lundi 30 mai 2011

Chile entre el dolor y la esperanza

Serie documentos
(El sonido de la historia)
El contenido de estos archivos no tiene fines de lucro su material sonoro pertenece al acervo cultural del país de Chile.

Los testimonios que componen este documento han sido seleccionados y ordenados por: Mónica González y Patricia Verdugo, en una producción realizada por: Ricardo García.
Recopilaciones: Ana Peña Muñoz, Marcelo Castillo.
Su trabajo se basa en diversos archivos sonoros y audiovisuales que se citan más adelante.
Los archivos contienen parte de la historia política y cultural de Chile.
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Allende en la ONU (4 de diciembre 1972 )
Allende asume la presidencia de la República de Chile
Salida del General Carlos Prats del Ministerio del Interior
Declaración de Francisco Bulnes
Declaración subversiva de Roberto Timer denunciada por el Gobierno
Alzamiento del Regimiento Blindados No. 2 de Santiago al mando del Coronel Roberto Souper
El Presidente Allende deroga el estado de emergencia
Patricio Aylwin
Asesinato del Comandante Arturo Araya
Luis Figueroa (CUT)
Carta de renuncia de Carlos Prats
Pinochet asume Comandancia en Jefe
Cambio de Gabinete
Allende reafirma al pueblo su legitimidad
Salvador Allende ofrece plebiscito.






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El Presidente Allende deroga el estado de emergencia


Piñera veut un accord sur les barrages en Patagonie

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Le milliardaire conservateur chilien Sebastián Piñera lors de la cérémonie de célébration des 50 ans de  L’OCDE, mercredi 25 mai à Paris.  Photo presidencia de la republica de chile
« Nous chercherons un accord avec ceux qui s’opposent actuellement au projet, notre gouvernement est ouvert au dialogue. Le Chili est capable de faire face à un débat légitime et de trouver les consensus nécessaires, même si certains s’opposent à tout », affirme le président chilien.

Le projet HidroAysen a passé juste la première étape des approbations à l’échelle régionale, précise M. Piñera. Le conseil des ministres aura à se prononcer. A son avis, le véritable problème concerne la ligne de haute tension destinée à transmettre l’électricité vers le nord du Chili. L’étude d’impact environnemental pour une telle infrastructure sur 2000 kilomètres reste à faire.

Le président chilien a esquivé la question d’une éventuelle corruption lors des premières étapes d’approbation du projet HidroAysen, dénoncée sur ce blog par l’écrivain chilien Luis Sepulveda.

En revanche, M. Piñera a multiplié les assurances quant à la bonne conscience écologique de son gouvernement. Une centaine de projets témoigneraient de son intérêt pour les énergies renouvelables propres, notamment solaires et éoliennes. Alors qu’elles représentent à peine 3 % de la matrice énergétique du pays, l’idée est de les porter à 20 %.

Le Chili n’a aucune intention de construire une usine nucléaire, même si cela n’empêche pas la coopération avec la France pour la formation de personnels et la transmission de connaissances.

A en croire M. Piñera, le Chili applique des normes environnementales et de sécurité plus strictes que celles prônées par l’OCDE. Pour y veiller, il a annoncé la création d’une Agence d’évaluation environnementale, qui devrait être suivie d’un organisme de contrôle et de « tribunaux environnementaux ».

« La préservation de l’environnement doit être compatible avec le développement, qui exige de doubler la production d’énergie au cours de la prochaine décennie », souligne le président.

Or, le maintien de la croissance est indispensable pour « sortir de la pauvreté les 3 millions de Chiliens qui y vivent encore et surmonter le sous-développement », deux engagements de son gouvernement.

M. Piñera exhibe la même assurance sur le plan des droits de l’homme. Il a cité à ce propos la création d’un Sous-secrétariat aux droits de l’homme auprès du Ministère de la justice, la ratification du traité de Rome et du Tribunal pénal international, la modification de la justice militaire (qui n’a plus de compétence sur des civils) et la réforme de la loi antiterroriste, dont l’application contre les Mapuches a suscité des critiques.

« Nous voulons créer une culture de la dignité et des droits de l’homme », confie M. Piñera. Et d’ajouter :

« les violations des droits de l’homme commises par les régimes de gauche, comme les pays communistes d’Europe de l’Est ou encore aujourd’hui Cuba, sont plus nombreuses et plus graves que celles commises par les régimes de droite ».

Honduras: l'ancien dirigeant Zelaya autorisé à rentrer au pays

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Des partisans du président Zelaya attendent son retour de l'exil à Tegucigalpa. Photo  EDUARDO VERDUGO / ASSOCIATED PRESS
"Un pas d'une très grande importance a été effectué en vue de la consolidation de l'unité de tous les latino-américains", a déclaré Porfirio Lobo après la signature de l'accord, avant de s'adresser à Manuel Zelaya: "Vous pouvez rentrer chez vous tranquillement", lui a-t-il dit.
Par le biais de ce texte, signé à Cartagena (nord) Tegucigalpa s'engage à respecter "pleinement les droits" de Manuel Zelaya, sa "sécurité" et sa "liberté".
L'actuel gouvernement s'engage aussi à veiller "au respect et à la protection des droits de l'homme", et à l'inclusion dans les "processus politiques et électoraux" du parti de Zelaya, le Front national de résistance populaire (FNPR).
 
Accord "historique"

Manuel Zelaya a pour sa part salué un accord "historique" de "réconciliation nationale", en assurant qu'il s'agissait de "bonnes nouvelles pour les démocraties d'Amérique latine".
La réunion entre Porfirio Lobo et Manuel Zelaya avait été annoncée en début de matinée par la présidence colombienne et de Tegucigalpa, presque simultanément.
Elle fait suite à une médiation de plusieurs semaines menée par le président colombien Juan Manuel Santos, présent dimanche, et son homologue du Venezuela Hugo Chavez, représenté à Cartagena par son ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro.

vendredi 27 mai 2011

Chili : un Français accusé de meurtre arrêté

L'arrestation a eu lieu mardi à Rancagua, à 80 km au sud de Santiago, au cours d'une opération menée en coordination avec des policiers français qui avaient fait le déplacement au Chili pour l'interroger.
Gilberte, âgée de 79 ans, avait été retrouvée morte dans son lit le 3 octobre 2009 dans sa maison de Barcelonne-du-Gers, qu'elle partageait avec l'entrepreneur depuis deux ans. Jean-Louis Sapène avait pris la veille un avion pour le Chili.

Exercice de simulation sismique dans le Sud du Chili

Lors de l'exercice, les gens ont cherché à se réfugier dans des zones sûres, préalablement identifiées par les autorités, afin de se protéger d'éventuels écroulements de constructions.

Cet exercice a marqué le début du programme d'exercices de simulation "Le Chili est prêt". Cette première simulation a concerné neuf districts de Los Rios, dont son chef-lieu Valdivia, situé à 800 km au sud de la capitale Santiago. Le directeur national du bureau Vicente Nuñez a souligné l'importance de ce type d'exercices. "Au cours des dernières années, notre territoire a connu des tremblements de terre qui ont fait de nombreuses victimes. Nous sommes convaincus que la prévention et l'éducation de la population sont fondamentales", a noté M. Nuñez.

Le prochain exercice aura lieu le 2 juin et simulera un tremblement de terre et un tsunami sur la côte d'Arica et la région de Parinacota, à quelque 2 000 km au nord de Santiago.

Le Chili n'a pas choisi quel candidat à la tête du FMI soutenir

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Christine Lagarde, née Lallouette,
hoto wikipedia
Agustín Guillermo Carsten
 Photo wikipedia
















Le ministre a déclaré que les deux candidats officiels, la Française Christine Lagarde et le Mexicain Agustin Carstens, avaient les qualités requises et l'expérience nécessaire pour prendre la tête du FMI, mais il a souligné que le processus devait rester ouvert et n'exclure personne à en raison de son pays d'origine.
Il a ajouté qu'il allait rencontrer Christine Lagarde jeudi. Felipe Larrain se trouve actuellement à Paris pour le cinquantenaire de l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Chili : en grève de la faim depuis 73 jours

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Un groupe de manifestants arborent un énorme drapeau Mapuche au cours d’une protestation le mois de  septembre 2010 dans la ville de Concepción sud du Chili. PHOTO EFE
Ils font partie d'un groupe de quatre militants de la première minorité indigène du Chili (6% de la population) reconnus coupables d'incidents violents commis entre 2005 et 2009 dans le sud du Chili. Depuis le 15 mars, ils n'ingèrent que des tisanes pour réclamer l'annulation de leur condamnation.

mardi 24 mai 2011

Panne d’ordinateurs à Bogotá

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Manuel Olate (a droite) accusé d'être « le lien » des mapuche avec les Farc. Photo distribuée à la presse par le Ministère de l’intérieur colombien.
Ce «document» reprend pour partie les informations supposément trouvées dans les trois ordinateurs portables, les deux disques durs externes et les trois clés USB saisis par l’armée colombienne, le 1er mars 2008, en territoire équatorien, après le bombardement qui coûta la vie à Raúl Reyes, numéro deux et « ministre des affaires étrangères » des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Sur ordre du président colombien Álvaro Uribe et de son ministre de la défense Juan Manuel Santos, une partie du contenu de ce matériel informatique censé appartenir, appartenant ou appartenant partiellement à Reyes a été obligeamment filtrée à l’époque vers un certain nombre de médias influents –The Wall Street JournalThe New York Times(New York), El País (Madrid), etc.– par le vice-ministre de la défense Sergio Jaramillo.

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Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, LORS de son discours d'invêstiture en 2010, à droite le président précédent, Álvaro Uribe. PHOTO AFP
Comme le fait à présent l’IISS, de nombreux journalistes ont alors utilisé ces informations « de première main », authentifiées par une expertise d’Interpol (1), pour dénoncer les liens financiers, politiques et militaires des gouvernements vénézuélien et équatorien avec les «narco-terroristes» de la guérilla. Ainsi, en présentant le travail de l’IISS, le brillant analyste britannique Lockhart Smith a-t-il déclaré, avec le plus grand sérieux : «Il est important que le public connaisse les détails de ces relations qui, autrement, auraient été cachés pour toujours(2).»

Si le ridicule tuait, on aurait à déplorer la mort de Smith, des autres dirigeants de l’institut londonien et des innombrables bouffons médiatiques qui, sur la base de ces soi-disant preuves, ont relayé la basse politique de Bogotá (et de Washington) contre Caracas et Quito.

En effet, le 18 mai, soit huit jours après la présentation du «document» de l’IISS, les neuf juges de la Cour suprême de justice (CSJ) de Colombie ont, par la voix de leur président Camilo Tarquino, déclaré que les informations obtenues à partir des ordinateurs de Reyes sont «nulles et illégales»(3). Cette décision a comme origine le procès intenté à l’ex-député d’opposition Wilson Borja (Pôle démocratique alternatif; PDA), accusé, sur la base de prétendus courriels trouvés dans ces archives électroniques, d’entretenir des liens avec les insurgés (4).

Pour la CSJ, les «preuves» sont illégales, car récupérées par des militaires colombiens «exerçant des pouvoirs de police judiciaire dont ils ne pouvaient se prévaloir», au cours d’une opération menée en Equateur, sans l’autorisation ni la participation des autorités de ce pays (#39). Mais, et surtout, la Cour a contesté l’existence d’e-mails dans les fameux ordinateurs, les documents présentés comme tels se trouvant dans les fichiers statiques d’un traitement de texte (Word) et non dans un logiciel permettant de démontrer qu’ils ont été envoyés ou reçus (#40). En d’autres termes : n’importe qui a pu les rédiger et les introduire dans les ordinateurs à posteriori.

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Le sénatrice  Piedad Córdoba discute avec Raúl Reyes, alors numéro deux des FARC, septembre 2007, dans la forêt colombienne. PHOTO REUTERS
Ce jugement ne surprendra guère tout lecteur attentif de l’expertise ambiguë d’Interpol qui, tout en confirmant l’ «authenticité» des documents trouvés dans le matériel saisi, signale, sans trop s’étendre sur la question que, entre le 1er mars et le 3 mars 2008, «l’accès aux données n’a pas été effectué conformément aux normes reconnues internationalement» (conclusion n°2b, page 31) et que, par ailleurs, des milliers de fichiers ont été créés, modifiés ou supprimés, après être tombés entre les mains de l’armée, puis de la police colombiennes (#85 à #90, pages 32 et 33).

La publication à Londres de l’ouvrage de l’IISS a permis à nombre de médias de s’offrir une flambée de titres alléchants : «On insiste sur le lien entre les FARC et le gouvernement de Hugo Chávez» (BBC Mundo, Londres, 10 mai) ; «Chávez a demandé aux FARC d’assassiner des opposants» (Nuevo Herald, Miami, 11 mai). La déclaration de la haute juridiction de Bogotá étant difficile à passer sous silence, ces mêmes paladins de l’information, pour rester cohérents face à leurs lecteurs, en ont soigneusement sélectionné les attendus. Ainsi, sous le titre «La Cour suprême colombienne estime que l’information de l’ordinateur de Raúl Reyes n’a pas de validité légale», El País (19 mai) insiste sur le caractère irrégulier de la saisie du matériel informatique – ce qui, dans l’absolu, ne remet pas en cause la véracité de son contenu. En revanche, un silence pudique recouvre les passages dans lesquels la CSJ conteste précisément la nature de ce «contenu».

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Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, et celui du Venezuela, Hugo Chávez, durant la signature d'accords bilatéraux, le mois de novembre 2010 à Caracas. Photo AP
Pour des raisons économiques et géopolitiques, mais aussi pour faire oublier l’image du ministre de la défense qu’il a été (5), le président Santos, prenant le contre-pied de son prédécesseur Uribe, se montre tout miel avec le Venezuela. Ainsi, sa ministre des affaires étrangères María Angela Holguín a-t-elle refusé de commenter la sortie du rapport de l’IISS, se contentant d’un conciliant : «Je souhaite [qu’il] ne fasse pas un bruit qui, d’une manière ou d’une autre, nuise au chemin que [le Venezuela et nous]empruntons. J’en ai parlé au ministre des affaires étrangères [vénézuélien Nicolás]Maduro et nous avons décidé de tourner la page et de regarder vers l’avenir(6).»

On aimerait la croire. Mais, chassez le naturel, il revient au galop! Tandis que le procureur général de la nation Alejandro Ordóñez annonçait qu’il allait contester la décision de la CSJ, le président Santos, le 20 mai, à Cartagena, devant la presse, a déclaré que «les preuves générées par l’information contenue dans les ordinateurs du chef guérillero (…) ont été recueillies correctement(7)» (il n’a pas ajouté que c’est lui qui, en son temps, les a fait communiquer aux médias et à l’IISS, mais tout le monde le sait).
Vous avez dit double jeu?  

Maurice Lemoine. 
PHOTO DANS LIRE EN PAYS AUTUNOI













(2) BBC Mundo, Londres, 10 mai 2011.
(3) Déclaration dont le texte scanné est consultable sur Scribd.com (en espagnol).
(4) Le 4 octobre 2010, le procureur général de la République Alejandro Ordóñez a utilisé les dossiers tirés des ordinateurs de Reyes pour obtenir la destitution de la sénatrice libérale Piedad Córdoba, médiatrice dans la libération de dix-sept otages des FARC depuis 2007. Outre Mme Córdoba, ce matériel a permis d’inculper quatorze opposants – journalistes, militants des droits humains, parlementaires ou ex-parlementaires – accusées de collaboration avec la guérilla.
(5) La justice colombienne a entre les mains plus de 3 000 cas de « faux positifs » (citoyens lambdas assassinés par l’armée et présentés comme des guérilleros morts au combat).
(6) Agence France Presse, 10 mai 2011.
(7) El Espectador, Bogotá, 20 mai 2011.

lundi 23 mai 2011

LE MARCHÉ CHILIEN DES FONDS DE PENSION, UN ELDORADO POUR LES GÉRANTS ÉTRANGERS

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Le  surnom de  «  jaguar de l’Amérique latine »   
en référence aux tigres asiatiques
Le « jaguar » de l'Amérique latine a également développé un système de retraite innovant, aujourd'hui très apprécié par les gérants d'actifs de la planète. En 1981, l'idéologie libérale de l'ère Pinochet a révolutionné les retraites au Chili. Les « Chicago boys», jeunes conseillers économiques formés à l'école américaine de Milton Friedman, ont poussé à la privatisation du système. Adieu la répartition ! Bonjour la capitalisation ! Des fonds de pension sont mis en place : les AFP (prononcez « a-f-épé »), « administradoras de fondos de pensiones », qui vont contribuer au boom économique du pays. Mais ce système n'est pas sans défaut.

À peine 60% de la population est couverte, principalement les salariés du secteur privé. Les professions libérales, les femmes au foyer, les travailleurs du marché « informel » sont restés sur le bord de la route. De plus, l'effort demandé -le versement de 10 % du salaire sur vingt ans pour toucher une pension -n'était économiquement possible que pour 10 % des salariés. La crise économique n'a pas non plus favorisé la participation des cotisants. Dès 2006, le gouvernement de Michelle Bachelet a procédé à des réajustements, a insufflé du public dans le privé. Avec le président Sebastian Piñera, élu en 2009, les réformes se sont poursuivies.

Âpre concurrence

Aujourd'hui, il existe six fonds de pension sur le territoire, propriétés d'établissements bancaires étrangers, comme BBVA ou ING, ou de groupes industriels privés. « Aucun n'appartient à des banques locales», fait remarquer Francisco Margozzini, directeur général de l'association des AFP. Provida, Habitat, Capital et Cuprum, qui ont le bénéfice de l'âge, dominent le marché avec entre 30 et 50 milliards de dollars d'encours chacun.

Plus récents, Planvital et Modelo, le petit dernier, affichent respectivement 4 milliards de dollars et 100 millions. A fin avril, l'ensemble des AFP totalisait 157 milliards de dollars. « Le principal véhicule pour les investissements internationaux [ce] sont les fonds mutuels qui représentent un tiers des encours », explique Eduardo Ruiz-Moreno, directeur de l'Amérique latine et de l'Espagne pour Edmond de Rothschild Asset Management. Ainsi, 52 milliards de dollars sont confiés à des sociétés de gestion, pour les deux tiers investis sur les marchés actions. Une cinquantaine d'acteurs internationaux se partagent le gâteau. La proximité avec les Etats-Unis, tant géographique qu'économique, fait la part belle aux gérants américains. Fidelity dispose de plus de 9 milliards de dollars sous encours pour le compte des fonds de pension chiliens, devant Franklin Templeton (5,2 milliards de dollars). BNP Paribas, premier français, pointe à la 12 e place, avec 1,7 milliard de dollars, suivi à la 14 e place par Edmond de Rothschild AM (1,3 milliard de dollars), qui recolte les fruits de son implantation locale. Pour les sociétés de gestion, le Chili est synonyme de croissance.
 
Tout d'abord, le gouvernement a autorisé les fonds de pension à investir jusqu'à 60 % de leurs encours à l'international. Le taux de 80 % est même envisagé. Il y a encore de la marge puisque, globalement, les encours placés dans des titres étrangers n'atteignent que 44 % du global. Ensuite, les fonds de pension se livrent une âpre concurrence. Afficher les meilleures performances est donc primordial pour attirer le chaland. Toutefois, il n'est pas question de dépasser les bornes en matière de réglementation. La Superintendencia de Pensiones, le régulateur, veille au bon respect des règles. Les AFP sont aussi incitées à faire de la pédagogie auprès de leurs cotisants afin de choisir le profil de risque qu'il leur correspond parmi les cinq proposés.
Stéphane Le Page

dimanche 22 mai 2011

Respect de l’environnement

La Commission permanente de la Conférence épiscopale du Chili a en effet publié la déclaration « Ayons soin des dons de la Création », envoyée à l’Agence Fides, déclaration qui entend offrir une contribution en forme de réflexion au plus important problème social que vit le Chili, problème qui concerne la politique environnementale au travers du projet de construction de digues dans la zone d’Aysén.
A quelques jours du 21 mai, date à laquelle le Président chilien, Sebastián Piñera, présentera au Congrès un compte-rendu de sa gestion et à laquelle est prévue une grande mobilisation populaire, les Evêques demandent d’éviter l’affrontement direct entre les différents protagonistes. Dans de nombreuses villes du pays ont en effet été organisées pour le 21 mai et pour la première fois des « marches à thème » : la marche des écologistes contre le projet de construction de digues connu sous le nom d’Hydro Aysén, la marche des personnes évacuées suite au séisme, la marche en faveur des détenus mapuche et la marche des étudiants pour la réforme de l’instruction. A la fin de la journée, dans chaque ville, ces différentes marches devraient s’unir en une grande manifestation contre le gouvernement et l’on craint l’intervention violente de la police.
« En tant qu’Evêques, nous désirons encourager un dialogue sérieux, ouvert et conscient, évitant les attitudes d’affrontement et promouvoir un discernement salutaire » a déclaré le responsable de la communication de la Conférence épiscopale du Chili (CECh), Jaime Coiro. En ce qui concerne le débat sur l’énergie qui a connu une aggravation au cours de ces dernières semaines, le porte-parole de la CECh a déclaré que le dilemme consiste à « concilier le respect pour l’environnement avec la demande croissante d’énergie ».
Par la suite, Coiro a affirmé qu’une « décision basée exclusivement sur des intérêts économiques est éthiquement inacceptable et déplorable parce qu’elle constitue une manigance à l’encontre de la société », indiquant par ailleurs que « l’Eglise ne conçoit pas le développement sans considérer le fait qu’il puisse être durable sur le plan environnemental ». Dès lors, « avant d’affirmer que la demande croissante d’énergie constitue la condition primaire du progrès, il est nécessaire de suivre un processus qui doit être affronté en tant que pays afin de construire ensemble un modèle de développement ».
Enfin, les Evêques ont indiqué qu’« une réponse qui humanise le défi énergétique requiert un dialogue auquel tous les individus et toutes les communautés, surtout celles les plus intéressées par les initiatives, doivent participer, leur avis devant être pris en considération dans le cadre des décisions qui les concernent ».(CE) (Agence Fides 19/05/2011)

Déclaration des Evêques (en espagnol)

samedi 21 mai 2011

La dépouille de Salvador Allende exhumée pour éclaircir sa mort

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ALLENDE DANS LE CONSEIL DE L'ORDRE DES MÉDECINS
L'exhumation aura lieu lundi au petit matin dans le cimetière central de Santiago, dans le cadre d'une enquête ouverte en février sur la mort de cette icône de la gauche latino-américaine. L'expertise sera confiée au service médico-légal et à des experts étrangers.

Allende, premier marxiste élu à la présidence du Chili en 1970, est mort par balle dans le palais présidentiel de la Moneda à Santiago, bombardé par l'armée de l'air, lors du coup d'Etat du général Augusto Pinochet le 11 septembre 1973. Il avait 65 ans.

L'arme et les balles ayant entraîné sa mort n'ont jamais été retrouvées et la veuve d'Allende et ses filles n'ont pas pu voir son cadavre.

Peu après son décès, une autopsie pratiquée à l'Hôpital militaire de Santiago a établi qu'il s'était suicidé en se tirant une balle sous le menton.

Un médecin présent le 11 septembre à La Moneda, Patricio Guijon, a lui aussi affirmé qu'Allende s'était donné la mort avec un fusil-mitrailleur AK-47 offert par son ami Fidel Castro, l'ancien président cubain et leader de la révolution cubaine, et orné de l'inscription «À mon compagnon d'armes».

Castro, d'autres dirigeants et journalistes étrangers ont toujours mis en doute la version du suicide, estimant que le président chilien aurait pu être abattu par un soldat putschiste.

Ces doutes ont été renforcés en 2008 par une nouvelle expertise médico-légale réalisée par le médecin Luis Ravanal, à partir de la première autopsie.

Sollicité par deux avocats doutant des conclusions du rapport de 1973, ce médecin affirme que le cadavre présente deux impacts de balle et que les blessures ne correspondent pas à un suicide.

Cela corrobore les résultats de l'enquête du journaliste et écrivain Camilo Taufic, qui a interrogé de nombreux témoins.

Selon lui, il s'est en fait agi d'un «suicide assisté»: Allende aurait raté sa tentative de suicide et l'un de ses gardes du corps lui aurait tiré le coup de grâce.

Taufic affirme aussi que les collaborateurs d'Allende et les putschistes se sont mis d'accord sur la version du suicide.

Les premiers pour «rendre plus digne» la mort du président, qui avait juré de mourir les armes à la main, et les seconds pour «ne pas apparaître comme les assassins d'Allende».

La famille du président elle-même privilégie la thèse du suicide, mais soutient l'enquête judiciaire.

«Cela nous paraît important pour le pays et pour le monde que l'on puisse établir juridiquement les causes de sa mort et les circonstances extrêmement violentes qui l'ont entourée», a déclaré la fille d'Allende, Isabel, aujourd'hui sénatrice.

L'enquête sur la mort du président chilien a été rouverte en même temps que 725 dossiers de crimes contre l'humanité commis sous la dictature (1973-1990), qui n'avaient jamais été traités faute de plaintes.

Au total, un peu plus de 700 anciens agents militaires, policiers ou civils de la dictature ont été condamnés ou sont poursuivis pour de tels crimes, mais moins de 70 sont en détention, à la faveur de remises de peine ou d'assouplissements de régime et certaines condamnations n'ont toujours pas été confirmées.

La dictature est responsable de plus de 3 100 morts ou disparus.

vendredi 20 mai 2011

URUGUAY / DICTATURE: REJET D'UN PROJET D'ANNULATION D'UNE LOI « D'AMNISTIE »

Après des mois de manifestations et quatorze heures de débat parlementaire marathon, le parti au pouvoir (Frente Amplio, gauche) n'est pas parvenu à réunir les 50 voix nécessaires pour approuver le projet.
Le vote aurait dû être une formalité après l'approbation du projet en première lecture à la chambre basse en octobre puis en avril au Sénat, mais un député de la coalition de gauche au pouvoir a changé d'avis.

Ce député, Victor Semproni, après s'être expliqué, a renoncé à prendre part au vote et quitté la salle, laissant partisans et détracteurs du projet à égalité, 49 à 49.

La loi de "caducité", adoptée en 1986, contraint les juges à demander l'autorisation du gouvernement de ce pays sud-américain de 3,4 millions d'habitants pour pouvoir poursuivre des membres de forces de l'ordre soupçonnés de violations des droits de l'homme pendant la dictature.

Elle a été déclarée anticonstitutionnelle dans deux dossiers par la Cour suprême, qui a estimé qu'elle violait le principe de séparation des pouvoirs, et la Cour interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) a récemment demandé à l'Uruguay de lever les entraves aux enquêtes sur les crimes de la dictature.

Cette loi a empêché tout procès jusqu'à l'arrivée de la gauche au pouvoir en 2005. Depuis, le gouvernement a autorisé plusieurs enquêtes et les principaux chefs de la dictature ont été condamnés, comme le dictateur Juan Maria Bordaberry (1973-1976).

L'opposition et certains membres de la majorité critiquaient le projet d'annuler la loi de caducité au motif qu'elle a été ratifiée à deux reprises par référendum en 1989 et en 2009.

Le président José Mujica, un ancien guérillero emprisonné durant toute la dictature, était lui-même opposé à l'abrogation, notamment "pour ne pas transférer aux nouvelles générations de militaires les frustrations de nos générations".

De nombreuses affaires restent à juger, selon les défenseurs des droits de l'homme, qui devaient défiler ce vendredi comme chaque 20 mai à l'occasion de la Marche du silence en hommage aux plus de 200 disparus de la dictature.


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La situation des auteurs de crimes contre l'humanité sous les régimes militaires est très variable en Amérique du Sud, où les dictatures d'Argentine, du Chili, du Paraguay, du Brésil, de Bolivie et d'Uruguay avaient mis en place dans les années 70 le "plan Condor" pour éliminer leurs opposants.

Au Brésil, la loi d'amnistie de 1979 interdit toute poursuite contre les militaires responsables de violations de droits de l'homme durant la dictature, qui a fait 400 morts ou disparu.

En Argentine, au contraire, les lois d'amnistie ont été abrogées sous la présidence de Nestor Kirchner (2003-2007), ce qui a ouvert la voie à la réouverture de dizaine de procès ayant abouti à la condamnation de plus de 200 anciens membres des forces de l'ordre.
Dans ce pays où quelque 30.000 personnes ont disparu sous la dictature, l'ex-dictateur Jorge Videla, à la tête du putsch du 24 mars 1976, a notamment été condamné à la prison à vie.

Au Chili, environ 700 militaires, policiers ou civils ont été condamnés ou sont poursuivis pour exécutions, disparitions, tortures sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), qui a fait plus de 3.000 morts ou disparus.

Mais moins de 70 sont en détention, à la faveur de remises de peine ou d'assouplissements de régime et certaines condamnations n'ont toujours pas été confirmées.

En Patagonie, les Chiliens se révoltent pour défendre leur eau

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MANIFESTATION CONTRE HIDROAYSÉN EN PATAGONIE LE 14 MAI 2011 À SANTIAGO DU CHILI. PHOTO CLAUDIO SANTANA
« Non à HidroAysén »

Ce slogan signifie qu'ils ne veulent pas que la Patagonie meure. Cette région du bout du monde est l'une des rares encore intactes de la planète et représente la troisième réserve d'eau douce dans le monde.

Si ce projet aboutit, la distribution de l'électricité produite par les centrales (18 430 GWh par an) se fera à travers un alignement de pylônes de plus de 70 mètres de haut, qui s'étendra sur 2 300 kilomètres en direction du Nord du pays (sachant que le taux de pertes d'énergie avec ce type de transport est de 30%).

Autant dire un coup mortel pour la région d'Aysén, qu'on appelait depuis 26 ans, la « réserve de vie », étant donné les efforts poursuivis pour y défendre un style de vie tourné vers le « vivre ensemble » et le respect de la biodiversité.

Les lignes haute-tension traverseront :

six parcs nationaux, dont celui de la Lagune San Rafaël, classé réserve de biosphère par l'Unesco ;
onze réserves, dont celle de Pumalín ;
32 propriétés qui protègent la nature.


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PHOTO CLAUDIO SANTANA                               


Tant de touristes amoureux de la nature sauvage viennent la savourer et des écrivains comme Francisco Coloane, Luis Sepúlveda, Jules Verne, Bruce Chatwin, entre autres, l'ont aimée et racontée.

Ce que les manifestants refusent, c'est que la Patagonie soit sacrifiée par des personnes qui font de sombres calculs dans leurs bureaux de Santiago et de Rome sans tenir compte du devenir de toute une région et de ses habitants.

Les Patagons manifestent contre le fait que le futur de toute cette région se trouve entre les mains d'une multinationale étrangère et que le gouvernement chilien ne les protège pas, au contraire.

Car derrière HidroAysén se cachent deux des trois entreprises qui tiennent le monopole de l'électricité chilienne : Colbún (49% de HidroAysén) et Endesa-Chile(51%) contrôlé par le géant italien de l'énergie Enel (Endesa-Chile étant une filiale d'Endesa-Espagne, qui est contrôlé à 92% par Enel).




L'Italien Enel fait ce qu'il veut des rivières patagones

Les gouvernements de Sebastián Piñera – comme ceux de la Concertación l'ont d'ailleurs fait dans le passé -, ne tiennent pas compte de la volonté ni du devenir des Patagons, ni du message qu'ils transmettent au monde entier depuis 5 ans pour sauver la Patagonie, autour du slogan : « Patagonia sin Represas », la Patagonie sans barrages.

Pourquoi une entreprise italienne peut-elle décider du devenir de toute une région chilienne ? Au nom de quoi, Fulvio Conti, directeur d'Enel-Endesa, peut-il se permettre d'assurer sans sourciller que Hidro Aysén « doit continuer et continuera » ? parce qu'il considère que ce projet est « stratégique ».

Stratégique pour qui ? Il faut dire que le ton manifestement méprisant de Conti est dû au fait que la commission chilienne d'études sur l'environnement, constituée essentiellement de fonctionnaires publics (dont certains ont d'ailleurs démissionné dernièrement) a émis un avis favorable lundi dernier 9 mai 2011, ne tenant compte d'aucune incidence de la construction des barrages sur l'environnement. Ni d'ailleurs des 3 000 observations citoyennes des Patagons.

Et que l'étude d'impact sur l'environnement qui considérait ce projet comme « non conforme » le 26 avril à 13h30, est devenu « conforme » à 14h, comme par enchantement, après l'intervention de fonctionnaires du gouvernement très haut placés.

Endesa, donc Enel, possède 96% de l'eau de la région d'Aysén


Endesa, donc Enel, possède 96% de l'eau de toute la région grâce à une loi, inventée par Pinochet, qui a privatisé le droit d'exploitation de l'eau du Chili distribué cette propriété à ses amis, qui l'ont ensuite vendue à des entreprises, qui à leur tour l'ont vendu à des multinationales.

Une loi que personne (aucun des gouvernements démocratiques) n'a pensé ni ne pense aujourd'hui changer, parce que les intérêts en jeu sont trop énormes.

Les intérêts de qui ? Pas des Patagons en tout cas ! Ni des Chiliens ! Le Chili est sans doute l'un des rares pays au monde où l'eau peut appartenir à des multinationales étrangères. Patricio Rodrigo de l'association « Patagonia sin Represas », accuse :

« C'est un énorme business pour peu de personnes et la faillite pour la majorité des Patagons. »


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PHOTO CLAUDIO SANTANA      


Comme un air de magouilles

Que ce projet aboutisse semble être acquis pour l'Italien Enel, vu que bien avant que l'étude de l'impact sur l'environnement soit mystérieusement approuvée, les investissements avaient déjà commencé pour l'alignement des pylônes.

Sans oublier que la fondation de l'épouse du président, Cécilia Morel, vient de recevoir une donation d'un million d'euros de la part de HidroAysén.

Et que l'actuel ministre de l'énergie et des mines, Laurence Golborne, qui appuie de tout son poids le projet HidroAysén, avait été pressenti à la direction de HidroAysén avant de devenir ministre des mines de l'actuel gouvernement… En pleine crise d'HidroAysén, il vient de prendre des vacances, montrant au passage « l'énorme intérêt » qu'il porte à cette affaire.

Peut-on, après ça, parler encore du Chili comme d'un Etat qui respecte ses institutions et ses citoyens ?


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PERSPECTIVE DU  FLEUVE BAKER. PHOTO ALVARO VIDAL  



Pourquoi se dresser contre un tel projet ?

Les arguments avancés par le gouvernement d'une situation d'urgence énergétique et de rationnement possible ne tiennent pas debout.

Le journaliste Tomás Mosciatti, de Radio BíoBío, l'a dénoncé sur CNN-Chile :

« Il s'agit de discours de communication, d'effets de bluff pour faire peur. »

Deux centrales thermiques viennent d'être approuvées la semaine dernière. Desétudes prouvent qu'on produit plus que ce dont on a besoin. Et qu'il existe un potentiel énorme de production d'énergie non conventionnelle au Chili. Que l'excès sera vendu aux Argentins. Et que pas un mégawatt ne servira aux Patagons.

On sait par ailleurs que les entreprises minières dans le Nord du pays, dont la plupart sont étrangères, ont besoin d'électricité. De beaucoup d'électricité. Deux-tiers de l'électricité produite au Chili est consommée par elles. Et que ce sont elles, surtout, qui ont poussé ce projet HidroAysén. Tomás Mosciatti accuse :

« Je ne crois pas ce gouvernement, ni ceux d'avant, qui ont autant appuyé HidroAysén que l'actuel président. Il n'existe aucune politique énergétique au Chili, ni de système tarifaire, ni de protection des consommateurs.

Rappelons qu'au Chili, le prix de l'énergie est l'un des plus élevés au monde et cela n'est possible que grâce au monopole (Hydo Aysén, Endesa et Colbún comptent contrôler 80% du marché de l'électricité chilienne).

Le système tarifaire est insensé : il consiste à aligner les prix sur le coût de production le plus élevé, ce qui revient à payer l'électricité produite avec de l'eau au prix de celle produite avec du pétrole. »

Il est intolérable qu'un secteur stratégique d'un pays, comme l'eau, soit entre les mains d'entreprises en majorité étrangères qui décident en fonction de leurs intérêts à court terme et contre sans penser aux intérêts nationaux.

C'est l'écrivain Luis Sepúlveda qui l'écrit dans sa lettre au président de la République chilien :

« HidroAysén, citoyen président, signifie la complète déforestation, l'annihilation, l'extermination de 23 000 hectares de forêts chiliennes. […]

Dans un futur proche, votre buste se trouvera dans une galerie avec tous ceux des ex-présidents chiliens. Il ne dépend que de vous qu'au moment où l'homme chargé de le nettoyer viendra faire le ménage, il se dise avec admiration : “J'enlève la poussière du buste d'un président qui a sauvé la Patagonie d'une mort annoncée”.


Ou bien qu'il passe devant votre buste en refusant de dépoussiérer l'image de celui qui aura détruit l'une des régions les plus belles et les plus pures de la planète. Tout dépend de vous, citoyen Président. »