lundi 8 juin 2015

HOLLANDE REÇOIT LA PRÉSIDENTE CHILIENNE MICHELLE BACHELET

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HOLLANDE REÇOIT LA PRÉSIDENTE CHILIENNE MICHELLE BACHELET


Des partenariats renforcés


Une déclaration conjointe relative au renforcement du partenariat entre les deux pays sera signée au cours de cette visite qui doit aussi permettre d'encourager le développement des échanges économiques, notamment dans l'énergie, les infrastructures et l'eau. 

La conclusion d'un accord vacances-travail facilitera les échanges de jeunes, la France constituant déjà le 3e pays d'accueil des étudiants chiliens. 

Une déclaration d'intention proclamera la volonté des deux pays de renforcer leur coopération sur les droits des femmes. 

Son père est mort en prison sous Pinochet

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Enfin, dans la perspective de la Conférence de Paris sur le climat en décembre prochain, la France et le Chili veulent travailler ensemble pour un accord universel, juridiquement contraignant et différencié, selon l'entourage de François Hollande. 

Après un entretien à 19 h 00, un dîner officiel est prévu à l'Élysée. 

Elue présidente en 2006, la socialiste Michelle Bachelet, 63 ans, dont le père est mort en prison à la suite de tortures sous la dictature du général Pinochet, a été réélue en 2013.

CHILI : LETTRE OUVERTE À MICHELLE BACHELET

Paris, 7 juin 2015

Madame  Michelle BACHELET

Présidente de la République du Chili 

Madame La Présidente Michelle BACHELET,
par la présente, plusieurs associations, des ex-prisonniers politiques, des ex-réfugiés politiques, des personnalités françaises et des familles des Détenus disparus vous signalent leur profonde préoccupation pour une centaine d'ex Prisonniers politiques de la dictature civique-militaire chilienne qui sont actuellement en grève de la faim. Leur objectif est d'obtenir le droit à une Indemnisation juste et adéquate de leur préjudice en conformité avec les dispositions internationales en matière de Droits de l'Homme.

Cette grève a commencé le 13 avril 2015 pour protester face au mépris des autorités qui n’ont pas respecté les accords établis lors d'une précédente grève de la faim en 2014. L'un de ces accords était la constitution d'une Commission tripartite pour discuter d’un projet d'indemnisation.

Les propositions du gouvernement, incluant la Création d'une "Commission de Haut Niveau", n'ont pas signifié une réponse concrète aux exigences des grévistes et c'est ainsi que la grève de la faim continue, aujourd'hui, dans sept villes et est accompagnée d'un fort soutien national et international.

Les ex Prisonniers en grève, par l'intermédiaire du "Comité National de la grève de la faim des Ex prisonniers politiques du Chili et Familles" continuent à porter leurs revendications.  Ils ont manifesté leur disposition au dialogue et ont proposé une annexe à "l'Accord" présenté par le gouvernement le 23 mai dernier. Dans ladite annexe, ils cherchent à "surmonter les indéfinitions et le manque d'engagement du texte officiel du gouvernement". Jusqu'à ce jour, ils n'ont pas eu de réponse et ils dénoncent, une fois de plus, la conduite insensible et l'absence de volonté politique de la part de l'exécutif pour trouver une issue à la mobilisation.

Ils proposent que la "Loi Courte" intègre : l’homologation de la pension Valech à la pension Rettig, la suppression de l'incompatibilité entre la pension Valech et celle de l’exonération et un bon à valoir sur l'année 2015. Ils ajoutent  qu'avec cela, "une réponse rapide serait donnée aux thèmes les plus urgents de la réparation non accordée" et que la "Commission de Haut Niveau pourrait accorder son effort à la Loi d'Indemnisation et  solder la dette sur d'autres engagements non résolus en matière des Droits de l'Homme", comme la suppression du secret de 50 ans, accordé aux témoignages rendus à la Commission Valech, éléments indispensables pour la Vérité et Justice.

Madame La Présidente, nous vous rappelons que l'Etat chilien a souscrit et ratifié les importantes conventions internationales suivantes :

- La Convention contre la Torture et autres traitements cruels, inhumains ou   dégradants, ratifiée par le Chili le 30 octobre 1988.
- La Convention Interaméricaine pour prévenir et sanctionner la Torture, ratifiée par
 le Chili le 15 septembre de 1988.
- Le Pacte International des Droits Civiles et Politiques, ratifié par le Chili le 12 février
1972.
- La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée par unanimité en
Décembre de 1948 par l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies
(ONU).

A cet égard, nous pouvons signaler que les mesures que l'Etat chilien a mises en œuvre portent gravement atteinte  aux conventions citées.

Le 5 mai dernier, la Commission Interaméricaine de DDHH (CIDH) a annoncé, dans une lettre adressée à l'Union des Ex prisonniers politiques (Unexpp), la notification à l'Etat chilien, du  début des procédures en relation à la dénonciation présentée l'année 2011 par l'Unexpp, en représentation de 1700 Ex Prisonniers politiques, pour ne pas accorder une Réparation et pour l'absence de poursuite des tortionnaires, c'est à dire pour permettre l'Impunité.

Malgré l'âge avancé des grévistes (70 ans en moyenne), les maladies, la fatigue et les séquelles de la répression, les survivants des camps et prisons clandestines, des camps de concentration, 50 jours après le début de la grève, signalent qu'ils ne sont pas disposés à capituler et qu'ils continueront jusqu'à obtenir une suite à leurs demandes.

Madame La Présidente, en raison de ces considérations, nous vous sollicitons d'utiliser toutes vos prérogatives afin de solutionner ce conflit et que la grève de la faim se termine sans faire de dommage majeur.

Nous exigeons que l'Etat chilien respecte les textes des Conventions nommées et qu'il en  accueille les recommandations, afin de garantir la pleine protection des Droits de l'Homme, les enquêtes sur la torture, la punition des responsables (annulation de Loi d'auto-amnistie de 1978) et une juste et adéquate réparation aux victimes, en conformité avec les dommages produits, tant au Chili (prison et torture), qu’à l'étranger (exil forcé).

Nous vous prions d'agréer, Madame La Présidente, nos sentiments les meilleurs.

Associations signataires:

Collectif DDHH au Chili (France)
Héctor Zavala Leiva
ddh_chili_fr@hotmail.com  - Tél. 33 (0) 1 49 77 07 51

Association Relmu-Paris
Marcelo Gauthier

Association "Jacques Damiani"
(Chiliens de Fontenay-sous-Bois)
Elwin Ayamante
 

Associations adhérentes:

Association des Anciens Réfugiés Politiques Chiliens en France.

Association Nuevo Concepto Latino
Association INREDES
Groupe F des Chiliens de Meaux
Association Terre et Liberté pour Arauco
Comité Chili-Amérique Latine


Personnalités françaises:

CHERKI Pascal Député Assemblée Nationale France)
CORONADO SERGIO Député de l'Assemblée Nationale de France. 2ème circonscription des Français Etablis hors de France
MUET Pierre Alain Député Assemblée Nationale de France
DELIGNE  François Maire de Guyancourt. Région de l'Ile de France
GIACOMETTI Pierre Secrétaire Général Syndicat Force Ouvrière des Chambres de Commerces et d'Industrie
BOUSIDI Lise  Radio Libertaire. Francia
BILLARD, Martine Co-présidente et Secrétaire Nationale à l'international - Parti de Gauche 
GARRIDO, Raquel Secrétaire Nationale - Porte Parole Parti de Gauche
MELENCHON, Jean-Luc Ex Sénateur - Ex Député européen - Délégué National à la Prospective - Parti de Gauche

Ex-Prisonniers Politiques, Ex-Refugiés Politiques et Familles des Détenus disparus:

ABGUILLERM, Orlando  Adhérent
AYAMANTE, Elwin Ex-Prisonnier Politique
CAMPOS, Luis Ex-Prisonnier Politique
CARRASCO, Luis  Ex-Prisonnier Politique
CERDA, Vladimir  Ex-Prisonnier Politique
CORTES, María  Ex-Réfugiée Politique
ESCOBAR, Víctor  Ex-Réfugié Politique
FARFAN, Raúl  Ex-Réfugié Politique
GAUTHIER, Marcelo Ex-Prisonnier Politique
GUZMAN, Leyla Ex-Réfugiée Politique
HENRIQUEZ, Martin Ex-Réfugié Politique
HONORES, Edgardo Ex-Prisonnier Politique
INOSTROZA, Leopoldo Ex-Prisonnier Politique
ITURRA, Pedro Ex-Prisonnier Politique
JARA, Luis Ex-Prisonnier Politique
JARPA, Manuel Ex-Prisonnier Politique
LEVINAO, Jeremías Ex-Prisonnier Politique
LIVIO CAMPOS, Germain Ex-Prisonnier Politique
LOPEZ FUENTES, Carlos  Ex-Prisonnier Politique
LOPEZ ROMERO, Elizabeth Ex-Prisonnière Politique. Détenue mineure.
MAZA, Norton Ex-Prisonnier Politique
MORALES MALDONADO, Julio Ex-Prisonnier Politique
MENDEZ CACERES, Haydée  Epouse de Détenu Disparu (Etienne Pesle)
PESLE, Ana María   Fille de Détenu Disparu (Etienne Pesle)
RODRIGUEZ, Christian  Ex-Réfugié Politique
ROMERO MAYEA, Elizabeth Ex-Prisonnière Politique
VEGA SALAZAR, Néstor  Ex-Prisonnier Politique
ZAVALA LEIVA, Héctor   Ex-Prisonnier Politique

samedi 6 juin 2015

L’ARGENTINE DE NOUVEAU CONDAMNÉE À REMBOURSER DES FONDS « VAUTOURS »

PHOTO DANIEL GARCIA
Nouveau coup dur financier pour Buenos Aires. Le juge américain Thomas Griesa a condamné, vendredi 5 juin, les autorités argentines à rembourser 5,2 milliards de dollars (soit 4,6 milliards d’euros) à plusieurs de ses créanciers. 
Le magistrat new-yorkais a fait droit aux 36 plaintes réunissant au total près de 500 bailleurs, qui demandaient à être payés de manière prioritaire. 
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L'ARGENTINE GUETTÉE PAR LES VAUTOURS
Cette somme s’ajoute à celle dont le pays doit s’acquitter auprès de plusieurs fonds d’investissements spéculatifs, dits « vautours » (hedge funds). En 2012, NML et Aurelius avaient en effet obtenu de la justice que Buenos Aires leur verse 1,33 milliard de dollars (1,19 milliard d’euros) – plus intérêts – au titre des obligations de dette achetées avant que le pays ne fasse faillite.


Après la banqueroute en 2001, 93 % des bailleurs ont accepté des restructurations de la dette du pays, d’abord en 2005 puis en 2010. L’Argentine aimerait rembourser en priorité ces créanciers conciliants, mais la justice américaine l’oblige à rembourser avant toute chose les « fonds vautours ». Le pays est depuis en conflit ouvert avec eux. Ceux-là, tout comme les 500 plaignants qui ont obtenu gain de cause vendredi, font partie des 7 % de créanciers qui ont refusé tout accord.

VALÉRIE PÉCRESSE RÉVISE SA GÉOGRAPHIE

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TRACTS réPUB DE LA CANDIDATE VALÉRIE P
LE SCAN POLITIQUE - La cheffe de file des réPUBlicains aux élections régionales d'Île-de-France s'interroge sur la distribution de 48 millions d'euros à l'étranger depuis 2010.
Tristan Quinault Maupoil
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TRACTS réPUB DE LA CANDIDATE VALÉRIE P
Deux mois après son entrée en campagne pour les élections régionales en Île-de-France, Valérie Pécresse lance vendredi une séquence pour dénoncer les dépenses engagées par l'équipe socialiste sortante à destination de l'international. «Une gabegie», estime son entourage. L'offensive de la droite prend la forme d'un tract et d'une vidéo décalés.

Le tract prend les traits d'une affichette au format A4. Au recto, une carte de l'Île-de-France où il est demandé aux citoyens où se trouve Santiago du Chili. Dans le Val d'Oise? Dans les Yvelines ou peut être en Seine-et-Marne? «Si vous ne trouvez pas, inutile de prendre des cours de géographie. Santiago du Chili n'est pas, comme son nom l'indique, en région Île-de-France ni même en France ou en Europe. Pourquoi, dans ces conditions, le conseil régional doit-il y financer une piste cyclable?», est-il inscrit en bas de la première page.
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VALÉRIE PÉCRESSE, NÉE VALÉRIE ROUX LE 14 JUILLET 1967 À NEUILLY-SUR-SEINE (HAUTS-DE-SEINE),  DÉPUTÉE UMP DES YVELINES DE 2002 À 2007, ELLE EST NOMMÉE MINISTRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE EN 2007, APRÈS L'ÉLECTION DE NICOLAS SARKOZY À LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE. ELLE MODIFIE PROFONDÉMENT LE MODÈLE UNIVERSITAIRE FRANÇAIS  ET IMPOSE LA RÉFORME NÉOLIBÉRALE DES UNIVERSITÉS.
Interloqué, le passant peut être tenté de trouver la réponse au verso. La droite y rappelle alors que la région Île-de-France a financé une piste cyclable dans la capitale chilienne à hauteur de 300.000 euros, que la célébration de l'anniversaire de la mort de Salvador Allende a coûté à la région 70.000 euros et que le peuple Kichwa de Sarayaku (Equateur) a obtenu une aide de 100.000 euros.

«Discours simpliste»

«À côté des tracts classiques nous voulons lancer une série de tracts-affichettes au ton décalé qui peuvent se conserver, se coller afin d'attiser la curiosité sur les enjeux du scrutin et les failles de la gestion socialiste pendant 17 ans», indique au Scan l'entourage de l'ex-ministre du Budget. Dimanche, c'est le troisième volet de la mini-série «vie de malade en Île-de-France» qui sera diffusée sur les réseaux sociaux de la candidate. On y verra une élue de gauche du conseil régional en consultation chez son médecin car «elle adore dépenser pour tout et n'importe quoi». «Vous êtes atteinte d'une ‘gabegite'. Un virus très contagieux au conseil régional», lui diagnostiquera le praticien.

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PHOTOS NASA LANDSAT MODIFIÉES PAR ALBERTO TEXIDO ZLATAR



Des attaques dénoncées à gauche. «Eh bien si le discours devient si simpliste...», s'agace Roberto Romero, vice-président PS du conseil régional d'Île-de-France chargé des Affaires internationales et européennes. L'élu assure que la politique de la région à destination de l'international «coûte moins d'un euro par habitant et par an». «Ça peut paraître impressionnant mais c'est très relatif quand on regarde le budget global de la région qui est d'environ 5 milliards d'euros annuels». «J'assume totalement les dépenses», indique encore le socialiste, qui jure qu'elles permettent ensuite à des entreprises franciliennes de décrocher plus facilement des contrats. La piste cyclable à Santiago du Chili «permettra par exemple à des entreprises de la région d'être en bonne position quand s'ouvrira un marché sur les vélos en autopartage», assure Roberto Romero.

lundi 1 juin 2015

LA VISITE DU PREMIER MINISTRE CHINOIS AU CHILI EST UNE « ÉTAPE IMPORTANTE » DANS LES RELATIONS BILATÉRALES

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VISITE DU PREMIER MINISTRE CHINOIS LI KEQIANG AU CHILI PHOTO ALEX IBAÑEZ
SANTIAGO, 30 mai (Xinhua) -- La récente visite du Premier ministre chinois Li Keqiang au Chili a marqué un jalon dans les relations bilatérales, a déclaré samedi le député chilien Jorge Tarud, qui a été ambassadeur du Chili en Chine.
« Cette visite remarquable du Premier ministre
VISITE DU PREMIER MINISTRE CHINOIS LI KEQIANG AU CHILI
PHOTO ALEX IBAÑEZ
chinois Li Keqiang marque une nouvelle étape importante dans le développement des relations bilatérales. Elle est la preuve des bonnes relations entre les deux pays et de leur confiance mutuelle
», a déclaré samedi M. Tarud dans une interview accordée à Xinhua.


Lors de la visite de M. Li au Chili, les deux pays ont signé une série d'accords commerciaux bilatéraux et d'accords gouvernementaux dans les domaines politique, commercial, financier, dans l'exploitation minière, l'agriculture, la capacité de production, les sciences et la technologie.

La Chine disposant de la capacité de production industrielle et l'Amérique latine ayant besoin d'élargir ses réseaux d'infrastructure et d'augmenter son niveau d'industrialisation, M. Tarud a indiqué que les nouveaux accords ouvriront de nouvelles opportunités pour la coopération gagnant-gagnant et le développement commun.

La Chine a accepté d'accorder un quota de 50 milliards de yuans (8,1 milliards de dollars) pour aider les investisseurs institutionnels étrangers qualifiés du Chili à investir dans les marchés boursiers chinois, et les deux pays ont signé un accord de trois ans sur l'échange de devises d'une valeur de 22 milliards de yuans (3,5 milliards de dollars).

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« Ces accords nous placent en bonne position pour devenir le pont financier entre la Chine et l'Amérique du Sud », a déclaré M. Tarud.

Les deux pays ont également signé un accord visant à simplifier les processus de demande de visa pour promouvoir le tourisme et les échanges entre les peuples. « Cela confirme les liens étroits entre nous et l'aspiration commune des deux parties de continuer à renforcer les relations », a-t-il déclaré.

La visite du Premier ministre chinois au Chili était la dernière étape de sa tournée de quatre pays d'Amérique latine effectuée plus tôt en mai, qui l'a également conduit au Brésil, en Colombie et au Pérou.

Parlant de son expérience en tant qu'ambassadeur du Chili en Chine, M. Tarud a indiqué: « Chaque fois que j'ai visité la Chine, j'ai été étonné ».

« La dernière fois que j'étais en Chine, il y a quelques mois, pour participer au sommet de l'APEC, je pouvais sentir son évolution et sa position en tant que géant mondial, ce qui explique pourquoi cette relation est si importante pour nous », a-t-il ajouté.

vendredi 22 mai 2015

CHILI: BACHELET VEUT «RÉTABLIR LA CONFIANCE»

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PHOTO ATON
SANTIAGO, Chili – Des policiers chiliens ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes, jeudi, pour repousser les manifestants qui tentaient de franchir des barricades alors que la présidente Michelle Bachelet prononçait un discours à Valparaiso concernant une réforme constitutionnelle destinée à permettre à la population de retrouver confiance en la classe politique nationale.
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Par Eva Vergara, The Associated Press
PHOTO ATON
Des agents ont stoppé les manifestants à une bonne distance de l’édifice du Congrès à Valparaiso, une ville portuaire située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale, Santiago.

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PHOTO ATON
La majorité des milliers de personnes présentes manifestaient pacifiquement, même si quelques agitateurs masqués ont mis le feu à des barricades installées dans les rues et vandalisé quelques commerces.

Les policiers ont arrêté 37 manifestants, dont un grièvement blessé à la suite d’une chute, selon le général Julio Pineda.

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PHOTO ATON
Jeudi marquait la Fête de la marine, destinée à honorer la marine nationale chilienne, et au cours de laquelle le chef d’État s’adresse traditionnellement à la nation. Cette année, ce discours survient alors que le Chili est plongé dans une profonde crise de confiance provoquée par plusieurs scandales impliquant des politiciens, dont un cas de corruption concernant le propre fils de la présidente.

Michelle Bachelet, qui a déjà été chef d’État de 2006 à 2010, traverse actuellement la plus grande crise politique de sa carrière. Sa cote de confiance avoisine les 30 pour cent.

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PHOTO ATON
«Aujourd’hui, l’urgent besoin de mettre fin au trafic d’influence, aux conflits d’intérêts et à la corruption dans les milieux politique et d’affaire fait consensus, a-t-elle déclaré. Nous devons rétablir la confiance.»

La présidente estime qu’une des façons d’atteindre cet objectif est de réformer la Constitution mise en place par le général Augusto Pinochet durant ses années de dictature (1973-1990). Même si le texte de loi a été amendé plusieurs fois depuis, nombreux sont les Chiliens qui estiment qu’il doit subir une refonte complète.

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PHOTO ATON
Mme Bachelet n’a pas donné de détails concernant la réforme constitutionnelle, qui devrait débuter en septembre. Elle a toutefois précisé que des citoyens issus de toutes les mouvances politiques seraient invités à prendre part au processus.

POURQUOI LE THÈME DE LA MER FAIT DES VAGUES ENTRE LA BOLIVIE ET LE CHILI

LE MINISTRE JORGE LEDEZMA. PHOTO RENÉ MORENO
Mars 2015 : de graves inondations affectent le nord du Chili. En voisin solidaire, la Bolivie propose ses services, qui sont acceptés. C’est ainsi que, le 30 du mois, 13 000 litres d’eau potable en bouteilles sont acheminés vers les sinistrés. Un moment de grâce entre deux pays aux relations difficiles, qui ont officiellement rompu leurs relations diplomatiques en 1962.
Mais, comme toujours, c’est dans les détails que le diable se niche… Chargé de procéder sur place, à Copiapó, à la livraison du précieux liquide, le ministre de la défense bolivien, Jorge Ledezma, arbore un blouson orné d’un très ostensible slogan : « La mer est bolivienne ».

L’aide tourne à l’incident diplomatique. Tout en remerciant La Paz pour son assistance, le ministre chilien des affaires étrangères, Heraldo Muñoz, réagit vivement : « La tragédie et la douleur de la catastrophe survenue au nord du pays ne doivent pas être utilisées à des fins politiques au service de la politique de communication bolivienne. » Droite et centre gauche confondus, les élus chiliens se déchaînent contre ce « baiser de Judas ». Pour calmer les esprits, le président Evo Morales destitue son ministre dès le lendemain et présente ses excuses au peuple chilien. Il est vrai que, à la veille d’une grande bataille, l’incident tombe au plus mauvais moment.
Les deux nations n’en ont toujours pas fini avec la guerre qui les a opposées de 1879 à 1883, et qui a privé la Bolivie, vaincue, de sa côte Pacifique. Or, du 4 au 8 mai, à La Haye (Pays-Bas), chacun devait exposer son plaidoyer oral favorable (La Paz) ou hostile (Santiago) à la reconnaissance de la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance judiciaire des Nations unies, sur la prétention bolivienne de retrouver un accès souverain à l’océan, qui lui fut confisqué lors du conflit en question. L’implication ou non de cette juridiction est primordiale : si elle statue, son jugement est définitif et sans appel [1]. Ce qui hérisse les esprits à Santiago. Le 5 janvier encore, M. Muñoz rejetait la simple hypothèse d’une médiation du Saint Siège évoquée par Evo Morales…

Lorsqu’elle est devenue une République indépendante, le 6 août 1825, la Bolivie, outre la tête dans les nuages andins, avait les pieds dans l’eau. Créé en 1829, son département du Littoral, riche en minerais d’argent et de cuivre, fut ultérieurement divisé en deux provinces : La Mar (capitale : Cobija) et Atacama, riche en guano et en salpêtre (capitale : San Pedro de Atacama). Le long de la côte, les ports d’Antofagasta, Cobija et Tocopilla, les baies de Mejillones, Algodonales et Herradura se succédaient.

Du Chili, une poignée d’aventuriers, puis des bataillons de mineurs potentiels à l’étroit entre la Cordillère à l’est et le Pacifique à l’ouest poussèrent en direction du nord, au-delà de la frontière, à travers le désert d’Acatama, pour y exploiter les filons de minerai de cuivre, le salpêtre et le guano – une décomposition des excréments d’oiseaux marins déposés là depuis des millénaires et servant à faire de l’engrais.

Cette première intrusion a de profondes répercussions. En octobre 1842, annexant déjà quelques arpents de territoire bolivien, le Parlement chilien déclare « propriétés nationales les gisements de guano existant sur les côtes du département d’Atacama et les îles et îlots adjacents ». La Bolivie menaçant d’entrer en guerre si ces territoires envahis ne lui sont pas restitués, des négociations s’engagent et les deux pays signent un traité le 10 août 1866 [2].

Le 6 août 1874, la frontière est tracée définitivement sur le 24° parallèle, mais l’accord précise que le produit du guano et des ressources minières compris entre le 23e et le 25e parallèles, ainsi que les droits de douane collectés dans les ports seront partagés par moitié entre les deux Etats. Moyennant quoi, la Bolivie concède à la Société exploratrice du désert d’Atacama le droit de s’approprier et d’exporter, pendant quinze ans, tout le salpêtre de son littoral, ainsi que celui de construire les chemins de fer nécessaires à cette exploitation. Cette concession est transférée un peu plus tard à une compagnie anglo-chilienne, Melbourne, Clark & Cie, laquelle deviendra en 1872 la Compagnie de salpêtre et ferroviaire d’Antofagasta.

Un tremblement de terre en 1877 et une terrible sécheresse l’année suivante provoquent des dommages catastrophiques en Bolivie. Economiquement pris à la gorge, le gouvernement sollicite de la Compagnie de salpêtre et ferroviaire d’Antofagasta le paiement de 10 centimes de royalties pour chaque quintal de salpêtre exporté. Se portant au secours de ses actionnaires, Santiago réagit. Sans qu’aient été respectés les mécanismes d’arbitrage prévus en cas de litige, une escadre chilienne lève l’ancre et, le 14 février 1879, sous la présidence d’Anibal Pinto, occupe Antofagasta. La déclaration de guerre formelle à la Bolivie, mais aussi au Pérou [3], ne survient que le 5 avril suivant. Composée de 2 975 soldats professionnels et d’environ 4 000 réservistes, l’armée bolivienne ne peut résister. Elle est mise en déroute le 26 mai 1880 au Alto de la Alianza. Le Pérou résistera jusqu’à ce que Lima soit occupée le 17 janvier 1881.

Au terme de cette Guerre du Pacifique, le Pérou cède au Chili, à perpétuité, en 1883, la province de Tarapaca, riche en nitrates, et les deux villes de Tacna et d’Arica. Un an plus tard, en vertu d’une « trêve » et non d’un traité de paix définitif, la Bolivie se voit amputée de ses quatre cents kilomètres de côte et, compris entre les 23° et 21° parallèles, de 120 000 km2 du territoire attenant.

Faut-il s’en étonner, le gouvernement bolivien se montre peu enclin à accepter la nouvelle donne. En réponse, le 13 août 1900, l’ambassadeur chilien à La Paz, Abrahan König, expose sans trop de délicatesse la position de Santiago : « Le Chili a occupé le littoral et s’en est emparé au même titre que l’Allemagne a annexé l’Alsace et la Lorraine et que les Etats-Unis d’Amérique ont occupé Porto Rico. Nos droits naissent de la victoire, loi suprême des nations. Que le littoral soit riche et vaille plusieurs millions, nous le savions depuis longtemps. Nous le gardons parce qu’il a de la valeur ; s’il n’avait pas de valeur il n’y aurait aucun intérêt à le conserver. Une fois la guerre finie, le vainqueur impose ses conditions et exige le paiement des frais occasionnés. La Bolivie a été vaincue ; elle n’avait pas de quoi payer, elle a livré le littoral. [...] Par conséquent, le Chili ne doit rien, n’est obligé à rien [...] [4].  »

C’est avec un pistolet sur la tempe que, le 20 octobre 1904, le ministre bolivien Alberto Guitiérrez signe avec le ministre chilien des affaires étrangères Emilio Bello le « traité de paix et d’amitié » qui établit la «domination totale et perpétuelle » du Chili sur les territoires occupés. En compensation, le Chili s’engage à construire à ses frais une ligne de chemin de fer entre Arica et La Paz, à verser 300 000 £ à la Bolivie et à lui concéder perpétuellement le « plus large et libre transit commercial par son territoire et ses ports du Pacifique ».

LE GÉNÉRAL JUAN JOSÉ TORRES SURNOMMÉ J. J.
Le problème n’en est pas résolu pour autant, jamais la Bolivie ne renonçant à sa revendication. Sucre (sa capitale) porte pour la première fois l’affaire dans un cadre multilatéral, devant la Société des nations entre 1920 et 1922. En 1926, le secrétaire d’Etat américain, Frank B. Kellog, suggère le retour de deux provinces à la Bolivie ; le Chili accepte de céder une frange territoriale et un port. Mais le Pérou revient sur le devant de la scène en 1929. Par la signature d’un traité, il s’entend avec Santiago sur le sort des deux provinces qu’il a perdues au terme de la Guerre du Pacifique : tandis qu’il récupère Tacna, Arica demeure au Chili. Et les deux nations ajoutent un « protocole complémentaire » : aucun de leurs gouvernements respectifs ne pourra, sans l’accord préalable de l’autre partie, céder à une « troisième puissance » les territoires objets de ce traité. Selon l’expression populaire, « le Chili pose un cadenas et en laisse la clé au Pérou » : la solution d’une frange territoriale allant de la Bolivie à la mer et adjacente à la frontière Chili - Pérou, ne pourra plus aboutir sans l’accord de Lima.

 HUGO BANZER SUÁREZ LE 30 AOÛT 1971
Secrètes ou publiques, de nombreuses tentatives sont faites pour tenter de trouver une solution. Et ce, sous les vents idéologiques les plus opposés. En octobre 1970, le gouvernement nationaliste de gauche bolivien du général Juan José Torres cherche le rétablissement des relations diplomatiques avec le Chili. L’heure est propice. Partisan de l’intégration latino-américaine, Salvador Allende est au pouvoir à Santiago. En février 1971, celui-ci envoie à La Paz le sénateur communiste Volodia Teitelboim. Quelques jours plus tard, le ministre des affaires étrangères bolivien, Emilio Molina Pizarro, déclare qu’il existe une évolution chilienne, tandis que le général Torres affirme : « L’accès à la mer se fera par la compréhension révolutionnaire entre les peuples [5]. » Disposé à accorder cet accès le long de la frontière péruvienne, le Chili céderait à la Bolivie un couloir étroit débouchant sur l’océan ; là, pourrait être construit un port qui serait aussi le terminus d’une ramification de la voie ferrée Arica - La Paz. Le coup d’Etat du général Hugo Banzer contre Torres, le 21 octobre 1971, fait échouer cette amorce de dénouement.
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LE 8 FÉVRIER 1975, EL ABRAZO DE CHARAÑA, (« L’EMBRASSADE DE CHARAÑA ») ENTRE LES DICTATEURS HUGO BANZER ET AUGUSTO PINOCHET.  LE COUP D’ÉTAT QUI A PORTÉ AU POUVOIR LE GÉNÉRAL AUGUSTO PINOCHET EN 1973 A PLACÉ LE CHILI DANS LA CATÉGORIE  DES « NATIONS PARIAS » PAR LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE. L’ISOLEMENT IMPOSÉ DANS LEQUEL S’EST RETROUVÉ LE PAYS PENDANT LES ANNÉES DE DICTATURE CONDUISIT LE DICTATEUR CHILIEN À UN SEMBLANT DE RÉCONCILIATION ENTRE LA BOLIVIE ET LE CHILI.
Allende renversé à son tour, de nouveaux contacts entre Augusto Pinochet et Banzer s’ébauchent au cours d’une réunion à Brasilia, sous les bons offices des généraux brésiliens. En cette période de répression de leurs oppositions respectives, tous ont intérêt à s’entendre et à serrer les rangs (l’opération Condor en témoignera). À Charaña, petite gare ferroviaire bolivienne à la frontière du Chili, le 8 février 1975, les deux dictateurs décident de résoudre le contentieux. Dans un accord en six points, le Chili exprime à nouveau sa disposition à négocier la cession d’une frange de territoire le long de sa frontière septentrionale avec le Pérou. Malheureusement, en vertu du traité de Lima de 1929, le Pérou tire le tapis sous les pieds de la Bolivie. Opposé aux termes de cet accord, son président, le général Francisco Morales Bermúdez, rédige sa propre proposition : le partage entre les trois pays du port (ex-péruvien devenu chilien) d’Arica et de son domaine maritime. Pinochet rejette cette option et, après une dernière tentative en septembre 1977 dans le cadre de l’Organisation des Etats américains (OEA), La Paz, en mars 1978, rappelle son ambassadeur à Santiago.

Après le retour des démocraties, il faudra attendre 2006 pour que les présidents Evo Morales et Michelle Bachelet (2006-2010) établissent un agenda bilatéral en treize points qui inclut la demande maritime bolivienne. Le courant passe beaucoup moins bien avec le président conservateur Sebastian Piñera (2010-2014) ; dès le début de son mandat, arguant que la fameuse demande « n’a aucun fondement historique et juridique », celui-ci gèle les discussions. Les esprits s’échauffant de part et d’autre de la frontière, le ministre de la défense de Santiago ira jusqu’à affirmer que son pays ferait respecter les traités internationaux en vigueur, s’il le fallait par la force, en rappelant que le Chili « possède une armée prestigieuse (sic !) et professionnelle ».

C’est cette paralysie et cette ambiance délétère qui conduisent Evo Morales, en 2011, à mandater unilatéralement la CIJ. Car, au-delà des vagues de chauvinisme qui, dans les deux pays, par médias interposés, entretiennent la flamme séculaire de l’antagonisme, l’absence d’un accès à la mer pénalise plus qu’on ne l’imagine la Bolivie.

Certes, Santiago mentionne en permanence les bénéfices concédés à son voisin à travers le « libre transit », le gros du commerce bolivien avec le Pacifique passant par les ports chiliens d’Arica et Antofagasta. Il n’en demeure pas moins que les importantes réserves de gaz naturel de la Bolivie ne peuvent être exportées directement faute d’un port lui appartenant. Pour mémoire, lors de la « guerre du gaz » d’octobre 2003, qui a provoqué une insurrection contre le président Gonzalo Sánchez de Lozada, l’une des questions centrales était le refus populaire de la vente du gaz naturel à travers un port chilien [6]. Si 70 % des exportations boliviennes passent par les ports d’Arica et d’Antofagasta, elles ont été fortement affectées par leur privatisation. Contrôles discrétionnaires, inspection des chargements dont le coût – entre 125 et 800 dollars par conteneur – est répercuté sur les importateurs et les exportateurs boliviens, perception d’impôts sur toutes les marchandises en transit et de taxes sur les démarches administratives, coûts de transport (+ 31 % par rapport à la moyenne latino-américaine), perte de temps des camions au passage de la frontière… D’après la publication de la Banque mondiale Doing Business (2012), les exportations boliviennes par conteneur sont 55,7 % plus chères que celles du Chili et 60 % que celles du Pérou.

Deuxième chance ? « Si un dictateur comme Pinochet a proposé une sortie vers la mer à la Bolivie dans les années 1970, nous espérons qu’un gouvernement démocratique et socialiste puisse accorder ce droit en plein XXIe siècle », déclare Evo Morales, le 23 mars 2014, durant la célébration du traditionnel « Jour de la mer », moins de quinze jours après le retour de Mme Bachelet pour un second mandat au palais de La Moneda. A travers un communiqué du ministère chilien des affaires étrangères, une sèche fin de non recevoir lui parvient : aucun dialogue entre les deux pays ne peut inclure le thème de la mer « parce que la Bolivie a décidé de le soumettre unilatéralement à un processus contentieux devant la CIJ ». Oubliant les épisodes précédents, dont la fermeture à la concertation de M. Piñera, le ministre Muñoz s’offre même le luxe d’ajouter : « C’est dommage parce que nous avons pour disposition d’entretenir les meilleures relations avec la Bolivie (…) Nous aurions été disposés à reprendre l’agenda en treize points, qui inclut au point 6 l’aspiration maritime bolivienne, et à avoir un dialogue de bonne foi et sans conditions. »

Malgré l’ardent appel du charismatique chef d’Etat uruguayen José « Pepe » Mujica à l’Union des nations sud-américaines (Unasur) « pour aider à octroyer une sortie sur la mer à la Bolivie [7] », Santiago se montre d’autant moins ouvert au recours à la CIJ que cette dernière vient de rendre un verdict qui lui est défavorable dans un litige également lié à la Guerre du Pacifique l’opposant à Lima : daté du 27 janvier 2014, le jugement de la Cour octroie au Pérou une large partie d’un territoire maritime (35 000 km2) très poissonneux et peut-être riche en hydrocarbures appartenant jusqu’alors au Chili ou considéré comme se trouvant dans les eaux internationales.

Le gouvernement chilien s’émeut que puisse être remis en question le traité signé en 1904 et la stabilité des frontières. De son côté, le président Morales soutient que ledit traité « de paix et d’amitié » a été « imposé à la force des baïonnettes » et – prenant comme exemple la dévolution par les Etats-Unis du canal de Panamá à ce pays – qu’il peut et doit être abrogé.

Les plaidoiries devant la CIJ se sont déroulées du 4 au 8 mai dernier. La Bolivie y a soutenu notamment que, « au-delà des obligations générales que lui impose le droit international, le Chili s’est plus particulièrement engagé, par des accords, sa pratique diplomatique et une série de déclarations attribuables à ses plus hauts représentants, à négocier afin que soit assuré à la Bolivie un accès souverain à la mer ». Elle estime que « le Chili ne s’est pas conformé à cette obligation et en conteste l’existence même ». Santiago, de son côté soutient notamment que « l’article VI du pacte de Bogotá exclut la demande de la Bolivie de la compétence de la Cour car cette demande a trait à des questions réglées et régies par le traité de paix de 1904 ». La décision de la CIJ n’est pas attendue avant plusieurs semaines et, si elle est positive, l’examen au fond de l’affaire n’aura pas lieu avant des mois.

Tandis que le ministre des affaires étrangères chilien Heraldo Muñoz qualifiait de « confus » le plaidoyer présenté par la Bolivie, Evo Morales a affirmé que son pays disposait d’autres options « intéressantes » au cas où la CIJ en viendrait à se dessaisir du dossier. Reste une question qui concerne moins la « justice », fût-elle internationale, que les gouvernants « de bonne volonté ». Nul ne suggère que soit restitué à la Bolivie l’ensemble des territoires perdus. Il s’agirait simplement, pour ce pays, d’obtenir un corridor jusqu’à la côte du Pacifique à travers le désert d’Atacama. Le Chili, qui dispose d’un littoral de 4 200 kilomètres, ne peut-il en céder une dizaine ? La résolution de ce problème séculaire permettrait, nul n’en doute, l’approfondissement de l’intégration, aussi bien régionale que latino-américaine.

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NOTES

[1] Les deux pays ont souscrit au Pacte de Bogotá de 1948 qui reconnaît la compétence de la Cour internationale de Justice de La Haye en matière de règlement de différend entre les États signataires.

[2] Lire Christian Rudel, La Bolivie, Karthala, Paris, 1995.

[3] Bolivie et Pérou sont liés par un traité d’alliance depuis 1873.

[4] Ministerio de relaciones exteriores de Bolivia, El libro del mar, La Paz, 2014.

[5] Joaquín Fermandois, Chile y el mundo 1970-1973, Ediciones Universidad Católica de Chile, Santiago, 1985.

[6] Traditionnellement et aujourd’hui encore, la Bolivie refuse de vendre son gaz au Chili, contraint d’importer son combustible par voie maritime.