samedi 29 septembre 2012

CHILI : UNE MANIFESTATION ESTUDIANTINE DÉGÉNÈRE EN AFFRONTEMENTS AVEC LA POLICE

CHILI : RÉPRESSION BRUTALE DE LA MANIFESTATION

Selon les données officielles, près de 5 000 personnes ont participé à la manifestation, tandis que les étudiants ont estimé le nombre de participants à 70 000 personnes. L'action a commencé près du bâtiment de la gare centrale, et les étudiants ont ensuite défilé dans la rue Alameda. Une centaine de personnes ont été arrêtées. Selon les premières informations, 17 policiers ont été blessés.

L'ARMÉE CHILIENNE A TUÉ LE PRÊTRE FRANÇAIS. COMMENT JARLAN EST MORT.


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ANDRÉ JARLAN ÉTAIT UN PRÊTRE AVEYRONNAIS QUI A ÉTÉ TUÉ EN 1984 À LA VICTORIA. IL ÉTAIT ARRIVÉ DANS CE QUARTIER POPULAIRE (POBLACION) DE SANTIAGO DU CHILI DIX HUIT MOIS PLUS TÔT, EN 1983. PHOTO ÉGLISE CATHOLIQUE DU CHILI




André Jarlan (dont Libération a évoqué la mort dans son supplément Chili des 14 et 15 novembre) et Pierre Dubois, deux prêtres français, exerçaient leur ministère à La Victoria: une poblaciòn construite sur une ancienne décharge dans la périphérie de Santiago où s'entassaient 32 000 habitants.
Par Bernard MATHIEU
Libération du 19 novembre 1998
André Jarlan, âgé de 44 ans, avait le physique d'un rugbyman et le calme serein d'un homme de la campagne tout entier dévoué à son sacerdoce. Originaire de Rignac, près de Rodez, il était prêtre de l'Action catholique ouvrière. Avec Pierre Dubois, il s'efforçait de conjurer la dislocation du tissu social rongé par la misère. Les deux prêtres français dérangeaient les paramilitaires de l'Association chilienne anticommuniste, qui, à plusieurs reprises, les avaient menacés de mort.

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SON DÉPART AU CHILI AVAIT ÉTÉ LONGUEMENT MÛRI ET RÉFLÉCHI. LES CONTACTS NATIONAUX QU'IL AVAIT À LA JOC ET À L'ACO, SON EXPÉRIENCE LOCALE DE PRÊTRE OUVRIER EN AVEYRON, SES RENCONTRES AVEC LES MISSIONNAIRES DE PASSAGE ET SES LIENS AVEC LE MOUVEMENT MONDIAL DE TRAVAILLEURS CHRÉTIENS L'ONT POUSSÉ À CHOISIR LE CHILI. LE PAYS ÉTAIT ÉTAIT ALORS EN PLEINE DICTATURE MAIS LE CHILI AVAIT EU UNE LONGUE TRADITION DÉMOCRATIQUE ET ÉTAIT DOTÉ D'UN MOUVEMENT OUVRIER ORGANISÉ. PHOTO ÉGLISE CATHOLIQUE DU CHILI
Le 4 septembre 1984, la gauche chilienne appelle à une manifestation dans le centre de Santiago pour célébrer le 14e anniversaire de l'élection d'Allende. Dès le matin, les carabiniers abattent Hernan Barrales, un habitant de La Victoria, au prétexte qu'il a eu le mauvais goût de crier son hostilité à leur passage. A la fin des rassemblements, je me rends à la maison des deux prêtres, rue Ranquil. La Victoria est paisible. Quelques pneus en feu donnent l'illusion d'une barricade, une foule clairsemée bavarde sur les pas des portes. A la tombée de la nuit, trois fourgons de carabiniers s'arrêtent à l'angle de la rue Ranquil. Terrorisés, les gens se calfeutrent chez eux. Sans qu'aucun crime les provoque, les carabiniers fracassent les portes, jettent les habitants dehors, les battent à coups de crosses. Un chauffeur de bus est en partie scalpé, ses jambes sont tailladées à coups de baïonnette: un gosse qui a jeté une pierre sur les flics s'est réfugié dans sa cour.

Vers 19 heures, un caporal et deux hommes s'avancent vers le petit groupe de journalistes que nous formons, deux photographes chiliens, un radioreporter américain et moi. Le sous-officier ordonne à l'un de ses hommes d'ouvrir le feu en me désignant parce que je porte un sac photo. Le carabinier met un genou à terre, vise posément et lâche une rafale. Je me mets à courir, les balles me loupent et foudroient le père Jarlan, qui est chez lui, au premier étage de sa bicoque. Une balle a traversé la mince cloison de bois et l'a frappé à la nuque. Il s'effondre sur la bible ouverte sur le psaume 129: «Ils m'ont beaucoup attaqué depuis que je suis jeune mais ils ne m'ont pas vaincu.» La nouvelle de la mort de Jarlan se propage. Les habitants se rassemblent à l'église, dont la cloche sonne le glas. Les carabiniers tirent des fumigènes, tabassent avec sauvagerie les fidèles. Le couvre-feu est imposé. Le lendemain, un porte-parole du pouvoir annonce que le père Jarlan a été tué par des voleurs. Je publie un démenti par le canal de l'AFP. Quelques mois plus tard, le caporal est condamné à une peine symbolique.

Bernard Mathieu est romancier et journaliste. Dernier ouvrage: «Zé», Gallimard («la Noire»).

mercredi 26 septembre 2012

LE CHILI CONSOLIDE UN MONOPOLE PRIVÉ DU LITHIUM

LE PRÉSIDENT  DE LA SOQUIMICH JULIO PONCE LEROU  L’ANCIEN  BEAU-FILS  DU DICTATEUR AUGUSTO PINOCHET. 
Parmi les acquéreurs potentiels figurait un consortium d'industriels sud-coréens qui aurait bien voulu se constituer un approvisionnement sûr en lithium pour les batteries des téléphones, des tablettes et des ordinateurs fabriquées en Corée ou dans les pays voisins. Mais c'est la Soquimich, propriété du beau-fils d'Augusto Pinochet, qui a obtenu le marché, en mettant sur la table 40 millions de dollars, soit huit fois l'apport minimal demandé par le gouvernement. C'est une façon pour cette société, déjà numéro un mondial du lithium, de continuer à contrôler le marché, tout au moins au Chili, le premier producteur mondial : il serait douteux que la Soquimich se mette à produire du lithium à foison, il faudra déjà explorer les autres salars.


LA SOQUIMICH (SQM) EST LA PLUS GRANDE ENTREPRISE DU SECTEUR AU PLAN MONDIAL AVEC UNE PRODUCTION DE 48 MILLE TONNES DE LITHIUM PENDANT L'ANNÉE 2011.
Il ne s'agirait pas de faire s'effondrer les prix, autour de 6 000 dollars la tonne. Pour l'instant la demande est soutenue, mais la révolution de la voiture électrique, qui doperait brutalement la consommation de lithium pour les batteries, n'a pas encore eu lieu. Du côté de l'offre, les gisements se développent plus doucement que prévu, mais régulièrement, surtout en Argentine, étant donné que rien ne s'est encore débloqué en Bolivie pour l'exploitation de lithium, tant au niveau politique qu'au niveau des infrastructures.

C'est en Australie que la production de lithium pourrait connaître un coup d'accélérateur, avec l'acquisition toute récente d'un gisement géant de lithium sous forme rocheuse qui pourrait quasiment doubler la production mondiale (145 000 tonnes l'an dernier). Mais le monopole reste intact, l'acquéreur est Rockwood, maison-mère de la Soquimich chilienne !

mardi 25 septembre 2012

CHILI: FERMETURE DU QUOTIDIEN LA NACION, FONDÉ EN 1917 .

Le gouvernement demande en outre que le Journal officiel, actuellement géré par La Nacion, soit réintégré au sein du ministère de l'Intérieur.
« Le gouvernement a imposé sa décision, arguant (...) que le journal est déficitaire alors qu'en fait il réalise quelque 4 millions de dollars de bénéfices annuels, entre les recettes publicitaires et celles du Journal officiel », a affirmé à l'AFP le président du syndicat des employés du journal Victor Perez.
Après l'arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Sebastian Piñera, l'édition papier de La Nacion a été éliminée pour  «  raisons économiques» et remplacée par une version digitale.
Le fermeture du journal signifierait la mise à pied d'environ 110 personnes, selon M. Perez.
Deux sociétés de presse conservatrices - El Mercurio et Copesa - constituent actuellement 90% du marché de la presse chilienne.
« Ce qui se passe maintenant, c'est que nous sommes dans un pays où il n'existe plus de journaux d'opposition » , a déploré, le président de l'Association des journalistes chiliens, Marcelo Castillo.
« La fermeture de La Nacion est une attaque contre la liberté d'expression » , a estimé Victor Perez.
Les actionnaires minoritaires du journal ont décidé de contester la décision de fermeture.
Le quotidien a connu une interruption de sa parution du 11 septembre 1973 - jour du coup d'Etat contre le président socialiste Salvador Allende - au 3 juin 1980.

lundi 24 septembre 2012

CAMILA VALLEJO AU 1ER CONGRÈS MONDIAL DES LEADERS ÉTUDIANTS.


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Jusqu'à la dernière minute, la présence de la leader étudiante du Chili n'était pas confirmée. Une fédération membre de l'Union des étudiants européens a permis de faciliter la venue de la dirigeante grâce à un travail commun de deux mois réalisé au Chili et une présence dans les manifestations étudiantes, voyant la répression choisie par le gouvernement de droite de Sébastian Piñera. 

Camila Vallejo clôturait quatre jours de débats intensifs sur l'unification du mouvement étudiant mondial. " Je voudrais commencer par mettre en évidence une chose importante : l'éducation, dans n'importe quel pays, devrait être non seulement un droit humain, mais également, un élément stratégique pour le développement des sociétés." Dans son discours, la dirigeante étudiante chilienne a prôné l'utilité de lier les divers mouvements étudiants. Cependant, elle a rappelé le rôle joué par les étudiants d'Amérique Latine dans les processus sociaux et étudiants de ce continent : " (...) 

Les camarades de Puerto Rico, ont protagonisé une page héroïque de l'histoire du mouvement d'étudiant de la région ; les camarades Colombiens démontrent chaque jour que, malgré les conditions difficiles et parmi les menaces et persécutions constantes, l'ordre du jour est la lutte pour une éducation qui répond aux intérêts du peuple ; les étudiants dominicains demandent 4 % PIB pour l'éducation ; le mouvement étudiant équatorien qui se bat pour maintenir les idéaux établis d'autonomie et étudiant partagea à Cordoue ; les étudiants brésiliens protestent parce que 10 % du PIB est investi dans l'éducation et nous, les étudiants chiliens nous nous battons contre le modèle de marché libre de vie imposé par la dictature de Pinochet." L'assistance du congrès étant principalement européenne, il était important de planter le rôle à jouer dans l'éducation par chaque continent.

L'ex-présidente de la FECh a aussi rappelé la genèse du mouvement étudiant de son pays en 2011 : "Au Chili, le mouvement étudiant ,et l'éducation sociale par la suite, a clairement opté pour que le système éducatif soit un objet de transformation social. Dans notre pays, ce n'est pas juste que ne nous soit pas garanti le droit de l'éducation dans notre Constitution politique, étant donné qu'il assure tout d'abord la liberté d'entreprise, mais la conception de notre système éducatif a été précisément destinée à l'entretien et la reproduction du modèle économique néolibéral imposé pendant la dictature militaire en 1973. Ce n'est donc pas un hasard si l'ensemble des mouvements sociaux qui ont été soulevées au moins au Chili, depuis 2010, ainsi que l'augmentation des demandes particulières, sont tous venus remettre en question notre modèle de développement. Ce qui est arrivé est que la réalité a dépassé les promesses que depuis plus de 30 ans, le modèle ne pouvait pas garder." L'ex-présidente de la FECH a exposé la réalité du Chili, selon ces termes : " La vérité, c'est que au Chili, étant donné l'imposition du système néolibéral, réaffirmé par le consensus de Washington, cela a augmenté l'inégalité et les droits fondamentaux ont été réduits à une entreprise et un privilège d'un petit nombre. Parce que ils n'ont pas suffisamment de salaire pour vivre, ils ont donc été contraint d'emprunter auprès des banques privées pour financer l'éducation, la santé, la nourriture, les vêtements, et les services de base de leurs familles. Face à cette réalité, jamais mentionnée dans les discours officiels au sujet de notre politique macroéconomique très grande, il nous a semblé intolérable que l'éducation n'ait pas été conçue pour surmonter ces inégalités, mais pour les reproduire et les approfondir.


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PORTRAIT DE CAMILA VALLEJO DOWLING L'ÉGÉRIE DU MOUVEMENT ÉTUDIANT CHILIEN 
L'historique de la création du système libéral éducatif chilien est venu dans ce débat animé. Les membres de la Confech ont expliqué que l'Etat chilien en 1988, durant la dictature, avait délibérément choisi de réduire le pouvoir et les ressources pour l'éducation, en réduisant les droits fondamentaux et en les donnant à une entreprise. Etudiante en géographie à l'Université du Chili, la leader étudiante a expliqué que l'éducation publique chilienne est sous-financée. Au niveau de l'école, cela représente seulement 30% de la cotisation totale, et pour l'enseignement supérieur public, moins de 20% : " Ce système privé croît sans réglementation, ajoute-t-elle. Les investisseurs du Chili et d'autres parties du monde injectent leur capital financier dans l'entreprise importante et rentable, qui leur donne notre éducation, indépendamment de la fraude qui a fait de ces institutions. La subvention à la demande, au moyen d'un financement mixte (familles et état) et la concurrence inégale entre institutions publiques et privées a signifié que l'éducation au Chili n'est pas seulement un des plus coûteux dans le monde grâce à sa privatisation, mais c'est aussi un des plus distincts. Le même rapport de l'OCDE montre que l'éducation chilienne est structurée consciemment par les classes sociales." Pour les dirigeants de la Confech, l'éducation chilienne ne vise que à reproduire les inégalités sociales : "éducation pour les riches, pour les classes moyennes, et pour les pauvres, rien. L'éducation forme les futures élites mondiales.

Camila expliqua que l'objectif de privatisation au Chili n'était pas seulement de maintenir les inégalités sociales, la destruction de l'éducation du public comme un espace d'intégration sociale, mais qu'il avait une relation directe à détruire ce qui était considéré comme le point de rencontre de l'ennemi parmi nous. C'est-à-dire, l'éducation public qui formait le citoyen à être critique, à penser à la réalité nationale, à ses injustices, à être actifs dans le processus de démocratisation interne des établissements d'enseignement du pays. "Ce que ce système à chercher à détruire, c'est que les étudiants soient des citoyens critiques." rapela-t-elle. La porte-parole de la Confech expliqua que malgré tout, les étudiants du continent sud-américain, ont conservé l'esprit des ancêtres de rébellion en vie, d'où les appuis pour des combats similaires, comme celui qui se déroule en ce moment au Canada :" Aujourd'hui, notre attention est sur la diversité et la richesse de la pensée de notre continent. L'année dernière, nous avons eu un congrès des étudiants d'Amérique Latine et de la zone caribéenne (OCLAE) où se sont rassemblés plus de 6 000 étudiants. Nous avons confirmé la volonté des organisations du continent à renforcer l'éducation publique pour la transformation, l'inclusion et l'union de tous les secteurs populaires dans les mains des travailleurs, des travailleurs manuels et des indigènes.

Se fit écho de cet aspect, le président de la fédération des étudiants mapuches (peuple originaire) du Chili, José Ankalao dénonçant la répression faite par le gouvernement directement aux étudiants mapuches. Le dirigeant reçu lui-même cinq menaces de mort. Camila Vallejo cita des cas de tortures, d'abus sexuels sur les étudiants chiliens qui sont mobilisés, et directement venant d'ordre du Ministère de l'Intérieur du Chili. La délégation du chili signifia qu'une loi tente actuellement de les envoyer en prison, la loi dite Hinzpeter (nom du Ministre de l'Intérieur) qui criminalise le mouvement étudiant de trois ans de prison s'ils continuent à se mobiliser dans les rues, les universités ou même si les leaders appelent à une manifestation. Le responsable international de la Confech, Paul Floor, cita et expliqua le rôle que peuvent désormais tenir les étudiants du monde entier. Un rôle pas seulement de représentation, mais aussi de militance, de défense de l'éducation elle-même, et donc de la société future dans laquelle vivront les futures générations.


CHILEAN PROTESTER CAMILA VALLEJO - THE GUARDIAN

Pour conclure, celle qui fut élue "personnalité de l'année" par les lecteurs du Guardian, posa ces questions fondamentales : voulons-nous conserver ce type d'éducation, ou voulons-nous concevoir un nouveau système d'éducation qui fonctionne comme un véritable outil de transformation sociale ? Lors de la fin de son intervention, les questions fusèrent, et les étudiants du monde entier remirent en question le rôle dans la société de la jeunesse, du rôle fondamental de l'éducation. Parmi les autres intervenants, les doyens de la banque Santander en Angleterre, qui favorisent la mercantalisation de l'éducation, l'étudiante de 24 ans du Chili eu la cote. Elle donna une série d'interviews aux divers médias anglais. Pourtant, dans les colonnes des journaux du Chili, rien ne filtra sur sa présence au premier congrès mondial des leaders étudiants. La prochaine date est fixée en 2013, mais rien ne nous empêche de penser que même si elle entamera une possible carrière politique au Chili, que Camila ne laissera pas le sujet éducatif et le projet d'une fédération étudiante mondiale, sans un soutien fort affiché de sa part. Le congrès se termina et les leaders étudiants n'avaient que son nom en tête. Quand certains leaders lui demandèrent comment les étudiants chiliens trouvaient la force de lutter dans ce contexte explosif et dangereux, elle expliqua que sa génération avait dépassé la peur de la répression vécue sous la dictature. Les membres de la Confech furent ovationnés par ceux qui avaient signé, en mai 2012, une déclaration mondiale dénonçant les erreurs stratégiques du gouvernement chilien pour résoudre la crise éducative entamée depuis avril 2011.

lundi 17 septembre 2012

CHILI : LETTRE OUVERTE À MICHELLE BACHELET, DE LA COMMISSION ÉTHIQUE CONTRE LA TORTURE

PHOTO TOMAS MUNITA POUR THE NEW YORK TIMES

Nous pouvons à peine croire que, depuis votre haut rang , vous manquiez  d'information sur ce qui se passe dans votre pays, alors que vous n'avez jamais cessé vos activités politiques depuis que vous avez quitté vos fonctions de Président du Chili et que votre nom est constamment présent dans la vie quotidienne des chiliennes et des chiliens depuis que votre successeur a pris ses fonctions en Mars 2010.

La Commission Éthique Contre la Torture,  organisme de défense des Droits de l'Homme au Chili, ayant une structure organisationnelle à l’extérieur, nous vous  invitons formellement à rompre le silence et à répondre aux questions qui suivent:

Le 26 Août, le New York Times a publié un article intitulé "Volunters Keep Watch on Protests in Chile" qui fournit, non seulement, des données sur la répression actuelle mais aussi sur les nouvelles formes qu'elle a prise en termes de harcèlement et de torture sexuelle appliquée à des lycéennes mineures, des jeunes étudiantes et des femmes adultes. L’ACES (Assemblée de Coordination des Élèves du Secondaire), a recueilli plus de vingt cinq plaintes contre la police pour violence sexuelle, qui seront présentées devant la Cour inter américaine des Droits de l’Homme le 28 octobre prochain.  Ainsi, à Washington, sera présenté l'état de violations policières lors des manifestations. La protestation sociale est criminalisée alors que la Constitution chilienne garantit le droit de réunion sans autorisation, mais applique le décret suprême n°1086 qui a été émis au début de 1980, en pleine dictature militaire. A cette occasion, le «Conseil juridique citoyen», la «Asesoria Ciudadana» argumentera sa plainte s'appuyant sur le Protocole d'Istanbul (08.09.1999 - Le Haut-Commissariat  des Droits de l'Homme de l'ONU), fixant les modalités et les mécanismes d'enquête sur les détentions illégales, l'usage excessif de la force et de la torture, entre autres et les actes illégaux de la force publique chilienne.

À cette fin, depuis les manifestations étudiantes de 2011, des groupes d'observateurs de Droits de l'Homme ont été créés. Leur mission est de trouver, assister et de recueillir les témoignages des victimes de la répression, dans la rue ou tout endroit où ces violations flagrantes de Droits de l'Homme auraient lieu. Nous avons comme exemple, le cas de notre Présidente, Juana Aguilera, qui a été agressée par un civil, probablement "pas si civil que ça", en plein exercice de ses droits de citoyenne, avec son badge de fonction clairement repérable, le 23 août, lors d'une  grande manifestation d’étudiants à côté du siège de l'Université du Chili, assaillie par les forces spéciales.  

Les "disparitions express" dont beaucoup de filles furent victimes,  enfermées dans un fourgon de police, elles furent «disparues» pendant  5 à 8 heures sans que personne ne puisse obtenir des informations sur leur arrestation illégale. Est-ce que ce type de pratiques sordides n’évoque pas  les années de la dictature dont tant de chiliennes et chiliens ainsi que votre famille et vous même furent victimes ?

Les attaques extrêmement violentes contre les communautés mapuche,  font maintenant partie de la «culture de la répression» de l'État chilien. Vous auriez peut-être quelque chose à dire à ce sujet, puisque c'est sous votre mandat présidentiel que furent assassinés les jeunes Mapuche Matias Catrileo, le 3 janvier 2008, et Jaime Mendoza Collio, le 12 Août 2009, tous les deux tués par la police du Groupe des Opérations de Police Spéciales (GOPE). Ces pratiques ne cessent de s’accroître,  bien au contraire, elles se renforcent et touchent de plus en plus de femmes et d'enfants, sans que vous ayez  fait le moindre commentaire.

Saviez-vous que dans les territoires mapuche de Temucuicui, le 23 Juillet dernier, la police militaire des forces spéciales ont pris d'assaut l'hôpital à proximité de Collipulli en blessant à coup de feu quatre enfants après avoir attaqué leur propre communauté ?

Saviez-vous que le 26 Juillet 2012, trois femmes mapuche, l'une avec sa fille de 2 ans, toutes membres de l'Alliance Mapuche Territoriale, ont pris le siège de l'UNICEF à Santiago du Chili pour demander l'intervention  des Nations Unies à l’égard du gouvernement du Chili et le ministère de l'Intérieur, pour exiger la fin de la militarisation de leurs territoires et que l'une d'entre elles, la porte-parole Mewlen Huencho, a mené une grève de la faim du 27 Août au 3 septembre?

Sans aller plus loin, le 3 Septembre, les mêmes forces spéciales de la police ont brutalement battu les manifestantes qui s'opposaient à l'exécution d'un plan de construction de barrages dans les environs du lac Neltume, parrainé par deux multinationales que vous connaissez bien: Endesa et Enel …

Le 9 Septembre, au cimetière général de Santiago, les Forces Spéciales ont violemment réprimé un pèlerinage organisé par des associations de Droits de l'Homme qui se remémoraient les 39 années du coup militaire de 1973. 

Et nous pourrions ainsi citer de nombreuses situations qui touchent directement les femmes et les Mapuche du Chili.

Les organisations des Droits de l'Homme au Chili et à l'étranger, ainsi que  la société civile, sont profondément étonnées de votre silence assourdissant vis à vis de ces faits, d’autant plus que vous étiez la Présidente du Chili, et que vous êtes aujourd'hui, directrice des Nations Unies pour la Femme.

Que faire pour revitaliser votre sensibilité de femme et de responsable d'un organisme international  si important? 

Devrions-nous vous rappeler que le 8 Mars, Journée Internationale de la Femme, lors de l'occupation du  SERNAM, le Service National de la Femme à Santiago, quatorze femmes du Parti de l'Égalité, du Mouvement des Résidentes en Lutte, des femmes mapuche, de Andha, ont été arrêtées pour avoir défendu les droits de leur sexe ?

Que c'est sous votre administration que  la militante Mapuche Patricia Troncoso, a fait une grève de la faim de 112 jours, du 10 Octobre 2007 au 30 Janvier 2008, également pour revendiquer son droit de femme et sa condition de prisonnière politique, et qu’à ce moment-là vous l'avez  privée de son droit légitime de communiquer avec la Commission  Inter américaine des Droits de l'Homme,  communication demandée personnellement par le  Secrétaire exécutif de ce corps ?

Que, à l’occasion de la première Conférence Européenne sur les Mapuche, qui s'est tenue au Parlement Européen à Bruxelles le 26 Mars 2011, vous avez été interpellée avec vigueur par la dirigeante Mapuche Juana Calfunao qui a été emprisonné, (elle fut victime d’un avortement d'une grossesse de six mois en raison de la violence policière) pendant que d'autres membres de sa famille étaient également incarcérés et que sa fille mineur de 10 ans devait partir en exil en Suisse ? C'est bien la même chef de la communauté Juan Paillalef qui à l’occasion de la 4ème session du Mécanisme d'Experts sur les Droits des Peuples Autochtones qui s'est tenue à Genève le 15 Juillet de la même année au siège de l'ONU, a fait un bref discours et que vous lui avez répondu en anglais sans qu'elle ne bénéficie de traduction ?

Et quand vous aviez reçu la distinction honorifique de l'Université de Santander, en Espagne, le 2 Septembre 2010, alors que trente deux mapuche faisaient la grève de la faim dans leurs prisons respectives, n'avez-vous pas déclaré: «En tant que médecin je dois dire: les plaies contaminées qui ne sont pas propres, ne guérissent jamais " ?

Nous ne pouvons pas oublier que pendant votre mandat, en tant que chef de l'État, a été appliqué pour la première fois la Loi antiterroriste (LAT) contre les Mapuche et que le nombre de détenus a été le plus important de ces dernières décennies, pour atteindre 140.

Madame Michelle Bachelet, conformément  à  notre argumentation, nous vous exhortons solennellement  à vous prononcer sur les éléments exposés et à faire connaître votre opinion sur ces graves violations des Droits de l'Homme et de la valeur universelle qu’elles comportent, car en tant que haut fonctionnaire d’une instance comme l’ONU, vous ne pouvez plus garder le silence.

Nous vous prions de recevoir nos saluts cordiaux,

Juana Aguilera J., Présidente de la Commission Éthique Contre la Torture -Chili

José Venturelli B., Porte parole du Secrétariat extérieur de la Commission Éthique Contre la Torture

15 Septembre 2012



Traduction : Marie-Christine Rybarczyk Aguirre – CECT France

mercredi 12 septembre 2012

LE PARTI COMMUNISTE CHILIEN REND HOMMAGE À SALVADOR ALLENDE

PHOTO BUREAU DE PRESSE DU PARTI COMMUNISTE CHILIEN 

En déposant une gerbe, Teillier a prononcé le discours suivant: « Le président Salvador Allende est entré dans la Moneda par la grande porte, dans les bras de son peuple qui lui a réservé un triomphe historique, plein d'espoir, avec l'idée de construire une Patrie plus juste, égalitaire, solidaire et démocratique. Le monde entier a focalisé toute son attention sur la présence de Salvador Allende à la Moneda, la présence de ministres ouvriers, du peuple dans le gouvernement Chilien et la présence du peuple discutant et analysant la façon de construire une société meilleure. »

«Mais, avant même d'entrer dans le palais de la Moneda, il suscitait déjà la haine des États-Unis, des grandes multi-nationales qui en ce temps-là étaient maîtres de toutes les richesses naturelles du Chili ainsi que d'une grande partie de la droite et du patronat national qui entama sans attendre une grande campagne de déstabilisation de son gouvernement. Un des premiers actes criminels qu'ils commirent, avant que Salvador Allende accède au pouvoir, fut l'assassinat du général René Schneider.

Une poignée de militaires ambitieux, hauts gradés des forces armées, crurent que le coup d’État était le moyen de préserver ces intérêts et Salvador Allende qui était entré par la grande porte de la Moneda en est sorti en ayant donné sa vie pour le peuple du Chili, porte Morandé 80. Certains ont pensé qu'à partir de là Allende tomberait dans l'oubli, or, en sortant par cette porte, il est entré dans la grande porte de l'histoire.

Salvador Allende a été le président le plus remarquable, le plus noble dans ses sentiments et le plus fidèle au peuple du Chili. Aujourd'hui, quand nous nous disons que faire, nous disons : les idées de Salvador Allende sont présentes dans nos luttes quotidiennes et pas seulement au Chili, mais dans le monde entier, les idéaux que portait Salvador Allende sont des idéaux d'avenirs et qu'aujourd'hui ont fait siennes non seulement les chiliens et surtout sa jeunesse, mais aussi d'autres peuples qui ont remporté des victoires comme celles que Salvador Allende aurait aimé conquérir pour sa patrie. Aujourd'hui, quand nous réfléchissons, nous disons que devons être capables d'ouvrir de nouveau cette potentialité pour le peuple du Chili, c'est-à-dire que nous devons de nouveau être capables de forger l'unité, de porter des propositions pour que le peuple Chilien croie à nouveau dans la politique et dans sa capacité à décider lui-même de son destin ». (…)

«Voilà pourquoi nous luttons, c'est pour cela que nous continuerons à lutter et que nous souvenons aujourd'hui de Salvador Allende et nous continuons d'avancer avec ses idées vers la victoire », a conclu Guillermo Teillier.

lundi 10 septembre 2012

CHILI / PINOCHET: UNE MANIF DÉGÉNÈRE

EXÉCUTION DES PRISONNIERS POLITIQUES :  SÉPULTURES DES « EXÉCUTÉS POLITIQUES » CHILIENS. PHOTO CRISTIÁN CARVALLO
Le Chili se prépare à se souvenir du coup d'Etat militaire qui a renversé le président élu socialiste, Salvador Allende, le 11 Septembre 1973. Les organisations de défense des droits de l'homme estiment que plus de 3.000 personnes ont été tuées sous le régime du général Pinochet qui a suivi. Quelque 30.000 personnes ont été emprisonnées et torturées.

samedi 8 septembre 2012

GAYS «MORALEMENT INAPTES» AU SERVICE


LE GÉNÉRAL CRISTIAN CHATEAU MAGALHAES
Prise en flagrant délit de discrimination, l'armée chilienne, par la voix de son chef, le Général Juan Miguel Fuente-Alba, s'est livrée à un exercice de mortification, vendredi. Une télévision locale, Canal 13, a en effet révélé l'existence d'une directive recommandant aux recruteurs d'exclure les homosexuels, les témoins de Jéhovah et les personnes avec «des problèmes socio-économique» des rangs militaires, au même titre que les repris de justice. Le texte, signé d'un membre de l'état-major, le général Christian Chateau, souligne la nécessité de trouver des hommes « aptes moralement et intellectuellement ». Le service militaire est obligatoire au Chili pour les jeunes hommes dès 18 ans.

LIMOGEAGE 

L'existence de la directive a choqué jusqu'au gouvernement, qui a sommé l'armée de se mettre en conformité avec les lois antidiscrimination en vigueur au Chili. Le général Fuente-Alba a précisé qu'il «ferait en sorte» que ces pratiques d'exclusion disparaissent. Mais pour la principale association LGBT chilienne, Movilh, ce n'est pas suffisant: elle a exigé que Chateau soit limogé. « Nous avons besoin d'un changement culturel dans l'armée. Des sanctions doivent être imposées contre ceux qui pratiquent la discrimination », réclame l'organisation dans un communiqué.

vendredi 7 septembre 2012

L’ACIER CHILIEN VA PROFITER DES INVESTISSEMENTS DANS LE PAYS

COMPAGNIE D'ACIER DU PACIFIQUE (COMPAÑIA DE ACERO DEL PACIFICO). PHOTO BILL RAY 

C’est la région minière d’Antofagasta, dans le nord du pays, qui recevra la plus importante part des investissements publics, 11 milliards soit 41,5% du total, devant la région côtière de Valparaiso (24,5%, 5 milliards) et la région de Santiago (3 milliards), précise le responsable de CBC, Orlando Castillo. En comparaison, les investissements combinés des autres pays d’Amérique latine – Pérou, Colombie, Equateur et Argentine – recevront 178 milliards d’investissements sur cinq ans pour plus de 500 projets, principalement également dans les mines et l’énergie.

Hausse de la demande d’acier au Chili

Ces investissements devraient largement augmenter la demande d’acier chilienne, se réjouit l’ICHA. Selon Juan Pablo Silva, un économiste de l’institut, la consommation apparente d’acier au premier semestre a augmenté de 14% sur un an à 1,484 million de tonnes. La consommation d’aciers longs a bondi de 20% à 793 000 tonnes alors que celle d’aciers plats s’appréciait de 5% à 691 000 tonnes. 

jeudi 6 septembre 2012

LE CHILI DÉCIDÉ À CONFIER AUX INVESTISSEURS ÉTRANGERS L'EXTRACTION DE SON LITHIUM

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« PRIVATISATION DU LITHIUM » DESSIN DE PRESSE D'ADOLFO GONZÁLEZ, GOVAR, CARICATURISTE ET ILLUSTRATEUR  AUTODIDACTE QUI A DÉVELOPPÉ CET ART PARALLÈLEMENT À SA PROFESSION COMME TRAVAILLEUR SOCIAL. SOURCE GOVAR - JUNIO 2012


Si quelques centaines de gammes suffisent pour la batterie d'un ordinateur portable, celle d'une voiture électrique est environ 100 fois plus importante. Et selon différentes études, le rythme de production de ces nouveaux véhicules électriques devrait atteindre entre 1,5 millions et 3 millions d'unités à l'horizon 2015, et entre 5 à 10 millions d'ici 2020.

Gisements concentrés au nord dans le désert de l'Atacama

Pour le Chili, premier producteur mondial de lithium, l'exploitation de ce métal stratégique est passée au premier plan au début de l'été avec le lancement d'un appel d'offre national et international pour l'exploitation des gisements de lithium, principalement concentrés au nord du pays, dans le désert de l'Atacama. Dès le 24 septembre 2012, le gouvernement de Sebastian Piñera devrait officiellement attribuer de nouvelles concessions, assorties d'un droit d'extraction de 100.000 tonnes de lithium sur 20 ans et de 7% de royalties pour l'Etat chilien.

LE LITHIUM EST UN COMPOSANT ESSENTIEL DANS LA FABRICATION DES VERRES ET CÉRAMIQUES À FAIBLE EXPANSION THERMIQUE, COMME CEUX DE LA LENTILLE DU TÉLESCOPE HALE DU MONT PALOMAR.

L'appel d'offre ne porte que sur une partie restreinte des 7,5 millions de tonnes des réserves estimées du pays, selon les chiffres de l'Office américain des ressources géologiques (USGS). Il devrait toutefois donner un coup de fouet à la production du pays qui, malgré son statut de premier producteur mondial, n'a généré en 2011 que 12.600 tonnes de lithium.

La concession à des intérêts privés fait débat

Pour autant, la décision du gouvernement de laisser aux mains d'investisseurs privés l'exploitation de cette ressource classée stratégique depuis les années 1970 soulève de nombreuses objections. De plus, le pays a déjà privatisé la quasi totalité de ses ressources naturelles, à l'exception de 30% de son industrie du cuivre.

LE LITHIUM EST UN MÉTAL ALCALIN, MOU ET D'UNE COULEUR BLANC ARGENTÉ. C'EST L'ÉLÉMENT SOLIDE LE PLUS LÉGER, IL A UNE MASSE DE 6,941 U. ET IL POSSÈDE TROIS ÉLECTRONS. SON POINT DE FUSION SE SITUE AUTOUR DE 453,69 K. ET IL CONTIENT DEUX ISOTOPES INCONNUS.


Alors que ses voisins la Bolivie et l'Argentine, les deux autres futures puissances sur le marché du lithium, ont laissé aux mains de l'Etat l'exploitation de leurs réserves de lithium, le Chili ne devrait quant à lui récupérer de ses nouvelles concessions qu'environ 350 millions de dollars grâce aux 7% de royalties.

Le français Bolloré candidat?

Un bénéfice estimé insuffisant par les députés de l'opposition ainsi que les représentants de la confédération des salariés du cuivre. Ces derniers appellent depuis le début de l'appel d'offres à une hausse de la royaltie imposée sur les futures concessions ainsi que la mise en place de politiques publiques afin de développer la production de batteries 100% chiliennes, le véritable relais de croissance du marché du lithium.

Du côté des investisseurs, l'appel d'offres a aiguisé l'appétit de nombreuses compagnies. Ce sont plus de 66 dossiers de candidatures qui ont été retirés par des entreprises majoritairement sud-coréennes, chinoises et américaines, a affirmé le ministre des Mines Pablo Wagner. Parmi les candidats déclarés, l'entreprise nationale et premier producteur mondial de cuivre Codelco a affirmé « regarder le projet d'exploitation du lithium avec beaucoup d'intérêt » et espère remporter la mise. Le français Bolloré, qui s'était d'abord intéressé aux projets d'extraction en Bolivie, serait également sur les rangs.

mercredi 5 septembre 2012

CHILI : LA NOUVELLE PRÉSIDENTE DE LA CUT

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BARBARA FIGUEROA SANDOVAL FUT ÉLUÉ NOUVELLE PRÉSIDENTE DE LA CENTRALE UNITAIRE DES TRAVAILLEURS DU CHILI. PHOTO UPI


La Central Unitaria de Trabajadores de Chile (CUT)  « Centrale unitaire des travailleurs du Chili » héritière en quelque sorte de la « Centrale Unique de Travailleurs du Chili », est la principale centrale syndicale chilienne, et fut fondée en 1988. 


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LOGOTYPE DE LA CENTRALE UNIQUE DE TRAVAILLEURS. LA CENTRALE UNIQUE DE TRAVAILLEURS DU CHILI (CUT), FUT LA PLUS GRANDE CENTRALE UNIQUE SYNDICALE CHILIENNE ENTRE 1953 ET 1973. 

Le 23 août 2012, les 750 000 syndiqués de la CUT furent appelés à réélire leurs instances dirigeantes, à travers l'élection indirecte de 60 conseillers nationaux. 
Quatre listes étaient présentées au vote : 

La liste A « Alternative unitaire » menée par le syndicaliste du pétrole, démocrate-chrétien, Nolberto Diaz. 

La liste B « Unité et lutte » conduite par les dirigeants syndicaux communistes, Barbara Figueroa, du syndicat des enseignants, et Cristian Cuevas, président de la Confédération des travailleurs du cuivre (CTC). 


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CLOTARIO BLEST RIFFO (LE 17 NOVEMBRE 1899 - LE 31 MAI 1990) FUT UN DIRIGEANT SYNDICAL CHILIEN, PREMIER PRÉSIDENT ET FONDATEUR DE LA CENTRALE UNIQUE DE TRAVAILLEURS (CUT)

La liste C « Les travailleurs au pouvoir » conduite par le syndicaliste de l’Association Métropolitaine de Fonctionnaires Municipaux Fabián Caballero de l’extrême gauche. 

La liste D « Autonomie syndicale » de la direction sortante, menée par le socialiste Arturo Martinez, à la tête de la centrale depuis douze ans. 


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LOGOTYPE DE LA  CENTRALE UNITAIRE DES TRAVAILLEURS DU CHILI . 

Le Collège Électoral de la CUT a communiqué les résultats électoraux définitifs du dépouillement général du scrutin le 27 août 2012 qui ont confirmé la victoire de la liste soutenue par le Parti communiste avec 324 530 voix (44%), devant la liste de la direction sortante avec 304 958 voix (42%). La liste A, démocrate-chrétienne, obtient 98 232 voix (13%) et la liste C, extrême gauche, 6 452 (1%).  


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LUIS FIGUEROA MAZUELA LE DERNIER PRÉSIDENT DE LA CENTRALE UNIQUE DE TRAVAILLEURS (CUT) D'AVANT LE COUP D'ÉTAT POUR LA PÉRIODE 1965-1973. IL FUT ÉGALEMENT MINISTRE DU TRAVAIL DE SALVADOR ALLENDE. ICI LORS D'UN POINT DE PRESSE IMPROVISE DU PRÉSIDENT SALVADOR ALLENDE. ACCOMPAGNE (À DROITE) DE SON MINISTRE DU TRAVAIL LUIS FIGUEROA.  
La victoire est historique à plus d'un titre. Barbara Figueroa devient la première femme à diriger la centrale syndicale chilienne dans les 24 ans d’existence de la Centrale. Le dernier militant communiste président d’une centrale syndicale national au Chili fut l’ouvrier typographe Luis Figueroa Mazuela pour la période 1965-1973.

Cela faisait quarante ans donc que les communistes n'étaient plus à la tête de la CUT, confédération syndicale historiquement dominante au sein de la classe ouvrière chilienne.  


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LA PROFESSEURE DE PHILOSOPHIE ET DIRIGEANTE DU SYNDICAT DES ENSEIGNANTS,   BARBARA FIGUEROA SANDOVAL, VIENT D'ÊTRE ÉLUE PRÉSIDENTE DE LA CENTRALE UNITAIRE DES TRAVAILLEURS DU CHILI. PHOTO CRONICA DIGITAL
A la suite de la victoire, la nouvelle présidente de la CUT, Barbara Figueroa, a tenu à affirmer la victoire, non pas d'un « courant » politique mais bien d'une conception de la lutte syndicale et politique alternative, plus combative. La nouvelle présidente observe en effet qu’aujourd’hui « il y a une coupure entre les dirigeants syndicaux et la base syndicale », «  il faut rapprocher les dirigeants aux bases ».

Dans la négociation syndicale, elle affirma : « Nous allons dialoguer sans aucun doute, mais nous allons le faire dans des conditions d’égalité, d’équivalence, pas seulement avec la force de l'argument mais aussi avec la force de la mobilisation […] Ici la force de l'argument ne suffit pas, nous avons besoin d'instruments de pression ».

lundi 3 septembre 2012

LE MOUVEMENT ÉTUDIANT CHILIEN RESSURGIT DANS LES RUES

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LA JOURNÉE A VU L'UNE DES PLUS IMPORTANTES MOBILISATION SUR CE THÈME DE CES DERNIÈRES SEMAINES, AVEC ENTRE 50.000 ET 130.000 MANIFESTANTS, SELON LA POLICE ET LES ORGANISATEURS.

Alors que certains dansaient au rythme de percussions, des milliers d’autres, le visage masqué ou portant des capuches, ont dressé en fin de cortège des barricades et affronté les policiers, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes et avec des canons à eau. Pour les dirigeants des organisations étudiantes, les violences qui accompagnent ces rassemblements donnent des arguments aux autorités pour criminaliser le mouvement et détourner l’attention de leurs revendications. Des dizaines de jeunes ont été ainsi arrêtés.


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« PROCÈS ET CHÂTIMENT POUR LES ASSASSINS DE MANUEL GUTIERREZ, ASSEZ DE RÉPRESSION POLICIÈRE » EST-IL ÉCRIT SUR LA BANDEROLE, SANTIAGO LE 26 AOÛT 2011. PHOTO CARLOS VERA
Le conflit se poursuit depuis de longs mois contre un système éducatif parmi les plus chers et les plus inégalitaires du monde. Gabriel Boric, président du syndicat étudiant Fech, a rappelé les objectifs de la mobilisation : « Nous voulons dire au gouvernement de manière très claire que les demandes que nous avons présentées il y a plus d’un an sont toujours d’actualité : la consolidation de l’éducation publique à travers la fin de la municipalisation de l’éducation secondaire, à travers un financement public des universités, et la fin du marché de l’éducation, la fin du profit. »

Fin de 2011, les étudiants avaient contraint le président de droite, Sebastian Pinera, à ouvrir des négociations. Mais la hausse de 10 % du budget de l’éducation pour 2012, de timides aides à l’endettement étudiant et une modification de la gestion des collèges et lycées publics n’ont en rien satisfait leurs attentes. La semaine dernière, des milliers de jeunes avaient organisé plusieurs rassemblements dans la capitale et dans tout le pays pour demander une réforme radicale du système scolaire. Le gouvernement ce jour-là (pas plus que le 16 août lors d’une vague d’occupations d’écoles secondaires) n’a écouté sa jeunesse, interdisant la plupart des manifestations, policiers anti-émeute en renfort et barbelés pour barrer les rues. Une répression condamnée par plusieurs organisations des droits de l’homme jugeant totalement disproptionnée l’intervention des carabiniers.

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CHILI : LA FRESQUE D'HOMMAGE À MANUEL GUTIERREZ. LA MORT D'UN JEUNE GARÇON, TUÉ PAR BALLES, DANS LA NUIT DE JEUDI À VENDREDI 26 AOÛT 2011 EST VENUE ENDEUILLER LE MOUVEMENT SOCIAL QUI AGITE LE CHILI. 

Justice pour Manuel Gutierrez 

La famille de Manuel Gutierrez, l’étudiant chilien de seize ans tué par la police lors d’une manifestation il y a un an, a publiquement demandé l’ouverture d’un procès contre les responsables. Manuel avait été touché par une balle tirée par un carabinier le 25 août 2011. Il accompagnait son frère dans un fauteuil roulant lors d’une grève déclenchée par la CUT. Jusqu’à présent, deux carabiniers ont été suspendus de leurs fonctions : le tireur et l’officier accusé d’avoir couvert le coupable.

CHILI : BAISSE DE LA PAUVRETÉ, LE GOUVERNEMENT AURAIT FALSIFIÉ LES CHIFFRES

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PHOTO DE PUBLICITÉ DU GOUVERNEMENT DU MILLIARDAIRE CONSERVATEUR SEBASTIEN PIÑERA QUI « ANNONCÉ LA BAISSE DE LA PAUVRETÉ FIN JUILLET » AU CHILI. 

Ces chiffres démontraient que son gouvernement de droite faisait mieux que la gauche en matière sociale. Mieux encore, qu’il avait réussi à faire en deux ans ce qu’elle n’avait pas été capable de faire en vingt ans de pouvoir. Grâce à une politique de création d’emplois. Seulement, les chiffres sur lesquels il s’appuie ne seraient pas les bons.

Une enquête journalistique révèle qu’un premier rapport Casen, réalisé par la Cepal, la commission économique de l’ONU pour la région, présentait des chiffres de pauvreté inchangés depuis 2009. Le gouvernement a alors fait une requête inédite à l’organisme : un second rapport, incluant une question de plus.

Une question qui aurait suffi à faire baisser les chiffres de pauvreté. Si le gouvernement maintient ses positions, un haut fonctionnaire a déjà en partie avoué la manipulation. 

dimanche 2 septembre 2012

DES ABUS POLICIERS DÉNONCÉS AU CHILI

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UN ÉTUDIANT BLESSÉ EST ARRÊTÉ PAR DES POLICIERS ANTI-ÉMEUTE LORS D'UNE MANIFESTATION CONTRE LE GOUVERNEMENT POUR UNE RÉFORME DU SYSTÈME ÉDUCATIF PUBLIC À SANTIAGO, AU CHILI. PHOTO REUTERS 26 AVRIL 2012

« Ils m'ont fait entrer et retirer mes vêtements. (Puis) ils m'ont fait agenouiller nu », a raconté à des médias locaux Ignacio Muñoz, président du centre des élèves du lycée Maria Luisa Bombal de Rancagua (sud), qui a été retenu menotté pendant cinq heures aux côtés de neuf autres personnes, dont deux mineurs, après l'évacuation de l'établissement qu'ils occupaient. À la suite de cette opération, quatre policiers seront sanctionnés pour n'avoir pas respecté la procédure dans ce type d'intervention, ont annoncé les autorités. Les étudiants interpellés ont quant à eux saisi les tribunaux.

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DE NOUVELLES MANIFESTATIONS ANTI-GOUVERNEMENTALES ONT EU LIEU LUNDI À VALPARAISO. PHOTO IVAN ALVARADO 22 MAI 2012
Hier, un membre des forces spéciales a été suspendu après la diffusion d'une vidéo le montrant donnant des coups de pied la veille à des élèves délogés d'un immeuble en construction dans lequel ils s'étaient réfugiés à l'issue d'une manifestation qui a rassemblé plus de 50.000 personnes à Santiago. « Nous souhaiterions un pas supplémentaire, pas uniquement une réaction postérieure. Que l'on puisse affiner les procédures dans ce type d'opérations qui exigent un traitement spécial, parce qu'il s'agit de mineurs », a réclamé la présidente de l'Institut national des droits de l'Homme (INDH, autonome), Lorena Fries. Depuis trois semaines, son organisation a été saisie de trois cas d'abus sur des mineurs en détention.

Le monde étudiant réclame depuis plus d'un an une profonde réforme du système éducatif chilien, hérité de l'ère Pinochet et considéré comme l'un des plus cher et inégalitaire au monde. De nombreuses manifestations donnent lieu à des scènes de violences entre jeunes gens masqués et forces de l'ordre.