mardi 23 mai 2017

CHILI. LA CLÔTURE D’UNE ENQUÊTE SUR DES INFRACTIONS PERPÉTRÉES CONTRE UN CHEF MAPUCHE MET EN DANGER LES PEUPLES AUTOCHTONES

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Les faits signalés par le lonko se sont produits en juin 2016. Si une enquête a été menée, il semble que les infractions signalées n’aient pas donné lieu à des investigations exhaustives et impartiales.

« Cette décision établit un précédent dangereux et laisse le champ libre à ceux qui cherchent à réduire au silence les peuples autochtones du Chili », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Dénoncer des violations des droits humains n'est pas un crime. Au lieu de sanctionner ceux qui consacrent leur vie à lutter pour la justice, les autorités chiliennes devraient protéger ces personnes et leurs activités et poursuivre ceux qui les attaquent. »

Víctor Queipul Hueiquil mène un combat en faveur des droits des peuples mapuches sur leurs terres ancestrales, de la protection de leur identité culturelle et spirituelle et de leur autodétermination.

Depuis des années, des membres de cette communauté font état de violences policières, de torture et d’autres formes de mauvais traitements, de persécutions judiciaires, de stigmatisation et de sanctions pénales à leur encontre, liées à leurs activités de défense des droits fondamentaux.

Le 14 juin 2016, un groupe de policiers a fait une intervention sur les terres de la Communauté autonome de Temucuicui. Ils ont fait usage de gaz lacrymogène et d’armes antiémeute.

Dans le contexte de cette opération, le lonko a été appréhendé contre sa volonté, sans mandat d’arrêt, par trois individus non identifiés, et maintenu en détention d'environ 20 heures le 14 juin à 4 heures du matin le lendemain.

Pendant cette période, il a été battu alors qu’il avait les yeux bandés et qu’il était ligoté. Les hommes lui ont demandé où se trouvaient des armes qu’ils soupçonnaient la communauté de détenir. Ils ont aussi critiqué les activités qu’il mène auprès des communautés mapuches et le soutien qu’il a exprimé à un machi (figure d'autorité religieuse) traité comme un délinquant. De plus, ils ont exigé qu'il cesse ses activités de défense des droits des peuples autochtones. Le lonko a signalé les faits au poste de police de Traiguén, puis a porté plainte.

Le ministère public a également pris pour cible des organisations de défense des droits humains, y compris Amnesty International, dans le but de discréditer les activités qu’elles mènent pour soutenir les organisations à vocation sociale et les communautés autochtones au Chili.

Les faits signalés par le lonko se sont produits en juin 2016. Si une enquête a été menée, il semble que les infractions signalées n’aient pas donné lieu à des investigations exhaustives et impartiales.

« Cette décision établit un précédent dangereux et laisse le champ libre à ceux qui cherchent à réduire au silence les peuples autochtones du Chili », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Dénoncer des violations des droits humains n'est pas un crime. Au lieu de sanctionner ceux qui consacrent leur vie à lutter pour la justice, les autorités chiliennes devraient protéger ces personnes et leurs activités et poursuivre ceux qui les attaquent. »

Víctor Queipul Hueiquil mène un combat en faveur des droits des peuples mapuches sur leurs terres ancestrales, de la protection de leur identité culturelle et spirituelle et de leur autodétermination.

Depuis des années, des membres de cette communauté font état de violences policières, de torture et d’autres formes de mauvais traitements, de persécutions judiciaires, de stigmatisation et de sanctions pénales à leur encontre, liées à leurs activités de défense des droits fondamentaux.

Le 14 juin 2016, un groupe de policiers a fait une intervention sur les terres de la Communauté autonome de Temucuicui. Ils ont fait usage de gaz lacrymogène et d’armes antiémeute.

Dans le contexte de cette opération, le lonko a été appréhendé contre sa volonté, sans mandat d’arrêt, par trois individus non identifiés, et maintenu en détention d'environ 20 heures le 14 juin à 4 heures du matin le lendemain.

Pendant cette période, il a été battu alors qu’il avait les yeux bandés et qu’il était ligoté. Les hommes lui ont demandé où se trouvaient des armes qu’ils soupçonnaient la communauté de détenir. Ils ont aussi critiqué les activités qu’il mène auprès des communautés mapuches et le soutien qu’il a exprimé à un machi (figure d'autorité religieuse) traité comme un délinquant. De plus, ils ont exigé qu'il cesse ses activités de défense des droits des peuples autochtones. Le lonko a signalé les faits au poste de police de Traiguén, puis a porté plainte.

Le ministère public a également pris pour cible des organisations de défense des droits humains, y compris Amnesty International, dans le but de discréditer les activités qu’elles mènent pour soutenir les organisations à vocation sociale et les communautés autochtones au Chili.

CHILI : FERNANDO QUILODRÁN RODRÍGUEZ EST DÉCÉDÉ


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 FERNANDO QUILODRÁN RODRÍGUEZ
Sous le pseudonyme « Loa », il obtenait en 1972 le Premier Prix du Concours de Poésie Carlos Pezoa Véliz, organisé par l'Entreprise d'édition Nationale Quimantú. Parti en exil en 1975 après le coup d'État sanglant du 11 septembre 1973 au Chili, il séjourne au Pays-Bas jusqu’à 1985.

Il fut reçu par le Pen Club Hollandais. Il publie le roman « Los organismos del tiempo », non traduit, en 1983, en Hollande. Avant de rentrer au Chili, il publie un autre roman, en 1985, en Espagne, « Vitales mereciéndolo ».

Ses restes seront veillés dans la Maison le Musée Michoacán de los Guindos, dans la commune de La Reina, Santiago.


jeudi 11 mai 2017

INVITATION À LA VENTE PRIVÉE D'HERNAN L. TORO


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Une vente privée de dessins, cartons et toiles d'Hernan L. Toro aura lieu le samedi 10 juin 2017 à la galerie l'«Artpartement», 11 rue Thérèse, dans le 1er arrondissement de Paris. 

Voir plan ici 

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INVITATION À LA VENTE PRIVÉE D'HERNAN L TORO

LES PRÉSIDENTS DE L'ARGENTINE, DU CHILI ET DE L'OUZBÉKISTAN ASSISTERONT AU «FORUM DE LA CEINTURE ET LA ROUTE»

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LE LAC YANQI ILLUMINÉ POUR LE
FORUM DE « LA CEINTURE ET LA ROUTE »

Ces trois présidents comptent parmi les 28 chefs d'État et de gouvernement ayant confirmé leur présence au forum organisé à Beijing. Celui-ci est la réunion internationale la plus importante sur «la Ceinture et la Route» depuis que la Chine a proposé cette initiative en 2013. 

Source: Agence de presse Xinhua

BUENOS AIRES : UN DEMI-MILLION DE FOULARDS BLANCS DANS LES RUES CONTRE L’IMPUNITÉ

«PLUS JAMAIS ÇA»
Il avait profité d’une loi connue comme «Deux pour un», en vigueur de 1994 à 2001, permettant de compter comme double chaque jour passé en détention provisoire au moment d’appliquer la peine prononcée en jugement. La loi visait à réduire la surpopulation carcérale et aucune limite n’était prévue, pouvant ainsi s’appliquer aux délits de droit commun comme aux crimes contre l’humanité. Dans le cas de Luis Muiña, le premier à en bénéficier, il avait passé plus de neuf ans en prison avant d’être jugé.

Mardi, un tribunal fédéral a déclaré la décision «inconstitutionnelle» tandis que deux autres anciens bourreaux se sont empressés de demander à bénéficier de la même mesure, provoquant un tollé dans ce pays, profondément marqué par cette page noire de son histoire. Signe de l’émotion, les députés, puis les sénateurs ont adopté en urgence, dans la journée de mercredi et à l’unanimité, une loi limitant la portée de la décision de la Cour Suprême. «Nous vivons un retour en arrière historique. Cette décision n'est pas innoncente», a ainsi déploré le sénateur de San Luis Adolfo Rodríguez Saa, en séance. Les auteurs de crimes contre l’humanité ne pourront plus bénéficier de réductions de peines.

Marée humaine

Au moins un demi-million de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, selon les organisateurs, pour se rendre devant la Casa rosada (l'équivalent de l'Elysée), place de mai. La police ne donne jamais de chiffres de manifestants en Argentine. Sur scène, devant cette marée humaine, les figures des Mères et grands-mères de la place de Mai, dont Estela de Carlotto, Lita Boitano et Taty Almeida qui depuis 40 ans réclament la vérité sur le sort de leurs enfants disparus, ont harangué la foule avec leur slogan.

«Messieurs les juges : plus jamais aucun auteur de génocide en liberté. 30 000 détenus-disparus. Présents!», ont-elles scandé, accompagnées de chanteurs, d’acteurs, de footballeurs, du prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel et d’hommes politiques de tous bords excepté de la majorité de droite du président Macri, comme le relève la Nacion. «On doit protester pour qu’ils n’osent pas relâcher les auteurs de génocides à nouveau», a déclaré à l’AFP Alba Cervantes, une femme qui portait autour du cou la photo de son frère disparu le 20 septembre 1977, Miguel «Cacho» Cervantes. Des marches similaires ont eu lieu dans d’autres villes d’Argentine, telles que Neuquen, Cordoba et Rio Negro.

Le monde du football argentin s'est également mobilisé. Les plus gros clubs du pays comme River Plate, Estudiantes de la Plata ou Banfield ont permis aux supporters de dressés des banderoles «Mémoire, vérité, justice» ou ont appelé à manifester mercredi soir. 

mercredi 10 mai 2017

BRÉSIL : LULA FACE AUX ACCUSATIONS DE CORRUPTION


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L'ANCIEN PRÉSIDENT BRÉSILIEN LUIZ INACIO LULA,
À SAO PAULO LE 5 MAI 2017
PHOTO NELSON ALMEIDA

Scandale Petrobras

IMAGE NICOLAS RAMALLO, ANELLA RETA
L’ancien ouvrier métallurgiste est visé par cinq procédures judiciaires liées à l’opération « Lavage express ». Cette enquête tentaculaire a révélé un vaste réseau de corruption orchestré par des entreprises du bâtiment pour truquer systématiquement les marchés publics, notamment ceux du géant pétrolier étatique Petrobras.

LES FUITES DE WIKILEAKS NOTE
 SUR LA COOPÉRATION ENTRE 
SERGIO MORO ET ETATS-UNIS
Lula est à la barre pour se défendre d’accusations selon lesquelles il aurait reçu un appartement en triplex dans une station balnéaire en guise de pot-de-vin. Selon les procureurs, il aurait bénéficié de largesses à hauteur de 3,7 millions de réais (1,16 million de dollars) de la part d’OAS, une société de BTP impliquée dans le scandale Petrobras.

Soutien de Dilma Rousseff

Le verdict n’est pas attendu avant plusieurs semaines. S’il est reconnu coupable et la décision confirmée en appel, Lula encourt une peine de prison et ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle de 2018. Malgré les affaires et un niveau élevé de rejet, il est largement en tête des intentions de vote.

Depuis le début de la journée, les internautes des deux camps se livrent un duel à coups de hashtags sur les réseaux sociaux. D’un côté #LulaEuConfio (« j’ai confiance en Lula) et de l’autre #MoroOrgulhoBrasileiro (« Moro, la fierté du Brésil»). C’est justement sur Twitter que la dauphine de Lula, Dilma Rousseff, destituée l’an dernier pour maquillage des comptes publics, a annoncé son arrivée à Curitiba pour soutenir son mentor. « Je suis à Curitiba pour témoigner de ma solidarité envers le président Lula. La vérité va triompher », a-t-elle publié.


mardi 9 mai 2017

ARGENTINE : UNE DÉCISION DE LA COUR SUPRÊME POURRAIT LIBÉRER DES TORTIONNAIRES DE LA DICTATURE


CONDOR EMPRISONNÉ
ILLUSTRATION RAMIRO ALONSO
Dans un pays donné en exemple dans le monde pour les procès et les condamnations des criminels du régime militaire, de nombreux juristes s’inquiètent de cette décision et les défenseurs des droits de l’homme se mobilisent. Ils ont appelé à une manifestation, mercredi 10 mai 2017, à Buenos Aires.

Le verdict concerne le cas de Luis Muiña, arrêté en 2007 et condamné en 2011 à 13 ans de prison pour sa participation dans les enlèvements et les tortures de cinq travailleurs de l’hôpital Posadas, dans la province de Buenos Aires, au cours d’une opération menée, le 28 mars 1976, par Reynaldo Bignone, dernier président de facto de la junte militaire (1982-1983), aujourd’hui âgé de 89 ans et lui-même en prison.

Peine la plus favorable

Trois des cinq membres du tribunal suprême ont jugé que M. Muiña, en liberté conditionnelle depuis avril 2016, pouvait en effet bénéficier d’une loi baptisée « 2 x 1 », qui compte double les jours passés en détention préventive. Cette loi, votée en 1994, avait pour but de désengorger les prisons, les prévenus pouvant passer de très longues années enfermés avant la tenue de leur procès. Mais elle a été abrogée en 2001 car elle n’a pas permis d’accélérer les processus judiciaires.

Les trois juges de la Cour suprême se sont fondés sur le principe de l’application de la peine la plus favorable au prévenu, alors même que les délits dont M. Muiña a été accusé ont été commis avant le vote de cette loi, et qu’il a été arrêté après son abrogation. Les défenseurs des droits de l’homme craignent que ce verdict controversé puisse désormais permettre à quelque 700 militaires, policiers et civils actuellement en prison de bénéficier de remises de peine. Ce pourrait être le cas d’Alfredo Astiz, condamné en France en 1990 à perpétuité pour la disparition de deux religieuses françaises. «Beaucoup de tortionnaires pourraient retrouver la liberté », estime Ricardo Gil Lavedra, ancien juge de la Cour suprême, qui avait condamné les chefs du régime militaire en 1985, au cours d’un procès historique comparé à celui de Nuremberg contre les crimes nazis.

Plusieurs ex-tortionnaires ont déjà demandé à bénéficier de la mesure, dont Victor Gallo, ex-capitaine de l’armée, condamné à 25 ans de prison pour le vol de bébés nés en captivité pendant la dictature. Il avait notamment été jugé pour l’«appropriation » illégale de Francisco Madariaga, l’enfant d’une opposante enceinte de 4 mois lors de son enlèvement et probablement exécutée après l’accouchement. M. Madariaga n’avait appris sa véritable identité qu’en 2010, après trente-deux ans passés à croire que M. Gallo était son père.

« Je n’ai pas encore pu refaire ma vie »

L’association des Grands-Mères de la place de Mai, qui lutte depuis quarante ans pour retrouver les quelque 400 enfants volés pendant la dictature et élevés sous une fausse identité, a demandé vendredi à ce que Francisco Madariaga puisse bénéficier d’un programme de protection de témoins si Victor Gallo, qui l’a plusieurs fois menacé de mort, venait à être libéré. « Je n’ai pas encore pu refaire ma vie, et si ça se trouve, demain, il sera libre », s’est inquiété celui que l’on appelle le « nieto 101 », cent unième « petit-enfant » – sur 122 – à avoir recouvré sa véritable identité.

« Les crimes contre l’humanité ne peuvent être considérés de la même façon que ceux de droit commun, a dénoncé l’avocat constitutionnaliste Daniel Sabsay, d’autant plus que la loi du “2 x 1” a été abrogée. C’est donc une situation régressive. » Une opinion que partage Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix en 1980, qui pointe « le mal profond fait à toute la société, au droit, à la vérité et à la justice ». Hebe de Bonafini, la présidente des Mères de la place de Mai, a exprimé son « dégoût » tant pour la Cour suprême que pour le gouvernement de centre droit de Mauricio Macri, affirmant que « les juges sont également complices » de la dictature militaire.

Durement mis en cause, le gouvernement a, quant à lui, timidement critiqué la décision de la Cour suprême, tout en précisant respecter son verdict. Mais l’opposition n’a pas manqué de rappeler que deux des trois juges responsables du verdict ont été nommés par M. Macri.

Vieilles blessures

A Buenos Aires, dans le même temps, l’Eglise catholique argentine a rouvert les vieilles blessures en lançant, lors de la 113e assemblée de la conférence épiscopale, le 2 mai, un processus de « réconciliation » entre familles de militaires et familles des victimes de la dictature. Une proposition fortement rejetée par les associations de défense des droits de l’homme, qui rappellent que les militaires argentins n’ont jamais demandé pardon et n’ont jamais révélé ce qu’il était advenu des disparus et des bébés volés.

Après plus d’une décennie de travail de mémoire et de justice, le balancier semble reparti vers une forme d’impunité. En août 2003, dans la foulée de l’élection du péroniste Nestor Kirchner, le Parlement avait annulé les lois d’amnistie, votées en 1986 et 1987 sous la pression des militaires pendant l’administration du président radical Raul Alfonsin (1983-1989). Le 14 juin 2005, la Cour suprême avait, à une très large majorité, déclaré ces lois anticonstitutionnelles. Ce verdict avait permis que des centaines de militaires, policiers et civils puissent enfin rendre des comptes à la justice.