samedi 21 juin 2008

L'Amérique latine défend les droits des sans-papiers en Europe

L’Europe vote la directive de la honte Publico, 19 juin 2008

Votée par le Parlement européen le 18 juin, la directive vise à harmoniser les règles d'expulsion des sans-papiers. Elle prévoit une rétention administrative pouvant aller jusqu'à dix-huit mois et le bannissement de tous les pays de l'UE pendant cinq ans. Ces dispositions s'appliqueraient aussi aux mineurs.

C'est au président bolivien, Evo Morales, que revient l'initiative des protestations latino-américaines. Les Boliviens constituent une importante communauté immigrée en Espagne. Le 9 juin, M. Morales a adressé une lettre ouverte à l'UE, reprise par plusieurs journaux, condamnant la "directive de la honte". Sa lettre rappelle que "les Européens sont arrivés massivement dans les Amériques sans visa ni conditions imposées par les autorités", en vue d'"exploiter les richesses et de les transférer en Europe".

Les immigrés se rendent aujourd'hui dans l'UE "pour contribuer à sa richesse, et non pas pour en tirer profit", dans la mesure où ils occupent "des emplois dans le BTP, les services aux personnes ou dans les hôpitaux, des postes que les Européens ne peuvent pas ou ne veulent pas occuper", ajoute la lettre du président bolivien. M. Morales a menacé de bloquer les négociations entre la Communauté andine des nations et l'UE, et d'exiger des visas aux Européens voulant se rendre en Bolivie.

"VIOLATION DES DROITS HUMAINS"

Le président équatorien, Rafael Correa, a appelé les pays d'Amérique latine à "donner une réponse commune" à ce qu'il qualifie d'"agression". Les Equatoriens sont nombreux en Espagne. La plupart des immigrés latinos vivent aux Etats-Unis, mais 15 % des fonds envoyés aux familles proviennent d'Europe. Dans le cas de la Bolivie, ces remesas représentent 10 % du produit intérieur brut.

Les protestations ne se limitent pas aux pays qui connaissent une forte émigration à destination de l'Europe. "Le Brésil, qui a accueilli des millions d'immigrés dont les descendants sont aujourd'hui harmonieusement intégrés dans la société, regrette une décision qui contribue à créer une perception négative des migrations", souligne une déclaration de Brasilia.

Selon le ministre argentin des relations extérieures, Jorge Taiana, la directive de l'UE "constitue une violation des droits humains fondamentaux". Au Chili, une note officielle renchérit : "Le nouveau texte tend à criminaliser les migrants irréguliers et les soumet à des procédures qui peuvent violer leurs droits élémentaires et empêcher le regroupement familial, principe consacré par plusieurs normes internationales des droits de l'homme."

De son côté, le ministre péruvien des relations extérieures, José Garcia Belaunde, estime que la directive "contredit ce que nous avons discuté pour protéger les droits de l'homme des migrants latino-américains", lors du cinquième sommet Union européenne-Amérique latine, qui s'est tenu à Lima, le 16 mai.

Louise Arbour, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Amnesty International, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, la Confédération européenne des syndicats et les Eglises, avaient également critiqué la "directive retour".

Paulo A. Paranagua

Forte mobilisation au Chili contre la réforme de l'éducation de Michelle Bachelet

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Photo C. Carvallo
De violents affrontements ont éclaté entre les manifestants et la police dans le quartier de Providencia, au cœur de la capitale. Les autorités, qui avaient interdit le rassemblement, ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau face aux manifestants, en majorité des étudiants, dont certains étaient munis de bâtons et de pierres. Près de trois cents personnes ont été interpellées.
A Valparaiso, siège du Parlement chilien, 10 000 personnes, en majorité des professeurs mais aussi des étudiants et des parents d'élèves, se sont rendues au Parlement pour faire part de leur hostilité à cette réforme, baptisée loi générale d'éducation (LGE). Sous l'égide du Colegio de profesores, un des principaux syndicats de l'éducation, le cortège a paralysé les rues de la ville.
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Photo C. Carvallo
RENFORCER L'ENSEIGNEMENT PUBLIC

Avec la LGE, censée remplacer la loi organique d'éducation (LOCE) mise en place sous le général Pinochet, la présidente chilienne s'est aliéné l'ensemble des acteurs du secteur de l'éducation, qui lui reprochent de ne pas s'éloigner assez de l'ancienne législation. Les étudiants dénoncent notamment l'augmentation des inégalités et de la ségrégation dans les écoles et les universités, alors que les professeurs demandent le renforcement de l'enseignement public et la fin de la sélection des élèves.
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Photo C. Bueno
"La LGE n'élimine pas le droit à faire du profit dans l'éducation, elle le légalise", estime le président du Colegio de profesores, Jaime Gajardo, dans El Mercurio. "On peut modifier quelque peu un système, on peut le réguler, mais on ne change pas son essence, quand celle-ci est le profit, et qui a permis à certaines personnes de s'enrichir grâce à l'éducation", explique-t-il. Son syndicat demande notamment la fin de la "municipalisation de l'éducation" et la mise en place de "corporations publiques" pour chacune des treize régions du pays. Selon des médias chiliens, le Colegio de profesores a promis une grève illimitée si le projet de loi venait à être adopté.
Luc Vinogradoff

mercredi 18 juin 2008

Le Chili satisfait des progrès dans ses relations avec la Bolivie

"Les relations avec la Bolivie sont très positives. Nous avançons de façon substantielle", a affirmé M. Foxley.

Il a tenu ces propos à l'issue de la signature d'un accord- cadre sur la coopération en matière de défense lundi dans la capitale administrative bolivienne de La Paz par le ministre chilien de la Défense Jose Goni et son homologue bolivien Walker San Miguel.

En vertu de l'accord, les deux pays établiront des communications concernant des questions de défense, l'échange d'expériences pour la promotion de la paix et les efforts conjugués dans le domaine du développement de l'industrie de la défense.

M. Foxley a refusé de donner d'autres détails sur la rencontre de La Paz, se contentant d'indiquer que "la volonté du gouvernement chilien était très forte" d'arriver à des résultats avec la Bolivie.

Il a ajouté que le Chili fournira en août un espace dans le port d'Iquique pour le transit des marchandises venant de Bolivie et construira une plateforme de quatre hectares mise à la disposition de la Bolivie.

En juillet 2006, les gouvernements des deux pays ont entamé la présente étape de négociations sur un programme de 13 points, comprenant la requête bolivienne concernant l'obtention d'un accès à la mer.

lundi 16 juin 2008

Amnesty International, 4.000 membres au Chili

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Affiche du "Newen Mapu documentaire che, l'histoire d'un conflit"
La réalisatrice chilienne Elena Varela López a été arrêtée le le 07 mai 2008 et est actuellement retenue au centre pénitentiaire de Rancagua (VI région). Elle était en train de réaliser un documentaire pour lequel elle avait enquêté pendant quatre ans, sur le conflit de territoire entre les compagnies forestières et la communauté mapuche.

Selon Amnesty International l’arrestation de cette reporter est une "tentative d’intimidation contre elle et contre toutes les personnes qui auraient participé à ce documentaire". Si le motif de son arrestation : "complicité illicite de délinquance ", dans des affaires de cambriolage de banques, en 2005, n'est pas en cause, selon le directeur d’Amnesty International au Chili, Sergio Laurenti, le procédé est douteux : "il n’est pas normal que son matériel soit saisi, c’est une atteinte à sa liberté de création artistique". Amnesty International craint que cela puisse être utilisé contre les activistes mapuches et autres personnes qui ont participé aux interviews du documentaire.

"Une situation inadmissible dans un Etat de droit"

Depuis l’arrestation de Elena Varela, en mars 2008, trois autres journalistes sont emprisonnés. Eux aussi, curieusement, étaient en train de réaliser des documentaires sur le conflit mapuche en rapport avec le droit à la terre. «"Ces arrestations sont, d’une part, une atteinte à la liberté d’expression et de création du reporter ; d’autre part, une atteinte au respect du secret des sources pour les personnes qui apparaissent dans ce documentaire. Cette double violation des droits de l’homme est une situation inadmissible dans un Etat de droit "

La question des peuples originaires comme le peuple mapuche est "un conflit prolongé", nous explique Sergio Laurenti. "Leurs revendications sont le plus souvent l’accès aux terres, aux sites ancestraux d’adoration… ". Selon lui, "le thème mapuche n’a pas été un thème prioritaire, contrairement à la volonté d’agir affichée par l’Etat".
La question mapuche, problème majeur au Chili, mobilise Amnesty International qui compte près de 4.000 membres dans ce pays. Avec 25 équipes, Amnesty International Chili défend les droits des femmes, des enfants, des personnes victimes de torture… Depuis le 21 mai 2008, le Chili a été élu Etat Membre pour 3 ans au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, ce qui donne de nouveaux espoirs à cette ONG internationale.

dimanche 15 juin 2008

FLOR

Chili/Education : grève des enseignants contre la nouvelle loi de l'éducation

Jaime Gajardo, un responsable des enseignants, a déclaré que cette décision a été prise pour faire retirer la loi et en élaborer un nouvelle.

La nouvelle loi de l'Education est un projet de réforme élaborée pour remplacer l'ancien projet de loi sur l'Education. Les opposants affirment que la réforme ne traite pas l'inégalité et les pratiques centrées sur les profits dans le système éducatif chilien.

Les étudiants envisagent également de lancer une grève pour demander l'annulation de la loi.

L'éruption du volcan chilien Chaiten s'intensifie

Deux nouveaux cratères se sont formés, et des émanations de gaz ainsi qu'une activité sismique ont été signalées.

Le volcan Chaiten est situé à 1.200km au sud de la capitale chilienne Santiago. Il est entré en éruption le 2 mai, entraînant l'évacuation des 4.500 habitants du village voisin de Chaiten, qui a depuis été sérieusement été endommagé par les crues de la rivière Blanco dont les eaux sont rendues plus épaisses par les cendres projetées par le volcan.

Avant cette éruption, le volcan Chaiten avait été endormi pendant au moins 9.000 années d'inactivité selon les volcanologues de l'institut scientifique Smithsonian à Washington.