mardi 3 octobre 2017

LES ÉTATS-UNIS ORDONNENT LE DÉPART DE 15 DIPLOMATES CUBAINS


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

PHOTO ALEJANDRO ERNESTO

Selon un haut fonctionnaire de cette entité fédérale, cette mesure est liée aux incidents de santé rapportés par des membres du service extérieur des États-Unis à La Havane, mais il a souligné que ce geste ne signifie pas un changement de politique à l’égard de la Grande Île de la Caraïbe ni une attribution de responsabilités pour ces faits.

« Nous continuons d’entretenir des relations diplomatiques », a ajouté la source, selon laquelle ce pas répond au fait que, pour les États-Unis, Cuba n’a pas adopté toutes les mesures visant à assurer la protection de leur personnel dans l’Île.

Il a ajouté qu’un tel geste cherche à équilibrer la capacité de fonctionnement de sièges diplomatiques dans les capitales respectives, après la décision des États-Unis, le vendredi dernier, de retirer plus de la moitié de son personnel diplomatique à La Havane.

Les mesures de la semaine dernière et de ce mardi ont été adoptées bien que le Département d’État ait reconnu que les enquêteurs n’ont pas pu d’identifier ni les auteurs ni les causes de ce que Washington qualifie d’ « attaques », sans preuves concluantes à ce sujet. Le fonctionnaire de l’entité fédérale, qui a précisé que 22 diplomates étasuniens ont présenté des problèmes de santé à Cuba, a reconnu ne connaître ni les origines ni les motivations de ces incidents.  

Selon la source officielle, le gouvernement cubain l’a informé qu’il poursuivra l’enquête sur cette affaire « et nous continuerons de coopérer avec eux dans cet effort ».

« Nous poursuivrons aussi notre propre enquête », a ajouté le représentant du Département d’État, qui a affirmé que de telles décisions ne signifient aucunement une présomption de culpabilité.

À la suite de l’annonce de vendredi dernier, la directrice générale chargée des États-Unis au ministère cubain des Relations extérieures, Josefina Vidal, a qualifié de précipitée cette décision, affirmant qu’elle affectera les relations bilatérales, notamment la conclusion d’accords sur des questions d’intérêt mutuel.

Elle a souligné que le gouvernement cubain n'a aucune responsabilité dans les faits qui sont rapportés et qu'il s'acquitte avec sérieux et rigueur de ses obligations envers la convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 en ce qui concerne la protection de l'intégrité des fonctionnaires diplomatiques étrangers accrédités à Cuba sans exception et leur proches.

Lors d’un entretien avec son homologue étasunien, le Secrétaire d’État Rex Tillerson, le 26 septembre à Washington, Bruno Rodriguez lui avait signalé qu’il serait déplorable de politiser une affaire de cette nature, et que des décisions hâtives soient prises sans preuves et sans résultat d’enquête concluants.

À la suite des décisions de Washington sur cette question, plusieurs voix se sont élevées pour qualifier les pas franchis par le Département d’État d’excessifs, et ont mis en garde contre le danger qu’ils représentent pour le processus de normalisation des relations bilatérales.

Sénateurs et congressistes, groupes d’entreprises et de transport, anciens diplomates et analystes jugent maladroite la posture de l’administration de Donald Trump, qui le 16 juin dernier avait annoncé la suppression de plusieurs des avancées enregistrées par les deux pays.

Plusieurs sources ont averti que ces décisions ne profitent qu’à des figures comme le sénateur cubano-américain Marco Rubio, adversaire farouche d’un rapprochement entre les deux pays, qui, le vendredi, a qualifié de « faibles et inacceptables » les actions du gouvernement et a appelé à expulser les diplomates cubains de Washington. (PL)