mercredi 27 juillet 2011

CHILI – L’Eglise propose le dialogue à propos d’un problème encore non résolu, celui de l’instruction publique

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DES PARENTS D'ÉLÈVES ET DES ÉTUDIANTS OCCUPENT LA CATHÉDRALE DE SANTIAGO DEMANDANT LA PARTICIPATION DIRECTE DE L’EGLISE CATHOLIQUE AU DÉBAT SUR D’ÉDUCATION AU CHILI. 

Après la rencontre, l’Archevêque a soutenu les appels au dialogue entre les manifestants et les autorités compétentes dans le domaine de l’instruction publique. « Je soutiens la demande de dialogue. J’ai toujours dit qu’il est préférable mettre sur la table les problèmes que nous devons résoudre et d’en parler plutôt que de les affronter en ayant recours à des méthodes violentes. La violence ne conduit jamais nulle part » a déclaré Mgr Ezzati.
La réforme du système éducatif, la qualité de l’instruction, la possibilité d’accéder à une instruction complète et de qualité quel que soit le niveau social auquel appartiennent les jeunes se trouvent depuis longtemps au centre du débat social au Chili.


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DES PARENTS D'ÉLÈVES ET DES ÉTUDIANTS OCCUPENT LA CATHÉDRALE DE SANTIAGO DEMANDANT LA PARTICIPATION DIRECTE DE L’EGLISE CATHOLIQUE AU DÉBAT SUR D’ÉDUCATION AU CHILI. 
L’Archevêque a en outre déclaré : « Je suis très préoccupé par un groupe de jeunes qui a entrepris un grève de la faim ainsi que pour la plainte déposé par les parents concernant les 150 jeunes qui ont été agressés au cours des manifestations. Je crois que la société a le droit de vivre en paix, de parler clairement et de chercher le dialogue pour résoudre nos problèmes ».
C’est ce que rapporte la note envoyée par la Conférence épiscopale portant la date du 22 juillet. Le 24 juillet, un groupe nombreux d’étudiants a manifesté avec des pancartes devant la Cathédrale demandant la participation directe de l’Eglise catholique au débat sur ce thème alors qu’à l’intérieur de la Cathédrale était célébrée la Messe pour les 450 ans de l’Archidiocèse.
S. Exc. Mgr Ezzati s’est exprimé dès le début du débat en faveur du dialogue pour résoudre le problème (voir Fides 04/07/2011). Les Evêques du Chili ont publié une note le 23 juin dans laquelle ils appellaient à la responsabilité en ce qui concerne le système éducatif, devoir de toute la communauté (voir Fides 25/06/2011). (CE) (Agence Fides 26/07/2011)

lundi 25 juillet 2011

Recaredo Gálvez Carrasco placé en garde à vue

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LES ETUDIANTS DES UNIVERSITES DE CONCEPTION ORGANISENT DES VEILLEES DEVANT LA PRISON EL MANZANO, EXIGEANT LA LIBERATION DU DIRIGEANT RECAREDO GALVEZ CARRASCO. SUR LA BANDEROLE : « FAUSSE CHARGE ». PHOTO J. RIQUELME.
Suite aux manifestations et aux affrontements entre étudiants et policiers jeudi 21 juillet à Concepción -ville universitaire au sud du Chili- le jeune a été arrêté et brutalement tabassé à l’intérieur d’un bus de la police.

L’étudiant a été assommé par les coups et son état a exigé l’intervention d’un médecin. Accusé de port d’arme et de lancer un « cocktail  Molotov » contre des policiers, Recaredo Gálvez a été écroué Vendredi 22 juillet à la prison El Manzano de Concepción.

Les syndicats d’étudiants ont rejeté les accusations et dénoncent un montage grossier de la police, qui cherche à neutraliser les dirigeants et à criminaliser le mouvement des demandes étudiantes. En effet, depuis plusieurs semaines, à l’appel des étudiants et des syndicats de l’enseignement, des manifestations massives se succèdent dans toutes les villes du Chili en défense de l’éducation publique.
Des étudiants participant aux manifestations ont subi des intimidations, des menaces et agressions de la police. D’autre part, ce genre de montage policier a déjà été utilisé, notamment contre les mobilisations des Mapuche.

L’arrestation du dirigeant Recaredo Gálvez Carrasco soulève une vague de solidarité parmi les étudiants, qui manifestent aux abords de la prison pour exiger sa libération.  

Guy Desmurs

vendredi 22 juillet 2011

Le Chili ébranlé par le scandale des écoutes illégales

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LE GÉNÉRAL DIRECTEUR DE CARABINIERS, EDUARDO GORDON,
SORT DU PALAIS PRÉSIDENTIEL DE LA MONEDA, JUILLET 2011.
PHOTO ÁLEX MORENO   
Lors d'une conférence de presse, des députés ont critiqué les écoutes téléphoniques présumées imputées à la police et ont annoncé qu'ils remettront tous les éléments de l'accusation à la Justice et au Ministère de l'Intérieur. 
Pour sa part, le général directeur de Carabiniers, Eduardo Gordon, déclare que la dénonciation des écoutes téléphoniques « me gêne fortement ». il a dit qu'il fut surpris que l'on donne crédit à une accusation sans fondements et souligné que l'institution est ouverte à coopérer avec la Justice sur l'affaire.

jeudi 21 juillet 2011

Chutes de neige au Chili: des milliers de personnes coupées du monde

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LA VILLE DE LONQUIMAY, EN ÉTAT DE CATASTROPHE NATURELLE. PHOTO MARIO QUILODRAN
Les autorités s'employaient à faire dégager les routes, à rétablir l'approvisionnement en eau et en électricité, acheminer des aliments à la population et du fourrage pour le bétail, alors que les températures se situent autour de -20 degrés et qu'il est tombé à certains endroits jusqu'à 2,5 mètres de neige.

Les communes rurales sinistrées, Curarrehue, Melipeuco, Curacautin et Lonquimay, sont situées à environ 600 km au sud de Santiago. Ces communes ont déjà été touchées par le nuage de cendres du volcan Puyehue, entré en éruption le 4 juin à 200 km de là. Une partie des pâturages et des routes avait alors été recouverte d'un épais manteau gris.

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LE GOUVERNEMENT A DÉCIDÉ DE VENIR EN AIDE AUX SINISTRÉS, NOTAMMENT À LONQUIMAY.
 PHOTO MARIO QUILODRAN
Le gouvernement a décidé de venir en aide aux sinistrés, notamment à Lonquimay, en déclarant l'état de catastrophe naturelle, ce qui va nous donner davantage de moyens pour aider les Chiliens qui aujourd'hui vivent dans l'adversité, a déclaré le président chilien Sebastian Piñera.

La région traverse des moments très difficiles en raison des dégâts causés par des chutes de neige exceptionnelles, après avoir été touchée par l'éruption d'un volcan qui continue de cracher des cendres, a-t-il ajouté.

Les communes les plus touchées sont en état d'alerte rouge car 70% des routes sont impraticables, la neige n'ayant cessé de tomber depuis la semaine dernière.

mercredi 20 juillet 2011

Salvador Allende s'est bien suicidé


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CADAVRE DE SALVADOR ALLENDE SALON INDEPENDENCE 2° ETAGE LA MONEDA 11 09 1973


Le corps de Salvador Allende, icône de la gauche latino-américaine, avait été exhumé au mois de mai pour déterminer si sa mort résultait bien d'un suicide (version officielle) ou d'un assassinat par un putchiste (thèse notamment défendue par Fidel Castro). Salvador Allende est mort par balle, à 65 ans, dans le palais présidentiel, à Santiago, bombardé par l'armée rebelle durant le coup d'Etat du général Augusto Pinochet.

Le rapport d'analyse des experts médicaux chiliens détermine que la « mort a été causée par une blessure par projectiles » et qu'elle « correspond bien à un suicide ». Selon David Prayer, spécialiste en balistique, le premier socialiste élu à la tête du Chili en 1970 est mort « de deux balles de fusil automatique AK-47 qu'il tenait entre ses genoux en pointant vers son menton ». Une des balles a même été retrouvée dans sa dépouille.

Soulagement pour la famille

L'ancien président chilien avait toujours juré qu'il ne se laisserait pas prendre vivant et qu'il mourrait les armes à la main. Mais le fusil et la balle ayant entraîné sa mort n'ont jamais été retrouvés. De plus, la veuve et la fille de Salvador Allende n'avaient pas pu voir son corps. C'est pour lever le mystère qui régnait toujours autour de cette mort que la Cour suprême du Chili avait ouvert une procédure le 27 janvier dernier.

« La conclusion est la même que celle de la famille Allende. Le président Allende, le 11 septembre 1973, alors qu'il se trouvait dans des circonstances extrêmes, a pris la décision de se suicider plutôt que d'être humilié ou de subir toute autre chose » a déclaré la fille du chef d'Etat défunt, la sénatrice Isabel Allende. Elle a ajouté que « la famille avait appris la nouvelle avec un grand calme car les enseignements de ce rapport correspondent à sa conviction ». Il ne manquait donc plus que les preuves formelles, surtout balistiques, pour mettre fin aux rumeurs d'assassinat ou de suicide assisté. Théories que défendaient certains dirigeants et journalistes étrangers.

L'enquête sur la mort du président chilien a été rouverte parallèlement à celle de 725 dossiers de crimes contre l'humanité commis pendant que Pinochet était au pouvoir (1973-1990). Ceux-ci n'avaient jamais été considérés, faute de plaintes. Au total, la dictature au Chili est responsable de plus de 3.100 morts et disparus.

Par Maxime Ricard

lundi 18 juillet 2011

Chili : Piñera remanie son gouvernement
après des manifestations massives

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REMANIEMENT : le nouveau gouvernement Piñera.
Photo Alex Ibañez
Le premier président de droite au Chili après vingt ans de gouvernements de centre-gauche a nommé quatre nouveaux ministres à l'Economie, l'Energie, la Justice et au poste de porte-parole du gouvernement. Il a également annoncé des permutations aux ministères de l'Education, la Planification, les Travaux publics et des Mines.
"Nous sommes mis à l'épreuve, nos institutions, nos leaderships, nous sommes mis à l'épreuve par une citoyenneté qui est plus sûre d'elle, qui exige de plus importants niveaux de participation et d'égalité", a déclaré le président.
Andres Chadwick, cousin du chef de l'Etat, sera porte-parole du gouvernement, Pablo Longueira sera ministre de l'Economie. Le nouveau ministre des Mines sera Hernan de Solminihac.
La popularité de M. Piñera, au pouvoir depuis 15 mois, était montée en flèche après le sauvetage ultramédiatique en octobre de 33 mineurs chiliens coincés sous terre. Mais depuis, il s'est trouvé confronté à une contestation croissante.
Etudiants, ouvriers, écologistes ou militants homosexuels: des dizaines de milliers de Chiliens ont investi les rues ces dernières semaines autour de revendications très variées comme le rejet de la construction de barrages électriques en Patagonie, la défense de l'union homosexuelle ou d'une éducation publique de meilleure qualité.
Cette effervescence sociale surprend dans un pays réputé politiquement stable, notamment depuis la transition pacifique vers la démocratie qui a suivi la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).
Mais de profondes inégalités sociales demeurent dans ce pays minier souvent présenté comme un modèle économique en Amérique latine et qui affiche des perspectives de croissance de l'ordre de 6% pour 2011.

dimanche 17 juillet 2011

Chili : des menaces du gouvernement
contre la mobilisation sociale

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La Direction nationale du Collège de Professeurs, des dirigeants communaux du syndicat des enseignants et l'avocat Eduardo Contreras, ont annoncé des possibles actions légales contre les Gouvernement. Photo Colegio de Profesores 
Son avocat, Eduardo Contreras, a accusé le Gouvernement d'être « ignorant » dans le domaine juridique, après avoir imputé à Jaime Gajardo une responsabilité dans les débordements de la marche des étudiants du 14 juillet dernier.

Confronté depuis des mois à une très forte contestation menée par les étudiants et les enseignants, le gouvernement essaie de désamorcer la protestation ascendante par des menaces sur ses dirigeants, et par plusieurs tentatives de criminaliser une mobilisation qui peut s’étendre vers d’autres franges sociales.

Chili: après l'état de grâce,
Piñera confronté aux oubliés de la croissance

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Une diversité de styles et une grande créativité c'est ce que l'on a pu apprécier lors de la nouvelle marche pour l'éducation, convoquée par les principaux syndicats étudiants, lycéens et des professeurs au Chili. Ici, des étudiantes peintes comme de joueurs de l'équipe de football du Chili (body painting), qui dispute actuellement la «Copa America 2011». PHOTO AFP
La popularité de M. Piñera, au pouvoir depuis 15 mois, était montée en flèche après le sauvetage ultramédiatique en octobre de 33 mineurs chiliens coincés sous terre. Mais depuis, il s'est trouvé confronté à une contestation croissante.
Etudiants, ouvriers, écologistes ou militants homosexuels: des dizaines de milliers de Chiliens ont investi les rues ces dernières semaines autour de revendications très variées comme le rejet de la construction de barrages électriques en Patagonie, la défense de l'union homosexuelle ou d'une éducation publique de meilleure qualité.


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Chili: nouvelle manifestation monstre à Santiago.
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé ce jeudi 14 juillet sur la principale avenue de Santiago, malgré l'interdiction de manifester dans le centre ville émise par le pouvoir.
Cette effervescence sociale surprend dans un pays réputé politiquement stable, notamment depuis la transition pacifique vers la démocratie qui a suivi la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).
Mais de profondes inégalités sociales demeurent dans ce pays minier souvent présenté comme un modèle économique en Amérique latine et qui affiche des perspectives de croissance de l'ordre de 6% pour 2011.
Pour les observateurs, d'autres facteurs favorisent l'expression de la grogne: une société plus éduquée, un meilleur pouvoir d'achat, la déception accumulée face aux promesses non tenues par les politiques et l'émergence de réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, qui ont favorisé l'expression des frustrations dans un contexte dominé par des médias conservateurs.
"Nous constatons l'arrivée de manifestants d'un autre niveau. Plus éduqués, éminemment urbains et qui font partie des rouages de la machine", analyse le sociologue et écrivain Pablo Huneeus.
Aujourd'hui, M. Piñera est au plus bas dans les sondages. Selon une récente enquête de l'institut Adimark, la cote du président a chuté de 5 points en juin. Et il fait l'objet d'un rejet record de la part de la population, à 60%. Ce qui semble délier les langues de ses détracteurs.
"Quand le soutien au président est bas, les groupes de mécontents vont dans la rue pour exercer une pression, car ils estiment qu'un gouvernement affaibli est davantage susceptible de céder à ces pressions", estime le politologue de l'université Diego Portales, Patricio Navia.
M. Piñera, entrepreneur milliardaire, a été élu en mars 2010, soit 12 jours avant un tremblement de terre dévastateur qui a fait environ 500 morts et des dégâts estimés à 30 milliards de dollars (plus de 21 milliards d'euros).
La situation d'urgence qui a marqué son premier mandat lui a offert un répit dans la protestation sociale qui était attendue avec l'arrivée de la droite au pouvoir, après quatre gouvernements de centre-gauche.
"Parmi les principales causes de l'impopularité de M. Piñera figurent les hautes espérances placées dans son gouvernement qu'il a été incapable de satisfaire", résume M. Navia.
"M. Piñera est arrivé au pouvoir avec la promesse d'un changement et ce changement ne s'est pas produit, ce qui suscite énormément de frustration", abonde Marta Lagos, directrice de l'institut de sondages Latinobarometro.
La personnalisation excessive du pouvoir et le manque de poigne de ses collaborateurs face à la contestation sont souvent reprochés à Sebastian Piñera.
Aujourd'hui, ses propres alliés de la coalition gouvernementale demandent un remaniement ministériel au lendemain de nouvelles manifestations estudiantines.

samedi 16 juillet 2011

Le Chili est poursuivi pour négligence
par 31 des mineurs miraculés

Parlant en leur nom, Luis Urzua, le chef de quart qui est devenu leur porte-parole, souhaite que « toutes les souffrances que nous et nos familles avons subies » soient reconnues. Il a précisé que « cette action vise l'État et non le gouvernement ».

Les travailleurs étaient restés sous terre l'an dernier entre août et octobre dans la mine de San José où ils avaient été pris au piège après un éboulement. Leur remontée à la surface avait été suivie par les télévisions du monde entier.

Edgardo Reinoso, l'avocat qui les représente, a déposé vendredi une plainte au bureau d'un procureur du tribunal de Santiago. Elle demande à l'État chilien une indemnisation de 540 000 $ pour chacun des plaignants.

L'un des mineurs, Claudio Yañez, a soutenu que le site, qui a été le théâtre de nombreux accidents, avait déjà été fermé par le passé. D'ailleurs, en 2005 et en 2007, deux travailleurs y avaient trouvé la mort.

Ces plaintes s'ajoutent à une autre déjà émise par les familles de mineurs contre la direction de la mine et le Service national de géologie et des mines. Les indemnités qui sont réclamées totalisent plusieurs millions de dollars. En outre, les mineurs demandent leurs retraites anticipées, en raison des séquelles physiques et psychologiques subies.

Un rapport d'une commission d'enquête parlementaire sur l'accident de San José avait été adopté par la Chambre des députés. Même s'il n'a pas d'implication juridique, il concluait que la responsabilité des patrons de la mine était reconnue « pour n'avoir pas adopté les mesures requises de sécurité du travail ». Ce rapport mettait aussi en cause le Service national de géologie et des mines pour son « manque de contrôle des opérations minières ».

Les opérations de secours pour rescaper les mineurs avaient coûté 20 millions de dollars.

Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse

vendredi 15 juillet 2011

Chili : un soulèvement étudiant sans précédent

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Photo Héctor Yáñez
Dans le centre de Santiago, le défilé, festif en début de cortège, a dégénéré. La Police s’est opposée à coup de gaz lacrymogène et de jets d’eau à une centaine d’étudiants et de lycéens devant le Palais de La Moneda, siège de la présidence. Bilan : près de 62 personnes arrêtées et une cinquantaine de blessés, dont un policer gravement brûlé par un cocktail Molotov.

"500 à 1800 dollars par mois"

"L’endettement des étudiants est insoutenable, nous exigeons que le gouvernement y mette fin", résume sur CNN Chili Camilla Vallejo, leader du mouvement, le 28 avril dernier. « Le Chili possède les ressources qu'il faut pour se payer une éducation publique gratuite », s’indignait-elle.

Faire des études supérieures au Chili coûte extrêmement cher. La nation chilienne s'inscrit à la deuxième place du classement des pays où l'enseignement universitaire est le plus couteux pour les étudiants, juste derrière les Etats-Unis.

L'accès aux études supérieures de qualité reste donc encore réservé aux enfants de milieux aisés, ou implique que les étudiants s’endettent très fortement. « Plus de la moitié des étudiants suivent un cursus dans une université privée, dont les prix varient de 500 à 1800 dollars par mois », explique Gregory Elacqua, directeur de l’institut de politiques publiques de l’université Diego Portales.

Une réalité délicate, puisque "la plupart des étudiants reverse une part très importante de leurs revenus futurs pour rembourser leurs crédits", s’inquiète Gregory Elacqua.

Dans les universités publiques, le problème reste le même, puisque l’Etat chilien ne les finance qu’à hauteur de 10% maximum. "90% des coûts d’éducation reste à la charge de l’étudiant et de sa famille, ça représenter de très grosses sommes à l’année", explique Vladimir Sierpe, professeur d'espagnol et de civilisation hispano-américaine à Sciences Po Lille.

L’endettement pour l’éducation des enfants est pesant pour les familles chiliennes, qui ont d’autant plus de mal à supporter la situation que les indicateurs économiques du pays sont au beau fixe. Selon une récente enquête de l’Université Federico Santa Maria, 81% des chiliens soutient le mouvement étudiant. Récemment, la popularité du président Sebastián Piñera est descendue à 31%, bien loin des 63% d’opinion positive dont il jouissait en octobre 2010, au lendemain du très médiatique sauvetage des mineurs. Une dégringolade en seulement quinze mois de pouvoir.

Inscrire l'éducation dans la Constitution

Les étudiants et lycéens demandent également que l’éducation soit inscrite comme un droit pour tous dans la constitution. Une constitution qui date de la dictature d’Augusto Pinochet, sous laquelle l’éducation supérieure a largement été privatisée.

Le retour des écoles publiques gérées par les municipalités dans le giron de l’Etat est aussi perçu par les étudiants comme le meilleur moyen pour contrer les inégalités entre écoles dues aux écarts de richesse entre les quartiers ou d'une ville à l'autre.

Les étudiants avaient organisé la grande marche du 14 juillet pour signifier leur rejet du Grand Accord National pour l’Education (GANE) proposé par le président Sebastián Piñera la semaine dernière. Ce plan doté d’un fond de 4 milliards de dollars prévoit une augmentation des bourses pour les étudiants et une baisse des taux d’intérêt des prêts contractés pour financer leurs études.

Des propositions insuffisantes pour les étudiants, qui dénoncent également les tentations du gouvernement d'autoriser les universités privées de faire des bénéfices.

Au Chili, la loi interdit de tirer profit de l’éducation supérieure « mais dans la pratique, les universités privées ont trouvé nombre de subterfuges légaux pour contourner le problème, via les services payants proposés aux étudiants par exemple », explique Gregory Elacqua.

"La marmite explose"

"La marmite explose, il y a un peu du mouvement des indignés dans l’ambiance, on parle de 'ras-le-bol' au Chili", raconte Vladimir Sierpe, pour qui "les chiliens mettent en question la classe politique dans sa capacité à agir pour l’intérêt général". Le mouvement de grogne pourrait donc s’étendre au reste des travailleurs chiliens.

Depuis deux mois la tension monte, les principales villes du Chili sont en ébullition. Etudiants et lycéens descendent régulièrement dans la rue, bloquent les universités publiques et lycées et organisent des activités politico-culturelles pour protester contre l’inégalité du système éducatif chilien. Le 30 juin dernier, les organisations étudiantes ont compté environ 400 000 manifestants dans tout le pays.

La situation est loin d’être anodine, car le Chili n’avait pas connu de manifestations de cette ampleur depuis 1990, année du retour à la démocratie après la dictature de Pinochet.

Jeudi 14 juillet, divers syndicats de travailleurs, dont les professeurs et les transporteurs publics s’étaient joint à la marche. Les mineurs sont aussi mobilisés puisque étudiants et lycéens proposent de nationaliser les mines de cuivre chiliennes pour financer les réformes à mener dans le système éducatif.

Léonor Lumineau-Marsaudon - 

Le Nouvel Observateur

Zéro pointé pour le président Piñera

Pour le quotidien chilien, “les manifestations étudiantes sont la cause principale du rejet dont le président est l’objet”. Etudiants et lycéens manifestent presque quotidiennement depuis deux mois pour réclamer une éducation gratuite et de qualité pour tous. Le système éducatif chilien est parmi les plus onéreux et les plus inégalitaires du monde. L’Etat ne consacre que 4,4 % du PIB à l’éducation. Seuls les enfants des familles les plus riches peuvent bénéficier de l’enseignement de qualité dispensé dans des institutions privées. Les autres doivent se contenter d’établissements semi-publics, qui restent chers, ou publics, aux mains des municipalités (depuis le régime de Pinochet), connus pour leur manque de moyens et leur mauvais niveau. 

La plupart des Chiliens s’endettent pour pouvoir faire des études universitaires. Plusieurs manifestations ont été violemment réprimées, mais les étudiants rivalisent d’imagination pour montrer leur détermination et leur volonté de manifester pacifiquement. Le 6 juillet, plus de 2 000 élèves ont organisé un besatón (marathon de baisers) et se sont ainsi embrassés sur les places des principales villes du pays pour montrer que “l’éducation est une passion”. 

Le lendemain, le ministre de l’Education nationale, Joaquín Lavín, ayant avancé la date des vacances scolaires de deux semaines en espérant casser le mouvement, étudiants et lycéens ont transformé la principale place de Santiago en plage et sont venus manifester en maillot de bain alors qu’il faisait à peine 15 °C en ce début d’hiver austral. Les étudiants ont réussi à placer l’éducation au cœur du débat politique, et les manifestations, dont certaines ont rassemblé plus de 100 000 personnes, sont parmi les plus importantes de ces dernières années.

Il y a moins de neuf mois, juste après le sauvetage des 33 mineurs bloqués sous terre pendant plus de deux mois, la cote de popularité de Sebastián Piñera, qui incarne le retour de la droite au pouvoir depuis la dictature, était au plus haut.

Chili : heurts entre policiers et étudiants

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Les forces de police ont fait usage de grenades lacrymogènes. Photo Héctor Yáñez
Les forces de police ont fait usage de grenades lacrymogènes et des véhicules lanceur d'eau pour tenter de disperser les manifestants qui s'étaient rassemblés devant le palais présidentiel de la Moneda sans autorisation des autorités,  a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants ont répliqué à coups de pierres et de bâtons.

Interrogé sur la situation, le ministre-adjoint de l'Intérieur Rodrigo Ubilla s'est contenté d'expliquer que la police avait dispersé la manifestation car elle n'était pas autorisée.

Ils jouent avec le feu. Cette marche n'était pas autorisée, a déclaré à M. Ubilla à des journalistes alors que les affrontements se poursuivaient.

La marche avait débuté dans une ambiance festive et bon enfant, et rassemblait étudiants, professeurs, parents et enfants, mais la situation a dégénéré à l'avant du cortège, lorsque les policiers ont tenté d'empêcher les manifestants de rejoindre la Moneda.

La police n'a pas fourni d'indications sur le nombre de manifestants.

Plusieurs rassemblements massifs d'étudiants avaient déjà ponctué le mois de juin, mobilisant à deux reprises plus de 80.000 personnes.

Le 30 juin, des heurts violents entre manifestants et policiers s'étaient déjà soldés par 13 arrestations et un policier blessé.

Les étudiants veulent que l'Etat reprenne la tutelle des établissements publics qui accueillent 90% des 3,5 millions d'élèves. Leur gestion avait été déléguée aux municipalités par le régime militaire et néolibéral du général Augusto Pinochet (1973-1990).

L'Etat consacre 4,4% du PIB (contre 7% recommandés par l'Unesco) à l'éducation, et les profondes inégalités du système éducatif --reflétant les différences sociales du pays-- avaient déjà été la source de révoltes sous les gouvernements de centre-gauche.

Aujourd'hui, c'est Sebastian Piñera, devenu début 2010 le premier président de droite du Chili depuis 20 ans, qui est confronté au malaise structurel de l'éducation.

La grogne sociale ne cesse d'enfler contre le gouvernement Piñera, qui a aussi été confronté ces dernières semaines à une forte mobilisation populaire contre un projet de barrages hydroélectriques dans la nature sauvage de la Patagonie (sud).

jeudi 14 juillet 2011

Les étudiants chiliens contre l'ultra libéralisme


 Manifestation du 30 juin 2011 à Valparaiso, Chili.
Ces jours-ci, à Santiago du Chili, ce ne sont pas les habituelles liesses de supporters qui animent l'Alameda, la rue principale. Tout aussi festifs, les étudiants défilent, entre marionnettes géantes de Pinochet – l'ex dictateur – ou Sebastian Piñera –l'actuel président–, et fausses pleureuses, accompagnant le cortège de la défunte éducation. Autour du cou des manifestants, des pancartes annoncent des chiffres mirobolants : « Je dois 20,000,000 pesos (30 600 euros environ). Et toi ? ».

Depuis le mois de mai, les étudiants chiliens paradent pour réclamer une éducation publique, gratuite et de qualité. Si « en France, l’éducation s’achète collectivement et est considérée comme un bien social, qui doit être assumé par tous, au Chili, c’est aux individus de financer leurs études » explique Juan Pablo Pallamar, ancien président des Jeunes socialistes chiliens.

Car quel que soit leur statut, public ou privé, les universités sont toutes payantes. Et pour financer leurs études, les jeunes, ou leur famille, s'endettent.

Ces mobilisations ont été initiées par la génération des étudiants ayant fini leur cursus et qui doivent désormais rembourser leur prêt bancaire. Le problème, dénonce Juan Pablo, c'est qu' « une fois payé le loyer et la nourriture, il ne reste rien ! Alors les indemnités de retard s’accumulent, c’est un cercle vicieux. »

L'ÉDUCATION, UNE MARCHANDISE

À la fin du secondaire, comme dans beaucoup d'autres pays, les jeunes Chiliens passent une épreuve déterminante pour la suite de leurs études et de leur budget. Du nombre de points obtenus à ce long QCM dépend l'université où ils iront. Et donc le nombre de zéros au montant de leur dette.

Les universités chiliennes sont classées en deux catégories. Celles qui ont obtenu le label « traditionnelles », datant de la dictature, et les autres, privées et autonomes, qui ne reçoivent pas de fonds de l'Etat et sont encore plus chères. C’est pourtant dans ces dernières que se dirigent les élèves aux résultats moyens, souvent issus de milieux défavorisés. Chaque mois de cours coûte entre 250 et 500 euros. Quand on sait que le revenu minimum est de 264 euros/mois au Chili, cela représente des sommes astronomiques.

D'autant que, selon les manifestants, ces frais contribueraient plus à alimenter les rendements des investisseurs qu'à améliorer la qualité des formations peu reconnues sur le marché international du travail. « Assez de profits ! » crient les étudiants chiliens.


Les gouvernements de centre gauche qui sont succédés depuis la restauration de la démocratie n'ont jamais nationalisé l'éducation. Ils ont seulement rendu disponibles à tous les outils d'endettement.

Les familles, qui financent 80% des frais de scolarité, peuvent désormais recourir à un crédit garanti par l'État, avec un taux d’intérêt de 5,8 %. Felipe, dont la famille ne peut payer les 5400 euros annuels pour sa formation de vétérinaire, en a bénéficié au nom des critères économiques requis. Pour les autres, les banques et les universités proposent une variété de prêts sur 10 à 20 ans et avec des taux d’intérêts encore plus élevés.

UN CONTEXTE EXPLOSIF

Ce n’est pas la première fois que les « pingouins », étudiants du secondaire reconnaissables à leur uniforme, se révoltent. En 2006, ils avaient déjà fortement ébranlé le gouvernement de Michelle Bachelet. Depuis cette date, ces mouvements suscitent une vraie solidarité de la part de la société chilienne.

Mais ce qu'il se passe en ce moment n’a pas de précédent. Ces manifestations de 100 000 personnes dans la capitale, 500 000 dans le pays, doivent être rapportées aux quelques 16 millions de Chiliens qui peuplent le territoire. Juan Pablo Pallamar se souvient : « Il y a quelques années, quand on rassemblait 10 000 personnes, c’était la révolution ! »



Si ce sont les étudiants, du collège à l’université, ainsi que les parents et les professeurs qui défilent, l’opinion publique est majoritairement derrière eux. Aujourd'hui, 81,9% des Chiliens soutiennent leurs revendications. Jusqu’à la Conférence épiscopale chilienne qui, dans un communiqué du 23 juin, appelait le gouvernement à écouter le « mal être de la société » et les « justes demandes » du peuple.

Le contexte est par ailleurs explosif, malgré une croissance forte. Les derniers mois ont été marqués par un ensemble de polémiques, notamment contre le projet « Hydroaysen » de barrages hydroélectriques en Patagonie.
Sebastian Piñera, qui s’était fait fort de son image de sauveur lors de l’accident des 33 mineurs, recueille désormais 60% d’opinion défavorable et fait face à une véritable crise politique. Ses tentatives pour désamorcer la question étudiante — négociations, promesses a minima et vacances avancées— n’ont fait qu’altérer sa crédibilité.


UN VIRAGE IDÉOLOGIQUE

Au delà de la popularité du gouvernement Piñera, c'est le consensus social hérité du renversement de la dictature qui est ébranlé. Pour Juan Pablo Pallamar, ce mouvement qui trouve son origine dans l’éducation est d'ailleurs « surtout idéologique ». Le système scolaire est critiqué parce qu’il s’agit d’une éducation de marché qui reproduit les fortes inégalités au sein de la population chilienne. Ces manifestations traduiraient donc un choix de société : le refus du tout libéral tel qu’il a été porté au Chili depuis Pinochet.

Rodrigo enseigne l'espagnol et espère « qu’enfin le Chili est en train de changer de cap », renonçant aux « fondements néolibéraux hérités de la dictature et qui n’ont pas été abandonnés pendant toutes ces années de supposée démocratie. » Professeur, il dit marcher ces jours-ci avec le sourire aux lèvres dans Santiago et regarder avec espoir et admiration l’avenir des nouvelles générations. « Chaque jour je crois un peu plus que ma fille pourra vivre dans un pays meilleur ».

13 juillet 2011






mercredi 13 juillet 2011

Ce « 14 Juillet » grève des étudiants et des Professeurs au Chili


Le préfet de la région Métropolitaine, Fernando Echeverría, a autorisé la marche de protestation des étudiants à Santiago du Chili, convoquée pour le jeudi 14 juillet  par le Collège des Professeurs et la Confédération d'Étudiants, qui réunit l'ensemble des syndicats étudiants des Universités chiliennes. Et ce, malgré l'opposition du maire de la capitale chilienne, Pablo Zalaquett.

Ce dernier est membre du parti Union démocrate indépendante (UDI), fondé par des catholiques conservateurs de l'Opus Dei, qui avait fourni la plupart des cadres de l'administration de la dictature d’Augusto Pinochet.

Le Chili devant la Cour de justice de La Haye

« Le gouvernement bolivien profite du contentieux entre le Pérou et le Chili pour soumettre lui aussi aux juges de La Haye sa revendication pour un accès à la mer » explique le journal. « C’est le président bolivien, Evo Morales qui l’a annoncé hier » explique La Nacion. Un contentieux hérité de l’Histoire au même titre que celui qui oppose le Pérou et le Chili sur les frontières maritimes. La Nacion rappelle qu’en mars dernier Evo Morales avait déjà annoncé qu’il utiliserait « tous les tribunaux et les organismes internationaux pour obtenir un accès souverain au Pacifique ». C’est donc fait.

Scandale financier au Chili « La Polar »

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Slogan  publicitaire des magasins : « La Polar : Llegar y llevar » ( Arriver et emporter)
Cette chaîne de magasins proposait à ses clients une carte de crédit maison et pour masquer ses difficultés financières, elle a revendu les créances des clients augmentant de fait leur endettement. L’accord que leur propose La Polar est bien loin de leurs espérances. En l’état actuel, ils ne récupéreront que très peu des intérêts qu’ils ont payés en plus. La Nacion cite l’exemple de cette femme qui a obtenu un crédit de 80 000 dollars et devait en rembourser 500 000. Avec les propositions de La Polar elle devra encore en débourser 300 000.

lundi 11 juillet 2011

Chili: grève de 24 heures à Codelco, premier producteur mondial de cuivre

L'arrêt de travail touche toutes les activités de l'entreprise, a indiqué Raimundo Espinoza, président de la Fédération des travailleurs du cuivre (FTC) qui compte quelque 15.000 salariés du groupe public, lequel assure à lui seul 11% de la production mondiale de cuivre.

L'entreprise prévoit le départ de 2.600 employés d'ici 2015 dans le cadre d'un plan justifié notamment par une perte de compétitivité face à la concurrence privée du fait de la baisse de productivité de ses mines.

Cette grève devrait faire subir à Codelco des pertes de l'ordre de 40 millions de dollars, selon les estimations du groupe, pour un déficit de production évalué à 4.900 tonnes de cuivre.

Le mouvement survient le jour où l'entreprise célèbre ses 40 ans d'existence : elle fut créée par le gouvernement socialiste de Salvador Allende, lors de la nationalisation de la production de cuivre en 1971.

La grève qui affecte les six divisions de l'entreprise et concerne les mines de Chuquicamata - la plus grande mine à ciel ouvert du monde -, El Teniente et Andina (les plus productives), est la première enregistrée en 18 ans dans l'entreprise.

Les salariés s'inquiètent du plan de modernisation lancé par la nouvelle direction mise en place après l'élection de Sebastian Piñera, premier président de droite après vingt ans de gouvernements de centre-gauche au Chili, dans lequel ils voient un prélude à la privatisation de l'entreprise.

Le gouvernement a démenti toute volonté de privatiser Codelco, par la voix du ministre des Mines Laurence Golborne. Nous n'avons aucune intention de privatiser Codelco. Cela ne fait partie ni des priorités, ni du programme du gouvernement, a assuré le ministre.

Le président de Codelco, Diego Hernandez, avait également nié dimanche toute intention de privatiser, et a attribué ce mouvement de grève à l'insatisfaction des travailleurs.

Codelco extrait chaque année de ses mines 11% de la production mondiale de cuivre, soit 1,7 millions de tonnes.

samedi 9 juillet 2011

Le froid fait trembler l'Amérique du Sud

Dix personnes sont mortes au Paraguay le pays le plus touché, suivi de l'Uruguay avec six décès, de l'Argentine et du Brésil où trois personnes sont mortes dans chacun des deux pays. La majorité des victimes vivaient dans la rue ou se sont asphyxiées avec du monoxyde de carbone de chauffages précaires.

Les régions d'Arica, Tarapaca et Antofagasta, situées à plus de 1.000 km au nord de Santiago, ont été les plus touchées au Chili, avec des neiges et des pluies dans des zones désertiques où l'on compte environ 3.500 sinistrés. La situation devrait perdurer jusqu'à samedi, selon la Direction météorologique du Chili, en raison d'un noyau très froid en altitude.

"Je supplie que quelqu'un vienne me secourir. La seule chose que je sais c'est que je suis coincé au kilomètre 100 et qu'il n'y a ici que de la neige. Tout est blanc", a raconté le routier bolivien Wilson Villarroel à une radio locale avant l'arrivée des secours. Les températures dans les zones andines de Bolivie ont atteint -20 degrés, et le département de Potosi (sud) a connu ses pires neiges en neuf ans, a dit jeudi le ministre de la Défense bolivienne, Cecilia Chacon.

"Il y a 7.000 familles touchées par les inclémences du temps", isolées dans des zones lointaines, et "41.000 têtes de bétail" de type lamas qui ne peuvent se nourrir, a expliqué Chacon. Dans le sud et le sud-est du Brésil les températures sont tombées sous zéro ces deux dernières semaines. Il a fait lundi -6,2 dans la montagne de l'Etat de Catalina, "avec une sensation thermique de -27 en raison des vents", a dit à l'AFP José Farias, météorologiste du Centre de prévision du Temps de l'Institut national de Recherches spatiales (CPTEC/INPE).

Un homme a appelé la police, à Florianopolis la capitale de l'Etat, car il préférait être en prison que dans la rue où il n'arrivait pas à dormir, ont indiqué mercredi les autorités à la presse locale. Au zoo de Gramado, dans l'Etat brésilien méridional du Rio Grande do Sul, des couvertures et radiateurs ont été disposés pour les animaux, selon le site internet G1. "Les espèces que l'on a ici sont d'Amazonie. Ces animaux ne sont pas adaptés au froid", a expliqué le vétérinaire Rafael Pagani.

vendredi 8 juillet 2011

Piñera en baisse : au plus bas dans les sondages

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Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera en baisse dans tous les sondages,
Selon un dernier sondage de l'institut Adimark publié hier, la cote de Sebastian Piñera, président d'un pays minier présenté comme un modèle économique en Amérique latine, a chuté de 5 points en juin. Et il fait l'objet d'un rejet record de la part de la population, à 60 %. 
La popularité de Piñera était montée en flèche après le sauvetage de 33 mineurs. Mais depuis, il s'est trouvé confronté à plusieurs mouvements de protestation.

Chili : manifestations pour une éducation gratuite et de qualité pour tous

Ils réclament la fin du profit dans l’éducation, le retour à une éducation publique, de qualité, gratuite. Ils ont réussi à placer le sujet au cœur du débat national. Et la manière de manifester de ces jeunes entre 14 et 25 ans surprend tous les jours.

lundi 4 juillet 2011

L’Église Chilienne soutient les manifestations étudiantes

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Une églie au Chili. Photo Francisco Negroni / AFP
Cela fait plus de 20 ans qu’une cause n’avait pas réuni autant de manifestants dans les rues de la capitale chilienne. Dans les cortèges se trouvaient des étudiants et des lycéens – à l’origine du mouvement – mais aussi des professeurs, des parents d’élèves, des syndicalistes et plusieurs organisations culturelles et écologistes.

Tous dénonçaient un système éducatif parmi les plus chers et les plus inégalitaires du monde, où seuls les plus riches élèves peuvent bénéficier d’un enseignement de qualité dans les institutions privées. Les autres doivent se contenter d’établissements semi-publics, qui restent chers, ou publics, aux mains des municipalités, connus pour leur manque de moyens et leur mauvais niveau.

« L’éducation est un bien public »

Dans un communiqué publié le 23 juin, la Conférence épiscopale du Chili reconnaît que le pays a « une grave dette à solder » en matière d’éducation et qualifie les revendications des manifestants de « justes demandes ». Elle rappelle aussi que « l’éducation est un bien public » et que « de l’éducation, dépendent la qualité de vie, la sortie de la pauvreté, le niveau culturel et la noblesse des relations humaines d’un peuple ».

Le 22 juin, le ministre de l’éducation Joaquín Lavín, a présenté ses réponses aux jeunes manifestants, mais sans s’engager, selon eux, sur « les changements profonds » qu’ils réclament.

Devant leur refus de reprendre les cours – plusieurs dizaines d’universités sont en grève et 200 collèges occupés –, le ministre a décidé d’avancer la date des vacances d’hiver.

L’Église, quant à elle, a averti : « Normaliser l’activité scolaire, ce n’est pas juste mettre fin à une mobilisation, cela requiert la volonté de discerner les nécessaires réformes attendues par le pays ».

Cathobel

Le Bicentenaire du Congrès National du Chili

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LE CONGRES NATIONAL DU CHILI, ANCIEN SIÈGE DU PARLEMENT A SANTIAGO.
C’est une Assemblée citoyenne fondée en 1811, parlement bicaméral comprenant une chambre basse, la chambre des députés composée de 120 membres, et la chambre haute, le Sénat, composée de 38 sénateurs.
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MEDAILLE DU CONGRES NATIONAL DU CHILI

Le Congrès national, auquel les Chiliens ont été toujours très attachés, avait eu une riche et très longue trajectoire dans la vie politique du pays, brisée en septembre 1973 par l’irruption violente de la dictature militaire de Pinochet.

En effet, suite au féroce coup d’état, le Congrès national –ainsi que toutes les institutions démocratiques du pays– a été suspendu, beaucoup de parlementaires jetés en prison, assassinés ou exilés. Il a été fermé pendant presque 2 décennies et rouvert à Valparaiso à la fin de la dictature, en 1990.

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TIMBRE COMMEMORATIF EMIS EN 1961, POUR
LES 150 ANS DU CONGRES NATIONAL CHILIEN
Les Chiliens n’oublient pas que c’est aux grilles du Congrès que les familles des disparus venaient s’enchaîner durant la dictature, pour exiger des réponses sur le sort de milliers de personnes arrêtées par les sbires de Pinochet.

Les célébrations du bicentenaire ont été lancées dimanche 3 juillet par l’actuel président, le milliardaire conservateur Sebastian Piñera, supporteur de Pinochet et chantre du néolibéralisme débridé installé par la dictature. 

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DES PROCHES DES DISPARUS ENCHAINES AUX GRILLES DU CONGRES
NATIONAL EN 1979. PENDANT DES LONGUES ANNEES ILS ONT EXIGE
DES REPONSES A LA DICTATURE MILITAIRE DE PINOCHET
Naturellement, des commentateurs n’ont pas manqué de relever ce paradoxe, de voir maintenant Piñera célébrer l’institution démantelée hier par les militaires et par la droite politique qu’il incarne aujourd’hui.