vendredi 4 juin 2010

Chili : la justice va enquêter sur les exécutions politiques sous Pinochet

L’Association des familles d’exécutés politiques (AFEP) déclare détenir de preuves dans plus de mille cas, jamais instruits par la justice. Après avoir confié au juge Carrozas les cent premiers dossiers, l’association s’apprête à déposer plus de mille autres dans les cinq mois à venir. « Les informations existent, ce qui manque c’est la volonté politique de mener à bien les enquêtes », accuse Alicia Lira, présidente de l’AFEP.
Les associations chiliennes qui luttent contre l’impunité des anciens assassins et tortionnaires du régime Pinochet, revendiquent le droit moral de demander réparation pour les victimes de la dictature. Elles réclament en outre que le coût des investigations liées à chaque dossier soit pris en charge par les autorités de Santiago, notamment à travers le programme des Droits humains du ministère de l’Intérieur.
Vraie avancée dans la lutte contre l’impunité ?
C’est pour la première fois que la justice chilienne accepte d’enquêter sur des exécutions politiques présumées, commises sous le régime du général Pinochet. Jusqu’à présent, la loi d’amnistie promulguée en 1978 pendant la dictature militaire a fait obstacle à beaucoup de poursuites. Les procédures se sont accélérées après la mort du dictateur en 2006 mais plus de 500 dossiers mettant en cause des militaires sont toujours en cours et piétinent.
En septembre 2009, environ 130 anciens militaires et policiers ont été arrêtés pour coresponsabilité dans des violations des droits de l'homme dans les années 1970, sous la dictature militaire. Les mandats faisaient suite à une opération similaire, un an plus tôt, contre une centaine d'autres ex-agents du régime militaire, qui n'avaient pas eu des comptes à rendre à la justice depuis la fin de la dictature. Mais la justice chilienne ne s’est pas encore prononcée.
Accusé d’avoir passé un pacte avec les militaires avant d’être élu président du Chili en mars 2010, Sebastian Pinera a promis l’application de l’Etat de droit dans son intégralité. Le président de son parti de la Rénovation nationale avait évoqué « une accélération des procès en cours, prenant en compte les critères habituels, qui incluent la prescription ».
La justice argentine a pris de l’avance
Alors que la justice du Chili doit faire encore de nombreux efforts pour répondre aux attentes des victimes de la dictature, en Argentine voisine se multiplient les procès et condamnations des anciens responsables d’assassinats, tortures et disparitions. Le rapport est parfois direct entre les anciens tortionnaires des deux pays, comme dans le cas de l' «Opération Condor », un plan concerté mis au point par les dictatures sud-américaines en 1975 pour éliminer leurs opposants.
Condamné à la réclusion à perpétuité en 1985 avant d'être gracié, l’ex-dictateur argentin Jorge Videla doit de nouveau comparaître devant la justice de son pays. Il sera jugé pour enlèvements, torture et homicides pendant le régime militaire (1976-1983), ainsi que pour sa participation à l’Opération Condor. Deux généraux argentins à la retraite ont déjà été condamnés en 2009 à la réclusion à perpétuité, entre autres pour leur implication dans l’assassinat de deux députés uruguayens. Les organisations de défense des droits de l’homme ont toutefois déploré l’acquittement de trois autres militaires argentins.

« LES SÉISMES DU CHILI SONT LES PLUS GRANDS AU NIVEAU MONDIAL »



CRISTINA L'HOMME JOURNALISTE 
PHOTO RUE89
Quand la terre s'est mise à trembler à Valdivia, atteignant 9.5 sur l'échelle de Richter, le 22-23 mai 1960, j'étais à Santiago, au stade de foot, avec mon père. Comme tous mes camarades du lycée, je me suis engagé comme volontaire pour aider les gens de Valdivia.

La zone à risques était surtout celle des lacs où s'était formé un barrage à cause d'un glissement de terrain. Les ingénieurs chiliens ont réussi à faire un trou dans le barrage permettant d'évacuer l'eau et d'éviter l'inondation de Valdivia.

Les conséquences du séisme étaient très localisées : à l'époque, il n'y avait pratiquement pas de construction en hauteur, ni d'autoroutes. La seule ville qui ait vraiment souffert était Concepción, qui a dû être complètement reconstruite sur pilotis. De gros piliers sont enfoncés dans la terre et les immeubles construits dessus… Si les pilotis se fracturent, l'immeuble penche mais ne s'écroule pas, c'est ce qui s'est passé lors du tremblement de terre du 27 février 2010.

Face au séisme de 2010, le Chili s'en sort tout seul

Le Chili de la côte du Sud était heureusement très peu habité en 1960 -contrairement à aujourd'hui où la région est très peuplée. La vague de tsunami qui a suivi le séisme a littéralement balayé Puerto Saavedra et Corral, le port de Valdivia. Tout comme Puerto Montt, complètement inondé, qui a du être reconstruit. D'ailleurs, quelques années plus tard en tant qu'élève ingénieur, j'ai participé à la reconstruction de ce Sud.
Mais beaucoup de gens ont paniqué et ont massivement migré vers Santiago, la capitale, où ils se sont entassés là où ils pouvaient, dans des bidonvilles.

Si on compare le tremblement de Valdivia en 1960 à celui de Constitución-Concepción en 2010, le contraste est immense. Non seulement en raison des dégâts, mais aussi parce qu'aujourd'hui, le Chili s'en sort tout seul.

Hormis des pays de l'Amérique latine qui ont apporté une grande aide aux sinistrés, le soutien international a été minime. Et pourtant, l'activité économique de la région sinistrée a été paralysée et le problème de logement n'est toujours pas résolu alors que l'hiver arrive à grandes enjambées.

En 1960 c'était l'inverse : tous les jours, nous assistions à un va-et-vient d'avions qui apportaient des vivres et des biens de première nécessité en provenance du Panama, des Etats-Unis… de partout dans le monde.

Cependant, le pays s'est vite remis du traumatisme. Le développement a repris son cours. En 1964, sous le gouvernement d'Eduardo Frei, les traces du tremblement de terre avaient disparues. Le pays était prospère.


« On ne peut pas prévoir un séisme »
Aujourd'hui, vous êtes sismologue et vous participez à un programme de recherche français…

Je travaille au sein d'un laboratoire international du CNRS qui s'appelle LIAMontessus De Ballore. C'est le nom d'un polytechnicien français qui est venu au Chili après le séisme de Valparaiso de 1906.

Le gouvernement chilien l'a invité à venir s'installer pour créer un institut de sismologie. Il est arrivé en 1907, a installé son institut sur le Cerro Santa Lucia, est resté jusqu'à la fin sa vie. Son œuvre comprend seize volumes sur les tremblements de terre dans le monde.

Pour lui rendre hommage, nous avons créé un laboratoire international auquel participe le département de géophysique de l'université du Chili, l'Institut français de physique du globe (IPG) et le laboratoire de géologie de l'Ecole normale supérieure (ENS) dont je fais partie.

Notre première étude au Chili a été publiée en 1998. Elle était financée par l'Europe, l'ANR. Elle parlait des risques d'un gros séisme (autour de 8.5 sur l'échelle de Richter) entre Concepción et Constitución au même endroit où s'était produit le séisme de 1835 qui avait été observé par Darwin et autres membres de l'équipage du Beagle.

Au Chili, il existe deux zones où peuvent se produire des tremblements de terre, nous avons donc installé deux réseaux : l'un, plus développé, au Nord, l'autre au Sud. Avec Christophe Vigny de l'ENS et Jean-Claude Ruegg de l'IPG, nous avons décidé d'aller travailler dans le Sud. Et c'est grâce à notre réseau d'antennes GPS et d'accéléromètres (appareils qui mesurent l'accélération du sol), que nous avons pu enregistrer ce qui s'est passé à Maule cette année. Tous les sismologues pensaient que le prochain séisme allait avoir lieu dans le Nord, ils ont donc été très surpris le 27 février.


CARTE DE SISMICITÉ 1900 À MARS 2012


Qu'avez-vous enregistré ?

Les instruments enregistrent les mouvement du sol : accélération, vitesse ou déplacement du sol, puis ces informations sont stockées sur disque dur. En ce moment, le LIA Montessus de Ballore collabore avec les sismologues américains et allemands. Ensemble, nous avons accès à une centaine d'instruments de mesure déployés sur le sol entre Los Vilos (zone nord, au Sud de La Serena) et Temuco (Sud).

Quel intérêt présente le Chili pour un sismologue?

Les tremblements de terre au Chili sont les plus grands au niveau mondial. Celui qui a eu lieu en février de 2010 était le cinquième plus gros au monde.

Existe-t-il de fortes capacités sismiques au Chili?

La sismicité varie, il y a des périodes de calme et des périodes très actives. Nous venons de sortir d'une période très calme : entre 1960 et 2010, il n'y a pas eu de séisme important (même s'il faut savoir que des séismes de magnitude jusqu'à 7, il y en a tout le temps au Chili).

Les gens ont oublié l'avant 1960, les structures publiques ont ignoré la possibilité d'un grand tremblement de terre, au point que personne n'était préparé pour faire face. Heureusement, ils ont réagi très vite.

Peut-on atteindre 11 sur l'échelle de Richter ?

Non, ce n'est pas possible. Pour qu'il y ait un 11, il faudrait que la zone de rupture s'étale sur à peu près 10 000 km. Or il n'y a pas de rupture continue sur une distance pareille.

Pourquoi est-ce qu'un séisme de 7.3 en Haïti est plus destructeur qu'un 8.8 au Chili ?

La magnitude d'un séisme, même élevée, enregistrée sur l'échelle de Richter ne veut pas dire qu'il y a automatiquement beaucoup de destructions. Le séisme le plus destructeur au Chili a été celui de janvier 1939, à Chillan, qui atteignait 8.1 : il a fait 20 000 morts ! L'odeur de la mort pouvait se sentir à 50 km à la ronde…

Pouvez-vous nous expliquer ce qui s'est passé lors du tremblement de terre du 27 février 2010?

La plaque de Nazca, la plaque litosphérique qui se trouve sous le Pacifique, descend sous le Chili. A Santiago, elle se trouve 100 km sous nos pieds. La plaque se déplace vers le continent, elle avance d'environ 7 cm par an, ce qui s'appelle la subduction.
Cette avancée fait que des tensions vont s'accumuler dans la zone de contact entre les deux plaques (Nazca et Amérique du Sud) et vont être libérées lors d'un tremblement de terre. C'est un processus inévitable : la plaque avance et la terre tremble pour relâcher les tensions. La zone touchée le 27 février n'avait pas eu de tremblement de terre depuis 175 ans, et la plaque avait avancé de près de 14 mètres. Si on compare à Valdivia en 1960, il s'agissait d'une avancée de 40 mètres car il n'y avait pas eu de séisme depuis 1575 !

La cordillère des Andes est la conséquence principale de la subduction. Elle aussi « monte » mais à quelques millimètres par an. En face, l'Argentine est constituée de roches beaucoup plus rigides que le Chili, ce qui signifie que la plate-forme argentine écrase les Andes. Le Chili est en quelque sorte pris en sandwich entre l'Argentine et la plaque de Nazca.

Si la tension s'est relâchée dans le Sud, est-ce que cela signifie qu'elle s'est reportée ailleurs ?

A notre avis, les tensions se sont reportées vers le Nord, vers la région de Coquimbo qui n'a pas eu de séisme important depuis 1880. C'est une région que nous surveillons avec intérêt et où nous avons détecté un phénomène étrange : la plaque de Nazca glisse sans accumuler trop de contraintes et nous ne savons pas pourquoi. Heureusement, cela pourrait retarder la rupture dans cette zone.

On constate qu'une forte réplique suit un gros tremblement de terre. Le 11 mars 2010, il a eu une réplique de 6.9 sur l'échelle de Richter : s'agissait-il de la fameuse « forte » ?

Normalement, un séisme de magnitude 8.8 doit être suivi d'une réplique de magnitude 7.8 dans les jours, la semaine voire les deux mois qui suivent. C'est ce qu'on dit, c'est la règle et en général elle est vérifiée. C'est ce qui est arrivé dans la plupart des séismes dans le passé.

Maintenant, trois mois se sont écoulés… et tout ce qui a eu lieu depuis, ce sont des répliques inférieures à 7. Même celle du 11 mars, qui a effrayé beaucoup de monde lors de la prise de fonction présidentielle, n'était pas «la grosse réplique attendue ». La raison de l'absence de grosse réplique reste une énigme pour nous. Cela peut vouloir dire soit que le séisme s'inscrit dans une suite de petits séismes ayant eu lieu avant, soit qu'on est en attente d'un gros.

Existe-t-il une possibilité d'anticiper un séisme, de le prévoir ?

Non. La seule chose que nous avons pu constater en 1996, quand nous avons réalisé des enregistrements pour la première fois, c'était que la région au nord de Concepción était complètement bloquée, qu'il n'y avait pas eu de séisme, même petit depuis longtemps. Et que depuis quatre ou cinq ans, il a commencé à y avoir des petits tremblements de terre, au large de la rivière Itata, qui débouche dans la mer et où, curieusement, il n'y a pas eu de tsunami.

C'est la seule évidence que quelque chose se soit passé avant le séisme qui aurait pu l'annoncer. Mais personne n'ose interpréter ce genre d'événements.

Le Chili est un pays de plus de 2 900 volcans. Est-ce que les séismes produisent des effets sur l'activité des volcans ?

Au Chili, les volcans de la région centrale sont andésitiques, ils sont bouchonnés et rarement en activité. Mais à partir de Talca, les volcans changent de caractéristiques, et dans la région des lacs ils sont pratiquement tous en activité. Le Llaima, L'Osorno de Llanquihue, le Nevado de Chillan, le Tupungato de Talca…

On a souvent remarqué que certains séismes coïncidaient avec des éruptions dans ce Sud du pays. Mais il n'y a pas de relation de cause à effet systématique. La communication entre les deux phénomènes est hypothétique. La plupart des scientifiques n'y croient pas.

Cependant, les volcans naissent de la subduction : quand la plaque océanique descend, par frottement elle chauffe le manteau et ça crée des laves qui montent par les volcans.

Comment peut-on prévenir un séisme ?

En ce moment, il y a un débat sur les zones d'inondation. Il y a ceux qui voudraient interdire de construire sur les zones d'inondation du tsunami et ceux qui disent qu'il s'agit d'une violation d'un droit privé. Pour ces derniers, le business prime sur la vie humaine et la prévention. Ça, c'est condamnable ! Parce qu'on sait parfaitement ce qu'il faut faire pour éviter la catastrophe, pour protéger : éviter à tout prix que les gens s'installent sur les terrains inondables et dédommager les propriétaires. Pour qu'ils aillent investir ailleurs.

La marine chilienne possède des cartes d'inondation de tous les ports et de toutes les rivières du pays. Elle sait parfaitement où on peut construire ou pas. L'important, pour le futur, c'est de prendre des précautions.

Le Chili arrête un Néerlandais

Joran van der Sloot, entré au Chili lundi par la frontière terrestre avec le Pérou, a été arrêté à Santiago à la mi-journée. Il circulait dans un taxi en provenance de Vina del Mar, sur la côte du Pacifique, lorsqu'il a été appréhendé, a indiqué une source policière à l'AFP.
La police péruvienne soupçonne le Néerlandais du meurtre de Stephany Flores Ramirez, la fille d'un entrepreneur de Lima, dont le corps a été retrouvé mardi dans un hôtel du quartier touristique de Miraflores. Elle y avait été vue dimanche à l'aube avec le suspect, rencontré quelques heures plus tôt à une table de poker dans un casino.
Van der Sloot a été le principal suspect, il y quelques années, dans une affaire qui avait eu un grand impact aux Etats-Unis: la disparition d'une étudiante américaine de 21 ans, Natalee Holloway, en visite en 2005 sur l'île d'Aruba, dans les Antilles néerlandaises.
Le jeune Néerlandais avait été placé à deux reprises en détention préventive dans l'enquête, puis remis en liberté faute de preuves. Le corps de Holloway n'a jamais été retrouvé.
L'affaire avait ressurgi en 2008 avec une vidéo, réalisée par un journaliste néerlandais à l'insu de Van der Sloot, dans lequel il relatait comment un ami l'aurait aidé à faire disparaître le corps de Holloway en mer.
Le suspect s'était rétracté, disant avoir parlé sous l'empire de la marijuana. La justice n'avait pas donné suite à l'enquête sur la base de cette vidéo.
Van der Sloot devait être soit directement expulsé vers le Pérou, soit placé en détention préventive au Chili, ce qui ouvre la voie à une procédure d'extradition, selon une source de l'ambassade du Pérou à Santiago.

mercredi 2 juin 2010

Régate du Bicentenaire

Visités par environ 150.000 personnes en cinq jours. Ces grands voiliers ont levé l'ancre vers le port vénézuélien de La Guaira. Le "Sail Cartagena de Indias 2010" fait partie de la régate internationale “Voiles Amérique du Sud 2010”, appelé également "Régate du Bicentenaire" (Regata del Bicentenario). Organisée par 10 pays et 16 ports pour célébrer le Bicentenaire de l'indépendance de cinq nations : l'Argentine, la Colombie, le Chili, le Mexique et le Venezuela.

Chili: et les 23 sont...

Le groupe chilien est dominé par les «expats» avec 16 joueurs évoluant dans des championnats étrangers (dont 12e en Europe), et sept au Chili.
Il ne comporte pas de star d'envergure internationale, l'ailier Alexis Sanchez (Udinese/ITA) étant sans doute son joueur le plus réputé à l'étranger.
Le groupe avait déjà été réduit à 25 il y a deux semaines, puis à 24 la semaine dernière, avec la mise à l'écart de l'attaquant Hector Mancilla, du club mexicain de Toluca.
Lors de ses matches amicaux de préparation des dernières semaines, la «Roja» (la Rouge) a été battue au Mexique 1-0, puis a dominé au Chili successivement la Zambie (3-0), l'Irlande du Nord (1-0) et Israël (3-0) cette dernière partie avec un onze de départ proche de son équipe-type. Le Chili, pour son premier Mondial depuis France-1998, affrontera dans le Groupe H le Honduras, la Suisse et l'Espagne.
Le groupe des 23 Chiliens:
Gardiens (3): Claudio Bravo (Real Sociedad/ESP), Miguel Pinto (Universidad Chile/CHI), Luis Marin (Union Espanola/CHI)
Défenseurs (7): Pablo Contreras (PAOK Salonique/GRE), Ismael Fuentes (Universidad Catolica/CHI), Mauricio Isla (Udinese/ITA), Gary Medel (Boca Junior/ARG), Gonzalo Jara (West Bromwich/ENG), Waldo Ponce (Universidad Catolica/CHI), Arturo Vidal (Leverkusen/GER)
Milieux de terrain (7): Carlos Carmona (Reggina/ITA), Marco Estrada (Universidad de Chile/CHI), Matias Fernández (Sporting/POR), Gonzalo Fierro (Flamengo/BRA), Rodrigo Millar (Colo Colo/CHI), Rodrigo Tello (Besiktas/TUR), Jorge Valdivia (Al Ain/EAU).
Attaquants (6): Jean Beausejour (America/MEX), Mark Gonzalez (CSKA Moscou/RUS), Fabian Orellana (Xerez/ESP), Esteban Paredes (Colo Colo/CHI), Alexis Sanchez (Udinese/ITA), Humberto Suazo (Zaragoza/ESP).

mardi 1 juin 2010

Flottille Gaza : le Premier ministre turc quitte le Chili pour Ankara

Le chef du gouvernement turc a quitté l’aéroport de Santiago en milieu de journée, a constaté l’AFP. Dans des déclarations à la presse chilienne avant son départ, M. Erdogan a qualifié le raid israélien de "terrorisme d’Etat" en violation du droit international. "Cet assaut prouve une fois de plus que l’actuel gouvernement d’Israël ne veut pas la paix dans la région", a-t-il déclaré. "Ce type de comportement constitue une menace pour la paix dans la région, autant qu’il empêche la stabilité et la tranquillité pour les citoyens et le peuple d’Israël", a ajouté le chef de gouvernement turc. M. Erdogan était arrivé dimanche en avance au Chili, après avoir annulé pour un autre motif sa visite en Argentine, qui constituait la deuxième étape de sa tournée latino-américaine après le Brésil. Il devait rester à Santiago jusqu’à mardi.

Recep Tayyip Erdogan, en visite au Chili

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné les violences. "Je suis choqué par les informations selon lesquelles des personnes ont été tuées dans des bateaux transportant des fournitures vers Gaza. J'ai appris que les bateaux se trouvaient dans les eaux internationales. C'est très mauvais", a-t-il déclaré, appelant à une "enquête approfondie".
La réaction la plus virulente est venue de la Turquie, sponsor officieux de la "Flottille de la paix", alors que la plupart des neuf militants pro-palestiniens tués dans l'opération sont turcs. "Nous n'allons pas rester silencieux face à ce terrorisme d'Etat inhumain", a déclaré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en visite au Chili, avant de regagner précipitament Ankara.
La Turquie, qui occupe un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, a demandé une réunion d'urgence du Conseil sur l'assaut israélien, que le vice-Premier ministre turc Bulent Arinc a comparé à de la "piraterie". La Turquie a également rappelé son ambassadeur en Israël et annulé trois exercices militaires conjoints avec Israël.
A Istanbul, 10.000 personnes ont défilé entre le consulat israélien et une place de la ville, scandant: "Israël meurtrier, tu te noieras dans le sang que tu répands". D'autres manifestations se sont déroulées à Amman, Beyrouth, en Syrie, à Sarajevo, Téhéran, Thessalonique et à Karachi, capitale économique du Pakistan.
En Iran, le président Mahmoud Ahmadinejad, dont le pays soutient le Hamas au pouvoir à Gaza, a dénoncé un "acte inhumain". "Ces (actes) ne font que rapprocher de sa fin le régime misérable et factice" en Israël, a-t-il déclaré, selon la télévision officielle.
La Ligue arabe a convoqué une réunion d'urgence pour mardi alors que le Conseil de coopération du Golfe a condamné un "crime haineux" et "prémédité" d'Israël. Les deux seuls pays arabes à avoir conclu des accords de paix avec Israël, la Jordanie et l'Egypte, ont condamné le raid israélien et demandé la levée du blocus de la bande de Gaza.
Le ministre jordanien de l'Information, Nabil al-Sharif, a dénoncé un "crime haineux". Le ministère égyptien des Affaires étrangères estime de son côté que ces violences montrent que Gaza "reste sous occupation israélienne totale".
La Tunisie a "fermement condamné" l'assaut israélien, qu'elle a qualifié d'''agression". En Arabie saoudite, le gouvernement du roi Abdallah a estimé qu'Israël devait être tenu responsable de ses politiques "barbares".
Au nord de Jérusalem, des jeunes Palestiniens protestant contre le raid ont pris à partie des soldats israéliens à coups de jets de pierres et de bouteilles à un point de contrôle. De son côté, le négociateur palestinien Saeb Erekat a dénoncé un "crime de guerre".
Aux Etats-Unis, la Maison Blanche a réagi avec prudence, disant "regretter profondément les vies perdues et le fait qu'il y ait des blessés", et "oeuvrer pour comprendre les circonstances entourant cette tragédie".
En Europe, la haute représentante pour les affaires étrangères de l'Union européenne, Catherine Ashton, a exprimé la vive préoccupation de l'UE et a demandé à Israël d'ouvrir une enquête. En France, le président Nicolas Sarkozy a condamné "l'usage disproportionné de la force" et demandé que "toute la lumière" soit faite "sur les circonstances de cette tragédie". De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s'est déclaré "profondément choqué".
En Allemagne, le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle a réclamé une enquête immédiate. De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déploré le fait que l'assaut ait fait des morts et a demandé la fin du blocus de Gaza par Israël.
La Grèce, la Suède, l'Espagne, le Danemark et l'Egypte ont convoqué l'ambassadeur d'Israël sur leur sol pour demander des explications. AP