vendredi 30 avril 2010

Dakar 2011: le Nord de l'Argentine et du Chili


Les deux itinéraires se tenaient au coude à coude. Le 17 janvier, à l'arrivée du Dakar-2010, le patron de la course, Etienne Lavigne, ne faisait pas mystère de son hésitation. "2011, c'est du 50-50", "le Dakar est à la croisée de deux pistes", estimait-il.
Le 23 mars, Amaury sport organisation (ASO), le propriétaire de l'épreuve, annonçait pourtant le maintien du Dakar en Argentine et au Chili. Un choix de coeur comme de raison.
Après 29 éditions en Afrique, de 1979 à 2007, et une course annulée sur ce continent en 2008 pour des raisons de sécurité, ce qui avait motivé le transfert en Amérique du Sud, le rallye-raid n'est pas prêt de revenir sur ses terres d'origine.
"Des idées de Dakar, j'en aurais dix à proposer (en Afrique, NDLR). Mais l'Afrique n'a pas évolué positivement en terme géopolitique", a commenté Etienne Lavigne, ajoutant avoir "perdu" le Niger, le Mali, la Mauritanie ou encore le Tchad, "pour faire de grands tracés".
Pour 2011, l'itinéraire africain prévoyait une grande boucle "Tunis-Tunis (...) qu'on sentait très bien", a raconté Etienne Lavigne à l'AFP. Tunisie, Libye et Egypte avaient déposé des lettres de candidature.
Mais peu de temps avant qu'ASO ne tranche en faveur de l'un des deux tracés, le président Khadafi a eu "des sautes d'humeur", privant les ressortissants européens de visas pour la Libye, selon M. Lavigne. "On ne savait pas comment la situation allait évoluer", a-t-il poursuivi.
"Les conditions de retour en Afrique sont toujours à prendre avec précautions. Pour le moment, chaque fois qu'on a voulu y revenir, on s'aperçoit qu'il y a des complications", a remarqué le patron du Dakar.
A l'inverse, l'édition 2010 en Argentine et au Chili, bien qu'endeuillée par le décès d'une spectatrice, a répondu aux attentes: suspense dans la course auto, superbes paysages traversés, absence d'accroc dans l'organisation, et surtout ferveur populaire exceptionnelle.
En 14 jours de course - 7 dans chaque pays -, quelque 4,1 millions de spectateurs ont été recensés par les autorités argentines et chiliennes (3,1 millions en Argentine, 1 au Chili), parfois jusqu'au milieu du désert, ébahissant les participants.
Le gouvernement argentin a en outre évalué les retombées économiques du rallye 2010 à 126,3 millions d'euros pour son pays, grâce entre autres aux 1200 heures de couverture TV dans 190 pays. Une excellente affaire quand Argentine et Chili ont déboursé 6 millions de dollars chacun pour recevoir la course.
Malgré le séisme et le tsunami l'ayant touché le 27 février, faisant 452 morts et 96 disparus, ainsi qu'un demi-million de logements détruits ou fortement endommagés, le Chili a donc réaffirmé son soutien à l'épreuve.
Le tracé sud-américain s'est dès lors imposé. Entre le départ et l'arrivée, prévus à Buenos Aires, "on va découvrir des territoires situés dans l'extrême-Nord de ces deux pays. On va toucher les frontières boliviennes et péruviennes", a raconté Etienne Lavigne.
De grands "contrastes de paysages" sont annoncés en Argentine, avec des "canyons faisant penser au Colorado". La partie chilienne du rallye se déroulera essentiellement dans le désert aride de l'Atacama "qui n'a pas encore délivré toutes ses richesses", a promis le patron du Dakar.

L’or plus important que l’eau et la vie ?

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Ce projet de la transnationale canadienne Barrick Gold Corporation est situé à cheval entre l’Argentine et le Chili à environ 4700 mètres d’altitude. Comme le programme de T.V. le signalait, il effacera effectivement deux montages de la Cordillère des Andes, mais aussi, et cela n’a pas été dit, il en créera une autre, de deux millions de tonnes de résidus miniers. De plus, trois glaciers seront gravement affectés, Toro 1, Toro 2 et Esperanza au-delà des sérieux dommages qu’ils ont déjà subi durant les travaux de prospection réalisés jusqu’à maintenant. Un rapport de la Direction générale des eaux du Chili signalait que ces travaux ont déjà fait disparaître près de 70% de leur volume. D’autres glaciers de la région, plus éloignés de la mine, n’en ont perdu que 14%, indiquait le rapport, montrant ainsi que les dommages de ces trois glaciers ne sont pas causés seulement par le réchauffement global, comme signalait Barrick. Par ailleurs, du côté argentin, le glacier Conconta a été gravement endommagé par le tunnel « privé » de 6 kilomètres de long que Barrick a construit pour relier l’Argentine et le Chili afin transporter le minerai vers le port de Huasco, dans la côte Pacifique . Le système de glaciers est fragile et il constitue le réservoir d’eau de la région ; il n’est pas seulement formé par la « partie visible de l’iceberg », car des glaciers de roche se trouvent sous la surface contribuant à plus de 50 % de l’eau de la région . Ils constituent une réserve pour le futur. Or l’existence et l’importance de ces glaciers de roche ne sont pas considérées. La détérioration du système de glaciers compromet sérieusement l’équilibre hydrique de toute la région.
Il est regrettable que Radio Canada effleure à peine la véritable envergure et gravité des impacts socioécologiques et culturels de ce projet minier. C’est l’écosystème au complet et les communautés qui y habitent qui sont atteints dans leur intégrité, et ce, des deux côtés de la Cordillère des Andes . Le projet minier est installé dans un milieu aride, semi-désertique et montagneux, à la porte du désert d’Atacama, l’un des plus arides du monde. Mais du côté chilien, la vallée du Huasco, arrosée par la rivière du même nom est fertile et riche. C’est de cet endroit que proviennent le raisin d’exportation, les olives, les avocats, les abricots et les eaux de vie les plus prestigieuses du pays et les légumes et fruits qui approvisionnent la communauté locale. Ces cultures sont mises en péril par la mine. Les activités traditionnelles d’élevage et de production de fromage de chèvre s’y voient également menacées. Le projet touche également les 66500 personnes des 23 villages et une ville qui se trouvent parsemés le long de la rivière Huasco et ses affluents. Aussi, le projet occupe une partie du territoire de la communauté autochtone Diaguita affectant directement son patrimoine . Une réclamation à ce sujet a été déposée en 2007 auprès de la Commission interaméricaine de droits humains qui vient de la déclarer admissible déclenchant ainsi un procès . Du côté argentin, le projet affecte environ 24000 personnes le Parc National et la réserve de la Biosphère San Guillermo de l’UNESCO . De part et d’autre de la frontière, les communautés développent des activités agricoles, sylvicoles et touristiques (économie de subsistance, micro et petites entreprises), qui se trouvent désormais menacées par Pascua Lama . La récente disparition d’une des rivières de la vallée du Huasco, qui était mentionnée au programme de Radio Canada, illustre les problèmes grandissants d’assèchement à cause du projet minier . Des situations critiques semblables ont déjà été vécues dans des régions voisines. Le Nord du Chili est le scénario de fortes confrontations entre les communautés et les entreprises minières qui se sont approprié les droits d’approvisionnement en eau et qui contrôlent sa gestion . Les communautés de la région manquent d’eau et sont confrontées à ce qui est considéré de plus en plus, comme une crise hydrique . Pascua Lama n’a pas encore commencé ses opérations, mais on constate déjà une forte diminution des cours d’eau dans le bassin versant de la rivière Huasco. Qu’adviendra-t-il lorsque les procédés d’extraction du riche minerai qui requièrent 370 litres d’eau par seconde seront démarrés ? Cela est dramatique pour une région qui affronte continuellement la sécheresse.

De plus, l’obtention des minerais se réalise à l’aide de produits extrêmement toxiques pour la santé . Les particules en suspension des roches concassées, dispersées par le vent, sont toxiques. Les eaux issues des procès de lixiviation risquent grandement de polluer les nappes phréatiques et les cours d’eau atteignant ainsi la vallée entière et la chaîne alimentaire . Par ailleurs, le transport de ces produits à risque est assuré par de gros véhicules qui circulent par les chemins sinueux et étroits de la région, peu appropriés pour une telle circulation, mettant en danger le milieu de vie et la population qui y habite . Plusieurs accidents ont déjà eu lieu . Aussi, en 2000 les activités de Pascua Lama ont provoqué une fuite de 65000 litres de pétrole dans les eaux souterraines et c’était la deuxième fois que cela arrivait . L’impact de ce projet minier sur la biodiversité est également à signaler. Notons entre autres, que 5 de 10 espèces endémiques chiliennes se trouvent dans cette région . L’envergure, la diversité et la nature des impacts soulèvent l’alarme et inquiètent les acteurs locaux qui tentent de développer des projets d’écotourisme ou d’agriculture biologique qui valorisent le patrimoine naturel et culturel de la région . Rien n’est dit au programme de Radio Canada sur ces aspects et moins encore sur les conflits sociaux, les divisions et les ruptures que l’arrivée d’un tel projet provoque au sein des communautés des régions affectées. Récemment, la Commission régionale de l’environnement du Chili a initié un processus de sanctions contre Barrick, après avoir accueilli les allégations soulevées par la Direction régionale des eaux et la Direction régionale de Santé concernant diverses irrégularités des activités minières .

Barrick a été très habile pour la promotion de son projet minier. Elle a déployé diverses stratégies pour obtenir l’appui requis faisant, entre autres, du lobbying politique pour la formulation et l’approbation d’un traité minier binational entre le Chili et l’Argentine qui permet l’exploitation minière par des investisseurs étrangers dans la zone frontalière chilienne - argentine qui était avant cela souveraine . Aussi, on signale l’utilisation par Barrick de stratégies de séduction, d’achat des volontés, de cooptation, de pression et de menaces sur les communautés concernées et on lui attribue aussi, la responsabilité de divers attentats contre des opposants à ce projet minier . Par ailleurs, les communautés des régions directement concernées par le projet développent des attentes face aux promesses de création d’emploi qui ont été largement publicisées. La population est dans l’expectative de la création des 5000 emplois annoncés pour la construction de la mine et des 1600 durant les opérations . Mais les faits montrent une réalité nuancée à cet égard. Les emplois qui seront générés requièrent une main d’ouvre hautement qualifiée, sauf pour l’étape actuelle de construction de la mine. Mais, on fait appel à des sous contractants qui ne comblent pas nécessairement leurs besoins de main d’œuvre en privilégiant la population locale et font aussi venir des travailleurs de l’extérieur de la région. Les conditions de travail sont en général précaires. Il y a eu plusieurs protestations pour des congédiements injustes et des salaires inadéquats, et qui témoignent des chiffres horaires exténuants et des conditions extrêmes . Plusieurs accidents de travail ont eu lieu, signale-t-on, il y a eu des blessés et plusieurs morts dans des circonstances qui apparaissent peu claires . Une grève a été déclenchée en début de cette année pour un millier de travailleurs pour revendiquer des meilleures conditions de travail .

Les expressions du mécontentement social contre le projet de Barrick on été très nombreuses. La mobilisation sociale de résistance à Pascua Lama s’est maintenue très active depuis près de 10 ans. Elle a joué un rôle déterminant pour freiner le processus d’installation de la mine en défense des écosystèmes, plus spécifiquement, de l’eau et des communautés affectées, et ce, autant en Argentine qu’au Chili. « L’eau est plus importante que l’or », disent les acteurs de la mobilisation sociale. Cette dernière a pris des proportions importantes au niveau local, national et international impliquant des agriculteurs, des communautés religieuses, des communautés autochtones, des organisations de voisins, des organisations non gouvernementales, des politiciens, des chercheurs, des groupes d’investisseurs, des artistes, etc. donnant lieu à des réseaux très dynamiques . En opposition à ce que Radio Canada affirmait, le projet Veladero de Barrick a fait face à un processus d’opposition citoyenne organisée. De nombreuses activités d’une grande diversité ont été réalisées , incluant des interventions sociales et communautaires, politiques, religieuses, juridiques, culturelles, artistiques, de recherche, de formation, de diffusion, etc. À Montréal, il y a un groupe de travail sur le projet Pascua Lama et la Coalition québécoise sur les impacts socio environnementaux des transnationales en Amérique latine, qui sont activement engagés au sein de cette opposition. Il est regrettable que le programme « Une heure sur terre » ne fait aucune mention de tout cela et donne à peine la parole à ces acteurs qui travaillent activement à la sensibilisation des populations.

Le plan de restauration de la mine El Indio (or, argent et cuivre) au Chili, présenté par Radio Canada comme un exemple de l’agir responsable de Barrick, s’est réalisé selon un Plan de fermeture environnementale convenu avec la Commission de l’environnement . Ceci constitue une expérience pilote. Bien que ces opérations aient été bien accueillies dans la région et par les autorités nationales, on constate que certains des dommages provoqués par les activités minières contaminantes durant environ 23 ans d’opération de cette mine sont de caractère irréversible . Les processus naturels continueront à agir sur les roches altérées et concassées et sur toutes les composantes qui ne seront pas neutralisées par les activités de restauration . De plus, l’eau contaminée continue à circuler dans les 130 kilomètres de souterrains creusés pour les activités minières .

Signalons aussi que l’achat de cette mine par Barrick en 1994 (après avoir été consécutivement acheté par St. Joe Minerals, Fluor, Bond Gold International Inc. et Lac Minerals Ltd) a été stratégique pour pénétrer la région et démarrer les explorations menant au projet Pascua Lama, situé à 48 kilomètres au nord de El Indio. Ces explorations auraient été démarrées avant l’approbation en l’an 2000 du Traité minier binational qui autorisait ces travaux. La richesse des gisements découverts ont été, en fait, le déclencheur d’un fort lobbying par Barrick afin de configurer ce traité qui permet la réalisation d’un vaste scénario de développement de mégaprojets miniers par cette compagnie à la frontière entre le Chili et l’Argentine, le long de la Cordillère des Andes. L’acquisition récente d’autres projets miniers dans la zone sont une confirmation de la stratégie de longue mire de Barrick dans cette région. Finalement, signalons que durant les années d’exploitation de la mine El Indio aucun impôt a été payé par cette entreprise à l’État chilien . On s’interroge donc sur la « philosophie d’exploitation minière responsable » qu’affiche Barrick qui aurait motivé la restauration du site et les véritables intentions et intérêts qui l’ont motivée. Les questionnements se sont multipliés à la lecture du dossier qui fait état de la sérieuse dégradation environnementale, « an unacceptable risk of extensive and irreversible damage to the natural environment » , causée par le projet minier Porgera Gold de Barrick en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui a mené le Gouvernement de la Norvège à exclure cette entreprise de son fonds de pension, par recommandation de son Comité d’Éthique .

Combien de montagnes en moins faudra-t-il encore comptabiliser pour un regard vraiment responsable ? La question se pose sérieusement. L’apport local de tels projets en est-il un réellement ? L’histoire montre bien que ce qui reste après le passage de ces géants avides de richesses, ce sont des paysages dévastés, des communautés déprimées et des cultures détruites. Les cadeaux que Barrick distribue à droite et à gauche et qui accompagnent la mise en place du mégaprojet minier Pascua Lama rappellent étrangement les babioles apportées par les conquistadores pour éblouir et séduire les autochtones des Amériques l’instant de mettre la main sur leurs biens et d’assurer le déclenchement du saccage. La liste des transnationales implantées au Chili et en Argentine au long de la Cordillère des Andes dépasse la centaine et plusieurs d’entre elles détiennent plus d’un projet minier . On y retrouve, entre autres, Anaconda, Rio Tinto, Anglo American, Anglogold, Xstrata BHP Billiton, Exxon Minerals Co, Falconbridge, Glencore, Gold Corp, Hochschild Mining, JOGMECPan American Silver, Silver Standard, Teck Cominco, Yamana Gold Inc. Plusieurs sont canadiennes.

Assistons-nous à une nouvelle forme de colonialisme ? Tout porte à croire que c’est le cas.

Finalement, un dernier élément de réflexion pour mieux illustrer nos préoccupations : pourquoi faut-il extraire les richesses des entrailles de la terre, et de plus, jusqu’à leur épuisement ? Pour quelle raison ces richesses sont-elles nécessaires ? Pour répondre à quels besoins ? D’après le World Gold Council (2010) environ 68% de l’or est employé dans l’orfèvrerie et la bijouterie, 20 %, pour la production de pièces et de lingots comme forme de stocker des richesses et de se protéger des divers risques du marché, c’est-à-dire, comme « valeur refuge » (seul l’or métal, physique, est une réelle valeur refuge, disent les experts). Finalement, seulement environ 14% de l’or est utilisé dans divers autres domaines comme l’électronique, la dentisterie, les nanotechnologies, la médecine, l’aéronautique, etc. Qui sont donc ceux qui bénéficient des projets miniers des transnationales ? En tout cas, surtout pas les pays où elles s’implantent considérant les maigres impôts et redevances qu’elles payent, et ce, si ce paiement se concrétise, car les transnationales ont développé des stratégies habiles pour éluder cette responsabilité.

Est-ce qu’il est nécessaire encore d’autres arguments pour démontrer l’aberration de l’escalade dans laquelle nous sommes entraînés par des projets tels que Pascua Lama de Barrick Gold Corporation ?

Isabel Orellana
Chercheure associée
Chaire de recherche du Canada
en éducation relative à l’environnement
Université du Québec à Montréal

Gerardo Aiquel
Coordonnateur Coalition québécoise
sur les impacts des transnationales en Amérique latine

Avec la collaboration des membres du Groupe de travail No à Pascua Lama-Montréal, Marie-Eve Marleau, Rolando Labraña, Juan Carlos Chirgwin et Gloria Pereira ainsi que de Franchezca Serrano, de la maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal.

Chili : la documentariste Elena Varela a été relâchée

A l’initiative d’un projet de documentaire consacré au peuple indigène mapuche, la cinéaste et productrice a été arrêtée le 7 mai 2008, accusée "d'association de malfaiteurs" et "de liens avec un groupe terroriste".
Après sept jours d’audience et l’intervention de 20 témoins et experts, le tribunal de Villarica a annoncé la relaxe en faveur de la journaliste, considérant que les éléments avancés ne constituaient pas des preuves suffisantes.
Détenue préventivement pendant trois mois, Elena Valera Lopez était soupçonnée d’avoir commandité deux attaques à main armée commises en 2004 et 2005, en lien avec la guérilla colombienne de l’Armée de libération nationale (ELN). Le 27 janvier 2009, le ministère public avait requis contre elle une peine de quinze ans de prison. Le dossier comportait de nombreuses zones d’ombre. Par le passé, l’accusation de terrorisme a déjà servi contre des documentaristes étrangers ayant consacré leur travail au conflit territorial opposant le peuple mapuche aux entreprises forestières.

mercredi 28 avril 2010

Chili : chute de la production industrielle de 19,4% en mars

"La chute de mars reflète avec force les effets du tremblement de terre sur la capacité productive de l'industrie, et se traduit par le pire mois pour la production industrielle depuis juillet 1982, qui avait vu une chute de 20,5%, la plus forte jamais enregistrée", a indiqué la Sofofa dans un communiqué.
Les secteurs du raffinage pétrolier, de la pâte de papier, de la scierie, de la pêche industrielle, de la métallurgie et de la sidérurgie ont été les plus touchés selon la Sofofa (Société du développement manufacturier), qui regroupe plus de 2.500 entreprises, pesant environ 30% du PIB chilien.
Certains des secteurs les plus touchés ont continué d'être perturbés pendant le mois d'avril, selon la Sofofa, qui du fait de l'impact du séisme, a révisé à la baisse ses prévisions de croissance de l'activité industrielle pour 2010, de 5,5% à entre 1,5 et 2,5%.
Le séisme suivi du tsunami du 27 février a fait 486 morts et 79 disparus selon le bilan officiel, et causé au pays des dégâts évalués à 30 milliards de dollars (22,5 milliards d'euros).
Le gouvernement a prévu un impact à court terme sur la croissance du Chili, sorti fin 2009 de 12 mois de récession, mais aussi une forte récupération au deuxième semestre.
La Banque centrale a révisé légèrement à la baisse ses prévisions de croissance 2010, de 4,5% à 5,5% à entre 4,25% à 5,25%.

dimanche 25 avril 2010

CHILI: DÉCÈS DE L'EX-CAPORAL NAZI PAUL SCHAEFER À 88 ANS EN PRISON

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L'EX-CAPORAL NAZI PAUL SCHAEFER. PHOTO RAÚL INSUNZA
La santé de M. Schaefer s'est aggravée au cours des dernières heures et le détenu est décédé peu après 07H00 locales (11H00 GMT), victime d'une grave complication cardiaque, a indiqué une source pénitentiaire aux médias chiliens.

M. Schaefer avait été condamné à 20 ans de prison en mai 2006 pour abus sexuels sur une vingtaine d'enfants au sein de la Colonia Dignidad de 13.000 hectares, fondée en 1961 dans le sud du Chili.

La justice a également établi que l'ancien caporal nazi avait collaboré avec la régime du général Augusto Pinochet (1973-1990), et que la colonie avait été utilisée comme centre de détention et de torture contre des opposants sous la dictature.

Paul Schaefer avait été arrêté en mars 2005 en Argentine, après huit ans de fuite, puis extradé au Chili où il a été jugé.

La justice l'a également reconnu coupable d'usage et de stockage illégal d'armes, du meutre d'un ancien agent de la dictature et de la disparition d'un dirigeant de gauche opposé au régime de Pinochet.

Quelque 300 Allemands ont vécu pendant des décennies au sein de la Colonia Dignidad, à 350 km de Santiago.

Un puissant séisme de magnitude 6,1 frappe le Chili

Le séisme s'est produit à 06H03 (10H03 GMT) à 65 km au sud de la ville de Concepcion et 482 km au sud-ouest de la capitale Santiago à une profondeur de 35 km, a précisé l'USGS.
Pour mesurer la puissance d'un séisme, l'USGS utilise la "magnitude de moment" (Mw). Sur cette échelle ouverte, un séisme atteignant une magnitude d'au moins 6 est considéré comme fort.
Le Chili avait été frappé le 27 février par un violent séisme de magnitude 8,8 et un tsunami qui avaient fait 486 morts et 79 disparus et causé au pays des dégâts évalués à 30 milliards de dollars.

vendredi 23 avril 2010

Des parlementaires prennent la défense du juge Garzón

Ils demandent que se termine le plus rapidement possible cette "farce judiciaire" et appellent tous les parlementaires chiliens à exprimer leur solidarité. Pionnier et ardent défenseur de la "justice universelle", le juge Garzón avait obtenu l'arrestation de l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, en 1998, à Londres

jeudi 22 avril 2010

Le dernier dictateur argentin condamné pour tortures

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Des familiers de disparus montrent des photographies des victimes, durant la lecture de la sentence contre Reynaldo Bignone.
Le dernier dictateur argentin, Reynaldo Bignone (1982-1983), âgé de 82 ans, a été condamné mardi à 25 ans de prison pour détentions illégales, torture de prisonniers politiques et d'autres crimes contre l'humanité. Six autres anciens cadres du régime militaire (1976-1983) - tous âgés de plus de 80 ans - ont quant à eux écopé de 17 à 25 ans de prison.
Ces derniers sont considérés comme les chefs du centre de détention clandestin des casernes du Campo de Mayo, dans l'ouest de Buenos Aires, où ont été incarcérés quelque 4.000 opposants, pour la plupart toujours portés disparus. Une maternité clandestine avait également été installée afin de voler les bébés des opposantes et de les remettre sous une autre identité à des membres du régime militaire.
«Le même sort que les nazis»
«Vous allez connaître le même sort que les nazis, où que vous soyez, nous irons vous chercher», ont chanté des dizaines de proches de disparus et de militants des droits de l'homme à l'énoncé du verdict, avant de s'embrasser ou de fondre en larmes. «Justice est enfin faite», s'est pour sa part félicitée Estela de Carlotto, présidente de l'association les mères de la Plaza de Mayo.«C'est une très belle journée pour tous les Argentins».
Reynaldo Bignone, ancien militaire, avait été désigné président après la guerre des Malouines perdue en 1982 par le régime militaire contre la Grande-Bretagne. Il avait remis le pouvoir l'année suivante au président social-démocrate Raul Alfonsin, lors du retour de la démocratie. «Je préfère être condamné plutôt que répudié par mes supérieurs et mes subalternes, qui ont combattu avec moi les horreurs de cette guerre contre le terrorisme», avait déclaré Bignone aux juges avant l'énoncé du verdict.
30.000 morts entre 1976 et 1983
Vêtu d'un costume vert sombre, l'ancien militaire a admis une nouvelle fois que le régime avait fait disparaître des milliers de personnes, tout en rejetant le chiffre de 30.000 avancé par les associations de défenses des droits de l'homme. «Il n'y en a pas eu plus de 8.000», a-t-il assuré, tout en évaluant à 30 le nombre de bébés volés durant la dictature. La justice estime pourtant qu'il y en a plus de 500. 101 seulement sont parvenus à retrouver leur identité.
Selon le centre d'études légales et sociales (CELS), 1.464 personnes ont été formellement accusées d'avoir commis des crimes contre l'humanité durant la dictature argentine. 74 ont été jugés coupables.
Jorge Rafael Videla
Des quatre présidents de la dictature argentine (1976-1983), Reynaldo Bignone est le dernier à être encore en vie avec Jorge Rafael Videla, l'homme qui a dirigé le coup d'Etat en 1976. Videla avait été condamné à la réclusion à perpétuité, au cours d'un procès historique de la junte militaire, en 1985, avant d'être amnistié cinq ans plus tard par l'ancien président Carlos Menem. Il fait de nouveau l'objet de poursuites depuis que l'Argentine a annulé en 2003 les lois amnistiant les crimes commis par la dictature.

mercredi 21 avril 2010

Chili. Les chiffres de la catastrophe

Les pertes et dégâts engendrés par le séisme et le tsunami du 27 février au Chili sont considérables. Accusé de lenteur, le nouveau président Sebastian Piñera vient enfin d’annoncer un plan de reconstruction nationale. Sur les 23 milliards d’euros prévus (soit 12 % du PIB), deux tiers seraient financés par le secteur privé et les assurances. Pour 
le reste, l’État mettra la main à la poche avec plus de 6,2 milliards d’euros financés par une augmentation des impôts sur les grandes entreprises, l’exploitation du cuivre, le tabac et un accroissement de la dette publique. La priorité est d’attribuer avant l’hiver des logements d’urgence aux familles sans abris.

L. G.

Chili - Séisme: Des fonds militaires pour la reconstruction

La moitié de cette somme sera affectée par décret à la réparation d'infrastructures militaires, tandis que les autres 600 millions de dollars (445 millions d'euros) seront attribués à la reconstruction d'oeuvres civiles, moyennant un projet de loi qui devra être approuvé par le parlement, a précisé une source du ministère ayant requis l'anonymat.

L'ÉGLISE CATHOLIQUE DEMANDE PARDON


    Le président de la Conférence épiscopale chilienne, Alejandro Goic. Photo Claudio Parra

"Il n'y a pas de place dans le sacerdoce pour ceux qui abusent de mineurs, il n'y a aucun prétexte qui puisse justifier ce délit. Aux personnes directement affectées et aux communautés qui ont vu chez un prêtre des motifs de scandale, nous demandons pardon, et nous leur demandons de communiquer ces faits", a dit le président de la Conférence épiscopale chilienne en conférence de presse.

Le Vatican est dans la tourmente après la multiplication de révélations récentes sur des abus sexuels sur mineurs au sein du clergé en Amérique latine, en Europe et aux Etats-Unis.

Le pape a été accusé en personne en Allemagne et aux Etats-Unis d'avoir couvert ces crimes.

Au Chili, cinq prêtres ont été condamnés pour pédophilie à ce jour, et une quinzaine de cas présumés font l'objet d'une enquête.

"Notre engagement est total pour veiller sans cesse à ce que ces délits gravissimes ne se répètent pas", a dit Mgr Goic.

Les évêques du Chili, un pays sud-américain où l'Eglise est très influente, s'étaient réunis jusqu'à ce week-end en assemblée plénière.

Lors d'une visite à Malte, le pape Benoît XVI a rencontré dimanche des victimes d'abus sexuels avec lesquelles il a dit avoir "pleuré".

Le Vatican avait publié la semaine dernière une série de directives sur la démarche à suivre par le clergé en cas d'abus sexuels, dont les coupables devront être dénoncés.

vendredi 9 avril 2010

Le cuivre fait la fête

La grande manifestation annuelle du cuivre, la 9 e conférence CRU/Cesco, organisée à Santiago dans l’hôtel Grand Hyatt, a été saluée par une nouvelle poussée du cours de la tonne de métal rouge qui, ayant franchi le seuil symbolique de 8 000 dollars par tonne, n’est plus qu’à 10% de son record de 8 940 dollars établi en juillet 2008. L’atmosphère générale était particulièrement optimiste, ont rapporté observateurs et journalistes présents à cet évènement.

« Avant tout, ce que je vois, est que tous ceux qui peuvent produire du cuivre en produisent et réalisent leur projets », résumait Andrew Harding, le responsable de la branche cuivre de Rio Tinto, interrogé par Reuters. Le mineur diversifié anglo-australien va peiner pour maintenir une production annuelle de 800 000 tonnes suite à une baisse de qualité du minerai extrait. Dés 2013 cependant la mise en production du gisement géant d’Oyu Tolgoi en Mongolie lui permettra d’augmenter son offre. L’objectif de production annuelle est de 450 000 tonnes de cuivre et 330 000 onces d’or. Pour 2011 le mineur prévoit un marché du cuivre en net déficit après un marché équilibré en 2010. Une prévision partagée par la banque centrale chilienne et Cochilco, le très prudent organisme chilien du cuivre, qui ont remonté leurs prévisions de cours pour les années à venir.

Le numéro un mondial du cuivre, Codelco, va accroitre ses investissements a déclaré son directeur exécutif, Jose Pablo Arellano. L’entreprise d’Etat chilienne va investir 3 milliards de dollars par an pendant cinq ans pour compenser une production qui stagne ou s’effrite depuis plusieurs années. La consommation de cuivre raffiné devrait s’apprécier en 2010 de 5,4% par rapport à l’année précédente a souligné Arellano. Quant à la hausse annoncée des royalties sur la production minière pour financer la reconstruction du pays, le nouveau ministre des Mines, Laurence Golborne, a déclaré s’y opposer. Il faudra trouver un équilibre entre les besoins en investissements de Codelco et la reconstruction, a concédé Golborne. Le ministre prévoit une production chilienne en forte hausse, 7 Mt à la fin de la décennie, contre 5 Mt actuellement.

Face à une demande très solide à moyen terme, le marché du cuivre va continuer de subir d’importantes contraintes de son offre, a mis en garde Charles Sartain, le directeur de la branche cuivre de Xstrata, le géant minier diversifié anglo-suisse. Xstrata va investir massivement au Pérou, notamment dans sa joint-venture Antamina pour porter sa production à 1,5 million de tonnes (Mt), soit une hausse de 60%. « Lors des quatre ou cinq prochaines années notre croissance organique recevra un investissement de 14 milliards de dollars », a précisé Sartain. Le projet de Tampakan aux Philippines recevra 5,2 milliards de dollars et pourrait entrer en production dès 2016.

Southern Copper, envisage d’émettre entre 500 millions et 1,5 milliard de dollars d’obligations pour financer ses investissements, a déclaré son directeur exécutif, Oscar Gonzales. Des obligations qui auraient une maturité de 30 ans, a indiqué la filiale de Grupo Mexico. Les investissements seront utilisés pour accroitre les capacités des mines au Pérou et au Mexique. La production du groupe en 2010 devrait être stable à 500 000 tonnes, a indiqué Gonzales, qui table sur un prix moyen de la tonne de cuivre de 7 200 dollars. La production mexicaine devrait atteindre 250 000 tonnes en 2010, contre 238 400 tonnes en 2009.

Prudence de certains mineurs

« La plupart des projets connus exigent un prix à long terme de 2,20 dollars par livre (4 410 dollars par tonne) », et notre industrie n’est pas convaincue que le cuivre se maintiendra à ce niveau sur une longue période », met en garde le directeur exécutif d’Antofagasta, Marcelo Awad. Le patron du mineur chilien coté à Londres explique que les banques rechignent à financer les projets. Bien que se prétendant optimiste, Richard Adkerson, le directeur de FreeportMcMoRan, le deuxième producteur mondial de cuivre, craint que la faiblesse de la reprise aux Etats-Unis ne ralentisse la remontée en puissance de ses capacités de production. Si la Chine a tiré le prix du cuivre à un niveau justifiant tous nos investissements, deux tiers des marchés – Etats-Unis, Europe et Japon – demeurent fragiles, indique Adkerson. En 2010 le géant minier investira 1,7 milliard, plus qu’en 2009 mais en retrait de 30% par rapport à 2008.

BHP Billiton, le premier mineur diversifié qui opère la plus importante mine du monde, Escondida au Chili, est également prudent. Diego Hernandez, le responsable de sa division métaux de base, a annoncé une baisse de l’investissement prévu dans Escondida, de 5 à 2,5 milliards de dollars, suite à l’envol des coûts des capitaux. « La structure des coûts requière des prix plus élevés à moyen-long terme car les projets concernent des minerais à plus basse teneur et à coûts d’extraction plus élevés », a-t-il précisé. Escondida devrait produire 1,08 Mt en 2010, un niveau qui restera stable jusqu’en 2012 a indiqué Hernandez.

Le mineur canadien Exeter Resource a confirmé être en négociations avec de grandes sociétés. « Nous avons des accords confidentiels avec Newmont, Barrick, Kinross et quelques sociétés chinoise », a confirmé le chef géologue de la société d’exploration, Glen Van Kerkvoort. Exeter possède le projet minier de Caspiche, or, argent et cuivre. Pour John MacKenzie, le responsable de la division cuivre d’Anglo American, c’est le moment de creuser et pas de faire des acquisitions. Toutefois, le groupe anglo-sud africain devrait voir sa production reculer légèrement en 2010 par rapport aux 669 800 tonnes produites en 2009.

Le retour de la question sociale

La pénurie de travailleurs qualifiés dans les zones minières traditionnelles pourrait lourdement impacter la production minière et à nouveau ralentir le développement des nouveaux projets. Si les producteurs d’engins miniers sont prêts à répondre à la hausse de la demande, il n’en est pas de même au niveau humain. Les ressources humaines sont aussi tendues qu’avant la crise, indique Charles Sartain. Au Pérou, Xstrata est obligé de transférer la même équipe de site en site, souligne Sartain. Toutefois, la crise financière a permis aux entreprises de souffler et elles sont aujourd’hui mieux armées, estime Andrew Harding. Le directeur de Rio Tinto craint cependant que les projets dans le minerai de fer ou la bauxite, moins couteux, ne soient favorisés aux dépends de ceux du cuivre.

Richard Adkerson souligne que le transfert des pays miniers traditionnels, Etats-Unis et Canada, vers les nouveaux pays, Chili, Indonésie et Pérou, va ouvrir de nouvelles opportunités aux travailleurs qualifiés. FreeportMcMoRan a réduit de 30% le nombre de ses salariés aux Etats-Unis mais a pris soin de garder les plus qualifiés. Le mineur craint toutefois de manquer de main d’œuvre pour ses nouveaux projets. La situation est particulièrement tendue au Chili après le séisme qui a ravagé le sud du pays. La moitié des ouvriers autorisés par Antofagasta à quitter la mine pour reconstruire leurs maisons n’est pas revenue et la firme a dû procéder à 400 nouvelles embauches. La situation sera pire l’an prochain met en garde Marcelo Awad.

Les budgets d’exploration minière ont subi leur plus forte baisse depuis une vingtaine d’années à 7,32 milliards de dollars (12,6 milliards en 2009), indique Metals Economics Group. La majorité des investissements se sont concentrés sur les sites en activité et 70% des dépenses ont été faites par les majors, précise le consultant. L’or a reçu 48% des investissements et les métaux de base 36%. En 2010 le regain de forme des juniors devrait entrainer une hausse de 35 à 40% des investissements dans l’exploration, estime MEG.

jeudi 8 avril 2010

La visite de Hu Jintao en Amérique

Cui Tiankai Vice-Ministre en charge des affaires d'Amérique du Nord et d'Océanie. Photo Ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine
Lors d'une conférence de presse, mercredi à Beijing, un officiel du ministère chinois des Affaires étrangères a notamment indiqué qu'il s'agissait de la première démarche diplomatique d'importance majeure du chef d'Etat chinois depuis le début de cette année.
Le sommet sur la sécurité nucléaire aura lieu les 12 et 13 avril. Cette réunion se penchera sur la menace du terrorisme nucléaire, les éléments de réponses que les divers pays du monde et la communauté internationale devront prendre ainsi que le rôle de l'AIEA dans le domaine de la sécurité nucléaire. Seront présents à cette réunion, les dirigeants ou représentants de 46 pays et les responsables des Nations unies, de l'AIEA, de l'Union européenne et d'autres organisations internationales.
Au cours de la conférence de presse de mercredi, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Cui Tiankai a déclaré que la Chine attache de l'importance au dossier de la sécurité nucléaire et souhaite que les divers pays participants parviennent à un consensus à ce sujet et que le sommet aboutisse à des résultats positifs. Cui Tiankai :
« Ce sera la première fois qu'un dirigeant chinois se prononce dans un contexte multilatéral sur la question de la sécurité nucléaire. Le discours du président Hu Jintao s'articulera autour de la situation internationale de la sécurité nucléaire avec l'accent mis sur la signification majeure de la garantie de la sécurité nucléaire pour le développement sain de l'énergie nucléaire et pour la sauvegarde de la sécurité et la stabilité internationales. Par ailleurs, il présentera la politique et la pratique de la Chine en la matière ainsi que la préconisation chinoise sur les efforts de la communauté internationale pour relever le défi de la sécurité nucléaire. »
Cui Tiankai a révélé qu'en marge du sommet, le président Hu Jintao aura une entrevue avec son homologue américain, Barack Obama. Et d'ajouter que la Chine est disposée à travailler avec les Etats-Unis pour concrétiser le consensus auquel étaient parvenus les deux chefs d'Etat, à observer les principes et l'esprit des trois communiqués conjoints et de la Déclaration conjointe sino-américaine. Nos deux pays doivent respecter les intérêts essentiels et les préoccupations majeures de l'une et de l'autre partie, traiter de manière appropriée les divergences et les questions sensibles, renforcer le dialogue et la coopération dans les différents domaines et oeuvrer inlassablement au resserrement des relations sino-américaines de coopération positive et globale, a affirmé Cui Tiankai.
La deuxième entrevue officielle des dirigeants des «BRIC» aura lieu les 15 et 16 avril à Brasilia au Brésil. La Chine y participera avec une attitude constructive. A ce propos, nous écoutons toujours le vice-ministre Cui Tiankai :
« Nous souhaitons que cette réunion débouche sur les résultats suivants.
Primo : l'élargissement du consensus stratégique et le renforcement de la confiance stratégique des quatre pays. Secundo : harmonisation de nos prises de position sur les grands problèmes planétaires et la promotion de la reprise économique mondiale et son développement durable. Tertio : la progression de la coopération pragmatique entre les quatre pays, l'élargissement et l'approfondissement de nos convergences d'intérêt. »
Durant son périple en Amérique, le président Hu Jintao visitera trois pays latino-américains. Selon le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Li Jinzhang, il s'entretiendra au Brésil avec le président Luiz Lula da Silva et les deux parties signeront le Programme d'action commune 2010-2014, un document qui guidera l'évolution des relations entre les deux pays ainsi que des accords de coopération dans divers domaines. Au Venezuela, le président Hu Jintao et son homologue vénézuélien Hugo Rafael Chavez procèderont à un échange de vues sur les questions régionales et internationales. Les deux parties signeront des accords de coopération dans les domaines de l'énergie, de la finance, de la culture et de l'éradication de la pauvreté. La visite du président Hu Jintao au Chili, toujours selon Li Jinzhang, traduira l'aspiration politique de la Chine de faire progresser les relations sino-chiliennes et de soutenir le gouvernement et le peuple chiliens dans la reconstruction après le tremblement de terre. On écoute le vice-ministre Li Jinzhang :
« La visite du président Hu Jintao au Brésil, au Venezuela et au Chili a pour but d'approfondir l'amitié, accroître la confiance mutuelle, élargir la coopération et promouvoir le développement commun. Cette tournée revêt une importante signification pour resserrer nos liens avec ces trois pays, approfondir la coopération mutuellement avantageuse et promouvoir le développement global des relations entre la Chine et l'Amérique latine. »

mardi 6 avril 2010

L'EGLISE CHILIENNE DÉPLORE QUELQUES CAS D'ABUS SEXUELS

"Il y a bien des cas, mais pas tant que cela, Dieu merci" a déclaré le cardinal Francisco Javier Errazuriz dimanche soir à la télévision nationale.

Il n'a pas précisé le nombre de cas découverts ou rapporté à la police, et les services de presse de l'archevêché de Santiago n'étaient pas en mesure d'en dire plus lundi.


Le cas le plus connu concerne l'archevêque de La Serena, dans le nord du pays. Francisco Jose Fox a démissionné sans expliquer le motif de son départ en 1997, pour prendre un poste administratif à Santiago, puis à Rome et ensuite à Bogota en Colombie. En 2002, Errazuriz a précisé qu'il était parti en raison d"'une "affection exubérante" ayant conduit à des gestes déplacés, notamment avec des enfants.


Le mois dernier, la justice chilienne a sanctionné un professeur d'espagnol et un membre de l'ordre de San Viator à 26 mois de prison pour détention d'images pédo-pornographiques. Le prêtre était arrivé en 2008 au Chili et son attitude auparavant en Espagne reste à préciser.


En 2003, le prêtre Jose Andres Aguirre avait été condamné à 12 ans de prison pour neuf affaires d'abus sur mineurs et un viol ayant eu lieu entre 1998 et 2002. Il avait été envoyé par la suite au Honduras, puis en Espagne et en Uruguay. AP

vendredi 2 avril 2010

Chili: Piñera réfute les critiques concernant l'absence d'un plan de reconstruction

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Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, a participé à un hommage à Jaime Guzmán militant d'extrême droite et ancien conseiller du dictateur Augusto Pinochet, exécuté en 1991 par des membres du Front Patriotique Manuel Rodríguez. Photo Alex Ibañez
"Certains croient ou soutiennent que nous n'aurions aucun plan (de reconstruction). Je voudrais leur dire qu'ils se trompent profondément. Lors de ces 20 jours de gouvernement, non seulement nous avons élaboré un plan, mais surtout, nous l'avons mis en application, simultanément à d'autres objectifs" a expliqué le président milliardaire du Chili.
Le nouveau président de droite du Chili a participé jeudi à un hommage à Jaime Guzmán, farouche opposant à Salvador Allende et idéologue de la dictature de Pinochet (1973-1990), qui avait été assassiné en 1991 à Santiago par un commando d'extrême gauche.
Les dégâts liés au séisme et au tsunami du 27 février sont estimés à 22 milliards d'euros. 370.000 habitations ont été détruites ou endommagées.
Le gouvernement de Piñera a d'ores et déjà annoncé que la majeure partie des dépenses liées à la reconstruction sera financée par une compression budgétaire du budget de l'Etat à hauteur de 538 millions d'euros, par des impôts qui n'ont pas encore été déterminés et par une part encore inconnue des 8,3 milliards d'euros d'économies provenant de la production de cuivre.
Avec l'arrivée de l'hiver austral, Piñera a déclaré que "l'urgence est de donner un toit aux familles qui ont perdu leurs maisons". Pour faire face, le gouvernement chilien a promis de dresser 40.000 habitations d'urgence et 30.000 tentes de camping.
Selon les derniers chiffres officiels, le bilan du séisme et du tsunami du 27 février est de 432 morts et 98 disparus. AP

jeudi 1 avril 2010

Dakar : Piñera veut du changement

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Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, Président de la République, a reçu les représentants du Rally Dakar 2011. Photo Alex Ibañez
"Nous espérons qu'un jour (le rallye) s'appellera Chili-Argentine, pour l'opportunité que l'on nous donne d'organiser une épreuve si importante et prestigieuse", a déclaré M. Piñera après une réunion avec les représentants du Dakar-2011 au palais présidentiel de La Moneda.
"Nous sommes très contents de recevoir à La Moneda les organisateurs du rallye que l'on connaît et qui est devenu célèbre sous l'appellation Paris-Dakar, mais qui aujourd'hui, pour la troisième fois, sera organisé dans notre pays et en Argentine", a-t-il ajouté.
En 2011, l'épreuve se déroulera du 1er au 16 janvier au Chili et en Argentine.
Après 29 éditions en Afrique, de 1979 à 2007, le rallye avait été annulé en 2008 pour des raisons de sécurité. Les éditions 2009 et 2010 ont ensuite été organisées en Argentine et au Chili.

Chili: levée de l'état d'exception

"Le gouvernement, après avoir discuté avec les chefs (militaires) de la zone, a décidé de ne pas reconduire cet état d'exception, dit de catastrophe", a déclaré à la presse le président Sebastian Piñera.
Cette mesure exceptionnelle avait entraîné le déploiement de 14.000 militaires dans les régions de O'Higgins, Maule et Biobio, après le séisme de magnitude 8,8 et le tsunami qui ont fait 452 morts, 96 disparus et près de 30 milliards de dollars de dégâts (12% du PIB), selon le dernier bilan officiel. La semaine dernière, l'armée avait déjà levé le dernier couvre-feu nocturne en vigueur dans la zone, à Concepcion, ville d'un demi-millions d'habitants parmi les plus sinistrées par la catastrophe. Cette mesure avait été mise en place après des scènes de pillages dans les jours qui ont suivi le séisme.
Le gouvernement a toutefois décidé de "maintenir la présence des forces armées dans les régions affectées par la catastrophe", afin qu'elles "continuent à contribuer aux opérations humanitaires" et "participent à la reconstruction qui durera des années", a précisé le président. Le déploiement de militaires dans les rues du Chili au lendemain du séisme était une première depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).