jeudi 30 juin 2011

L'Argentine veut faire une Opep du lithium avec le Chili et la Bolivie

Dans un avenir proche et avec notre production à son plus haut niveau, la Bolivie, l'Argentine et le Chili contrôleront le marché du lithium : ils pourraient le faire dans le cadre d'une sorte d'OPEP, dit à l'AFP Rodolfo Tecchi, directeur de l'Agence nationale de promotion scientifique et technologique du ministère argentin de la Science.

Les trois pays, qui composent ce que la revue Forbes appelle l'Arabie Saoudite du lithium, pourraient établir des mécanismes de contrôle de l'offre du carbonate de lithium, évitant des baisses de prix dues à une surproduction, comme au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, ajoute-t-il.

Cette idée arrive trop tôt, nous devons d'abord nous assurer que les investissements sont faits, réagit Facundo Huidobro, président de la Chambre des l'industrie minière de Salta, l'une des trois provinces du nord riches en lithium, avec Jujuy et Catamarca.

Tecchi, un biologue spécialisé dans la gestion de zones naturelles protégées à Jujuy, assure que l'Argentine a l'occasion de participer à la prochaine révolution industrielle et ne plus être réduite au rôle d'exportatrice de matières premières.

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L'Argentine possède, avec 10%, les troisièmes réserves de lithium après la Bolivie (plus de 50% à Uyuni) et le Chili (25% dans l'Atacama).

Le Chili est en revanche le premier pour sa commercialisation (44%), suivi de l'Australie (25%), la Chine (13%) et l'Argentine (11%).

La présidente argentine Cristina Kirchner insiste sur l'importance stratégique de ces richesses, selon cet expert, depuis qu'elle a visité en janvier les pays du Golfe (Qatar et Koweït).

En présentant récemment un plan d'investissement de General Motors en Argentine, Mme Kirchner a insisté auprès du président de la compagnie, Sergio Rocha, sur la nécessité de produire dans le pays des batteries rechargeables au lithium.

Pour Sergio Echebarrena, président de la Chambre argentine de fournisseurs de l'industrie pétro-énergétique (Capipe), quand on possède les ressources, on peut essayer d'augmenter les revenus. Mais l'essentiel, dit-il n'est pas d'être membre d'une Opep du lithium : c'est d'être parmi ceux qui possèdent la technologie permettant d'utiliser cette ressource à des fins industrielles.

La tonne de lithium valait 2.500 dollars jusqu'en 2004, alors qu'elle atteint aujourd'hui les 6.000 dollars. Mais une batterie rechargeable au lithium/ion coûte 20.000 dollars. Le lithium est utilisé aussi pour les batteries de téléphones portables ou d'ordinateurs, mais on estime que c'est dans l'industrie automobile qu'il a vraiment de l'avenir.

La Bolivie a annoncé l'an dernier qu'elle investira 900 millions de dollars (628 millions d'euros) pour exploiter le lithium en trois phases à partir de 2011: d'abord la production de carbonate de lithium, puis de lithium métallique, puis de batteries au lithium à partir de 2014.

En Argentine, la compagnie Sales Jujuy (Sels de Jujuy), appartenant à l'australienne Orocobre et associée à Toyota vient d'obtenir le feu vert pour un projet d'extraction de lithium et potasium.

Minera Exar, du canadien Lithium Americas, explore également des terrains à Jujuy et à Salta, tandis que l'australienne Ady Resources a commencé à extraire du lithium à Salta, où une dizaine d'autres compagnies ont des projets, parmi lesquelles les françaises Bolloré et Eramet.

mercredi 29 juin 2011

Face aux manifestations d'étudiants le gouvernement anticipe les vacances

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MANIFESTATION D'ETUDIANTS A SANTIAGO.
Prévues normalement pour la fin juillet, ces vacances vont ainsi commencer ce 29 juin. Juste avant jeudi 30 juin, date de la grande journée de mobilisation convoquée par les syndicats d’enseignants et d’étudiants chiliens, très largement soutenus par des associations de parents d’élèves et plusieurs autres organisations.

L’essentiel de leurs revendications est le prix des études et le développement des écoles privées, très chères, qui entretiennent les inégalités et obligent de nombreux étudiants chiliens à lourdement s’endetter pour poursuivre des études supérieures.

Depuis presque 3 semaines, après des manifestations qui ont réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes – environ 50.000 selon la police et 100.000 selon les syndicats -, les syndicats étudiants restent sur des positions très fermes.

Les offres du gouvernement, faites par le ministre de l’Education, ont été rejetées massivement par les organisations étudiantes, qui jugent que 6000 millions de pesos (moins de 9 millions d’euros) d’investissement dans l’éducation publique restent insuffisants pour s’asseoir à la table de négociation.

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JOAQUIN LAVIN  ET LE DICTATEUR PINOCHET

La seule réponse a été l’envoi des escadrons anti-émeutes, qui ont brutalement réprimé les manifestations à coups de gaz lacrymogènes, des charges à cheval et de canons à eau.
Des établissements occupés par les étudiants ont été aussi investis para la police, qui a violemment délogé et arrêté plusieurs dizaines de jeunes.

Le très détesté Joaquin Lavin, un des hommes de Pinochet, ancien maire de Santiago, fervent pratiquant et membre distingué de l'Opus Dei – la puissante secte catholique ultra conservatrice qui détient des postes clés au sein de l’administration et les affaires–, est aussi un «Chicago boy», la bande d’économistes ultra-libérale pragmatique qui arriva aux affaires avec la dictature militaire. Et qui y reste toujours avec Pinera.

Léonard Pardo, correspondant

lundi 27 juin 2011

Incertitudes autour de l'état de santé d'Hugo Chavez

Un cancer, une maladie grave, une cure de repos, une dépression ... L'absence du président Hugo Chavez depuis une opération d'urgence le 10 juin à Cuba fait courir toutes sortes de rumeurs sur son état de santé. Son gouvernement tente de convaincre que le chef de l'État est en pleine forme, sans néanmoins publier de bulletin de santé officiel.

Hugo Chavez s'était déjà fait discret au mois de mai après une blessure au genou qui l'avait contraint à reporter de plusieurs semaines une série de voyages au Brésil, en Équateur et à Cuba. Lors de la dernière étape de son périple, finalement organisé début juin, ses médecins lui ont découvert un abcès pelvien. Le président vénézuélien se fait alors immédiatement opérer à la Havane. Mais hormis une brève allocution télévisée deux jours après son opération, Hugo Chavez n'a pas été revu dans les médias nationaux. Une surprise pour ses concitoyens, habitués à ses interventions quotidiennes.

«Que ses ennemis arrêtent de rêver»

Samedi, le journal El Nuevo Herald, la version espagnole du Miami Herald, a affirmé qu'Hugo Chavez était «non à l'article de la mort, mais dans un état critique», en se basant sur des sources des services des renseignements américains. Le lendemain, le journal vénézuélien El Universal a écrit que le président était atteint d'un cancer de la prostate. «Rayons et blocage hormonal ont commencé», selon l'auteur de la tribune.

«Faux», répondent en susbtance les membres du gouvernement. «Je serais le premier à informer le pays (s'il avait un cancer). Chavez se remet et il sera avec nous le 5 juillet [bicentenaire de l'indépendance du pays], grâce à Dieu», a ainsi déclaré le président de l'Assemblée nationale en réponse à l'article d'El Universal. «Chavez, on en a encore pour longtemps», a abondé de son côté le vice-président Elia Jaua, tandis que le ministre de l'Information Andres Izarra assurait que le président «se remettait bien». Il suivrait même l'activité du gouvernement depuis La Havane.

«Le président Chavez se remet bien de son opération. Que ses ennemis arrêtent de rêver et que ses amis cessent de s'inquiéter», a écrit sur son compte Twitter le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Temir Porras. Mais ces nombreuses déclarations n'ont pas pour autant rassuré la population, qui a participé dimanche à des messes pour demander la guérison du président.

L'opposition vénézuélienne accuse le gouvernement de ne pas donner des précisions sur l'état de santé d'Hugo Chavez. «L'incertitude sur la santé d'Hugo Chavez et les spéculations intenses sur la réelle maladie qui l'affecte révèlent les graves violations constitutionnelles de la part du gouvernement», a lancé Miguel Angel Rodriguez, un parlementaire de l'opposition. Dans le cadre de la Constitution vénézuélienne, le chef de l'Etat doit «nous donner le diagnostic, nous parler du traitement et répondre aux questions.»

Depuis La Havane, Hugo Chavez a écrit ces derniers jours plusieurs messages sur son compte Twitter. Mais aucun n'évoque son état de santé, ni son retour au Vénézuéla.

dimanche 26 juin 2011

Le Président qui traverse le temps

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SALVADOR ALLENDE A SON BUREAU DE LA PRESIDENCE AVEC JOSE TOHA UN DE SES COLLABORATEURS PRINCIPAUX 1971. MAGAZINE LIFE
L’incontestable justesse de son combat et son engagement sans faille envers les plus nombreux -les plus démunis-, son attachement inébranlable à la légalité républicaine et une certaine éthique du pouvoir, lui assurent une stature politique universelle encore non surpassée.

Aux moments où les dérives d’une gestion purement mercantile de l’économie conduisent au collapse social dans plusieurs points du globe, la figure du Président Salvador Allende recouvre une surprenante actualité.
Guy Desmurs.

Direction du FMI : le Chili annonce son soutien au candidat mexicain

« Le président chilien Sebastian Piñera a appelé son homologue mexicain Felipe Calderon pour lui dire que le gouvernement chilien avait décidé de soutenir la candidature de M. Agustin Carstens à la tête du FMI », a indiqué M. Larrain, qui a précisé que la décision n'avait pas été facile à prendre et qu'elle avait été prise après moult réflexions.
A ce stade du processus de sélection du nouveau directeur général du FMI, M. Carstens ne fait face qu'à une seule rivale, la ministre française des Finances, Christine Lagarde.
Le candidat sélectionné par le Conseil d'administration du FMI remplacera le Français Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné en mai suite à des accusations d'agression sexuelle à New York.

samedi 25 juin 2011

La Bolivie confrontée au trafic transfrontalier de véhicules

« Le président Evo Morales aurait déclaré que la plupart de ces véhicules, étant utilisés par des conducteurs n'ayant pas nécessairement conscience d'acquérir une voiture volée, pouvaient être légalisés afin de ne pas léser les acheteurs ». Les autorités chiliennes et brésiliennes auraient alors manifesté leur désaccord avec la politique menée par le président bolivien, arguant que cela ne ferait qu'exacerber la contrebande qui impacte déjà fortement les zones frontalières de ces pays » informe Geos.

De véritables réseaux de trafic de voitures volées se seraient développés au Brésil, notamment dans les zones urbaines de la côte-est, où la concentration de véhicules de luxe est plus importante que dans le reste du pays. Ces voitures traverseraient le pays pour être revendus à des prix avantageux en Bolivie. Par ailleurs, les bandes criminelles impliquées dans ce trafic sont actuellement dans une logique de diversification de leurs activités criminelles : les véhicules volés serviraient également de vecteur pour l'acheminement de la drogue et la contrebande.

vendredi 24 juin 2011

AngloAmerican: planche sur l'extension d'une mine au Chili

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Située dans la région cuprifère du nord chilien, au-dessus de la ville d'Antofagasta et au niveau de la frontière argentino-bolivienne, Collahuasi est une mine détenue à 44% par AngloAmerican, à 44% également par Xstrata et à 12% par Mitsui. Elle est exploitée par la coentreprisse Compañía Minera Doña Inés de Collahuasi (SCM).
Ce projet [d'extension] conduirait à une augmentation significative de la capacité de traitement du concentrateur et à la construction de l'infrastructure nécessaire”, indique SCM.
Une ou deux lignes de concassage de minerai supplémentaires seraient construites, leur future capacité de traitement cumulée étant estimée entre 270.000 et 380.000 tonnes de minerai par jour.
La production de la mine passerait alors d'environ 500.000 tonnes à 800.000 de cuivre en moyenne annuelle avec une seule ligne. Avec deux lignes, le cap du million de tonnes serait vraisemblablement franchi. La mise en route des nouvelles infrastructures serait prévue en 2017.
Une décision définitive sera prise durant le 2nd semestre quant la la construction d'une ou deux lignes de concassage.
La mine de Collahuasi recèle 7,1 milliards de tonnes de réserves minières cuprifères d'une teneur moyenne en métal de 0,82%, a rappelé le patron de SCM, Giancarlo Bruno.

Deux SDF retrouvés morts de froid

Une vague de froid affecte le Chili, plusieurs secteurs ont été touchés. C’est le cas de Santiago où les habitants se sont réveillés très surpris. Dans la capitale chilienne, le thermomètre est descendu jusqu’à –3.5°C à Lampa, ville de la périphérie de la Région Métropolitaine.

Chili: 20.000 lycéens dans la rue, la grogne scolaire se prolonge

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PHOTO ROLANDO MORALES
Trois policiers ont été légèrement blessés, et quelques personnes arrêtées, lors de heurts survenus entre forces de l'ordre et des groupes épars de jeunes à la fin de la manifestation, qui s'est dans l'ensemble déroulée pacifiquement à travers le centre-ville, selon la police.
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« FIN AU LUCRE »
PHOTO AGENCIAUNO
Les lycéens, comme les étudiants il y a une semaine lors d'une des plus importantes manifestations des dernières années, qui a rassemblé 80.000 personnes, souhaitent que l'Etat investisse davantage dans les infrastructures et réclament des avantages annexes comme la gratuité du transport public.

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PHOTO AGENCIAUNO
Ils réclament plus généralement que l'Etat reprenne la tutelle des établissements publics qui accueillent 90% des 3,5 millions d'élèves chiliens. Leur gestion a été déléguée aux municipalités par le régime militaire d'Augusto Pinochet (1973-90).

Le vice-ministre de l'Education Fernando Rojas a ouvert une porte en ce sens, en déclarant sur la télévision Canal 13, après une réunion avec des représentants lycéens, que certaines communes pourraient être déchargées de l'éducation, même si la solution n'est pas que l'Etat assume la charge de tous les collèges.

L'éducation souffre d'un sous-investissement chronique au Chili. L'Etat ne lui consacre que 4,4% du PIB et les fortes inégalités du système éducatif ont été la source de fortes secousses sociales pour les gouvernements successifs de centre-gauche pendant 20 ans, ou de droite depuis un an.

mercredi 22 juin 2011

Chili: le volcan Puyehue crache de la lave

Dans le même temps, le nuage de cendres dégagé par l'éruption continuait à perturber le trafic aérien mercredi. La compagnie chilienne LAN a annulé ses vols vers Temuco et Valdivia, dans le sud du pays, et de nombreux vols ont été suspendus en Australie et Nouvelle-Zélande.
"La lave visqueuse a coulé lentement vers l'ouest par un canal d'environ 50 mètres de large sur 100 mètres de long", déclare le Sernageomin dans son dernier rapport.
La semaine dernière, le directeur de l'organisme, Enrique Valdivieso, avait déclaré que l'apparition de lave annoncerait "la fin du processus éruptif", sans mettre en danger la population.
Dans la foulée les autorités avaient révisé à la baisse le niveau d'alerte et autorisé le retour chez elles de plus de 4.000 personnes déplacées.
Mais le Sernageomin affirme ce mardi que "le processus éruptif continue et qu'il est "possible que l'activité" du volcan "augmente à nouveau".
Le Puyehue est sorti d'un sommeil d'un demi-siècle le 4 juin.
Le nuage de cendres dégagé par l'éruption menace la saison touristique de la station argentine de sports d'hiver de Bariloche, située à 1.600 km au sud-ouest de Buenos Aires et à 100 km au sud-est du Puyehue.
Il a surtout perturbé le trafic aérien au fil de son déplacement dans l'hémisphère sud, paralysant dans un premier temps les aéroports de Buenos Aires et Montevideo, puis ceux d'Australie et de Nouvelle-Zélande, encore très perturbés mardi et mercredi.
Pour le directeur général de la Fédération australienne du tourisme, John Lee, il s'agit de la plus grande perturbation du trafic aérien en Australie depuis la grève des pilotes de 1989.
L'an dernier, l'éruption du volcan Eyjafjöll en Islande avait entraîné la plus grande fermeture d'espace aérien en Europe en temps de paix, avec plus de 100.000 vols annulés et huit millions de passagers bloqués sur un mois.

Le Parti communiste Chilien : presque 100 ans et toutes ses dents

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PHOTO ARCHIVE JOURNAL LA TERCERA
Des nombreux dirigeants politiques, les chefs des grandes centrales syndicales, des parlementaires et représentants des organisations sociales ont été présents. Le grand Maître des maçons et le vicaire de l’église ouvrière, des présidents d’universités, des maires et des élus de l’opposition ont aussi fait le déplacement.

Les représentants diplomatiques d’Uruguay, de Cuba, du Venezuela, d’Argentine, de Chine, de Russie et la Bolivie sont venus également au nom de leurs gouvernements respectifs, et des émissaires des peuples sahraoui et palestinien. L’archevêque de Santiago et des nombreuses personnalités de la culture, des artistes et intellectuels ont envoyé leurs salutations, et des messages de l’étranger sont aussi arrivées des partis frères d’Europe et d’Asie, et de plusieurs pays d’Amérique latine.

Dans son discours, le président du Parti communiste Chilien, Guillermo Teillier, appela les partis de la “Concertation” –conglomérat de centre-gauche- à exprimer de concert leur volonté politique de légiférer pour un référendum, et à ces fins, Teillier pointa l’importance des mobilisations sociales qui doivent accompagner le travail législatif.

Comme objectifs spécifiques, les communistes proclament leur soutien à la protestation et à la grève nationale convoquée par la Cut en octobre, pour rejeter les privatisations du gouvernement de droite. Ils appellent à la révision des procès contre les dirigeants Mapuche emprisonnés pour se battre pour leurs droits ancestraux, et à renforcer les mobilisations en défense de l’éducation publique.

Les communistes appellent aussi à stopper les mégaprojets des barrages dans le Sud du Chili, qui vont détruire à jamais l’écosystème et servir les seuls intérêts des entreprises minières.

La recherche d’une voie consensuelle pour l’ensemble de l’opposition, et la construction d’une plateforme commune permettant d’aller aux prochaines élections municipales avec des candidatures uniques sont aussi des objectifs. Teillier appelle instamment à constituer une solide force politique d’alternance, qui ne se fera pas sans une très large convergence de tous les opposants à Piñera.

Les paroles du dirigeant communiste et l’ensemble de l’acte ont trouvé un accueil enthousiaste et chaleureux, dans la salle comble de militants et sympathisants, mais aussi bien au-delà : en effet, le vieux parti chilien jouit d’un énorme prestige dans la population.

Il a compté dans ses rangs des figures brillantes des arts et des lettres, il a donné des grands leaders politiques au pays, femmes et hommes, et il a joué un rôle clé pendant le gouvernement de Salvador Allende. Il a été durant presque deux décennies un protagoniste majeur de la lutte pour la démocratie, créateur d’un mouvement armé populaire, efficace et héroïque qui a résisté à la tyrannie. Il a traversé des dures années d’interdiction politique et de censure, a été l’ennemi absolu des militaires putschistes et subi une longue et atroce persécution des appareils répressifs, qui ont cherché à l’exterminer. Et il est toujours là, plus jeune que jamais à presque cent ans.
GUY DESMURS

mardi 21 juin 2011

Pour le FMI, pas de solidarité latino

Agustín Carstens, à l'Ambassade du Mexique à Madrid. PHOTO CARLOS ROSILLO 30-05-2011
Carstens, ancien ministre des Finances de son pays, ancien numéro deux du FMI, est l'actuel directeur de la Banque du Mexique. Sa candidature a obtenu le soutien de l'Espagne et de 13 pays d'Amérique latine, notamment le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Venezuela, la Bolivie, ainsi que de presque tous les pays d'Amérique centrale. L'autre candidate en lice est Christine Lagarde, la ministre des Finances française, qui est favorite pour ce poste, traditionnellement attribué à un Européen. Pendant tout l'entretien, Carstens a essayé d'éviter de critiquer le Brésil, l'Argentine et le Chili, mais il a fait valoir que ces trois pays devraient appuyer sa candidature s'ils souhaitaient sincèrement que l'Amérique latine – et les économies émergentes en général – pèse davantage à l'échelle mondiale.
"Le Brésil aurait tout intérêt à manifester son soutien à l'Amérique latine", assure Carstens. Je lui ai demandé ce qu'il entendait par là. Il m'a expliqué que "l'Amérique latine [avait] perdu de l'influence au sein du FMI". Tandis qu'il y a encore quelques années, un Latino-Américain – Carstens lui-même – occupait le deuxième poste le plus important de cette institution, celui de sous-directeur gérant, aujourd'hui il n'y a plus que deux Latino-Américains parmi les 25 hauts fonctionnaires du troisième niveau hiérarchique du FMI. "Si c'était moi qui l'emportais, ce serait une affirmation très forte de l'influence de l'Amérique latine", souligne Carstens. "Et même si nous ne gagnons pas, un vote massif de l'Amérique latine contre le statu quo serait un signal très fort de notre volonté d'imprimer notre marque à l'institution et aussi de montrer notre désaccord envers la manière dont les choses se font au FMI." "Les problèmes de l'Europe sont très sérieux", poursuit Carstens. "Un regard neuf pourrait largement contribuer à trouver des solutions adaptées. Quand on est trop plongé dans les problèmes, on passe parfois à côté de certains aspects. Sans compter que nous autres, les Latino-Américains, avons une grande expérience dans la résolution des crises."
Après cet entretien, j'ai demandé à plusieurs observateurs du FMI pourquoi, d'après eux, le Brésil, l'Argentine et le Chili n'avaient toujours pas soutenu la candidature de Carstens. Plusieurs d'entre eux m'ont dit que l'attitude du Brésil – le plus grand pays d'Amérique du Sud – s'expliquait sans doute par sa rivalité avec le Mexique. D'autres estiment que le Brésil attend peut-être de voir lequel des deux candidats aura le plus de voix avant de se prononcer. "Le Brésil veut jouer dans la cour des grands", affirme Claudio Loser, un ancien fonctionnaire du FMI. "Et puis les Brésiliens doivent penser que ce sera Lagarde qui va l'emporter et ils ne veulent certainement pas voter contre elle."
Pour ma part, j'estime que si un Latino-Américain de la stature de Carstens prenait la tête de la plus grande institution financière de la planète, ce serait une vraie réussite pour la région, car cela lui permettrait d'accroître son influence sur les affaires mondiales. Pourtant, si incroyable que cela puisse paraître, certains des plus grands pays de la région, qui passent leur temps à se gargariser de l'unité latino-américaine, ne soutiennent pas sa candidature. Ils devraient avoir honte.

Le volcan chilien bloque des avions au sol en Australie

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Des résidents nettoient la cendre du volcan Puyehue dans la ville villégiature de San Carlos de Bariloche, en Patagonie Argentine. L'éruption du volcan Puyehue a débuté le 4 juin dernier dans le sud du Chili. PHOTO REUTERS

«Le nuage de cendres est plus dense et plus étendu que celui qui avait perturbé le trafic aérien la semaine dernière», a indiqué Airservices Australia. Le nuage vogue entre 20’000 et 40’000 pieds d’altitude (de 6 à 13 km).
La compagnie australienne Qantas a suspendu ses liaisons avec Adelaïde (sud), Canberra (sud) et avec Sydney. Certaines liaisons internationales risquent d’être annulées.
D’autres compagnies ont aussi suspendu une partie de leurs vols (Jetstar, Virgin Australia) tandis que Tiger Airways a immobilisé tous ses appareils jusqu’à au moins 6 heures.

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Un plongeur de la Préfecture naval de l'Argentine inspecte le Rio Limay couvert de cendre du volcan Puyehue-Cordon Caulle. PHOTO REUTERS

La semaine dernière, les vols dans le ciel australien et néo- zélandais avaient été fortement perturbés par la présence du nuage de cendres. Celui-ci a continué son tour de la Terre, avant de revenir au-dessus de l’Australie.
Le volcan Puyehue est entré en éruption le 4 juin, après un demi- siècle de sommeil. Son activité décroit depuis quelques jours.

Fort séisme, de magnitude 6,3, au Chili

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Selon l'Institut de géophysique américain (USGS), l'épicentre du séisme, de magnitude 6,3, se trouvait à une profondeur de 111.3 kilomètres, à un peu moins de 100 km de la ville de Calama, dans la région désertique d'Atacama, dans l'extrême nord du pays, frappé en 2010 par un tremblement de terre et un tsunami meurtriers.
Le Bureau national des Urgences du Chili, l'Onemi, n'a pas fait état de "situation d'urgence" à la suite de ce séisme, survenu dans les régions d'Arica et d'Atacama, et, d'après lui, de magnitude de 6,4.
Le séisme "ne présente pas les caractéristiques pouvant provoquer un tsunami" sur les côtes chiliennes, a ajouté l'Onemi, citant le Service hydrographique et océanographique de la Marine.

Le centre d'alerte au tsunami pour le Pacifique a également écarté, pour le moment, toute menace d'un tsunami destructeur.
Aucun dommage n'avait été signalé vers 17H00 GMT.
Le 27 février 2010, un séisme de magnitude 8,8, suivi d'un tsunami, avait dévasté la région centre-sud du Chili, frappant en particulier la ville de Concepcion, faisant 524 morts et 31 disparus. Plus de 220.000 familles s'étaient retrouvées sans abri.
Le Chili, pays d'intense activité sismique, a enregistré en 1960 à Valdivia (sud) la secousse le plus forte jamais mesurée, de magnitude 9,5. Elle avait fait 5.700 morts.
Pour mesurer la puissance d'un séisme, l'USGS utilise la "magnitude de moment" (Mw). Sur cette échelle ouverte, un séisme atteignant une magnitude d'au moins 6 est considéré comme fort.

lundi 20 juin 2011

Chili: la justice suspend un méga-projet de barrages en Patagonie

Le tribunal de recours de Puerto Montt (sud) a accédé à une résolution s'opposant à l'approbation du projet ce qui signifie ce le projet se trouve paralysé jusqu'à ce que le fond de l'affaire soit résolu, a annoncé le pouvoir judiciaire chilien dans un communiqué.

Le projet HidroAysen, du consortium hispano-chilien Endesa-Colbun, prévoit la construction de cinq barrages sur deux vallées sauvages de Patagonie, pour produire 2.750 mégawatts et augmenter de 20% la capacité électrique du Chili, pays à forte croissance qui a frôlé en 2011 des rationnements d'électricité.

Le projet a obtenu début mai un feu vert administratif, au terme d'une procédure de trois ans ponctuée de nombreuses études d'impact sur l'environnement.

Mais il continue de générer une forte mobilisation populaire, qui a déjà suscité d'importantes manifestations, émaillées de violences, depuis un mois et demi à Santiago et Coyhaique, la ville patagonienne à 1.300 km au sud de la capitale.

Pour ses opposants, le projet HidroAysen va défigurer des pans de la Patagonie, l'un des derniers territoires vierges de la planète, dont les forêts, glaciers et lacs attirent des amoureux de la nature du monde entier.

Le Chili cartonne

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ALEXIS SANCHEZ.  PHOTO REUTERS - 20/06/2011

Fernandez, Ponce, Suazo et le probable futur joueur du Barça, Sanchez, ont fait trembler les filets. Le Chili affrontera le Paraguay en amical dans trois jours à Asunción avant de retrouver successivement le Mexique, l'Uruguay et le Pérou dans le groupe C de la Copa America 2011.

14 militaires armés boliviens sont arrêtés

Le groupe de soldats, qui circulaient à bord de deux fourgons immatriculés au Chili, ont été arrêtés dans la zone du Salar (désert de sel) de Coipasa, à environ 2000 km au nord de Santiago, a proximité d'un passage-frontière non gardé entre les deux pays, qui partagent 800 km de frontière.

Arrêtés par la police chilienne, ils ont été transférés dans un commissariat à Colchane dans l'attente d'une décision de justice, une vraisemblable expulsion.

«Le Chili dénonce de manière énergique le fait que des militaires boliviens portant des armes aient franchi la frontière de manière illégale», a déclaré le ministre chilien des Affaires étrangères Alfredo Moreno, ajoutant qu'une protestation avait été transmise au gouvernement bolivien.

«Nous espérons que la Bolivie prendra toutes les mesures pour régler ce cas, et éviter qu'il ne se reproduise», a ajouté M. Moreno, qui a été en contact à plusieurs reprises vendredi avec son homologue bolivien.

Les soldats boliviens ont expliqué qu'ils patrouillaient la zone frontalière pour prévenir un trafic de véhicules volés.

Les autorités chiliennes comme boliviennes craignaient une recrudescence du trafic de véhicules volés, en raison d'une récente mesure d'amnistie déclarée en Bolivie pour les voitures sans papiers, afin de régulariser le parc automobile.

L'incident frontalier intervient alors que les relations entre les deux pays se sont refroidies depuis mars avec l'annonce par la Bolivie qu'elle va saisir les instances de justice internationale pour récupérer un accès terrestre à l'Océan pacifique, cédé au Chili au terme d'une guerre en 1879-83.

samedi 18 juin 2011

Chili: le nuage de cendres de retour

La compagnie aérienne chilienne LAN a indiqué que certains de ses vols intérieurs vers des villes du grand sud, comme Puerto Montt, Balmaceda et Punta Arenas, ont été annulés vendredi par précaution en raison du retour du nuage. Les liaisons de LAN vers Sydney en Australie et Auckland en Nouvelle-Zélande, et vers quelques villes de l'Argentine voisine, Barriloche, Neuquén, Bahia Blanca, Rio Gallego, restaient aussi suspendus ou perturbés.

Le nuage, qui depuis l'éruption le 4 juin a suivi la rotation naturelle de la Terre, d'ouest en est, a provoqué depuis des centaines d'annulations de vols dans l'hémisphère sud, principalement en Amérique du Sud et en Océanie. Le trafic aérien revenait peu à peu à la normale et les vols entre Australie et Nouvelle-Zélande étaient ainsi quasiment tous assurés vendredi.

Les services de géologie du Chili ont prédit hier une diminution progressive, d'ici deux semaines, de l'activité du volcan, dont la colonne de fumée atteignait jeudi 3 km de hauteur, contre 12 km au plus fort de son activité. Selon le Service national géologique (Sergeanomin), deux scénarios sont possibles ces prochains jours: "l'ascension d'un corps de magma avec apparition de lave, ou la pression de ce corps sous une couche superficielle, qui pourrait générer une nouvelle explosion".

"Nous sommes proches de voir un peu de lave" à la surface du volcan, un phénomène sans danger pour les riverains et marquant le début de la fin du processus éruptif, a estimé jeudi la directeur de la Sergeanomin Enrique Valdivieso.

jeudi 16 juin 2011

Aucune stabilisation en vue dans l'éruption volcanique au Chili

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L'éruption en cours depuis le 4 juin rejette un nuage de cendres dans l'atmosphère qui a déjà contraint à l'annulation de plusieurs centaines de vols, notamment en Argentine et en Uruguay, mais aussi jusqu'en Australie et en Nouvelle-Zélande.

"Il n'y a aucun signe de changement ou de stabilisation de la situation à court terme", a déclaré Enrique Valdivieso, directeur de l'institut chilien de géologie et des mines (Sernageomin).

Selon lui, les fines particules de cendres pourraient rester plusieurs mois en suspension. Mais il est difficile de prédire leur impact sur le transport aérien.

A Buenos Aires, les aéroports devaient rouvrir mardi soir. L'activité reprenait graduellement sur le principal aéroport international d'Uruguay.

Manifestation étudiante dispersée au Chili

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une étudiante  a été heurté par un carabinier À cheval lors d’une manifestation, le mercredi 15 juin 2011 À Santiago du Chili. photo journal la tercera

Des groupes d'étudiants ont jeté des pierres aux policiers anti-émeute qui ont interrompu la manifestation dans un parc de Santiago.

Le ministre de l'Intérieur, Rodrigo Hinzpeter, a fait savoir que 16 policiers avaient été blessés et que 46 personnes avaient été arrêtées lors de la manifestation de mercredi. Un média local a également rapporté que trois photographes avaient été blessés.

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LA POLICE À CHEVAL DISPERSE UNE MANIFESTATION ETUDIANTE  À SANTIAGO DU CHILI. PHOTO JOURNAL LA TERCERA
Des élèves du secondaire et des étudiants universitaires manifestent depuis plusieurs jours pour faire part de leurs revendications, dont une éducation de meilleure qualité et des passes gratuites pour le transport en commun.

Selon les estimations de la police, 7000 étudiants se sont rassemblés mercredi pour manifester. Outre les étudiants, quelques centaines de travailleurs miniers, en grève, ont pris part à la manifestation.

mercredi 15 juin 2011

Iker Casillas offre ses gants à la première dame du Chili

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Le gardien de but a offert ses gants à la première dame du pays, déclarant qu’ils « ne rappellent sans doute pas de bons souvenirs aux Chiliens », en référence à la victoire de l’Espagne lors de la Coupe du Monde passée. 
Le portier s’est rendu pour un séjour de deux jours, afin de promouvoir deux programmes d’aide à l’enfance. Le Champion du Monde a assuré qu’il vient « en mon nom propre, celui du Real Madrid, de la sélection espagnol et du sport espagnol. Je suis vraiment très heureux de cet accueil. J’espère que vous garderez une belle image de mon passage ».

Volcan chilien: retour à la normale des vols à Buenos Aires et Montevideo


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"Les aéroports Jorge Newbery (vols intérieurs et vers les pays limitrophes) et Ezeiza (vols internationaux) sont à nouveau opérationnels", a déclaré à l'AFP une source aéroportuaire à Buenos Aires. "Il y a déjà eu trois vols internationaux au départ (d'Ezeiza) depuis mardi soir", a-t-elle précisé.
L'arrivée de la pluie a "contribué ces dernières heures à dégager le nuage de cendres, ouvrant la voie au rétablissement des vols", selon cette source.
Le gouvernement argentin a déclaré l'état d'urgence agricole dans les provinces de Chubut, Rio Negro et Neuquen, les plus touchées par le nuage en Patagonie (sud).
Le trafic aérien a en grande partie repris également depuis mardi soir en Uruguay, où les décollages et atterrissages avaient été suspendus dimanche.
La paralysie du trafic avait obligé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à prendre le bateau entre l'Argentine et l'Uruguay. Il avait déjà dû atterrir à l'aéroport de la ville argentine de Cordoba et faire 700 km de route pour rejoindre Buenos Aires, fêtant lundi son 67e anniversaire dans une station-service.
En revanche, les perturbations s'étendaient mercredi dans l'ouest de l'Australie, les compagnies Virgin Australia et Qantas suspendant leurs vols à destination et au départ de Perth.
Alors que le transport aérien dans la région subit son quatrième jour de perturbations, la desserte de la Nouvelle-Zélande et de la Tasmanie, île du sud de l'Australie, était toujours suspendue.
En revanche, les vols vers Adélaïde (sud) de Qantas, Jetstar et de la compagnie Tiger ont repris.
Le nuage de cendres du Puyehue (sud du Chili), se déplaçant à 100 km/h, est sur le point d'achever son tour du monde douze jours après le début de l'éruption le 4 juin.
"Il devrait nous atteindre samedi" à nouveau, après avoir traversé l'océan Pacifique, a prédit un responsable à la Direction de l'Aviation civile chilienne, Pablo Ortega.

CHILI : LE MASSACRE DE CORPUS CHRISTI

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Hugo Salas Wenzel. 
Photo JOURNAL EL MERCURIO
Il s'agissait de représailles contre la tentative d'assassinat contre Pinochet de 1986; l'armée prétendit par la suite qu'ils étaient morts au cours d'une fusillade.

HUGO SALAS WENZEL
Hugo Salas Wenzel est un ex-général de l'armée chilienne, en fonctions sous la dictature de Pinochet. Diplômé de l'Ecole des Amériques, il fut directeur de la CNI (Central Nacional de Informaciones), nouveau nom de la DINA, la police politique du régime, entre 1986 et 1988. Salas a été le premier haut responsable militaire condamné à perpétuité pour violations contre les droits de l'homme commises sous Pinochet, la Cour suprême entérinant la sentence en août 2007.

Le volcan chilien Puyehue menace toujours de paralyser le trafic aérien

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LE PAYSAGE DE VILLE LA ANGOSTURA, TOTALEMENT MODIFIÉ PAR LA POUSSIÈRE VOLCANIQUE QU'EN PLUS ANNULE DES CENTAINES DE VOLS. PHOTO JOURNAL EL CLARIN
Ban Ki-moon a fêté son anniversaire dans une station-service au fin fond de l'Argentine. Comme des milliers de passagers, le secrétaire général de l'ONU a été victime du volcan Puyehue. Son avion n'a pas pu atterrir à Buenos Aires et a dû se poser dans le centre du pays, l'obligeant à faire le reste du chemin par la route.
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Mais depuis lundi 13 juin 2011 au soir, la situation s'améliore. Après des annulations massives de vol, le trafic reprend normalement ce mardi aux aéroports de Buenos Aires et en Uruguay. En revanche en Océanie, le nuage perturbe toujours les transports aériens. Les vents ont poussé une partie du nuage de cendres au-dessus de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Résultat : depuis trois jours, de nombreux vols sont annulés en direction d'Adelaïde, de la Tasmanie, au sud de l'Australie.
 
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Ban Ki-moon a du suivre son voyage de 700 kilomètres  en autobus,   son vol n'a pas pu atterrir à Buenos Aires et a dû être dévié à la ville de Córdoba au centre-nord de l’Argentine.

Le trafic aérien n'est pas pour autant complètement paralysé. Si le nuage gagne en envergure, il gagne aussi en altitude. Il est donc possible de le contourner ou de voler en dessous. Mais les compagnies aériennes ne sont pas au bout de leurs peines : le volcan est toujours en éruption et son activité peut diminuer comme elle peut augmenter.

SANTIAGO DU CHILI ASPHYXIÉE PAR LA POLLUTION

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Image du phénomène océano-atmosphérique connu comme La Niña prise le 3 septembre 2010. Credit NASA / JPL Ocean Surface Topography Team
La nappe de brume grise au dessus de Santiago, qui lors des pics de pollution bouche le majestueux arrière-plan des sommets enneigés des Andes, est devenue une image traditionnelle associée à la métropole de plus de six millions d'habitants, une des plus polluées d'Amérique latine après Mexico.

Ces jours-ci, la nappe s'installe, et cette fin d'automne austral associée à une absence de pluie due au phénomène climatique "La Niña", font craindre le pire pour l'hiver imminent.


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Le ministre Mañalich a demandé par téléphone le soutien à son collègue le ministre de  Transports, Pedro Pablo Errázuriz, pour appliquer les mesures de suspension ou de restriction de la circulation. Photo AGENCIAUNO
Trois journées déjà depuis début mai, une "pré-alerte" sanitaire a été déclarée par les autorités: elle entraine une restriction de circulation de l'ordre de 20%, paralyse quelque 500 activités industrielles sur la métropole, et déconseille la pratique des sports de plein air.

"Nous observons un changement dramatique de la situation épidémiologique, des affections respiratoires, surtout chez les enfants, depuis deux-trois semaines, en lien direct avec la pollution, une année de sécheresse, et beaucoup de poussière dans l'atmosphère", a déclaré le ministre de la Santé Jaime Mañalich.

Déjà, les services d'urgences ont relevé ces dernières semaines une hausse de 23% des admissions, à 80% pour affection des voies respiratoires.

"La pollution atmosphérique se traduit directement par une augmentation des cas (d'affections) car les voies respiratoires s'irritent, et deviennent plus vulnérables à des agents pathogènes", explique la pédiatre pneumologue Rebeca Paiva.


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Les indicateurs inquiétants actuellement sont la présence, anormalement tôt dans l'année, du virus syncytial, cause d'infection respiratoire qui peut être très grave, voire mortelle chez les enfants de moins de six mois. En principe, le virus n'apparait à Santiago que vers la fin août.

Parallèlement, les services de santé ont recensé quatre fois plus de cas de toux convulsives que la normale, une autre affection qui peut s'avérer fatale chez les nourrissons.

"Cet hiver va être très difficile, beaucoup d'enfants vont être hospitalisés, et beaucoup vont se retrouver dans un état très sérieux", a d'ores et déjà prévenu Mañalich. Et cela, indépendamment d'un éventuel mieux sur le plan de la pollution atmosphérique.

Le ministère de la Santé a débloqué 5 millions de dollars pour des renforts de personnel soignant, et mobilisé 500 lits programmés pour des opérations non urgentes.

Pour autant, l'alerte sanitaire n'est pas encore envisagée; la dernière avait été déclarée pour la grippe H1N1 en 2009, qui avait tué 120 personnes au Chili, et affecté près de 12.000 personnes.

La situation sanitaire actuelle a relancé le débat, récurrent, sur l'air de Santiago.

La capitale chilienne parait à bien des égards condamnée à la pollution, à la fois par son encaissement géologique, entre collines et montagnes, l'absence de vents brassant les particules, et sa croissance continue: sa population a triplé en 50 ans, son parc automobile (1,3 millions) au diapason.

La crise respiratoire a fait aussi tousser au gouvernement: le ministre de la Santé a réclamé une réflexion n'excluant "aucune initiative" pour dépolluer Santiago, comme des restrictions de circulation à caractère permanent. "Pas dans les projets" du gouvernement à ce stade, a répliqué sa porte-parole.