÉSASTRE»

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« CAPITALISME DU DÉSASTRE»

Son nouvel essai, un pavé de 672 pages, décrypte les bases du «capitalisme fondamentaliste». Klein y affirme que les gouvernements accrocs au néolibéralisme profitent de chaque choc brutal, qu'il soit naturel ou politique (Katrina, le tsunami, le coup d'État au Chili, place Tiananmen, l'Irak, le 11-Septembre), pour changer radicalement le fonctionnement économique de la société qui en est victime.

C'est la stratégie du choc en question. Celle qui permet une rupture radicale après laquelle la «sainte trinité» du néolibéralisme peut être imposée sans résistance: élimination de la sphère étatique, liberté complète pour les entreprises et réduction draconienne des dépenses sociales. Un «capitalisme du désastre», écrit Klein, qui réserve plusieurs attaques fort documentées (elle profite du travail de plusieurs recherchistes) contre l'économiste Milton Friedman.

La ligne de pensée est claire, le propos appuyé : Naomi Klein reprend essentiellement là où elle avait déposé sa plume en 2000. The Shock Doctrine est paru en anglais l'automne dernier. Sa traduction française, La Stratégie du choc. La Montée d'un capitalisme du désastre, vient d'arriver en librairie sous l'enseigne de Leméac/Actes Sud.


La stratégie du choc

* Montée d'un capitalisme du désastre
* Naomi Klein
* Etude (broché). Paru en 05/2008
* Prix 25 €

vendredi 6 juin 2008

CHILI : MICHELLE BACHELET À NOUVEAU DANS LA TOURMENTE

Les mobilisations ont spécialement affecté les régions du nord et du sud du pays, où plusieurs localités et le port d’Iquique ont été bloquées par des centaines de camions. Au milieu de la crise, Bachelet a soutenu que le pays "ne peut céder sous des pressions d’aucun groupe", un sujet prioritaire pour son gouvernement, qui affronte cette année des élections municipales avec un excédent fiscal de plus de 20 milliards de dollars.

"Ceci est le Chili que nous sommes en train de construire, un pays dans lequel nous croyons toujours que les intérêts collectifs doivent se placer au-dessus des intérêts d’un groupe ou individuels, un pays dans lequel l’accord et non les pressions nous permette d’avancer", a martelé la mandataire.

Au moins six personnes ont été arrêtées aujourd’hui après de violents affrontements avec des carabiniers dans les environs de l’Université Technologique Métropolitaine (UTEM), tandis que des législateurs de l’opposition annonçaient qu’ils repousseront la loi Générale d’Education envoyée par le gouvernement au Parlement.

La pluie qui est tombée aujourd’hui dans le centre de Santiago n’a pas empêché qu’environ 3000 personnes, lycéens, étudiants, professeurs, endettés hypothécaires et d’autres groupes descendent dans les rues pour protester contre la Loi Générale d’Education.

Par ailleurs, les sénateurs Hernán Larraín et Andrés Allmand, avec les députés de Renovation Nationale (RN) Germán Becker, Osvaldo Palma et de l’Union Démocratique Indépendante (UDI), tous de l’alliance d’opposition au gouvernement, ont exigé à la présidente qu’elle s’acquitte de l’accord signé fin 2007 et ont annoncé qu’ils repousseront la loi Générale d’Education.

"Le 13 novembre 2007, il y a presque 7 mois, avec la présidente nous avons signé, avec tous les présidents des partis politiques, un accord destiné à améliorer l’enseignement au Chili", ont soutenu les parlementaires, justifiant leur désaccord avec le projet actuel.

Dans le même temps, le président du Collège des Professeurs, Jaime Gajardo, a qualifié aujourd’hui de "tout un succès" cette journée de protestation du syndicat, qui a paralysé ses activités, selon lui, à 90 pour cent.

Les étudiants, qui sont en état d’alerte depuis plusieurs semaines, critiquent, avec les professeurs, la nouvelle loi d’éducation dépossé au Congrès, qui permet le lucre dans le système d’éducation, critiquée pour son unéquité. Au Chili, le coeur de la disparité sociale sont les accès inégaux à l’éducation, selon des études officielles. Huit pour cent des enfants de pauvres accèdent à une éducation supérieure contre 72 pour cent pour les enfants de riches.

Les manifestations étudiantes qui, au début du gouvernement de Bachelet, ont provoqué la chute de deux ministres, ont coïncidé aujourd’hui avec la grève impulsée par les camionneurs qui protestent contre la hausse du prix des combustibles.

La paralysation des activités, que quelques dirigeants désirent continuer pour une durée illimitée, a été appuyée de façon inespérée aujourd’hui par des entrepreneurs du transport public dans plusieurs régions du pays.

La protestation des camionneurs, qui dans la capitale n’a pas affectée le transport collectif, a été qualifiée d’injuste par le gouvernement, qui a annoncé, ce lundi, des subventions à hauteur de un milliard de dollars pour maintenir la valeur des combustibles pendant les deux prochaines années.

Devant l’urgence, le président de l’Association d’Exportateurs du Chili, Ronald Bown, a dit que l’autorité doit "assumer la responsabilité qui lui correspond dans la solution de ces conflits".

De son côté, le président de la Confédération de Propriétaires de Camions (CNDC), Juan Araya, a assuré que "le gouvernement a déjà senti le coup", révélant que l’autorité a accepté de négocier leurs demandes. Le syndicat exige, y compris avec le soutien de leaders du parti de gouvernement, l’élimination des impôts spécifiques sur les combustibles.

Pagina/12,

jeudi 5 juin 2008

Réouverture de l’enquête sur l’assassinat de Victor Jara

Exposition sur Victor Jara devant La Moneda Michel Bachelet en compagnie de Joan Turner veuve du chanteur.

Le juge chilien Juan Eduardo Fuentes a indiqué qu’il allait examiner 40 nouveaux éléments de preuve fournis par la famille du chanteur.

Victor Jara a été tué en 1973 à Santiago du Chili au Stade National, lors des premiers jours du coup d’état de l’ancien dictateur Augusto Pinochet.

La veuve du chanteur, Joan Jara, déclare que ce meurtre ést devenu un symbole international de la lutte contre les abus commis contre les droits de l’homme.

Pour elle, la réouverture de l’affaire «ouvre la voie à la poursuite de l’enquête et à la recherche de la vérité».

Victor Jara faisait partie des milliers de personnes qui ont été arrêtées et conduites au stade de Santiago lorsque le Général Pinochet a pris le pouvoir, durant le coup d’Etat militaire du 11 Septembre 1973 qui a renversé le président élu, Salvador Allende.

Une fois sur place, des soldats lui ont brisé les mains avant de les brûler, afin qu’il ne puisse plus jouer de guitare, ont rapporté les témoins. Il a ensuite été exécuté par balle.

Agé de 38 ans, Victor Jara était un des pères fondateurs de la Nouvelle Chanson au Chili et un partisan du président Salvador Allende.

Le magistrat Fuentes avait statué le mois dernier, jugeant que Mario Manriquez, un colonel à la retraite de l’armée chilienne, avait tué Victor Jara en 1973, mais il avait clôturé le dossier après cette mise en examen.

La famille de Victor Jara - qui considère que l’armée protège d’autres personnes qui pourraient porter une part de responsabilité - s’est félicitée de la décision du juge de rechercher davantage de preuves.

Le Colonel Manriquez, qui était l’officier en charge du stade où Victor Jara a été détenu, est en résidence surveillée et sera condamné à une date ultérieure.

Un rapport officiel publié après le retour de la démocratie au Chili en 1990, a montré que 3197 personnes sont mortes ou ont disparu sous le régime militaire.

lundi 2 juin 2008

Chili pays sismique

Entre la violence sociale et la violence naturelle le parallèle n'est pas gratuit, chaque Chilien le sait ou le pressent. Les avions que ce jour-là ont fait trembler la ville de Santiago et exploser le Palais présidentiel ont très vite annoncé la conception sismique que Pinochet se faisait du pouvoir.

Palais de La Moneda en flammes

La terreur policière et la violence sismique bouleversent le lien social de la même manière. Proche, voisin, ami, les ponts sont coupés, chacun est seul face à un pouvoir aveugle. La dissolution du lien social est le premier objectif de la terreur policière. Le groupe n’est d’aucun secours, chacun est seul comme face à la mort. La société imite la nature dans sa gestion du désastre. Dans les deux cas, la violence est d’autant plus redoutable que les lois qui la régissent restent opaques. Quand ? Qui ? Pourquoi ? Personne n'en sait rien. Le pouvoir est arbitraire. Il peut s'exercer à l'improviste au milieu de la nuit, vous cueillir dans l'endroit le plus secret, personne n'est à l'abri, son onde de choc traverse les frontières. Les femmes et les hommes qui ont osé le braver finissent soit broyés par la machine soit rejetés de l’autre côté de l’ocean. Cette terreur aveugle génère à la longue une forme de fatalisme qui conduit à la passivité.

La mise en scène d'un pouvoir écrasant a frappé les esprits dès les premières heures du putsch. Le bombardement du Palais de la Moneda n'avait pas d'autre but, frapper le sommet de l'état dans la personne de Salvador Allende dont cette année nous commémorons le centenaire, mais surtout frapper les imaginations, en rejouant le scénario traumatique des tremblements de terre. Le pouvoir militaire devant être ressenti désormais comme une force tellurique contre laquelle il est impossible de lutter.

Le tremblement de terre qui fut le putsch du 11 septembre 1973 et l’instauration du premier modèle néo-libéral a marqué le pays en profondeur. En effet, c’est ce modèle imposé à feu et à sang qui est resté hégémonique jusqu'au jour d'aujourd’hui, et c’est en son nom que toutes les exactions du régime Pinochet ont été justifiées.

L’émergence d’un nouveau pouvoir économique, d’une nouvelle classe d’affaires proche du cercle étroit des militaires a pu ainsi s’épanouir sans contrepoids, sur une terre ravagée par la répression et tétanisée para la terreur. Dans le jargon cher aux économistes de l’époque, on a appelé ces séquelles le «coût social», terme qui recouvrait le chômage de masse, l’iniquité et l’arbitraire, mais aussi les morts, les disparitions, les tortures. En un mot l’ignominie.

La recherche et le jugement de coupables reste encore en attente. Le report du procès en France contre les responsables de la disparition des quatre français sous la dictature, nous inquiète, tout comme la fermeture du procès qui avait pour but l’éclaircissement de l’assassinat de Victor Jara à Santiago du Chili.

Un juge chilien a refermé jeudi le dossier du meurtre de Victor Jara mais la famille de ce chanteur engagé, tué il y a 35 ans sous la dictature d'Augusto Pinochet, a protesté parce qu'elle estime que tous les responsables n'ont pas été poursuivis. « C'est incroyable, je ne m'attendais pas à cela », s'est insurgée la danseuse britannique Joan Jara, veuve du chanteur. « Cela m'inquiète beaucoup qu'un cas aussi emblématique soit refermé de la sorte. Qu'adviendra-t-il des autres cas du stade du Chili de Santiago ? » Les avocats de la famille ont annoncé qu'ils feraient appel.

Une bonne nouvelle secousse à provoqué l’arrestation d’une centaine d'ex-agents de Pinochet.

Une centaine d'anciens soldats et membres de la police secrète d'Augusto Pinochet, la Dina, ont été arrêtés, lundi 26 mai 2008, au Chili, dans le cadre d'une enquête sur l'enlèvement et l'assassinat de quarante-deux personnes, au début de la dictature, au cours de l'opération Colombo. Un dossier pour lequel l'ancien dictateur avait perdu son immunité. Mort en 2006, Augusto Pinochet n'a jamais répondu de ses actes devant les tribunaux.

Crash d'hélicoptère sur Panama, au moins 11 morts dont un chef militaire chilien

Photo Ricardo Vásquez

"11 personnes ont été tuées dans l'accident (...) six Chiliens et cinq Panaméens", a déclaré le ministre de la Justice Daniel Delgado Diamante, ajoutant qu'un des 12 occupants de l'appareil, un Panaméen, avait survécu.

Le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, selon le maire de Panama, Juan Carlos Navarro, qui a annoncé dans un premier temps "un nombre considérable de morts".

L'hélicoptère qui transportait "une délégation de militaires chiliens", s'est écrasé pour une raison inconnue vers 13H45 (18H45 GMT) dans un quartier commerçant très fréquenté de la capitale panaméenne, a précisé le maire dans un entretien à la télévision panaméenne Canal 4.

L'immeuble était toujours en feu dans la soirée, et les pompiers recherchaient d'éventuelles autres victimes, ont indiqué les autorités.

Le chef de la police militaire chilienne, le général José Alejandro Bernales, deux officiers chiliens et leurs trois épouses sont morts, a dit depuis Santiago le ministre chilien de l'Intérieur, Edmundo Perez.

D'après les services de l'Aéronautique Civile, 12 personnes se trouvaient à bord, dont trois membres d'équipage.