vendredi 12 juillet 2013

CHILI: MANIFESTATIONS POUR DE MEILLEURES CONDITIONS DE TRAVAIL

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GRÈVE GÉNÉRALE DU 11 JUILLET 2013 À L'APPEL DE LA CENTRALE UNITAIRE DES TRAVAILLEURS (CUT) 

La fin de la manifestation a été émaillée d'incidents opposant des manifestants cagoulés et les forces de l'ordre qui se sont affrontés à coup de pierre, lances à eaux et gaz lacrymogènes.

Les revendications portaient notamment sur une réforme du code du travail, une amélioration du salaire minimum (à 490 dollars par mois contre 380 actuellement) et un remplacement du système des retraites privé par un système public cofinancé par les salariés et les employeurs.


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UNE MANIFESTATION QUI N'EST PAS RESTÉ DANS L'OMBRE. « UNE ÉDUCATION LIBRE, GRATUITE ET DIGNE ». PHOTO UPI
A l'appel de la Centrale syndicale unitaire des travailleurs (CUT), soutenue par les étudiants, une dizaine de barrages ont été dressés jeudi matin sur divers accès à Santiago, provoquant des embouteillages à l'heure de pointe, selon la police.

« De l'avis du gouvernement, les raisons aujourd'hui pour faire grève dans le pays sont inexistantes », a déclaré dans une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur, Andrés Chadwick.


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DES JEUNES PEIGNENT DES POCHOIRS AU COUR DE LA MANIFESTATION. PHOTO FRANCISCO ÁGUILA  

Selon l'Association nationale des employés des impôts, 90% des fonctionnaires syndiqués dans cette branche ont observé le mouvement de grève.

L'appel à la grève nationale a été relayé également par les employés du fisc, de l'état-civil, des crèches, des douanes ou encore de l'aviation civile.


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GRÈVE GÉNÉRALE DU 11 JUILLET 2013 À L'APPEL DE LA CENTRALE UNITAIRE DES TRAVAILLEURS (CUT) DU CHILI, SOUTENU PAR DES SYNDICATS ET COORDINATIONS D'ÉTUDIANTS ET DE LYCÉENS. 

« Le fait que 25% des travailleurs au Chili ne gagnent pas plus de 199.000 pesos (393 dollars) et 50% ne perçoivent pas plus de 307.000 pesos (607 dollars) illustre la grande inégalité que nous vivons et les énormes réformes que nous voulons », a expliqué à la fin de la manifestation Barbara Figueroa, présidente de la CUT.

Dès les premières heures de la matinée, aux abords de la Gare centrale, un groupe s'en est pris à un autobus qui a été incendié après en avoir fait descendre les passagers. De nombreuses forces de l'ordre ont été déployées dans la capitale.


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BRANDISSANT DES DRAPEAUX, SCANDANT DES SLOGANS ET DANSANT SUR LE PAVÉ, LES ÉTUDIANTS ONT MANIFESTÉ DE FAÇON PACIFIQUE. LES POLICIERS ONT TOUTEFOIS COMMENCÉ À SE HEURTER À DES PETITS GROUPES DE CASSEURS QUI S'INVITENT SOUVENT DANS CES MARCHES. PHOTO HÉCTOR FLORES

Les accès aux principaux sites miniers de la compagnie publique Codelco, plus important producteur de cuivre au monde, ont également été bloqués, selon les syndicats des travailleurs du cuivre.
Sur son compte Twitter, l'entreprise a cependant assuré que « malgré des problèmes d'accès, tous les sites travaillent normalement» , hormis un où l'entrée en fonction de la première équipe de la journée a été retardée.

Cette nouvelle journée de manifestations intervient à quatre mois de l'élection présidentielle du 17 novembre, dans un climat de mobilisations récurrentes du secteur étudiant en faveur d'un système éducatif gratuit et de qualité en replacement de l'actuel, cher et inégalitaire, hérité de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

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« POUR UN CHILI AVEC JUSTICE ET ÉGALITÉ » . GRÈVE GÉNÉRALE DU 11 JUILLET 2013 À L'APPEL DE LA CENTRALE UNITAIRE DES TRAVAILLEURS (CUT) DU CHILI. PHOTO EFE

« Il y a une remise en question légitime du modèle hérité de Pinochet », qui « en de nombreuses circonstances a été utile mais qui semble avoir atteint ses limites », selon Cristobal Bellolio, analyste à l'Université Adolfo Ibañez.

Selon lui, le modèle libéral imposé par la dictature a permis de croître et de réduire la pauvreté de 40 à 14% de la population, mais a généré une inégalité croissante

L'inégalité, selon l'analyste Guillermo Holzmann, est un thème évoqué régulièrement dans toutes les manifestations se déroulant en Amérique Latine en ce moment et, dit-il à l AFP, il est probable que « le changement ou la réforme de ce modèle »  devienne « l'axe transversal de la campagne électorale »  au Chili.
Toutefois, estime Bellolio, on ne doit pas attendre des changements radicaux, étant donné que « les acteurs politiques (actuels) sont ceux qui ont été en charge de la transition vers la démocratie et la consolidation de ce modèle » .