vendredi 27 septembre 2019

COMMÉMORATION DU 45ÈME ANNIVERSAIRE DE L’ASSASSINAT DU GÉNÉRAL CARLOS PRATS


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GÉNÉRAL CARLOS PRATS
1974 -30 SEPTEMBRE- 2019
QUARANTE-CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DE 
L'ASSASSINAT DU GÉNÉRAL CARLOS PRATS GONZÁLEZ 

Alain LABROUSSE
LE 30 SEPTEMBRE 1974 LE GÉNÉRAL CARLOS PRATS
MOURRAIT AVEC SON EPOUSE, DECHIQUETÉS PAR LA
BOMBE PLACÉ PAR LA DINA DE PINOCHET,
DONT ENRIQUE ARANCIBIA CLAVEL 
ÉTAIT L’AGENT À BUENOS AIRES.
Le général Carlos Prats, ex-commandant en chef de l'armée chilienne [ 27 octobre 1970 – 23 août 1973], est né à Talcahuano dans le sud du Chili. Sous-lieutenant en 1933, il est nommé professeur à l'Académie militaire. Après un stage aux États-Unis en 1954, il travaille au ministère de la Guerre chilien, puis devient attaché militaire en Argentine en 1964. En 1969, il est nommé commandant de la IIIe région militaire (Concepción). Un an plus tard, il devient commandant en chef de l'armée à la suite de l'assassinat du général Schneider par des groupes d'extrême droite. Le 3 novembre de cette même année, sa nomination à ce poste est confirmée par Salvador Allende : désormais leurs destins sont liés.

Le 2 novembre 1972, le chef de l'État le nomme ministre de l'Intérieur, ce qui lui vaut d'exercer la présidence par intérim durant un voyage à l'étranger de quinze jours qu'effectue Salvador Allende. À la suite des élections législatives de mars 1973, il abandonne le ministère. Le 9 août 1973, le président Allende le rappelle au ministère de la Défense. Mais, le 27, les attaques constantes dont il est l'objet de la part de la droite le contraignent à renoncer à son ministère et surtout à ses fonctions de commandant en chef de l'armée. Il est remplacé à la tête de celle-ci par le général Augusto Pinochet. Trois jours après le putsch, il quitte le Chili pour l'Argentine. Le 30 septembre 1974, le général Prats et son épouse Sofia Cuthbert Marlone sont tués par une bombe placée sous leur automobile. 

lundi 9 septembre 2019

NOUVELLE PIQUE DE BACHELET CONTRE BOLSONARO

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L’ARBRE DE VIE BRÛLE. 
PAR AHMED FALAH
Brési : Quelques jours après avoir froissé le président brésilien en parlant de rétrécissement démocratique, la Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme en remet une couche.
Tribune de Genève
BOLSONARO TERMINATOR
PAR ALEX FALCÓ CHANG
La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet a lancé une nouvelle pique contre le Brésil lundi. Après sa passe d'armes avec Jair Bolsonaro, elle a dit à Genève que les «dommages des récentes semaines» en Amazonie pourraient ne jamais être connus.

Quelques jours après avoir déploré un «rétrécissement» démocratique depuis le début de l'année au Brésil, la Chilienne s'est dite «profondément inquiète par l'accélération drastique de la déforestation en Amazonie». Alors que le président brésilien revendique son soutien à l'industrie agroalimentaire dans ces territoires, elle a alerté sur les «pires effets» ressentis par les populations autochtones.

«Le bilan total et les souffrances provoquées ces dernières semaines en Bolivie, au Paraguay et au Brésil pourraient ne jamais être connus», a-t-elle affirmé à l'ouverture de la session du Conseil des droits de l'homme. Et d'appeler les autorités de ces trois pays à des politiques environnementales durables.

«Ingérence» dénoncée


Après ses déclarations de la semaine dernière, Jair Bolsonaro avait d'abord dénoncé «l'ingérence» de la Haute commissaire «dans les affaires intérieures et la souveraineté» du Brésil, «dans la ligne» du président français Emmanuel Macron.

Il s'en était ensuite pris personnellement à Mme Bachelet en faisant l'apologie de la dictature chilienne pendant laquelle le père de l'ancienne présidente était décédé sous la torture. La Haute commissaire elle-même avait subi avec sa mère de mauvais traitements en prison.

Dans son discours lundi devant le Conseil, Mme Bachelet s'est dite aussi écoeurée par les violences contre les défenseurs des droits environnementaux, notamment les attaques verbales contre la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. Le réchauffement climatique constitue la plus grande menace pour les droits humains jamais observée, a-t-elle estimé.

Au début du Conseil, une minute de silence a été marquée par les participants en hommage aux victimes de l'ouragan Dorian. L'ambassadeur des Bahamas a lui salué les «dons généreux» promis à son pays et le soutien international.

Parmi les autres pays abordés par Mme Bachelet, la Haute commissaire a dit soutenir les appels à des investigations sur le recours excessif à la force de la police russe dans la campagne avant les élections locales qui ont eu lieu dimanche. Plus de 2500 personnes ont été arrêtées lors des manifestations en juillet et août. Cinq d'entre elles ont été condamnées à de la prison.

Gaza, Venezuela et Birmanie


Sur la bande de Gaza, Mme Bachelet a dénoncé la poursuite des violations des droits humains et du droit international humanitaire (DIH) par l'Etat hébreu. Le recours à des armes létales sans menace imminente peut équivaloir à des homicides intentionnels, a-t-elle rappelé. Une situation observée «dans la majorité des cas».

La Haute commissaire a déploré le décès de 13 manifestants depuis fin mars dans les protestations organisées une fois par semaine contre Israël. Ceux-ci s'ajoutent aux 189 de l'année dernière. Egalement depuis mars, 859 personnes ont été blessées, un chiffre en baisse par rapport à 2018. Et 45 membres du personnel de santé ont été affectés en tentant de soigner les manifestants.

Autre situation, la Haute commissaire a relevé que son bureau poursuivait des visites dans les prisons au Venezuela qui fait face à une crise politique et économique. Le gouvernement a honoré son engagement en libérant 83 détenus, a-t-elle ajouté tout en appelant à des investigations sur les cas de torture présumés. Elle a dénoncé des représailles contre certains défenseurs des droits humains.

De son côté, le chef du nouveau Mécanisme international d'investigations sur la Birmanie a expliqué devant le Conseil que celui-ci avait commencé vendredi dernier à récupérer les données de la Mission d'établissement des faits sur les violences dans ce pays. Ce dispositif doit faciliter la préparation de dossiers criminels sur les abus contre les Rohingyas.

Dans un rapport, la Mission d'établissement des faits a recommandé de poursuivre plusieurs hauts responsables de l'armée pour génocide. Nicholas Koumjian a expliqué qu'il se rendrait dans les prochains mois dans la région. (ats/nxp)

« BACHELET BASHING » 
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CHILI: DES MILLIERS DE PERSONNES MANIFESTENT POUR L'ANNIVERSAIRE DU COUP D'ÉTAT DE PINOCHET


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CHILI: DES MILLIERS DE PERSONNES MANIFESTENT
POUR L'ANNIVERSAIRE DU COUP D'ÉTAT DE PINOCHET
PHOTO MARTIN BERNETTI 
Plus de 4.000 personnes, selon la police, ont manifesté dimanche à Santiago à trois jours du 46ème anniversaire du coup d'État du général Augusto Pinochet et du début de la dictature militaire, un épisode dont le souvenir continue de diviser profondément le Chili.
Des affrontements ont éclaté en fin de cortège entre les forces de l'ordre et des manifestants encagoulés et armés de pierres et de bâtons. La police, qui a répliqué à l'aide de canons à eau et de gaz lacrymogènes, a annoncé avoir arrêté 23 personnes.

Le 11 septembre 1973, des militaires chiliens dirigés par le général Pinochet avaient renversé le gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende, qui s'était suicidé dans son palais présidentiel pris d'assaut. La dictature militaire qui avait suivi jusqu'en 1990 est considérée comme responsable de plus de 3.000 assassinats et disparitions.

"Nous marchons avec la conviction qu'au Chili, il n'y a encore ni vérité ni vraie justice" à propos de ce sombre épisode de l'histoire du pays, a déclaré au cours de la manifestation Marco Barraza, membre du Parti communiste chilien.

Sous le slogan "pour la vérité et la justice", la manifestation avait été convoquée par plusieurs organisations de gauche pour exiger des avancées dans les enquêtes judiciaires sur les crimes de la dictature. Sur les 1.200 cas de disparition, seule une centaine ont pu être élucidés à ce jour, de nombreux corps de personnes enlevées et exécutées sommairement ayant été jetés à la mer ou dynamités par les militaires pour effacer toute trace.

Parmi les manifestants se trouvait la députée communiste Carmen Hertz, qui vient de récupérer les restes de son mari arrêté et fusillé pendant la dictature. "Le désert nous a rendu des morceaux de son dos et de sa mâchoire. Une vie massacrée, pendant que ses assassins restent impunis depuis des décennies et que le négationisme persiste", a-t-elle tweeté.

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jeudi 5 septembre 2019

BOLSONARO S'EN PREND À L'ANCIENNE PRÉSIDENTE DU CHILI ET FAIT L'APOLOGIE DE PINOCHET


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MICHELLE BACHELET DESSIN DE PANCHO CAJAS 
POUR LE QUOTIDIEN CONSERVATEUR
EL COMERCIO  D'EQUATEUR
Le père de Michelle Bachelet, actuelle haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et ex-présidente du Chili, est mort en prison sous la dictature chilienne.
L"express
« BACHELET BASHING » : 
HAUT-COMMISSAIRE DE L'ONU 
CIBLE DES MACHISTES ET
 PHALLOCRATES
Les ennemis du président brésilien s'accumulent. Jair Bolsonaro a ouvert une nouvelle polémique mercredi en faisant l'apologie du régime Pinochet pour rejeter les critiques de Michelle Bachelet, haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et ex-présidente du Chili, personnellement marquée par la dictature.

Jair Bolsonaro a dénoncé mercredi "l'ingérence, dans la ligne (du président français Emmanuel) Macron" de l'ONU "dans les affaires intérieures et la souveraineté" du Brésil. Une attaque envoyée en réaction à la déclaration de Michelle Bachelet qui a déploré un "rétrécissement de l'espace démocratique" au Brésil sous sa présidence d'extrême droite. 

Jair Bolsonaro a accusé sur Twitter Michelle Bachelet de défendre "les bandits qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires" alors qu'elle s'était inquiétée des exécutions extra-judiciaires par les forces de l'ordre. Le président brésilien l'a ensuite attaquée personnellement sur Facebook : "Elle oublie que le Chili n'est pas devenu un (nouveau) Cuba grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, parmi ces communistes, son père". 

Le père de Michelle Bachelet, Alberto Bachelet, un général d'aviation, est mort à 50 ans en prison, où il a été torturé, un an après le coup d'État d'Augusto Pinochet. 

Le Chili choqué


Les remarques sur Pinochet ont choqué au Chili où le président Sebastian Pinera a indiqué, dans une déclaration publique : "Je n'adhère en aucun cas à l'allusion faite par le président Bolsonaro concernant une ex-présidente du Chili, et en particulier sur un sujet aussi douloureux que la mort de son père". 

"Ces derniers mois, nous avons observé un rétrécissement de l'espace civique et démocratique, caractérisé par des attaques contre les défenseurs des droits de l'homme, des restrictions imposées au travail de la société civile", avait déclaré Michelle Bachelet à Genève. Elle avait aussi fait état d'une "augmentation" du nombre des personnes tuées par des policiers au Brésil, soulignant que cette violence touchait surtout les Afro-Brésiliens et les habitants des favelas. 

Le ministère des Affaires étrangères du Brésil a dit avoir reçu "avec indignation" ces commentaires et a demandé à ses services d'éviter "les précipitations, mensonges et citations inappropriées au moment de commenter la politique intérieure d'un pays démocratique comme le Brésil". 

Ces attaques interviennent trois semaines avant que Jair Bolsonaro ne prononce le premier discours de l'assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre à New York. 

mercredi 4 septembre 2019

JAIR BOLSONARO DÉNONCE « L’INGÉRENCE » DE MICHELLE BACHELET DANS « LES AFFAIRES INTÉRIEURES BRÉSILIENNE »


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JAIR BOLSONARO À BRASILIA LE 3 SEPTEMBRE 2019
(PHOTO D'ILLUSTRATION). | ADRIANO MACHADO / REUTERS
Le chef de l’État brésilien n’a pas hésité à dénoncer les propos de Michelle Bachelet sur Twitter. La Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme s’est inquiétée d’un « rétrécissement de l’espace civique et démocratique. » Pour Jair Bolsonaro il s’agit d’une « ingérence, dans la ligne (du président français Emmanuel) Macron. »
PHOTO ADRIANO MACHADO
Ce mercredi, Jair Bolsonaro a tenu à dénoncer «l’ingérence, dans la ligne (du président français Emmanuel) Macron », de la Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Michelle Bachelet « dans les affaires intérieures et la souveraineté brésilienne ».



Il a accusé sur Twitter Michelle Bachelet, qui a fait état d’un « rétrécissement de l’espace démocratique » au Brésil, de « s’ingérer contre le Brésil dans l’agenda des droits de l’Homme » en défendant « les bandits qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires ».

« Ces derniers mois, nous avons observé un rétrécissement de l’espace civique et démocratique, caractérisé par des attaques contre les défenseurs des droits de l’Homme, des restrictions imposées au travail de la société civile », a déclaré Michelle Bachelet à Genève.

Un bras de fer avec Emmanuel Macron


Elle a également fait état d’une « augmentation » du nombre de personnes tuées par des policiers au Brésil sous la présidence d’extrême droite, soulignant que cette violence touche de manière disproportionnée les afro-Brésiliens et les habitants des favelas.

En évoquant Emmanuel Macron, le président brésilien fait référence au bras de fer qui l’oppose au président français depuis deux semaines, sur une tout autre question : les incendies qui dévastent des régions entières d’Amazonie, qualifiés de « crise internationale » par la France.

BACHELET FÂCHE BOLSONARO EN PARLANT DE RÉTRÉCISSEMENT DÉMOCRATIQUE


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LA HAUTE COMMISSAIRE AUX DROITS DE L'HOMME MICHELLE BACHELET 
A DÉNONCÉ LA SITUATION AU BRÉSIL DANS DES DÉCLARATIONS 
QUI ONT PROVOQUÉ LES CRITIQUES DU PRÉSIDENT JAIR BOLSONARO.
PHOTO KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
La Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme est la nouvelle cible de Jair Bolsonaro. Après avoir déploré mercredi à Genève un  « rétrécissement » démocratique, Michelle Bachelet s'est attiré les foudres du président brésilien.
Un an après son entrée en fonctions, la Chilienne a déploré devant la presse les attaques contre les défenseurs des droits de l'homme, dont au moins huit ont été tués de janvier à juin, et la société civile au Brésil. Sur la même période, les décès par balles ont augmenté dans les grandes villes d'au moins 12% par rapport à l'année précédente.

« Nous avons observé une augmentation marquée des violences policières » et le discours politique « légitime les exécutions sommaires », a affirmé la Haute commissaire. Et de dénoncer aussi la libéralisation des armes défendue par Jair Bolsonaro et ses déclarations sur la dictature brésilienne.

Mme Bachelet suit avec « inquiétude » les violences contre les autochtones en Amazonie, visés en raison de leur volonté de préserver les ressources de la zone. Un tiers des incendies récents ont eu lieu dans leurs territoires. Mardi, Jair Bolsonaro a à nouveau affirmé vouloir étendre l'exploitation économique de la forêt tropicale.

Quelques heures après les déclarations de Mme Bachelet, le président brésilien a accusé la Chilienne de s'en prendre à son pays « dans la lignée" du chef de l'État français Emmanuel Macron qui avait dénoncé la situation en Amazonie. Il a accusé la Haute commissaire de « s'ingérer contre le Brésil dans l'agenda des droits de l'homme » en défendant ceux « qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires ».

Migrants aux États-Unis


Parmi les autres questions mentionnées par Mme Bachelet, l'ONU a vérifié le décès de 1089 civils à Idleb et dans les zones proches de cette ville syrienne depuis la reprise des raids en avril. Des chiffres « honteux », selon elle.

Parmi ces victimes, 1031 peuvent être attribuées aux bombardements menés par les forces gouvernementales et leurs alliés sur ces régions du nord-ouest du pays, a affirmé la Haute commissaire. Autre inquiétude, plus de 50 infrastructures de santé ont été ciblées sur la même période.

Mme Bachelet est aussi inquiète par la situation des migrants qui tentent de rejoindre les États-Unis. Elle souhaite que le cas de chacun d'entre eux soit examiné avant un renvoi et conteste le scénario d'une modification des strictes limites en centres de rétention pour les enfants migrants.

L'administration de Donald Trump a annoncé récemment vouloir remettre en cause cette période maximale de vingt jours. Cette politique violerait les conventions internationales et le droit international, a affirmé la Haute commissaire qui s'est dite « vraiment inquiète » des délais des demandes d'asile qui peuvent prendre jusqu'à deux ans.

Appel à Carrie Lam


Plus largement, Mme Bachelet a lancé un appel général à « renoncer à la violence » face aux nombreuses manifestations dans le monde, de Hong Kong au Cachemire. « Il y a un besoin désespéré de dialogue », a-t-elle expliqué à quelques jours du début lundi de la session du Conseil des droits de l'homme. Elle a demandé aux autorités de ces zones de discuter avec ceux qui exercent leurs droits.

À Hong Kong notamment, Michelle Bachelet est en contact avec la cheffe de l'exécutif local Carrie Lam qu'elle a encouragée à poursuivre une approche mesurée avec les protestataires. Si la majorité des manifestants sont pacifiques, elle se dit aussi « perturbée » par les attitudes qui pourraient provoquer une détérioration de la situation.

En Afrique, une équipe technique du Haut-commissariat se rendra dans la semaine au Cameroun pour évaluer la situation dans le nord et le sud-ouest du pays. Depuis deux ans, un conflit oppose les forces armées camerounaises à des séparatistes anglophones dans ces régions.

Le bureau de Mme Bachelet a aussi reçu récemment des accusations d'exécutions extrajudiciaires dans la lutte contre le terrorisme au Mali. La Haute commissaire déplore aussi « le manque d'avancées »

mardi 3 septembre 2019

CHILI : LA BANQUE CENTRALE BAISSE LES TAUX D'INTÉRÊT À UN PLUS BAS DEPUIS 2010

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PHOTO JAN S - FOTOLIA.COM
La Banque centrale du Chili a baissé mardi les taux d'intérêt de 2,5% à 2%, au plus bas depuis 2010, alors que le contexte international est tendu en raison de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.
MoneyVox
Lors de sa réunion de politique monétaire, le Conseil de la Banque centrale du Chili a « accepté de réduire les taux d'intérêt de 50 points de base à 2,0%. La décision a été adoptée à l'unanimité », a indiqué un communiqué de l'institution.

Celle-ci a pris cette décision en pleine « aggravation du contexte extérieur », avec « l'aggravation du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, qui a un impact sur les autres économies intégrées dans les chaînes de valeur et les marchés financiers».
Cette guerre commerciale a provoqué une baisse des prix des matières premières, principalement du cuivre, dont le Chili est le premier producteur mondial avec 5,6 millions de tonnes par an. Son prix a chuté de 1,3% mardi pour atteindre 2,51 dollars la livre à la Bourse de Londres, son plus bas niveau depuis deux ans.

« Le marché financier local a suivi l'évolution externe, soulignant la dépréciation du peso par rapport au dollar et la chute du marché boursier et des taux d'intérêt à long terme », a ajouté la Banque centrale.
La décision a également été poussée par la faible croissance du PIB, qui a atteint 1,9% en glissement annuel au cours du deuxième trimestre « face à une chute de l'industrie » alors que l'inflation s'est maintenue autour de 2%.

Le Conseil de la Banque centrale « réitère sa volonté de mener une politique monétaire souple, de sorte que l'inflation se situe à 3% dans les deux ans », conclut le communiqué de l'institution.


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CHILI: HAUSSE DU PIB DE 1,5% 

lundi 2 septembre 2019

HÔ CHI MINH UN COMBATTANT DE L’ÉMANCIPATION HUMAINE

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HÔ CHI MINH
Épuisé par une vie de combats, dont la plus grande partie se fit dans la clandestinité, l’Oncle Hô décède le 2 septembre 1969.
HÔ CHI MINH UN COMBATTANT
DE L’ÉMANCIPATION HUMAINE
Quatre-vingts ans plus tôt, il était né en Indochine française, qui devint le terrain de ses premiers combats patriotiques. Cinquante ans plus tôt, il était devenu communiste, au sein du jeune PCF. Et jamais, au grand jamais, il n’avait dissocié ensuite ces deux combats, la libération de sa patrie et l’espérance en un monde meilleur, qu’il eût voulu communiste.

Hô Chi Minh a consacré sa vie à rechercher la solution pour sortir de l’enchaînement dans lequel était tombée sa patrie à l’époque coloniale française. Et il a trouvé la voie. Il a été le père de l’indépendance du Vietnam à l’ère moderne, celui qui a permis à son peuple de retrouver sa fierté d’être vietnamien, la « rage d’être vietnamien », comme l’écrivit un autre grand journaliste, Jean-Claude Pomonti. C’est ce que les femmes et les hommes de son peuple ont retenu et ce qui a créé le fondement de cet attachement, jamais démenti, à leur Oncle. En même temps, le message a dépassé largement les frontières de sa terre natale. Toutes les étapes de sa vie – la proclamation de l’indépendance du Vietnam en 1945, la lutte victorieuse contre le colonialisme français, puis contre l’impérialisme américain, le refus des divisions entre Chine et Union soviétique – ont eu une signification mondiale. Une signification internationaliste, un concept qu’il aimait tant.

Ses écrits, lus aujourd’hui, donnent une curieuse impression de familiarité, comme s’il s’adressait personnellement à chacun. Hô Chi Minh n’a jamais théorisé comme ont pu le faire d’autres dirigeants des grands mouvements révolutionnaires. Il était très pratique, n’hésitant pas à traiter tous les aspects de la vie : en recommandant par exemple aux gens de ne pas laisser une seule parcelle de terre sans y semer des grains de riz dans les périodes de pénuries, ou en rappelant aux cadres d’être toujours proches de la population et non des « mandarins rouges ». De ces concepts très concrets, il se dégage une grande réflexion sur ce que doivent être les liens entre un parti au pouvoir et la population. Sans aucun doute, il y a là des leçons très contemporaines.

Dans la dernière décennie de son existence, l’équipe qu’il avait réunie autour de lui, dont « ses deux fils préférés », Pham Van Dong et Vo Nguyen Giap, plus d’autres dirigeants, dont le secrétaire général du PC Lê Duan, reprit le rôle de direction au quotidien de la lutte, terriblement prenante, contre les incessantes attaques américaines. Hô Chi Minh avait désormais un rôle particulier, moins immédiatement concret, plus emblématique.

Et puis, le 2 septembre 1969, épuisé par une vie de combats, dont la plus grande partie se fit dans la clandestinité, l’Oncle Hô s’effaça. Cruelle grimace de l’Histoire : cet homme avait, un autre 2 septembre, en 1945, proclamé l’indépendance de son peuple. Peu de temps après fut rendu public un texte, dit « Testament du président Hô Chi Minh », authentique, mais tronqué. Ce n’est qu’en 1989 que l’on apprendra que le président avait souhaité être incinéré, qu’il était opposé à toute idée de construction d’un mausolée, vœux qui n’avaient pas été respectés. En 1969, en pleine guerre, il avait fallu que sa figure tutélaire restât accessible pour tous. Ce fut un choix, que certains contestent aujourd’hui.

Qu’importe. Les dernières phrases de l’Oncle étaient un résumé de sa vie, de sa personnalité : « En fin de compte, je laisserai des milliards et des milliards de sentiments d’amour à tout le peuple, à tout le Parti, à tous nos combattants, à mes neveux et nièces, les jeunes et les tout-petits. J’adresse également mon affection fraternelle à tous mes camarades, à mes amis, aux jeunes et aux petits enfants de tous les pays. Mon souhait ultime : tout le Parti, tout le peuple doivent s’unir et faire tous leurs efforts afin d’édifier un Vietnam pacifique, réunifié, indépendant, démocratique, prospère et contribuer dignement à la révolution mondiale. » Étranges phrases, lues en ce début de XXIe siècle. Mais, à la réflexion, phrases d’actualité.

COUVERTURE
 «  HO CHI MINH, ÉCRITS ET COMBATS  »
«L’Oncle Hô s’en est allé à la mi-automne »… Lorsque les lecteurs de l’Humanité, en septembre 1969, lurent cette phrase de l’inoubliable Madeleine Riffaud, ils eurent tous la gorge serrée. L’Oncle Hô, ce Hô Chi Minh dont les peuples, et particulièrement la jeunesse, du monde entier scandaient le nom à longueur de manifestations, avait quitté ce monde avant de voir ce dont il n’avait jamais douté : la victoire de son peuple face à la machine de guerre américaine.


Vient de paraître : Écrits et combats, textes d’Hô Chi Minh présentés par Alain Ruscio, préface de Joseph Andras. Éditions du Temps des cerises, 390 pages, 20 euros.




Alain Ruscio Historien

TRAVAIL.CRISE ÉCONOMIQUE : LA FUITE DES ARGENTINS VERS LE CHILI


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EN AVRIL 2019, LA RÉCESSION A PROVOQUÉ UNE FORTE
DÉVALUATION DE LA MONNAIE EN ARGENTINE.
DES JOURNALISTES  DU QUARTIER DE LA FINANCE À BUENOS AIRES
SCRUTENT LE TAUX DE CHANGE QUI S’AFFICHE SUR
LA VITRINE D’UN POINT DE VENTE.
REUTERS/AGUSTIN MARCARIAN
À l’approche de l’élection présidentielle, de nombreux Argentins, déjà frappés par une sévère crise économique, s’inquiètent des bouleversements à venir si le pouvoir changeait de camp. Et les plus qualifiés émigrent de plus en plus au Chili voisin, qui les accueille volontiers.
Courrier international
Une inflation de près de 55 % en douze mois, un taux de chômage qui s’élève à 10,1 %, et une baisse de la croissance d’au moins 1,5 % cette année. Les raisons qui poussent les Argentins à s’expatrier pour trouver des débouchés sont nombreuses. Et leur première destination est le Chili.

Il faut dire que depuis les élections primaires du dimanche 11 août, où [le candidat à la présidentielle] Alberto Fernández a obtenu 15 points de plus que l’actuel président Mauricio Macri, la situation n’est guère encourageante pour les investisseurs. Alors, nos voisins argentins ont le regard tourné vers nous depuis plusieurs mois.

Et il est probable que leur intérêt pour le Chili s’intensifie face à la possibilité réelle que le kirchnérisme revienne au pouvoir.
“ Après la crise de 2008, de nombreux Argentins se sont installés ici en peu de temps. Cette année, le même phénomène se reproduit”, indique Max Vicuña, associé du cabinet de recrutement Amrop.

Le spectre du chômage


Ce phénomène s’accentue. Selon les données du cabinet Randstad, entre mai et août 2019, le nombre de candidatures d’Argentins au Chili a augmenté de 247 % par rapport à la même période de l’année dernière. “Avec l’inflation, le pouvoir d’achat des salariés s’est effondré”, explique Francisco Torres, un responsable de l’agence.

Selon des sondages réalisés par ce cabinet, la peur des Argentins de perdre leur emploi a augmenté de 4,6 % entre 2015 et 2019, et a atteint 8,4 % de la population au second trimestre 2019. Au Chili, elle est estimée à 5,7 %, bien moins que chez nos voisins.

De plus, au cours des quatre dernières années, près de 20 000 entreprises [argentines] ont cessé leur activité, un record depuis 2001. Parmi les exemples les plus récents, Honda a annoncé le mercredi 13 août la fermeture de son usine, laissant quelque 500 personnes sur le carreau. Comme l’indique Francisco Torres :
 La récession a des conséquences généralisées sur l’ensemble de la population et touche toutes les catégories socioprofessionnelles : le nombre de chômeurs atteint presque les 2 millions.”

Des CV à la pelle

Depuis un an, l’Argentine compte 3,6 millions de nouveaux pauvres, et le taux de pauvreté s’élève à 34,1 %. De surcroît, il n’est pas exclu qu’il atteigne 37 % à la fin de l’année.

En à peine trois jours après les élections, les locaux chiliens de la multinationale DNA Human Capital se sont mis à crouler sous les CV argentins. L’entreprise a immédiatement fait le lien avec les primaires, affirme Alfonso Ochoa, directeur de l’entreprise :
 Les Argentins savent ce qui va se passer. Ils s’attendent à une période de crise, d’incertitude, de hausse de la pression fiscale, et ils en ont assez.”
Les cabinets de recrutement s’accordent à dire qu’en 2015, avec l’arrivée de Macri au pouvoir, l’immigration en provenance d’Argentine avait ralenti. “Je connais personnellement beaucoup d’Argentins qui s’étaient installés au Chili et qui sont alors rentrés au pays”, précise Ochoa.

Mais, aujourd’hui, les gens ont déchanté. Rien ne s’est passé comme ils l’auraient souhaité. Après les résultats des primaires [dont le résultat préfigure souvent l’issue de l’élection elle-même], le hashtag #la seule issue possible pour les Argentins, c’est Ezeiza, en référence à l’aéroport international de Buenos Aires, a fait le tour de la twittosphère argentine.

S’expatrier au pied levé


“J’ai l’impression qu’aujourd’hui les Argentins viennent bien plus volontiers au Chili”, estime Nicholas Schmidt, consultant chez Spencer Stuart.

Un article publié en avril dernier par l’agence américaine de presse AP (Associated press) montrait par ailleurs que les jeunes Argentins avaient tendance à partir en Europe pour chercher du travail. L’agence comparait la situation actuelle du pays à l’hyperinflation des années 1990, ou à la crise socio-économique de 2001 [un pic dans une sévère crise qui a provoqué une dévaluation telle que la monnaie n’avait plus aucune valeur].

Or s’il y a une chose qui caractérise les Argentins par rapport à leurs voisins d’Amérique du Sud, c’est leur facilité à s’expatrier.

C’est ce qu’a fait, par exemple, l’économiste Nora Balzarotti, qui occupe aujourd’hui un poste chez Euromonitor International [un cabinet d’études de marché]. Elle est arrivée au Chili en 2010. Deux ans auparavant, elle avait décidé, avec mari et enfants, de quitter l’Argentine.

Pour elle, c’est la confiscation des fonds de pension qui a fait déborder le vase, en la privant de la majorité de ses économies :
“ Ils m’ont tout pris avant de me dire que je toucherais un jour une retraite décidée par les politiques, sans lien avec mes revenus.”

Profils qualifiés


Son départ était définitif, elle l’a toujours su : “J’étais tellement horrifiée par ce que je voyais qu’on a tout vendu avant de partir. On a décidé de s’installer au Chili et de ne rentrer en Argentine que ponctuellement.” Elle n’a pas changé d’avis depuis.

Au Chili, elle a rapidement trouvé du travail. Selon les chiffres officiels, le Chili est le troisième pays au monde en matière d’immigrés argentins (ils y sont 66 000), après l’Espagne et les États-Unis.

Nora Balzarotti estime probable qu’Alberto Fernández devienne le prochain président du pays, et elle constate que ses compatriotes sont de plus en plus nombreux au Chili.

Les Argentins sont hautement qualifiés, performants, ils ont des diplômes et parlent plusieurs langues, et, pour ces raisons, ils sont appréciés sur le marché du travail. Selon Max Vicuña, un cadre argentin est aujourd’hui autant demandé qu’un Chilien, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans.

À l’instar de Nora Balzarotti, de nombreux managers argentins ont jeté leur dévolu sur notre pays. Ils sont présents au sein des directions de presque toutes les grandes entreprises chiliennes.

Ils sont très qualifiés, c’est une source de talents pour nous”, résume Nicholas Schmidt.

Et ces cadres ont à nouveau le Chili dans leur ligne de mire. Comme le dit Luis Garreaud, le partenaire local du cabinet de recrutement Egon Zehnder : “Les Argentins ont compris que si le kirchnérisme revenait au pouvoir les choses allaient se compliquer. Dans ce cas, ils n’en seront que plus nombreux à venir au Chili, ça ne fait aucun doute.”
María José Tapia