mardi 11 novembre 2014

LE PREMIER MINISTRE CHINOIS APPELLE À ÉLARGIR LA COOPÉRATION SINO-CHILIENNE

PHOTO JOSÉ MANUEL DE LA MAZA
Le Chili est le premier pays latino-américain à avoir signé un accord de libre-échange avec la Chine. M. Li a indiqué que les deux pays devaient assurer une bonne application de l'accord et donner l'exemple pour le développement du libre-échange entre les pays en voie de développement.

La Chine est prête à investir dans la construction des infrastructures au Chili, tels que les chemins de fer, l'électricité hydraulique et les télécommunications, tout en prenant part au développement de la connectivité en Amérique du Sud, a noté M. Li.

La Chine va se préparer pour assister à la première réunion ministérielle d'un forum qui se tiendra entre la Chine et la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes (CELAC) prévue l'année prochaine à Beijing, a ajouté M. Li.

La Chine souhaite également développer le commerce des produits agricoles et tient à aborder la coopération financière, notamment le swap de devises et les règlements commerciaux en monnaies locales, a annoncé le Premier ministre chinois.

« Nous espérons que la partie chilienne autorisera les banques chinoises à ouvrir rapidement des bureaux dans le pays », a exprimé M. Li.

Selon lui, la Chine accorde une grande importance aux relations avec les pays latino-américains dont le Chili et est prête à travailler avec eux.

Mme Bachelet a indiqué que son pays était prêt à maintenir des échanges étroits à tous les niveaux avec les responsables de haut rang et à élargir sa coopération avec la Chine par le biais de mécanismes de dialogue déjà existants et de zone de libre-échange.

lundi 10 novembre 2014

LE CHILI INTÉRESSÉ PAR L'« UNION ÉCONOMIQUE EURASIENNE »

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

PHOTO JOSÉ MANUEL DE LA MAZA
« Nous espérons pouvoir poursuivre la coopération dans les domaines qui sont importants pour nous. Nous sommes intéressés par la possibilité de coopération dans la mise au point d'un accord sur la zone de libre-échange avec la Russie ainsi qu'avec les autres pays membres de l'Union douanière », souligné la présidente.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

De son côté, le chef de l'Etat russe Vladimir Poutine a noté que la Russie et le Chili « ont toujours soutenu des bonnes relations de partenaires ».

« Nous menons un dialogue politique très intense et il faut certainement faire remplir ces relations de liens économiques ramifiées répondant à nos possibilités », a indiqué le président russe.


dimanche 9 novembre 2014

SOLDATS CONTRE MÉDECINS

Au milieu des années 1960, les Etats-Unis ont ouvert leurs frontières aux travailleurs de la santé issus des pays pauvres afin de pallier une pénurie de médecins dans les zones dédaignées par les carabins new-yorkais. Cinquante ans de fuite des cerveaux plus tard, qui remplace les soignants manquants du Liberia ? En octobre dernier, Washington se préparait à envoyer quatre mille réservistes en Afrique de l’Ouest pour aider les équipes médicales à vaincre la pandémie — une opération « Soldats contre docteurs » en quelque sorte. Sur place, aux avant-postes, les militaires américains trouveront un vaste contingent de médecins… cubains. La Havane a en effet formé plusieurs centaines de docteurs et d’infirmières aux procédures anti-Ebola, sous la supervision de l’Organisation mondiale de la santé. Une partie est déjà à pied-d’œuvre en Sierra Leone. Ce mouvement de solidarité, presque banal à Cuba (2), a soudain provoqué l’admiration du New York Times pour « une île appauvrie qui demeure largement coupée du monde » mais « s’apprête à jouer un rôle majeur au sein des nations qui cherchent à contenir le virus ». « Le travail des médecins cubains profite à tous, et cela devrait être reconnu » (3), s’enthousiasme l’éditorial, avant d’appeler Washington à rétablir ses liens diplomatiques avec La Havane (lire « Dégel sous les tropiques entre Washington et La Havane »), à lever l’embargo qui prive les médecins cubains de matériels de pointe et à écouter les conseils de M. Fidel Castro quand ce dernier propose une collaboration pour combattre le fléau. Du bout des lèvres, le secrétaire d’Etat John Kerry a salué, le 17 octobre, « Cuba, un pays d’à peine onze millions d’habitants, [qui] a dépêché cent soixante-cinq professionnels de santé et prévoit d’en envoyer près de trois cents de plus ». Oubliant de préciser que son propre ministère finance depuis 2006 un programme ciblé de fuite des cerveaux baptisé « Sauf-conduit pour les professionnels de santé cubains » et destiné à priver l’île de ses praticiens.


Comme la panique morale face à l’Organisation de l’Etat islamique, la panique virale face à Ebola provoque d’étranges renversements. Dans un monde où le Pentagone ravitaille en armes des combattants kurdes marxistes-léninistes dont le parti figure sur la liste américaine des organisations terroristes, faut-il s’étonner que Washington félicite La Havane tout en maintenant serré le garrot autour de l’Etat socialiste?

Pierre Rimbert

(1) Edwin Fuller Torrey, « How the US made the Ebola crisis worse », The Wall Street Journal, New York, 14 octobre 2014.
(2) Lire Hernando Calvo Ospina, « Une internationale… de la santé », Le Monde diplomatique, août 2006.
(3) « Cuba’s impressive role on Ebola », The New York Times, éditorial, 19 octobre 2014.

samedi 8 novembre 2014

CHILI : L’HEURE DE VÉRITÉ POUR MICHELLE BACHELET

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

L'AMBASSADEUR DU CHILI EN FRANCE, ACCOMPAGNÉ DU MINISTRE DE L'ÉDUCATION NICOLÁS EYZAGUIRRE FURENT REÇUS PAR LA MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE NAJAT VALLAUD-BELKACEM, LE JEUDI 6 NOVEMBRE 2014 À PARIS

Cependant, à l’heure de réformer un domaine aussi sensible, les résistances se réveillent. Désormais, ce sont les parents d’élèves qui descendent dans la rue, pour s’opposer à la réforme de l’école privée, largement subventionnée par des fonds publics. A les entendre, la nouvelle loi, qui interdit les bénéfices et oblige à réinvestir, provoquerait la fermeture de 4 000 établissements. « C’est faux, rétorque le ministre Eyzaguirre. Une phase de transition de cinq ans permet de négocier les aménagements et d’amortir l’investissement. »

La droite disposée à surfer sur la peur des familles

Du coup, c’est l’extrême gauche qui crie au scandale. Elle aurait souhaité des peines de prison pour les propriétaires d’établissements qui oseraient faire du profit. Dans les organisations de lycéens et d’étudiants, socialistes et communistes sont minoritaires, doublés par une gauche plus radicale. «Les députés issus du mouvement étudiant ont voté la loi à 98 % », se console M. Eyzaguirre, lui-même un ancien communiste devenu social-démocrate.

La réforme suppose une remise à niveau des enseignants, par une formation continue encore inexistante. Or les syndicats, où les communistes sont majoritaires, veulent voir leurs anciennes revendications satisfaites avant de s’engager davantage. Ils se sont d’ailleurs mis en grève.

Toutefois, à entendre le ministre, le danger principal viendrait de la droite, disposée à se refaire une santé en surfant sur la peur des familles. « Nous voulons tous assurer le bonheur de nos enfants, admet le ministre. La réforme vise à réduire les inégalités et donc à augmenter la mixité sociale. Or la peur atavique face aux élèves différents déstabilise les parents. »

Une question d’équité, mais aussi une nécessité économique

M. Eyzaguirre espère néanmoins convaincre une partie de la droite de la nécessité d’améliorer la qualité de l’enseignement. « Je suis tout à fait favorable à l’économie de marché, explique-t-il, mais je suis convaincu qu’on ne peut pas laisser le marché maîtriser la formation de nos enfants. L’inégalité des chances plombe nos capacités. C’est comme si le sélectionneur d’une équipe de football était condamné à choisir ses joueurs uniquement dans 5 % de la population, la couche la plus riche de la société : on y perdrait tous. »

Ancien ministre des finances (2000-2006), ex-directeur du Fonds monétaire international, M. Eyzaguirre croit que la réforme de l’éducation n’est pas seulement une question d’équité, mais aussi une nécessité économique. « Sans une jeunesse mieux qualifiée, nous ne serons pas compétitifs ni capables de diversifier nos exportations. Nous n’aurons pas de développement durable et resterons piégés par ce revenu moyen qui ne permet pas à tant de pays de décoller. »

Le Chili fait partie de l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE), dont l’expertise en matière d’éducation est reconnue. Ce « club des riches » a été utile, estime le ministre Eyzaguirre : « Par rapport à l’Amérique latine, nos indicateurs sont excellents, mais la comparaison avec les pays de l’OCDE nous a permis de mieux mesurer nos carences.»

Michelle Bachelet a réussi à faire adopter en peu de temps la réforme fiscale pour financer son projet éducatif (1,1 milliard d’euros par an). L’éducation s’avère un chantier autrement laborieux. « La réforme des universités sera beaucoup plus compliquée », avoue M. Eyzaguirre. Mercredi, la nouvelle direction de la Fédération des étudiants du Chili a dénoncé tout changement qui se ferait sans elle.


mardi 4 novembre 2014

EQUATEUR : CORREA OBTIENT DE POUVOIR MODIFIER LA CONSTITUTION POUR ÊTRE RÉÉLU

CANDIDAT EN 2017 ?

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   

SOLEDAD BUENDÍA 
Le texte actuel ne permet au président que de faire deux mandats, consécutifs ou non. Or, l'actuel dirigeant, Rafael Correa arrivera en 2017 au terme de son second mandat de quatre ans à la tête du pays. Une fois adoptées par le Parlement, ces modifications lui permettront donc d'être candidat à sa réélection, même s'il n'a pas dit s'il se représenterait.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   

GUILLERMO LASSO BANQUIER ET HOMME POLITIQUE ÉQUATORIEN
PHOTO DU QUOTIDIEN CONSERVATEUR « EL COMERCIO »
« Nous sommes très satisfaits de cette décision », a réagi auprès  la députée socialiste Soledad Buendia. « Il semble » que la Cour « ait profité du jour des morts pour enterrer l'un des piliers de la démocratie équatorienne », a regretté pour sa part le leader de l'opposition, Guillermo Lasso.

Après cette décision, le Parlement a désormais un an pour approuver la réélection indéfinie, en deux débats, et un feu vert est d'ores et déjà acquis, compte tenu de la solide majorité législative dont bénéficie le gouvernement. « Nous allons constituer une commission spéciale à cet effet. Nous espérons que d'ici la fin de l'année nous aurons le texte prêt » pour son approbation en première lecture, a expliqué Soledad Buendia.

L'AMÉRIQUE LATINE: CONTINUITÉ DANS LA DIVERSITÉ

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
« PUZZLE CARTE MENTALE DU CONTINENT » REGINA SILVEIRA 1997

Tout cela va au delà de la politique politicienne, la principale raison est celle du besoin de plus de développement et de cohésion sociale dans une région qui reste la championne des inégalités au niveau international. Depuis les années deux mille ces gouvernements s'installent donc dans la continuité, après la vague du libéralisme économique qui aura eu de graves conséquences au sein des sociétés latino-américaines dans les années 80 et 90.

Il n'existe pas de recette unique...

Des pays en voie de développement, mais a des stades bien différents. Le Chili, l'Argentine et l'Uruguay témoignent d'un PIB plus élevé et des niveaux de pauvreté relativement bas (entre 8% et 11%) malgré les fortes inégalités, viennent ensuite le Brésil, le Pérou, la Colombie ou le Mexique avec des taux de pauvreté moyens (entre 19% et 31%) et des classes moyennes émergentes, et des pays comme le Paraguay, le Salvador ou le Guatemala atteignent des taux de pauvreté élevés (entre 50% et 65% de la population). Reprenant l'expression du politologue Alain Rouquié, après cet éventail de réalités sociales disparates se dessine un point commun entre ces pays : le besoin de consolider les progrès en matière de développement social. Aujourd'hui, en Amérique Latine nous parlons de lutte contre la pauvreté, mais s'ajoute à ce défi global celui de faire face à l'intégration inégale, et donc par conséquent le besoin de diminuer le degré de vulnérabilité des nouvelles classes moyennes. Cependant, la chute de la croissance économique actuelle dans la région pourrait faire basculer selon de nombreux organismes internationaux, les nouvelles classes moyennes dans une situation de vulnérabilité, un vrai retour en arrière que pourraient vivre plus de 60 millions de personnes dans cette région du monde.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Face à ce risque, s'ajoute une étude (octobre 2014) de l'ONG Oxfam qui affirme que le nombre de multimilliardaires ou ayant une fortune de plus de mille milliards de dollars en Amérique Latine a augmenté de plus de 38% en 2014. Cette concentration des richesses pousse les sociétés vers une polarisation inquiétante. Des inégalités réelles dans les secteurs de l'éducation, la santé, les systèmes de retraite, la vulnérabilité des minorités, la difficulté d'accès a des ressources de première nécessité comme l'eau, qui provoquent des tensions qui ne cessent de croitre et représentent un déséquilibre dans le court et moyen terme.

...Mais un besoin réel de cohésion sociale

Disons-le encore une fois, cette région du globe est la plus inégale au monde. La démocratie peut fléchir si les citoyens n'observent pas une meilleure répartition de la croissance économique. Existe-t-il un seul modèle de développement ? Non. Il suffit juste de comparer le Chili néolibéral de la socialiste Michelle Bachelet et Cuba de Raul Castro. L'Amérique Latine se cherche, les Etats Unis et l'Europe ne servent plus d'exemple à part entière. La croissance économique et la cohésion sociale devraient être considérées comme deux termes indissociables. Les latino-américains doivent se regarder en face et trouver la solution d'une croissance mieux repartie, la promotion d'une productivité économique plus solide et tournée vers la valeur ajouté - et plus seulement sur les ressources primaires -, et enfin, prendre en compte la dimension essentielle du développement : la protection de l'environnement.

En résumé, la continuité politique au sein même d'une hétérogénéité régionale - culturelle et socio-économique -, répond d'une certaine manière à cet espoir latino-américain de vouloir poursuivre le progrès pour plus d'égalité. Pablo Neruda s'exprimait ainsi : « L'espoir a deux très beaux enfants, le dédain et le courage. 
Le dédain pour la réalité des choses, le courage pour les changer ».

dimanche 2 novembre 2014

LE CHILI, PREMIER PAYS D'AMÉRIQUE LATINE À CULTIVER LE CANNABIS À DES FINS THÉRAPEUTIQUES

   [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
(AFP) - Le Chili est devenu mercredi le premier pays d'Amérique latine à cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques, les premières graines ayant été mises à germer avant d'être bientôt plantées sur un terrain municipal.
[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]        
APRÈS LA GERMINATION DES GRAINES, LES PLANTS 

LES PLUS SOLIDES SERONT MIS EN TERRE DANS UN 

TERRAIN APPARTENANT À LA MUNICIPALITÉ DE LA 
FLORIDA, AU SUD DE SANTIAGO.
«C'est la première culture médicinale (de cannabis) autorisée en Amérique latine », s'est félicitée, lors de la cérémonie de lancement de l'initiative, Ana Maria Gazmuri, présidente de la Fondation Daya, qui promeut l'usage thérapeutique de la marijuana.

« C'est un moment historique pour le soulagement de ceux qui souffrent », a-t-elle ajouté.

Après la germination des graines, les plants les plus solides seront mis en terre dans un terrain appartenant à la municipalité de La Florida, au sud de Santiago. Le lieu exact n'a pas été communiqué et de fortes mesures de sécurité sont prévues avec une clôture électrique doublée d'une autre de fil barbelé autour du champ en question.

La première récolte est attendue pour avril, puis un mois plus tard la distribution gratuite d'une huile d'extraits de cannabis à quelque 200 patients malades de cancer, sélectionnés pour le programme. Ces derniers feront l'objet d'une étude clinique pour vérifier les résultats thérapeutiques du traitement.

Pour ce projet, la mairie de Florida a obtenu le 8 septembre une autorisation de l'État de cultiver 425 plants uniquement pour un usage médicinal. Cette autorisation a créé la polémique au Chili où la marijuana est encore considérée comme une drogue dure par la législation.

Une précédente autorisation similaire, donnée en 2011 par les services de l'agriculture à une entreprise privée, avait par la suite été révoquée par l'Institut de santé publique (ISP).

Le gouvernement de la présidente socialiste Michelle Bachelet s'est engagé à classer la marijuana en drogue douce - ce qui réduirait les peines pour trafic et faciliterait son usage thérapeutique -, tandis que lepremier Parlement prévoit d'analyser un projet de loi pour dépénaliser la culture de cannabis pour son usage personnel.

Alors que la région est considérée comme la principale productrice de cocaïne, l'Uruguay s'est fait connaître comme le premier pays au monde, depuis décembre 2013, à légaliser la culture et la vente de marijuana sous le contrôle de l'État, mais la loi n'a pas encore été mise en oeuvre.

En Colombie, le Parlement débat actuellement d'un projet de loi pour permettre, comme au Chili, l'usage du cannabis à des fins médicales, une initiative soutenue par le président colombien, Juan Manuel Santos (centre-droit).