mardi 21 janvier 2020

CHILI: DES PERSONNALITÉS CIVILES CRÉENT UN PARTI

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]  

LA COTE DE POPULARITÉ DU PARLEMENT CHILIEN EN CHUTE LIBRE 
DESSIN ALEN LAUZAN
Une journaliste reconnue, un célèbre guitariste, une victime d'une retentissante affaire de pédophilie dans l'Église: plusieurs personnalités de la société civile ont annoncé lundi la création d'un nouveau parti politique au Chili pour défendre un changement de Constitution.
JAMES HAMILTON / TWITTER
Cette nouvelle formation, baptisée Parti pour la dignité, va militer pour que soit approuvé à l'occasion du référendum du 26 avril le principe d'un changement de la Constitution et la désignation d'une Assemblée constituante.

Le référendum comportera en effet deux questions: l'une sur le remplacement ou non de la Constitution actuelle, héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, un «Congrès mixte» composé de citoyens et de parlementaires, ou une Assemblée constituante de citoyens.

Parité


MARÍA OLIVIA MÖNCKEBERG
PHOTO 
WIKIPÉDIA
«L'objectif principal est d'offrir un espace à des personnes indépendantes qui ne se sentent pas représentées par les canaux actuels de représentaidat ou candidates» à l'Assemblée constituante, a expliqué la journaliste Maria Olivia Monckeber, lauréate en 2009 dtion, et à celles qui veulent être candu Prix national du journalisme et vice-présidente du nouveau parti.

Le président est James Hamilton, une victime du prêtre pédophile Fernando Karadima, accusé d'agressions sexuelles multiples sur des mineurs et au centre d'un vaste scandale qui a secoué l'Église catholique chilienne.

Le parti souhaite défendre l'existence d'une Assemblée constituante paritaire entre hommes et femmes avec des représentants des communautés amérindiennes.

Contestation sociale sans précédent


«Je n'ai jamais appartenu à un parti politique (...) J'ai toujours regardé cela de loin. Mais beaucoup de gens ont des capacités. Le parti est ouvert à toutes les personnes intéressées pour qu'elles participent», a explique Claudio Narea, ancien guitariste de Los Prisoneros, groupe de rock contestataire le plus populaire des dernières années de la dictature.

Le parti naît après trois mois d'une contestation sociale sans précédent au Chili pour dénoncer les inégalités socio-économiques, mouvement qui n'a bénéficié à aucune formation politique traditionnelle.

Le changement de Constitution figure parmi les revendications principales des manifestants, à côté d'une réforme des systèmes de santé, d'éducation et de retraites, qui relèvent essentiellement du secteur privé et sont accusés d'entretenir de profondes inégalités. (afp/nxp)


SUR LE MÊME SUJET :

samedi 18 janvier 2020

CHILI : TROIS MOIS D’UNE CRISE QUI RAPPELLE CELLE DES GILETS JAUNES

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]  
LA COTE DE POPULARITÉ DE PIÑERA EN CHUTE LIBRE 
DESSIN ALEN LAUZAN
Déclenché le 18 octobre 2019, le mouvement de protestation se poursuit au Chili. Si des concessions ont été faites aux protestataires, la stabilité n'est pas encore de retour. Un référendum constitutionnel très attendu doit se tenir en avril. 
Ce qui se passe au Chili rappelle en plusieurs points – toutes proportions gardées – la crise des Gilets jaunes et celle de la réforme des retraites en France. La façon dont Emmanuel Macron a géré la crise des Gilets jaunes a d'ailleurs été jugée exemplaire par un sénateur de la majorité du président, Sebastian Piñera, qui comparait en octobre la situation chilienne avec celle de la France.

Gaz lacrymogènes, canons à eau, balles en caoutchouc : une répression policière et militaire démesurée, selon l'ONU, s'est abattue sur les manifestants mobilisés au Chili depuis mi-octobre. A ce jour, le bilan est de plus de 29 morts et des milliers de blessés, dont plus de 200 souffrent de blessures oculaires graves, beaucoup étant éborgnés. Envoyée sur place entre fin octobre et fin novembre, la délégation du Haut-commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme a dénoncé un «usage excessif de la force », des actes de «torture», de «violence sexuelle», ou encore des «arrestations arbitraires».

Longtemps stable en apparence, le Chili traverse depuis le 18 octobre une crise politico-sociale de grande ampleur. C'est l'augmentation des prix des tickets de métro, au début de l'automne, qui a été le détonateur de la crise. Une goutte d'eau qui a fait déborder le vase après une série d'augmentations, dont une de 10,5% sur les tarifs de l'électricité, rendant encore plus inaccessible un coût de la vie jugé déjà bien trop élevé. S'appuyant sur un modèle économique ultralibéral, le Chili, premier exportateur mondial de cuivre, disposait avant la contestation d'un système social très minimaliste. Le régime de retraites chilien, datant de la période de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), s'appuie en effet sur un système par capitalisation totalement individualisé pour les salariés. Il oblige les travailleurs à verser 10% de leur salaire sur un compte individuel géré par des Administrateurs de fonds de pension (AFPs), organismes financiers privés chargés de les faire fructifier. Comment ne pas penser à la polémique autour de la société d'investissement américaine BlackRock en France ? 

Avec un tel système, d'innombrables retraités chiliens vivent sous le seuil de pauvreté, même s'ils ont travaillé la majeure partie de leur existence. Le système de santé et celui de l'enseignement universitaire sont, eux aussi, vivement critiqués. Le Chili est un des pays de la région où les médicaments coûtent ainsi le plus cher. Les universités, payantes, sont inaccessibles aux plus défavorisés. Tous ces éléments font du Chili le pays le plus inégalitaire de l'OCDE.

Soutenu par Washington, le président Sebastian Piñera, milliardaire comme Donald Trump, est au cœur de la contestation. Un sondage publié le 16 janvier indique qu'il plonge actuellement dans un abîme d'impopularité, avec seulement 6% d'opinions favorables. La même enquête montre que moins de la moitié des Chiliens estiment que leur pays est une démocratie effective. Pour tenter de calmer les protestataires, le gouvernement a annoncé fin octobre une série de mesures économiques, telles que l'augmentation des retraites les plus basses, du salaire minimum, ainsi que le gel des tarifs d'électricité. Début décembre, il a ajouté un nouveau plan économique prévoyant l'augmentation de 3 milliards de dollars des dépenses publiques, une aide financière aux PME à hauteur de 1,9 milliard de dollars et la création de 100 000 emplois supplémentaires. 

Vers une nouvelle Constitution 


Plus récemment, le 5 janvier, le président chilien a annoncé un projet de loi visant à réformer le système de santé. Il prévoit notamment de réduire le prix des médicaments et d'étendre les autorisations données aux cliniques privées de soigner les usagers du secteur public. Le 15 janvier, le gouvernement a annoncé une augmentation des cotisations patronales afin que les employeurs cotisent pour la retraite de leurs salariés. Dans le même temps, Sebastian Piñera a également promis une prime exceptionnelle à 1,3 million de familles. 

À l'image de ce qui se passe en Algérie avec le Hirak et des Gilets jaunes en France, le mouvement de contestation chilien n'a pas de porte-parole. Il n'y a donc pas d'interlocuteur pour négocier avec le gouvernement. La rue donne ainsi la température et l'autorité tâtonne sans lâcher le pouvoir. Les concessions que Sebastian Piñera accorde ne suffisent pas à calmer les contestataires qui exigent sa démission et des changements radicaux au niveau politique, en particulier la rédaction d'une nouvelle Constitution. Celle actuellement en vigueur est héritée de la dictature d'Augusto Pinochet et les Chiliens n'en veulent plus. Des assemblées citoyennes, baptisées «cabildos», fleurissent dans les rues du pays. Des séances durant lesquelles les contestataires, assis à même le sol, listent leurs nombreuses revendications, à la tête desquelles trônent des réformes économiques et politiques profondes. 

En novembre, confronté à une pression continue, le président a été obligé de céder davantage. Le 14 novembre, la coalition parlementaire de Piñera et l'opposition ont signé un accord historique visant à l'organisation d'un référendum sur la Constitution. Le 19 décembre, le Congrès chilien a adopté un texte permettant l'organisation du référendum, le 26 avril prochain. Lors de ce scrutin, les Chiliens devront répondre à deux questions : souhaitez-vous une nouvelle Constitution ? Et si oui, quel organe devra rédiger cette dernière ? Deux réponses seront possibles : un congrès mixte, composé à parts égales de citoyens élus à cette fin et de députés, ou une Assemblée constituante composée intégralement de citoyens élus pour ce projet d'écriture. L'organe chargé de la rédaction aurait alors neuf mois pour élaborer un nouveau texte, une période qui pourrait être prolongée de trois mois. 
Meriem Laribi 
SUR LE MÊME SUJET :

vendredi 17 janvier 2020

LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS DU CHILI ADOPTE UNE LOI CONTROVERSÉE

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
L'ÉPÉE DE JUSTICE : « LOI ANTI PILLAGE »
DERRIÈRE LA JUSTICE: « ISAPRES, INSTITUTS 
DE SANTÉ PRÉVENTIVE; INFORMATION PRIVILÉGIÉE; 
COLLUSION; FINANCEMENT DE LA VIE POLITIQUE»
DESSIN ALEN LAUZAN 
Santiago du Chili, 17 janvier (Prensa Latina) La Chambre des Députés a finalement adopté hier une série de modifications apportées au projet controversé de loi anti-pillage et anti-barricades considéré par ses détracteurs comme un instrument pour accroître la répression.
Après le résultat du vote, lors duquel les bancs de doite ont en bloc voté en faveur du texte, avec le soutien de plusieurs députés de la Démocratie Chrétienne, la députée communiste Karol Cariola a jugé le choix très regrettable et a qualifié le projet de loi de néfaste.

Elle a expliqué que cela conduit à criminaliser la protestation sociale et a averti que le Sénat, au lieu de l’améliorer, a augmenté les peines de prison et a donné au gouvernement un outil supplémentaire pour réprimer les manifestations populaires.

Dans des déclarations au journal El Siglo, elle a considéré cette initiative comme l’une des lois les plus répressives, qui justifie l’action des forces des carabiniers pour violer les droits de l’Homme, et restreint ainsi la mobilisation sociale et les droits des personnes pour pouvoir se mobiliser librement et avoir le droit de s’exprimer dans les rues.

De son côté, le chef du groupe parlementaire communiste, le député Boris Barrera, a noté que la droite, avec le soutien de certains membres de l'opposition, a adopté la loi criminalisant la protestation sociale au moment où Sebastián Piñera agonise avec seulement 6% de soutien de la population, selon les derniers sondages.

Une lettre du représentant régional pour l’Amérique du Sud du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), Jan Jarab, a été rendue publique lors du vote sur le projet pour exprimer ses préoccupations concernant l´agenda de sécurité du Gouvernement, en particulier sur le projet en discussion.

La lettre, lue par le député Hugo Gutiérrez au cours du débat, indique que du point de vue des normes internationales, la possibilité de sanctionner pénalement l’interruption de la libre circulation des personnes sans autorisation confirme seulement que le droit de réunion pacifique fonctionne selon une logique d’autorisation administrative.

Le rapporteur spécial fait observer que la simple obstruction de la circulation des personnes ou des véhicules ne doit pas être un motif de dispersion d’une manifestation, ni même de criminalisation des participants.

Il souligne également que le droit de réunion pacifique ne doit pas être régi par un régime d’autorisation; la simple perturbation ou interruption temporaire de la circulation des véhicules ou des piétons ne constitue pas un acte de violence.

Il met en garde contre le fait que la solution du problème des éléments violents lors de manifestations doit être recherchée par l´amélioration de la capacité des polices à identifier et à écarter les éléments violents plutôt que de criminaliser d’autres comportements.
Peo/jcm/rc

samedi 11 janvier 2020

CHILI : UN ANCIEN TORTIONNAIRE, SE REND À LA POLICE


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
LE LIEUTENANT-COLONEL À LA
RETRAITE RICARDO LAWRENCE MIRES
Ce vendredi matin, l’ancien chef opérationnel de la Direction du renseignement national (DINA), Ricardo Lawrence, s’est rendu à l’OS-9 [département d'enquête sur les organisations criminelles] des carabiniers. Le commandant à la retraite sera transféré au pénitencier de Colina I, où il acquittera sa peine pour la disparition du militant du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), Miguel Acuña Castillo.
Connu par le régime comme « Lieutenant grandes fesses », Lawrence était l’un des fuyards les plus recherchés par la Police judiciaire chilienne (PDI) , après avoir été condamné par la Cour suprême en 2015 pour crimes contre l’humanité sous la dictature d’Augusto Pinochet.

L’ancien officier en uniforme aurait été dans le sud du pays ces dernières années, bien qu’il soit en fuite depuis 2014, date à laquelle il a été inculpé par la Cour d’appel de Santiago.


Lawrence est coupable d’homicide, d’enlèvement, de disparition forcée et de torture dans les casernes de Londres 38, Simon Bolivar, José Domingo Cañas et Villa Grimaldi, crimes pour lesquels il cumulerait des centaines d’années de prison.


Après s’être rendu, il a été emmené au Palais des Tribunaux, où il a été notifié par le secrétaire du juge Jaime Balmaceda, suppléant du juge Mario Carroza, qu'il serait transféré à la prison Colina I pour purger une peine de 10 ans pour la disparition du militant du MIR, Miguel Acuña Castillo, en 1974


La première condamnation pour laquelle il avait un mandat d’arrêt était celle d’Acuña Castillo, mais il faut maintenant en revoir le nombre. D’autres cas sont imputés à l’ancien commandant, dont la disparition en 1974 d’Alfonso Chanfreau, leader étudiant de l’Université du Chili et grand-père du porte-parole de l’Assemblée de coordination des élèves du secondaire (ACES), Victor Chanfreau.


SUR LE MÊME SUJET :

CHILI : ALMAGRO FAIT CAMPAGNE EN FAISANT L'ÉLOGE DE LA RÉPRESSION

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
«LUIS ALMAGRO LA PUTE DE L'OEA»
DESSIN CHAVARRÍA
En pleine campagne pour sa réélection comme secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro a rencontré le président du Chili, Sebastián Piñera, et il fait l'éloge de la façon dont celui-ci a conduit la répression des manifestations sociales de masse qui se déroulent dans le pays depuis le 17 octobre dernier.
« Il défendu l'ordre public efficacement, » a déclaré Almagro à propos des opérations déployées dans tout le pays, considérées par l'Institut National des Droits de l'Homme de la République du Chili (INDH), l'ONU, Amnesty International, Human Right Watch et la Cour Internationale des Droits de l'Homme (CIDH), qui dépend de l'OEA comme violant les Droits de l'Homme.

« Les circonstances qui ont dû être affrontées l'ont été de la meilleure manière dans le cadre de l'État de Droit, en appliquant le droit et en faisant faire à la justice ce qu'elle devait faire mais aussi en apportant des solutions politiques, a déclaré Almagro à propos de l'action du Gouvernement de Piñera après la réunion qu'il a eue avec lui.

Soutien pour une voix


Le soutien d'Almagro à Piñera arrive au moment où le président chilien enregistre des niveaux historiques de rejet du peuple – entre 5% et 10% de satisfaction – alors que l'ex-chancelier uruguayen cherche des voix parmi les pays membres de l'OEA pour sa réélection dans l’organisme régional.

La candidature d'Almagro n'est pas soutenue par son pays, l'Uruguay. Elle est soutenue par les Gouvernements de la Colombie et de l'Equateur, alignés sur la Maison Blanche dans leur croisade contre le Venezuela, un drapeau qu'Almagro a brandi tout au long de son mandat à l’organisme multilatéral.

Pour avoir la voix du Chili, Almagro n'a pas hésité à donner son aval à la théorie de l'ingérence étrangère dans les protestations qui ont eu lieu dans le pays. « Vous en devez rien faire de plus qu'un suivi des réseaux sociaux et on va voir d'où viennent de nombreux messages, » a dit le secrétaire de l'OEA, soutenant ainsi les dires de Piñera, dans une interview qu'il a accordée au journaliste Andrés Oppenheimer dans laquelle il a affirmé que les fausses informations proviennent de Russie et d'Europe de l'Est.

Qu'ont dit les organismes internationaux ?


La violence institutionnelle mise en œuvre par les Carabiniers depuis le 17 octobre de l'année dernière contre la population chilienne est résumée dans le rapport de l'INDH du 30 décembre. Cet organisme a comptabilisé jusqu'à aujourd'hui 980 plaintes contre les forces de sécurité pour homicides, violences sexuelles, tortures et blessures.

Dans les hôpitaux de tout le pays, on a enregistré 3580 blessés parmi lesquels 359 avec des blessures aux yeux, 2000 par armes à feu, la plupart par des tirs de billes et par des gaz lacrymogènes.

Après les premières plaintes, les visites de divers organismes internationaux des Droits de l'Homme se sont succédées sans solution de continuité. Les organismes dépendant de la ONU et de l'OEA elle-même ont constaté la situation que vivaient les Chiliens dans les rues pendant les protestations contre le système néolibéral hérité de la dictature d'Augusto Pinochet. 

Un peu plus d'un mois après le début de la révolte, Human Rights Watch (HRW) a confirme que les forces de sécurité de Piñera avaient commis « de graves violations des Droits de l'Homme » et des abus récurrents dans les lieux de détention. L’organisation a alors exigé une réforme des status des Carabiniers.

Sur le même ton, la responsable d'Amnesty International Chili, Ana Piquer, a prévenu que les cas de violations des Droits de l'Homme devaient être soumis à une enquête en suivant le responsabilité du commandement. « Il ne s'agit plus de faits isolés qui peuvent impliquer une responsabilité pour la personne individuelle qui a pressé la gâchette ou qui a frappé un manifestant ou qui a tiré une grenade lacrymogène mais il y a une responsabilité qui doit être recherchée beaucoup plus haut, » a déclaré Piquer.

La CIDH — qui n'avait pas fait d'inspection au Chili depuis 1974, en pleine dictature – est arrivée à des conclusions similaires et a prévenu qu'il « y a des violations des Droits de l'Homme  »  et que les plaintes et les témoignages étaient très clairs là-dessus.

Pour sa part, le Bureau de la Haute Commissaire aux Droits de l'Homme de la ONU (ACNUDH) , dirigé par l'ex-présidente chilienne Michelle Bachelet, a émis un rapport mi-décembre dans lequel il conclut que les Carabiniers et l'Armée n'ont pas respecté les règles et les standards internationaux sur le contrôle et l’utilisation de la force et a affirmé qu'on a torturé des personnes qui avaient été arrêtées.
Source en espagnol : Resumen latinoamericano.org

mercredi 8 janvier 2020

LE CHILI COMMENCE UNE ANNÉE DE DÉFINITIONS

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 
L’AMPLEUR DE LA COLÈRE SOCIALE, QUI S’EXPRIME PARFOIS AVEC
VIOLENCE DEPUIS LE 18 OCTOBRE (ICI, SAMEDI, À SANTIAGO),
 A CONTRAINT LE PRÉSIDENT CHILIEN À PROPOSER
UNE RÉFORME DE LA CONSTITUTION RÉDIGÉE
EN 1980 SOUS LE RÉGIME D’AUGUSTO PINOCHET.
PHOTO CLAUDIO REYES / AFP
Santiago du Chili, 7 janvier (Prensa Latina) Le Chili entame une année de définitions avec un processus historique pour une nouvelle constitution, une relance annoncée des protestations populaires face à l’absence de réponse du gouvernement aux revendications sociales, et les élections municipales et régionales.
Après les fêtes de Noël et les vacances d’été, un calme relatif semble prévaloir après les énormes mobilisations qui ont secoué le pays à partir du 18 octobre avec une explosion sociale sans précédent.

Les analystes avertissent que cela peut s´apparenté au calme qui précède la tempête, et ils augurent que les manifestations populaires peuvent revenir avec de nouvelles forces à partir de mars, sauf si, en janvier et février, le gouvernement est prêt à apporter des réponses efficaces aux demandes sociales.

Jusqu’à présent, les mesures mises en œuvre ou annoncées ne représentent que du rafistolage ou des promesses qui sont loin de satisfaire le mouvement social.

Comme l’ont exprimé des opposants politiques, des dirigeants de la Table de l’Unité Sociale, des universitaires et d’autres personnalités, le gouvernement de Sebastián Piñera ne semble pas disposé à apporter des changements de fond au modèle néolibéral répudié, qui sous-tend les abus et les inégalités dont la plupart des chiliens exigent la fin.

Il n’a d´ailleurs proposé qu’une augmentation des pensions qui ne suffit pas pour que les retraités sortent de la misère, une augmentation des salaires bien en deçà de ce que réclament les syndicats pour que les familles chiliennes échappent à la pauvreté, et rien qui n´indique des améliorations effectives dans la santé publique et l’éducation.

Du côté du mouvement social, on insiste sur le fait que les mesures d’urgence se sont limitées à renforcer l’appareil répressif et à criminaliser la protestation populaire et que les revendications de la rue sont en suspens.

Un événement historique qui pourrait marquer un tournant dans l’avenir du pays est le plébiscite prévu pour le 26 avril, par lequel la population décidera si elle veut une nouvelle constitution et du mécanisme le plus approprié pour y parvenir.

Malgré les tentatives du gouvernement et des partis de droite de médiatiser ce processus, tous les sondages donnent une nette majorité à ceux qui veulent mettre définitivement fin à l’actuelle loi fondamentale imposée à l’époque de la dictature d’Augusto Pinochet et qui soutient le modèle néolibéral en place.

De même, le pourcentage de ceux qui penchent pour une Convention Constituante comme mécanisme de rédaction de la nouvelle carta magna et qui, comme ceux qui proposent une Assemblée Constituante, se basent sur le choix populaire de cent pour cent des constituants, est largement majoritaire.

Mais la légitimité de ce processus n’est pas encore entièrement définie, car des questions fondamentales telles que la parité des sexes, les sièges réservés aux peuples autochtones et les facilités pour la participation de candidats indépendants dépendent de ce que le Sénat votera dans les jours à venir.

Si, en avril, la majorité est favorable à une nouvelle constitution et au mécanisme d’une convention constituante, l’élection des délégués aura lieu le 25 octobre.

Les élections des maires, des conseillers et des gouverneurs auront également lieu à cette date, ce qui est également un fait historique, car pour la première fois les plus hautes autorités régionales seront élues au suffrage populaire.

Ce processus tend les forces de tous les partis politiques, car ses résultats sont considérés comme un thermomètre de ce qui pourrait se produire lors des présidentielles de 2021.

mardi 7 janvier 2020

WASHINGTON ENVISAGE DES SANCTIONS ÉCONOMIQUES CONTRE MOSCOU POUR SON SOUTIEN À NICOLAS MADURO

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
LE RUSSE VLADIMIR POUTINE ET LE VÉNÉZUÉLIEN 
NICOLÁS MADURO SE RENCONTRENT AU 
KREMLIN À MOSCOU LE 25 SEPT. 2019.
PHOTO MIAMI HERALD
Le représentant spécial américain pour le Vénézuéla estime que la Russie est principalement intéressée par « l’économie pétrolière » du pays sud-américain.
Le Monde avec l'AFP
 PHOTO MANUEL BALCE CENETA
Les États-Unis envisagent d’adopter des sanctions économiques à l’encontre de la Russie pour son soutien croissant au régime du président vénézuélien Nicolas Maduro, a déclaré lundi 6 janvier un haut responsable américain. « Nous étudions de près le rôle de la Russie et nous n’allons pas permettre le niveau de soutien que nous avons vu ces derniers temps sans réagir », a affirmé le représentant spécial américain pour le Vénézuéla, Elliot Abrams.

Les États-Unis ont adopté une série de sanctions contre le Vénézuéla après la réélection en 2018 de M. Maduro lors d’un scrutin présidentiel dénoncé comme frauduleux. M. Abrams, qui n’a pas détaillé la nature des sanctions « envisagées contre des entités et des individus », a précisé que les États-Unis surveillaient avec attention le rôle de la Russie au Vénézuéla.

Selon lui, la Russie est principalement intéressée par « l’économie pétrolière » du Venezuela, alors que le régime de Maduro se montre de plus en plus dépendant de Moscou depuis l’année dernière. « Les compagnies russes opèrent maintenant plus des deux tiers, plus de 70 % du pétrole vénézuélien », a-t-il dit. « Donc le rôle de la Russie augmente en importance. »


Le soutien de la Russie et de Cuba


M. Abrams a admis que Washington avait sous-estimé le soutien reçu par Nicolas Maduro de la Russie et de Cuba, en affirmant que ces deux pays avaient envoyé au Vénézuéla des milliers d’agents de renseignement. L’assistance cubaine et russe « est, je crois, le pilier de soutien le plus important du régime, sans lequel il ne serait plus là », a-t-il ajouté.

M. Maduro « n’a plus que la Russie, Cuba, la Chine et quelques dictatures bizarres à travers le monde, mais il perd le soutien non seulement de la droite et du centre mais aussi celui de la gauche en Amérique latine », a également souligné M. Abrams.

Lire aussi  Vénézuéla. deux chefs, un hémicycle : Guaido et un rival revendiquent la présidence du parlement

Les États-Unis ont félicité dimanche le chef de l’opposition Juan Guaido pour sa réélection à la tête du Parlement du Vénézuéla par des élus d’opposition, alors qu’un rival revendique lui aussi le fauteuil de président de cette Assemblée. M. Maduro a, quant à lui, reconnu aussitôt ce candidat rival, Luis Parra, se réjouissant que Juan Guaido ait été « évincé ».

SUR LE MÊME SUJET :