lundi 31 janvier 2011

Le président Piñera premier chef d'Etat chilien à se rendre en Palestine

Cette visite s'inscrira dans le cadre d'une tournée que M. Piñera initiera le 28 février en Italie et au Vatican et qui le mènera également en Espagne.
Elle interviendra moins de deux mois après la reconnaissance explicite par le Chili de l'Etat libre et indépendant de Palestine.
Durant son séjour en Palestine, M. Piñera va chercher à transmettre un message conciliateur en mettant en exergue le modèle de cohabitation pacifique entre arabes et juifs au Chili, a déclaré au même journal le chef de la diplomatie chilienne, Alfredo Moreno Charme.
Le Chili cherche n'aspire pas à jouer un rôle dans la solution du conflit, mais défend les droits des deux parties, notamment ceux de la Palestine à exister, à avoir son autonomie et ses frontières, souligne-t-il.
La communauté palestinienne du Chili, estimée à quelque 350 mille membres, est la plus nombreuse en dehors du monde arabe. Elle occupe des postes de très haute responsabilité au sein des administrations centrale et locales et joue un important rôle dans les domaines de l'industrie, du commerce et des finances.

vendredi 28 janvier 2011

Enquête sur la mort de l’ex-président Allende


COUP D'ETAT AU CHILI : LA MORT DE SALVADOR ALLENDE Les dossiers de l'écran - 15/01/1980 - 04min26s.
Bref récit de la dernière journée du Président ALLENDE qui trouva la mort dans le coup d'Etat du 11 septembre 1973 suite à la trahison de l'armée. ITW Joan GARCES (ancien conseiller personnel de S. ALLENDE)

L’annonce a été faite, le 27 janvier 2011, à Santiago par les plus hautes autorités judiciaires. La version la plus répandue est que Salvador Allende, élu président du Chili en 1970, à la tête d'une coalition de gauche, s'était suicidé le 11 septembre 1973 dans le palais présidentiel, bombardé par l'armée de l'air. 
Dessin de Plantu publié dans le Monde du 11 septembre 2003.
Le 11 septembre 1973, le président Salvador Allende prononce son dernier discours avant de mourir. Avant que le palais présidentiel ne soit bombardé par les forces armées dirigées par le général Augusto Pinochet qui prend le pouvoir.
Resté seul dans le palais présidentiel, Salvador Allende aurait pris le fusil offert par le président cubain, Fidel Castro, pour se suicider. C’est la thèse principale de sa mort. Aucune investigation judiciaire n’a pourtant corroboré cette version.
Certains croient encore à l’assassinat. C’est pourquoi la procureure, Beatriz Pedrals, vient d’ouvrir l’enquête. Celle-ci et 725 autres : un travail de recherche sur tous les morts pendant la dictature qui n’ont pas encore fait l’objet d’une investigation. Beatriz Pedrals s’explique sur cette initiative :
« Là où il n’y a pas eu d’enquête, la justice va se charger de mener l’enquête. Et on parviendra aux conclusions qui correspondent. Il est possible qu’on parvienne à faire la lumière sur certaines circonstances et non sur d’autres. Mais le fait est que la justice va enquêter ».
Dans le cas de Salvador Allende, trente-sept ans ont passé depuis. En savoir plus sur sa mort, risque d’être difficile.

jeudi 27 janvier 2011

Chili / crimes / dictature: 700 plaintes

Le juge chargé de coordonner ces dossiers s'est rendu compte que beaucoup de victimes n'avaient jamais déposé de plainte et a donc chargé un procureur de le faire à leur place, a indiqué à l'AFP Alicia Lira, présidente de l'association des parents d'exécutés politiques.
Cette mesure est "très importante et vient renforcer ce que nous exigeons, que la vérité soit établie et que justice soit faite pour toutes les victimes de violations des droits de l'homme sous la dictature", a-t-elle déclaré.
Le régime militaire s'est soldé par 3.150 tués ou disparus et 28.000 cas de torture.
A l'heure actuelle, 560 anciens militaires sont poursuivis pour des crimes commis sous la dictature.

mardi 25 janvier 2011

Condoleeza Rice voulait envoyer les Palestiniens au Chili !

Steve Bell sur les papiers de la Palestine
Nous sommes en 2008, la chef de la diplomatie américaine de l'administration Bush Condoleeza Rice se livre à une discussion avec des représentants palestiniens et israéliens à Berlin. Le sort des 5 millions de réfugiés palestiniens à travers le monde est évoqué, lorsque la secrétaire d'Etat US lâche l'idée suivante : « Certains pays pourraient contribuer en nature à l'aide aux réfugiés comme le Chili ou l'Argentine ». Sous entendu, ces pays d'Amérique du sud pourraient accueillir des réfugiés Palestiniens.
L'information est livrée par le quotidien anglais The Guardian qui s'est procuré le compte-rendu de la réunion en question.
Idée absurde ? Pas tant que cela si l'on sait qu'à l'époque, le Chili venait d'accueillir 117 réfugiés palestiniens dans le cadre d'un programme d'insertion sociale. Le pays andin compte en effet une communauté palestinienne estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes qui sont arrivées au début du XXe siècle.
Idée sous jacente : les réfugiés Palestiniens pourraient être accueillis dans une terre où leur communauté est installée depuis longtemps... Parce que bien sûr, il serait trop simple de favoriser leur retour en Palestine.

mercredi 19 janvier 2011

Accord sur le prix du gaz met fin aux grèves

Le ministre de l'Energie, Laurence Golborne, a annoncé, au terme de 48 heures de tractations avec divers secteurs sociaux de Punta Arenas, à 3.000 km de Santiago, qu'un compromis était intervenu sur une hausse de 3% des prix du gaz, pour les rapprocher légèrement des tarifs en vigueur dans le reste du Chili.
Il coûtait jusqu'ici huit fois moins cher que dans le reste du pays, mais cette région subpolaire, où le gaz sert toute l'année pour le chauffage et les transports, est aussi la deuxième plus chère du Chili après Santiago.
Le vice-ministre de l'Interieur Rodrigo Ubilla a précisé que l'accord prévoyait une aide "à quelque 18.000 familles vulnérables de la région en 2011" pour compenser l'effet de la hausse.
La région de Magellanes dans la Patagonie chilienne était mobilisée depuis deux semaines, et en grève depuis sept jours, pour protester contre une hausse prévue de 17% du prix du gaz, thème ultra-sensible dans cette région où la température atteint au maximum 15 degrés en été.
Les incidents autour des manifestations ont fait deux morts, deux femmes renversées par une voiture sur une barricade, mercredi dernier lors de la journée la plus tendue.
Depuis le début du mouvement, quelque 200 personnes ont été arrêtées. Les barrages sur des axes de communication ont en outre bloqué des milliers de touristes, d'Argentine voisine surtout, jusqu'à ce week-end.
La tension dans la région avait amené le gouvernement chilien à invoquer dimanche une "loi de sécurité" datant de la dictature (1973-90), qui autorise l'intervention de l'armée le cas échéant pour maintenir l'ordre public et prévoit l'alourdissement d'éventuelles condamnations.

mardi 18 janvier 2011

Une commission pour aborder la question d'un accès à la mer

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carte qui montre Les changements de territoire CONSÉCUTIF à la Guerre du Pacifique. SOURCE wikipedia
Une commission permanente a été créée, et une première réunion est prévue le 7 février. Les deux pays espèrent, par des discussions fréquentes, régler ce différend né de la guerre du Pacifique (1879-1883), à l'issue de laquelle le Chili avait ravi quelque 400 kilomètres de côte de l'océan Pacifique à la Bolivie.

Le Chili abroge les visas pour les Russes

Pins amitié Russie chili

En vertu d'un accord bilatéral signé le 24 septembre 2010 à New York en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, les citoyens russes et chiliens possédant les passeports valides autres que diplomatiques et officiels peuvent entrer dans le pays ou le transiter sans visa à condition que la durée maximale de leur séjour n'excède pas 90 jours tous les de six mois (180 jours).
Les citoyens d'un des deux pays désireux d'exercer temporairement une activité professionnelle sur le territoire de l'autre doivent solliciter un visa de travail.
Les citoyens russes peuvent se rendre sans visa dans la plupart des pays d'Amérique latine - l'Argentine, le Brésil, la Colombie, Cuba, l'Equateur, le Guatemala, le Pérou, la République dominicaine, le Nicaragua et le Venezuela.

La terre du feu brûle-elle?

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Une du journal El Pinguino de Punta Arenas du mardi 18 janvier 2011. Titre « Multitudinaire » concert du groupe chilien Sol y Lluvia, en  soutiens à la manifestantion citoyenne contre la hausse du prix du gaz.
Depuis plusieurs jours, Terre de Feu est en situation de bloquage. Plusieurs manifestations de syndicats contre la hausse du prix de l’essence ont conduit à un blocus général qui empêche la circulation dans cette province de l’extrème-sud du continent sud-américain.
La situation devrait empirer dans les heures qui viennent puisque plusieurs syndicats envisagent de poursuivre les blocages et leurs actions contre le gouvernement du président Piñera. Selon le quotidien chilien El Mercurio, ce sont plus de 120 000 personnes qui menacent de se mettre en grève et d’aggraver le blocus économique en empêchant les touristes de circuler ou même de retourner dans leurs pays. Ainsi, plusieurs centaines de citoyens argentins sont bloqués au Chili et ne peuvent pas traverser la frontière pour retourner au pays.
Le gouverneur de Terre de Feu a ainsi précisé dans un communiqué de presse : « nous avons des centaines de citoyens se trouvant bloqués sans ressources à cause des barrages à Punta Arenas. Nous avons réussi à en secourir certains par l’intermédiaire de bus et d’avions fournis par la force aérienne Argentine. »

Loi de sécurité appliquée dans le sud du Chili en proie à des troubles

Le gouvernement entend "envoyer un signal" aux manifestants qui depuis cinq jours bloquent les axes routiers dans la région de Magallanes, l'entrée de l'aéroport de Punta Arenas, capitale régionale de 140.000 habitants, et l'accès à son port, a expliqué à Santiago le ministre de l'Intérieur et N.2 du gouvernement, Rodrigo Hinzpeter.
Certains actes ont "dépassé le cadre de la protestation citoyenne légitime", a justifié M. Hinzpeter, s'en prenant notamment à des élus locaux "irresponsables" qui, selon lui, encouragent les manifestants.
Ceux-ci protestent contre la décision de l'Etat d'augmenter de 17% le prix du gaz, un thème ultra-sensible dans cette région subpolaire, pour le rapprocher des tarifs en vigueur dans le reste du Chili. Des tentatives de compromis, portant sur une hausse graduée, ont jusqu'à présent échoué.
Le ministre a également annoncé que des poursuites judiciaires allaient être engagées.
Les incidents autour des manifestations ont fait deux mort mercredi, deux femmes renversées par une voiture qui tentait de forcer une barricade. Au moins 34 personnes ont par ailleurs été arrêtées après des heurts avec la police.
Quelque 2.000 touristes argentins étaient toujours bloqués dimanche à Punta Arenas, située à 3.000 km au sud de Santiago et près du parc naturel de Torres de Paines.
La crise du gaz dans le sud a couté son poste au ministre de l'Energie Ricardo Raineri, l'un de quatre ministres remplacés lors d'un remaniement vendredi.
Le gaz est un produit vital --et de ce fait largement subventionné par l'Etat-- pour le chauffage et les transports dans cette région froide balayée par les vents, qui borde le détroit de Magellan, point de passage entre l'Atlantique et le Pacifique.

lundi 17 janvier 2011

La Cour Suprême du Chili rejette l’extradition de Manuel Olate

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 La Cour Suprême du Chili rejette l’extradition de Manuel Olate. PHOTO journal la tercera
Sur les faits imputés à M. Olate, le juge Sergio Muñoz a dit qu’il est possible d’accréditer qu'il est un militant du Parti communiste, qui a été lié aux Farc dans ses aspects politiques, mais «qu'il n'existent pas des éléments permettant de le lier aux aspects opérationnels ou pratiques des formes de lutte armée adoptée par les Farc».
Le graphiste chilien a été remis en liberté et à sa sortie du Tribunal il a réitéré son innocence et a remercié les nombreux amis, parents et camarades qui sont venus le soutenir.
Le cas de Manuel Olate avait soulevé un vaste élan de solidarité dans la Gauche non parlementaire et ses réseaux internationaux, surtout après que Le Monde diplomatique avait dénoncé que son inculpation et sa demande d’extradition répondaient à une opération d'intelligence déclenchée par des militaires en Colombie, visant à internationaliser le conflit colombien dans la région sud-américaine.

Deux andinistes français trouvent la mort sur l'Osorno

Au moment du drame, les deux victimes se trouvaient en compagnie de deux autres Français.
Selon Carlos Sepulveda, un des responsables des équipes de secours, ce groupe de Français "a décidé de faire l’ascension dans la matinée malgré des mises en garde en raison du mauvais état du terrain".
Source

samedi 15 janvier 2011

Chili: Piñera remanie son gouvernement

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cérémonie d'assermentation des nouveaux ministres. PHOTO Alex Ibañez
Piñera, devenu en 2010 le premier président de droite au Chili depuis le retour de la démocratie il y a 20 ans, a remplacé les ministres des Transports, du Travail et de l'Energie. Le ministre de la Défense avait démissionné jeudi, après une polémique sur la transparence des équipements militaires.
La presse avait pressenti l'imminence d'un remaniement, après la chute de popularité de Piñera, qui a fini 2010 à 47% d'opinions favorables, contre 63% trois mois plus tôt, au moment du sauvetage très médiatique de 33 mineurs. Le gestion de l'énergie a été mise en cause début 2011 après une hausse locale des prix du gaz, traditionnellement subventionné dans cette région sub-polaire, provoquant des manifestations suivies de heurts qui se sont soldés par la mort de deux personnes. L'organisation des transports est également un sujet sensible, en raison du mécontentement qu'elle suscite à Santiago, la capitale.
La démission avant-hier du ministre de la Défense, Jaime Ravinet, a marqué le départ d'une des rares figures d'ouverture du gouvernement, débauché du Parti democrate-chrétien (centre). Le remaniement annnoncé par la porte-parole du gouvernement, Eva von Baer, "renforce le lobe cérébral politique" du gouvernement, a estimé le principal parti de la coalition, la Rénovation nationale (RN), dont est issu Piñera.
Les entrants sont des cadres de parti: à la Défense Andres Allamand de RN, et au Travail Evelyn Mathei, de la très conservatrice UDI. Le titulaire des Transports reste à désigner et l'Energie est associée au portefeuille des Mines de Laurence Golborne, loué pour le sauvetage des 33 mineurs.

vendredi 14 janvier 2011

Le ministre démissionne sur fond de scandale

Le départ de Ravinet pourrait être l’occasion d’un vaste remaniement ministériel selon les médias chiliens. Ravinet a été contraint à la démission après des propos embarrassants. Il avait affirmé dernièrement que les forces armées chiliennes seraient hésitantes à apporter leurs aides en cas de nouvelles catastrophes naturelles telles que le tremblement de terre de l’an dernier. L’ancien ministre ajoutait notamment qu’il lui serait délicat de devoir dévoiler les détails des coûts militaires en cas d’opération de sauvetage.
Bien entendu, le ministre a nié devoir démissionner à cause de ses propos controversés, affirmant qu’il quittait son poste « pour des raisons personnelles, afin de consacrer plus de temps à sa famille. »

Les propos de Ravinet font suite à la demande d’une commission de transparence de justifier l’an dernier la construction d’un pont militaire afin d’aider les victimes du tremblement de terre de Février 2010. Ce pont devait aussi servir à empêcher l’arrivée d’un tsunami.

Chili: démission du ministre de la Défense

Des médias locaux ont souligné qu'il avait été en désaccord avec une commission chargée d'enquêter sur un achat militaire.
Il avait été sommé de s'expliquer sur l'achat d'un pont militaire après le séisme dévastateur de février 2010. M. Ravinet avait alors refusé de collaborer, arguant que de telles demandes pourraient empêcher l'armée de monter des missions de secours lors de prochaines catastrophes.

jeudi 13 janvier 2011

Cas de Manuel Olate, internationalisation du conflit colombien

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Photo distribuée à la presse par le Ministère de l’intérieur colombien.  Celle-ci dans le Journal chilien La Tercera du 31/10/2010. Avec le titre « Santos (Président colombien) affirme que le chilien détenu était le lien avec les Farc et il demandera son extradition »
Olate Céspedes est membre du Mouvement continental Bolivarien et représentant du Mouvement de solidarité pour la paix en Colombie. En cette qualité, il a rencontré au cours d’une visite en Equateur en 2008 des représentants de la guérilla colombienne.  Cette rencontre sert de principal argument au gouvernement colombien pour accuser le militant chilien.
Olate est accusé d’avoir des liens illicites avec les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Le chilien n'a jamais nié avoir eu un contact avec Luis Devia Silva, qui fut  connu comme Raúl Reyes - numéro 2 de la guérilla colombienne, jusqu'à ce qu'il sois abattu dans l’attaque illégale dont il fut l’objet dans le territoire équatorien le 1er mars 2008.
D’après les révélations de la presse, d’autres délits lui seraient imputés, à savoir « blanchiment d'argent », et « infraction à la loi de contrôle d'armes ». D'un autre côté, on parle d'un lien entre Olate Céspedes et la Coordinadora Arauco-Malleco, CAM (Coordination Arauco-Malleco) communauté Mapuche chilienne et  la guérilla des FARC.
Le milliardaire Sebastián Piñera, Président du Chili a déclaré dans une récente visite en Colombie : « Si Manuel Olate est coupable, le Chili fera tout son possible pour qu’il ne reste pas impuni ».
Le cas de Manuel Olate est, comme le dénonce l’édition chilienne du Monde diplomatique dans son éditoriale de décembre 2010, « une opération planifiée par des officiers militaires et d'Intelligence de la Colombie qui porte sur plusieurs pays et qui cherche, entre autres objectifs, à installer le conflit colombien dans toute la région. »
Si l'extradition est prononcée, l'internationalisation du conflit intérieur colombien, vieux de plus de 40 ans, sera alors une réalité. 
M.C.

La Lettre volée

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Version sonore (42’)

mercredi 12 janvier 2011

Deux morts lors d'une manifestation contre une hausse du gaz au Chili

Il s'agit de la troisième manifestation en une semaine dans cette ville de 140.000 habitants située à 3.000 km au sud de Santiago, pour protester contre la hausse de 17% du prix local du gaz décidée par le gouvernement, pour le rapprocher de celui en vigueur dans le reste du pays.
Les deux femmes et la jeune fille se trouvaient sur une barricade quand elles ont été renversées par un véhicule et projetées sur un feu allumé par les manifestants, a déclaré le directeur des services de Santé la région de Magallanes, Jorge Fries.
L'une des victimes a succombé à ses brûlures, l'autre a péri des suites des fractures multiples provoquées par l'accident, a-t-il précisé.
Les manifestants avaient commencé à défiler dans le calme, en tapant sur des casseroles et en scandant des slogans, mais des incidents ont ensuite éclaté avec les forces de l'ordre, a indiqué le préfet de la région de Magallanes, Mme Liliana Kusanovic.
"Il y a eu 26 arrestations, trois rues coupées, quelques gendarmes blessés et malheureusement deux morts", a-t-elle précisé, en assurant que le gouvernement était ouvert au dialogue et en lançant un appel au calme.
Les manifestants ont également bloqué aux véhicules l'entrée de l'aéroport de Punta Arenas, provoquant des retards et même des annulations de vols. Les bateaux de touristes à destination de l'Antarctique ne pouvaient pas davantage accéder au port de la ville.
Le gaz est un produit vital pour le chauffage et les transports dans cette région balayée par les vents qui borde le détroit de Magellan, point de passage entre l'Atlantique et le Pacifique.
Selon les organisateurs de ces manifestations, cette hausse du prix du gaz entraînera une augmentation de 25% du coût de la vie dans cette partie du Chili.
Le ministre de l'Energie, Ricardo Raineri, a justifié la mesure par la nécessité pour l'entreprise publique ENAP d'avoir des tarifs qui reflètent ses coûts et attirent les investisseurs dans cette région éloignée au climat subpolaire océanique.
Cette partie du Chili recèle les plus grandes réserves de gaz naturel du pays sud-américain.
(©AFP / 12 janvier 2011)

Codelco va vendre en janvier les actions qu'il détient dans E-CL

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schéma des quatre réseaux électriques interconnectés du Chili.  source E-CL
"Le processus de vente des actions que Codelco détient dans l'entreprise d'électricité E-CL a officiellement commencé, un processus qui pourrait concerner jusqu'à 40% des actions que la société possède dans E-CL", selon un communiqué de la société de courtage Larrain Vial
Le montant de ces 40% est évalué à environ 1 milliard de dollars.
E-CL est le plus grand fournisseur d'énergie du réseau électrique du Nord du Chili (Sistema Interconectado del Norte Grande -SING) qui s'adresse principalement aux grandes sociétés minières établies dans cette zone.
Après la vente qui va commencer en janvier, E-CL pourrait porter sa participation dans son capital de 7% à 47%. Le reste du capital, soit 53%, est entre les mains du groupe GDF-Suez.
Codelco, qui avec une production de 1,7 million de tonnes de cuivre par an est le plus grand producteur du monde, a justifié de cette vente pour financer des projets de développement futurs.
Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre avec 33% de l'offre mondiale. Codelco, à lui seul, fournit 11% de la production planétaire de métal rouge.

mardi 11 janvier 2011

Chili: des milliers de manifestants contre la hausse du gaz à Punta Arenas

Les manifestants se sont rassemblés près du détroit de Magellan - passage entre l'Atlantique et le Pacifique - et brandi des banderoles pour protester contre la hausse du gaz, produit vital pour le chauffage et les transports dans cette région, balayée par les vents et qui connaît un climat subpolaire océanique.
"Apparemment cette hausse du gaz n'est pas très importante, mais pour nous les habitants de cette région elle l'est". Ne pas avoir de gaz, c'est comme si on n'avait pas d'oxygène", a déclaré à la presse Eugenio Bahamondes, responsable de l'assemblée populaire locale et organisateur de la manifestation.
Selon M. Bahamondes, cette hausse du gaz entraînera une augmentation de 25% le coût de la vie dans cette partie du Chili. Une colonne de dizaines de véhicules accompagnait la manifestation à laquelle participaient quatre parlementaires représentant la région.

dimanche 9 janvier 2011

RECONNAISSANCE DE LA PALESTINE PAR LE CHILI: ISRAËL EXPRIME DES «REGRETS NUANCÉS»

«C'est un geste inutile et vide de sens car cela ne changera strictement rien à la situation réelle tout en ne faisant pas avancer d'un pouce la cause de la paix», a affirmé à l'AFP un haut responsable qui a requis l'anonymat.

«L'annonce chilienne comme celles qui les ont précédées en Amérique latine ne va pas encourager les Palestiniens à négocier», a-t-il ajouté en exprimant toutefois des «regrets nuancés».

«Il faut remarquer que le communiqué chilien ne parle pas d'un retour aux lignes de 1967 (qui impliquerait un retrait total des territoires palestiniens, NDLR) et appelle à une reprise des négociations comme seul moyen de parvenir à une solution», a souligné ce responsable.

Selon lui, «Santiago a ainsi fait preuve de réalisme et du sens des responsabilités en exprimant des positions très proches des nôtres».

Le chef de la diplomatie chilienne Alfredo Moreno a annoncé vendredi que le «gouvernement du Chili a résolu aujourd'hui d'accorder sa reconnaissance à l'existence d'un État de Palestine comme État libre, indépendant et souverain».

La déclaration ne fait pas mention d'un tracé des frontières de cet État palestinien.

Début décembre, le Brésil, l'Argentine, la Bolivie puis l'Équateur ont reconnu la Palestine comme «un État libre et indépendant à l'intérieur des frontières de 1967», c'est-à-dire les lignes d'avant la guerre israélo-arabe des Six Jours et l'occupation de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et le Costa Rica reconnaissaient déjà l'État palestinien.

Cette vague de reconnaissances latino-américaines a suscité les critiques d'Israël et suscité la désapprobation des États-Unis, pour qui «toute action unilatérale est contre-productive».
Lire aussi 

samedi 8 janvier 2011

Dakar, 2 morts en marge de la course

Le premier, décédé à Copiapo, est tombé sur une ligne à haute tension en installent une banderole, alors que le second, mort à proximité du bivouac d'Arica, a reçu une décharge mortelle pendant les opérations de montage d'une structure métallique destinée à accueillir le président chilien Sebastián Piñera.

Nestlé retire de la vente un produit pour bébés au Chili

Produit Nestlé pour bébés au Chili. PHOTO el ciudadano
Le problème a été constaté par l'institut chilien de santé publique, qui a relevé de petites quantités d'un fongicide cancérigène. La "Liga Ciudadana de Consumidores" a exigé du groupe alimentaire vaudois qu'il retire tous ses produits pour bébés jusqu'à ce que la cause de la toxicité soit déterminée.
L'organisation de protection des consommateurs craint en effet que d'autres produits ne soient affectés. De son côté, Nestlé a indiqué que le retrait du produit en question constituait une mesure volontaire de la part du géant de l'alimentation.
Selon lui, les produits concernés sont en pleine conformité avec les normes en vigueur au Chili, lesquelles se fondent sur celles émises par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Concernant le produit retiré du marché, Nestlé dit l'avoir décidé pour soutenir les efforts du gouvernement en vue de résoudre le problème.
L'institut chilien de santé publique en a confirmé le caractère non dangereux, a ajouté le porte-parole de Nestlé. Les valeurs relevées sont ligne avec les standards internationaux, a-t-il conclu.

vendredi 7 janvier 2011

LE CHILI RECONNAÎT L'ÉTAT PALESTINIEN



"Le gouvernement du Chili a résolu aujourd'hui d'accorder sa reconnaissance à l'existence d'un Etat de Palestine comme Etat libre, indépendant et souverain", a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans une déclaration lue au ministère. La déclaration ne fait pas mention d'un tracé des frontières de cet Etat palestinien.

Le chef de la diplomatie chilienne a annoncé en revanche que le président chilien Sebastian Piñera doit effectuer les 4 et 5 mars prochain une visite en Israël et dans les territoires palestiniens. Début décembre, le Brésil, l'Argentine, la Bolivie puis l'Equateur ont reconnu la Palestine comme "un Etat libre et indépendant à l'intérieur des frontières de 1967", c'est-à-dire les lignes d'avant la guerre israélo-arabe des Six Jours et l'occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

L'Uruguay a annoncé qu'il ferait de même en 2011, sans préciser dans quelles frontières. Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et le Costa Rica reconnaissaient déjà l'Etat palestinien.

Cette vague de reconnaissances latino-américaines a alarmé Israël et suscité la désapprobation de Washington, pour qui "toute action unilatérale est contre-productive", selon le département d'Etat.

jeudi 6 janvier 2011

Chili : ces médias communautaires utiles et mal aimés

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Luis Urzua, le dernier mineur hissé à la surface accueilli le 14 octobre 2010, par le Le milliardaire conservateur chilien Sebastián Piñera à Copiapo.  Le président chilien a annoncé qu'un milliard de téléspectateurs avaient suivi les opérations à travers le monde. photO AFP
Un nouveau Chili est né !”, a-t-il juré le 13 octobre dernier, en accueillant un par un les 33 miraculés de la mine de San José. Un Chili censément loin de ce 11 septembre 1973 qui plombe encore les consciences. Loin aussi de ce 27 février 2010 où le nouveau locataire de La Moneda a vu son investiture contrariée par un tremblement de terre. Un mois et demi après la tragédie haïtienne.

Le sauvetage des mineurs a relégué au second plan voire au troisième plan le séisme du 27 février. Nombreux sont les médias communautaires à avoir subi de lourds dégâts, en particulier dans la région de Concepción, l’épicentre du tremblement de terre”, explique Luis “Polo” Lillo, représentant de la chaîne communautaire Canal 3 dans le quartier populaire de La Victoria, périphérique de Santiago. “Le séisme a reposé à sa manière la question de la place de ces médias dans l’espace audiovisuel chilien. Malheureusement, le processus de déconcentration s’est accéléré à notre désavantage et l’épisode de la mine a fait oublier tout le reste !

Le reste”, c’est d’abord la mobilisation d’une catégorie de médias importante dans cette partie du monde, mais bien en peine de donner de la voix entre une presse privée largement dominante et un service public lui-même émergent. La légalisation de ces médias indépendants de proximité – à majorité des radios parfois comparables aux “radios libres” d’avant-1981 en France – suit son cours en Argentine, en Uruguay, en Bolivie, en Équateur et peut-être demain au Brésil où plus de 1 000 doivent fermer de force chaque mois quand le même nombre repousse clandestinement. Au Chili, leur sort reste en suspens. Au pire moment.

Le séisme du 27 février a démontré encore une fois notre utilité. Sans nos petites radios ou chaînes qui leur appartiennent, les populations les plus exposées n’auraient pas cette possibilité de relayer leurs attentes, d’organiser la solidarité dans l’urgence. A Concepción, une radio communautaire a mené un travail formidable au milieu des dégâts, quitte à pointer aussi les carences des secours ou des moyens engagés par les autorités. Or cette même radio a été fermée avec d’autres quelque temps après le séisme. Pourquoi ? Parce qu’elle n’avait toujours pas reçu son autorisation d’émettre”, raconte Cristián Valdivia, un autre animateur de Canal 3 La Victoria.

Un mois après le séisme, la loi sur les services de radiodiffusion communautaire, si longtemps en souffrance, est enfin adoptée. Elle autorise les médias concernés à amplifier leur diffusion de 1 à 25 watts (40 watts pour les médias indigènes, selon les standards de la jurisprudence interaméricaine sur la promotion des cultures minoritaires). Journalistes et associations de médias alternatifs ne s’en sentent pas quitte pour autant. Les communautés mentionnées dans la législation se réfèrent uniquement à des périmètres – limités – et excluent les “communautés d’intérêt” (ethniques, éducatives, associatives) qui dépassent naturellement ce cadre. Plus grave, selon les intéressés, l’adoption de la législation aurait dû donner lieu à une vraie refonte du paysage audiovisuel et à un partage équitable des fréquences. “Au lieu de quoi, constate Luis Lillo, les médias communautaires déjà légalisés ont obtenu une place au détriment des autres et un décret-loi, promulgué par Sebastián Piñera au mois d’octobre, a autorisé une nouvelle déconcentration des fréquences mais selon la loi du marché, donc destinée aux médias qui en ont les moyens. La concentration reste en l’état.

Concentration. L’enjeu communautaire bouscule un statu quo acquis sous les dictatures et guère remis en cause depuis. Au Chili – mais la situation vaut encore sur l’ensemble du continent -, deux groupes de presse majeurs se partagent publications, fréquences et manne financière afférente : El Mercurio (qui donne son nom au principal quotidien du pays et détient à lui seul une trentaine de radios) et Copesa (en pointe dans la presse magazine). Les deux entités – seules tolérées sous le régime Pinochet, bénéficiaient annuellement de 5 millions de dollars de subsides de l’État, ajoutés aux bénéfices du marché. “Le retour à la démocratie n’a malheureusement rien modifié. Les publications nouvellement autorisées ont dû affronter les règles de la concurrence mais les subsides publics sont restés aux deux groupes”, rappelait récemment Francisco Martorell, ancien vice-président du Collège des journalistes du Chili.

Luis Polo Lillo, animateur de Canal 3. Photo Radio Tierra
Engagés et militants, établis dans un bastion historique de la résistance à la dictature où le prêtre français André Jarlan fut assassiné par l’armée en septembre 1984, les animateurs de Canal 3 La Victoria attendent peu du gouvernement actuel tout en cherchant du soutien. Ils viennent d’effectuer dans ce but une tournée en Europe. “Nous devons nous organiser en réseaux de télévisions communautaires. Auprès des pays voisins et au-delà”, explique Cristián Valdivia, qui ne cache pas sa crainte de voir des télévisions locales privées imposer une logique de concurrence aux quelque vingt-cinq chaînes communautaires chiliennes qui n’en veulent pas. Mais Canal 3 La Victoria a trouvé une parade avec le développement d’un projet pédagogique : une école de communication, instituée le 8 mars dernier. Divisée en quinze ateliers (tournage, techniques du journalisme, graphisme…), elle compte six professeurs pour dix-huit élèves actuellement. “Nos cursus durent quatre mois, à raison d’une session par semaine. L’école est mobile, elle va chercher des élèves qui n’auraient pas accès normalement à des études de communication.” Là encore, là surtout, l’aide extérieure va devenir urgente pour tenir le projet.

mercredi 5 janvier 2011

Chili: le peso plonge

La monnaie chilienne, qui avait connu en 2010 une appréciation record par rapport au billet vert, a clôturé mardi à 488,10 pesos pour un dollar contre 466 pesos la veille, ce qui représentait son niveau le plus élevé depuis deux ans et demi face à la devise américaine.
Cette appréciation du peso, comme d'autres devises d'économies émergentes de la région, a amené lundi la Banque centrale (BCC) à annoncer une intervention agressive d'achat de 12 milliards de dollars en 2011 pour doucher le peso. C'est la première intervention de ce type depuis près de trois ans.
L'intervention de la BCC doit se faire en plusieurs étapes. La première, du 5 janvier au 9 février, consistera en l'achat quotidien de 50 millions de dollars via des enchères concurrentielles, avait indiqué la BCC lundi.
Le ministre des Finances, Felipe Larrain, a salué l'intervention de la Banque, marque d'un "soutien aux producteurs et exportateurs nationaux".
Mais il a prévenu mardi que l'intervention "n'est pas une garantie que le change va se maintenir à un taux donné pour une durée indéfinie".
Des analystes ont souligné la persistance d'un facteur de fond qui a contribué à un peso fort, à savoir les cours record du cuivre, dont le Chili est le premier producteur mondial.
M. Larrain a par ailleurs estimé que l'effet inflationniste d'un peso dégonflé sur les prix des biens importés serait "bien contenu".

Chili: des mineurs en veulent à Piñera

Quatre des mineurs -Omar Reygadas, Edison Peña, Dario Segovia et Carlos Bugueno- ont été rayés fin décembre des registres de l'organisme de médecine du travail ACHS leur assurant une indemnité égale à leur salaire, car ils avaient manqué des contrôles médicaux en raison de fréquents voyages.
Selon leur avocat Edgardo Reinoso, le président Piñera "s'était engagé avec eux à une prise en charge médicale d'au moins six mois pour le groupe, et ils ont le sentiment d'une promesse non tenue".
Derrière la décision de l'ACHS, estime l'avocat, il y a le fait que les autorités sanitaires ne veulent plus dépenser pour l'état des mineurs. "On leur a expliqué que des psychiatres, des psychologues, sont venus pendant un temps apparemment de Santiago à Copiapo (700 km au nord) mais qu'il n'est plus possible de continuer à les acheminer", a poursuivi l'avocat sur Radio Cooperativa. "A ce jour, seul un médecin généraliste les suit".
Les mineurs, selon Reinoso, ont décidé de se retourner contre l'ACHS, en l'incluant parmi les co-responsables de l'accident d'août auxquels ils demandent une indemnisation, pour manquement à la sécurité du travail à la mine.
Depuis leur sauvetage qui a fasciné le monde, les "33" sont devenus des stars hyper-sollicitées et invitées à l'étranger. Plusieurs disent avoir encore des problèmes de sommeil, des cauchemars ou des accès d'angoisse, même si selon le chef de l'équipe psychologue de suivi, la moitié sont prêts à reprendre un travail normal.

lundi 3 janvier 2011

2011 : le Pc chilien œuvre pour l’unité de l’opposition face à Piñera

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la traditionnelle soupe au congre
Parmi leurs objectifs essentiels pour 2011, le dirigeant et les parlementaires de gauche ont signalé la construction d’une proposition démocratique pouvant constituer une alternative cohérente, et qui assure l’unité entre les forces d’opposition au milliardaire conservateur Sebastian Piñera.
Lors de la traditionnelle soupe au congre que les communistes chiliens offrent à la presse le jour de l’an, le dirigeant a communiqué que des gestes très importants de la Démocratie chrétienne ouvrent des possibilités d’unité pour l’opposition.
En effet, la direction du Pc Chilien est invitée à participer de la réunion nationale organisée en janvier par la Démocratie chrétienne, autour du thème des alliances politiques.

Guy Desmurs 

Séisme de 7,1 dans le centre du Chili, pas d'alerte au tsunami

Dans un premier temps, l'Institut américain de géophysique (USGS), avait avancé une magnitude de 7,2 et situé l'épicentre au large des côtes.
"Au vu des données connues portant sur les séismes et les tsunamis, il n'existe aucune menace de tsunami de grande envergure", a expliqué le Pacific Tsunami Warning Center dans un communiqué.
"Cependant, des séismes de cette magnitude provoquent parfois des tsunamis locaux qui peuvent être destructeurs le long des côtes situées à moins de 100 km de l'épicentre", ajoutent les experts américains.
L'épicentre du séisme, qui s'est produit à 17H20 locales (20H20 GMT), se situe à proximité des côtes, dans la région d'Araucania, à 589 km au Sud de Santiago, à l'intérieur des terres. Il se trouve à 16 km de profondeur, selon l'USGS.
En février, le centre du Chili avait été le théâtre d'un très violent séisme de magnitude 8,8 suivi d'un tsunami qui avait fait plus de 500 morts et détruit des villages entiers. Les dégâts avaient été évalués à 30 milliards de dollars (22,5 milliards d'euros).

dimanche 2 janvier 2011

TRISTES CHILIS.

Santiago, 35 degrés, tout est propre. La dictature a servi les siens : 10 % de la population possède 40 % des richesses. Un taux de croissance de 6 %, des privatisations à tous crins, l’ultralibéral Mercurio du 22 décembre annonce le processus final de privatisation des compagnies de l’eau, une opération financière de grande envergure. Le même journal pinochétiste du même jour se félicite que la Bourse chilienne soit, depuis dix ans, la troisième plus grande place du monde. Pour le syndicaliste Carlos Poblete : « Ici, il ne reste que la Cordillère à privatiser, tout le reste l’a été. » Le président Piñera est un mélange de Sarkozy et de Berlusconi, si cultivé qu’il a pris Robinson Crusoé pour une personne réelle. Bling-bling, corruption, réseaux maffieux et argent qui coule à flots, le président possédait jusqu’à présent le plus important club de football, le Colo Colo, la compagnie d’aviation LAN, la chaîne de télévision Chilevision, etc. La vente de ses actions dans le club Colo Colo lui a rapporté 7,4 millions de dollars, soit moins de 1 % de son patrimoine.
Le revers de la médaille, nous l’avons vécu à Rancagua, dans la poblacion (quartier pauvre) Villa Las Rosas et le campamento (bidonville) Norte Esperanza. Dans ces lieux, pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de sanitaires, mais de la dignité à revendre. La présidente du comité de quartier, Blanca, nous accompagne : elle gagne l’équivalent de 100 euros par mois et fait vivre quinze personnes sous un toit de tôle et de carton, dans une poussière et une indigence désespérantes. Les gamins se baignent dans le caniveau. Lorsqu’ils sont malades, pas d’assistance médicale, « ils doivent prier Dieu ». Blanca sait qu’il s’agit d’un problème de répartition des richesses. Au loin, à 2 500 mètres d’altitude, on voit la plus grande mine de cuivre au monde, El Teniente. Sur le marché, les prix du cuivre flambent (5 dollars la livre) et enrichissent les multinationales : 30 milliards de dollars de bénéfice annuel, sans aucun impôt reversé au pays (l’État ne possède que 28 % des actions). Eduardo a été arenero toute sa vie, tirant manuellement le sable de la rivière, pour quelques pesos. Droit dans sa dignité, il est bouleversant lorsqu’il parle de « notre Neruda, celui qui nous a compris, qui a chanté nos luttes, nos souffrances, qui nous a donné voix au Parlement, qui a mis la poésie au service des pauvres ». Les larmes aux yeux, on écoute cette belle leçon.
Carlos Poblete, les femmes du bidonville nous parlent d’« apartheid social », de « plusieurs Chilis ». Dans ces baraques, se mêlent drogue, délinquance, violence et résistance. Les victimes pauvres du tremblement de terre attendent encore d’être relogées. Hormis un téléthon, le gouvernement n’a rien fait pour elles et préfère les reléguer à l’invisibilité, loin des centres-villes, dans des conditions de vie quasi animales.
Dans les rues de Santiago, nous avons questionné : quasiment personne ne savait que treize tortionnaires chiliens venaient d’être condamnés par la cour d’assises de Paris à de lourdes peines. Le silence médiatique au Chili a été quasi total. Ignorance ou volonté de ne pas avoir ? Au nom de la « stabilité » du pays, dans une société encore fortement marquée par le pinochétisme, et qui oblige à vivre dans une démocratie sans justice ni vérité, le décret-loi d’amnistie de 1978, déclaré « inapplicable », protège toujours l’impunité de la dictature. La Constitution pinochétiste de 1980 verrouille le système politique au service d’un modèle économique des plus ultralibéraux. L’avocat des droits de l’homme Eduardo Contreras, comme Garzon, a poursuivi Pinochet ; il a été la cible d’un attentat. « Nous vivons toujours sous le régime de l’impunité, malgré quelques avancées. » La Fédération internationale des droits de l’homme a condamné la légèreté des peines accordées aux ex-tortionnaires et la règle de semi-prescription qui permet de réduire les peines. 76 militaires sont dans des prisons trois étoiles, comme celle de Punta Peuco pour le patron de la police politique, la Dina, qui agissait dans 25 pays, dont la France.
En 2010, les Associations de familles des victimes (Afep), des avocats des droits de l’homme ont déposé 1 176 plaintes, 700 procès sont en marche. S’ils sont si nombreux, selon Eduardo Contreras, « c’est précisément que personne jusqu’à présent n’a eu le courage d’affronter la responsabilité de la dictature dans les crimes contre l’humanité. Pinochet n’a pas été vaincu, et la transition a été négociée : les réunions avaient lieu à l’ambassade nord-américaine. Au Chili, on ne recherche pas les près de 3 200 disparus ». Pour le journaliste Victor de la Fuente, le sang versé ne l’a pas été en vain, mais après une telle terreur, il faut plusieurs générations pour relever la tête.
Jean Ortiz

Lula passe la main à Dilma Rousseff, première femme présidente du Brésil

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Lula, souriant et chaleureux, a passé à sa dauphine, revêtue d'un sobre tailleur blanc, l'écharpe présidentielle verte et jaune aux couleurs du Brésil. PHOTO AFP
Elle succède au charismatique Luiz Inacio Lula da Silva, son parrain politique, qui quitte le pouvoir après huit ans avec une popularité record de 87%.
Symbole de cette transmission de pouvoir, Lula, souriant et chaleureux, a passé à sa dauphine, revêtue d'un sobre tailleur blanc, l'écharpe présidentielle verte et jaune aux couleurs du Brésil. Plusieurs milliers de personnes massées devant le palais présidentiel du Planalto, à Brasilia, ont ovationné la nouvelle présidente.


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LA présidente  Dilma Rousseff et le vice-président Michel Temer au congrès. PHOTO REUTERS

Lula, 65 ans, a quitté le palais sous les vivats et devait regagner son domicile dans la banlieue de Sao Paulo. Malgré son départ, "Lula sera avec nous", a lancé à la foule Dilma Rousseff, laissant planer l'ombre de l'ancien ouvrier sur son mandat de quatre ans.
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Dilma Rousseff et sa fille.  PHOTo EFE
Un peu plus tôt, elle avait prêté serment sur la Constitution brésilienne devant les députés et sénateurs et un parterre de dirigeants étrangers réunis au Congrès, devenant officiellement le 40ème président du géant sud-américain.

Dans son premier discours devant le Congrès, elle s'est inscrite dans la continuité de Lula en faisant de la lutte contre la pauvreté sa première priorité.

"La lutte la plus obstinée de mon gouvernement sera pour éradiquer la pauvreté extrême" qui touche encore près de 20 millions de personnes dans ce pays de 191 millions d'habitants.

La nouvelle présidente a aussi mentionné l'éducation, la santé et la sécurité, comme autres priorités, promettant "un combat sans trêve contre le crime organisé" alors que le Brésil doit accueillir en 2014 le Mondial de football et deux ans plus tard les jeux Olympiques.
Elle a entamé son discours en rendant hommage à Lula et en se disant honorée d'être la première femme à diriger le Brésil.
"Je vais consolider l'oeuvre transformatrice du président Lula", a-t-elle affirmé.
Seule note d'émotion, elle a retenu ses larmes en évoquant son passé de combattante contre la dictature militaire (1964-85). A l'âge de 19 ans, elle a passé trois ans en prison où elle a été torturée.
"J'ai consacré ma jeunesse (à lutter) pour un pays plus juste, j'ai supporté des situations extrêmes. Mais je n'en ai ni remords ni rancune", a dit celle que les militaires appelaient "la Jeanne d'Arc de la subversion".
Souvent présentée comme une "dame de fer", elle a souligné que ces épreuves "lui avaient donné le courage d'affronter des défis toujours plus grands. C'est avec ce courage que je vais gouverner", a-t-elle assuré.
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la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, Sebastián Piñera et le très anti-américain président vénézuélien Hugo Chavez. PHOTO EFE
Une trentaine de personnalités étrangères, dont une dizaine de présidents latino-américains, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, le numéro deux du gouvernement français, le ministre de la Défense Alain Juppé, le Premier ministre du Portugal José Socrates et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont assisté à la prise de fonction de la nouvelle présidente.

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Dilma Rousseff et Hugo Chavez. Photo afp
En fin de journée, les dirigeants étrangers ont défilé pour la féliciter: le hasard a fait que le très anti-américain président vénézuélien Hugo Chavez a dû patiemment attendre son tour, juste derrière Hillary Clinton qui s'est attardée avec la nouvelle présidente, échangeant avec elle de longues poignées de main et posant pour les photographes.