jeudi 26 février 2009

Le Dakar 2010 aura lieu au Chili et en Argentine, selon Santiago

"Le Dakar se déroulera de nouveau au Chili et en Argentine, a-t-il déclaré. C'est une bonne chose pour le pays que la course serve de vitrine pour des millions de personnes à travers le monde".

"Cette décision sera présentée officiellement dans une conférence de presse donnée par les organisateurs lundi à Buenos Aires et mardi à Santiago", où de plus grandes précisions seront données, a-t-il ajouté.

L'organisateur du Rallye, ASO (Amaury Sport Organisation), a confirmé dans un communiqué depuis Paris que "devant le succès et l'engouement populaire suscité par le Dakar 2009 qui s'est déroulé pour la première fois en Argentine et au Chili, ASO et les deux pays ont ensemble décidé de reconduire l'organisation du rallye en 2010 en Amérique du Sud" pour sa prochaine édition.

Après 29 éditions en Afrique (de 1979 à 2007), le Dakar-2009, qui avait eu lieu du 3 au 17 janvier dernier, était le premier à se dérouler en Amérique du Sud. L'édition 2008, prévue en Afrique, avait été annulée pour des raisons de sécurité.

mercredi 25 février 2009

Un étudiant de Caen se noie à Lille

Guillaume Mittre était étudiant et militant UMP.
Hommage public, de l'UMP

Il s'agit de Guillaume Mittre, 19 ans, originaire du Chili et dont la famille réside dans la région caennaise. Ancien élève du lycée Malherbe, Guillaume Mittre était étudiant en première année à l'Institut d'études politiques (IEP) à Lille. Par ailleurs, il militait à l'UMP.

L'hypothèse d'une chute suivie d'une noyade semble la plus vraisemblable. Mais dimanche, deux jeunes gens âgés de 17 à 19 ans se présentent au commissariat d'Hazebrouck : la victime a été poussée, affirment-ils. Un troisième suspect de 17 ans est interpellé.

Que s'est-il passé sur le pont ? Bousculade sur le mode de la plaisanterie ? Véritable altercation ? Il appartiendra au juge d'instruction de le déterminer : une autopsie prévue jeudi devra déterminer comment Guillaume Mittre, qui porte des plaies à la tête, a pu être blessé. Autre question : trio et victime se connaissaient-ils ? Ils auraient fréquenté le milieu musical heavy metal.

Au terme de leur garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle à Lille, les trois suspects ont été déférés lundi au parquet de Lille qui a ouvert une information judiciaire pour coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner et non assistance à personne en danger.

Jean-Pierre BEUVE.

dimanche 22 février 2009

Conchita Cintron

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Conchita Cintrón salue le public après la mise à mort de son premier taureau de 320 kg , Tijuana, Mex., 1941. © Hulton Deutsch Collection/Corbis
Le 9 août 1922 naît Consuelo Cintron Verril à Antofogasta (Chili). Son père, Francisco, militaire de nationalité portoricaine, fut le premier à intégrer, à titre étranger, l'Académie militaire de West Point. Expédié au Panama, 65e régiment d'infanterie de l'armée américaine, il rencontre Loyala Verril, jeune Irlandaise qu'il épouse. Conchita suit la petite famille à Lima (Pérou) dans les premières semaines de 1923. Francisco pantoufle dans le commerce des sodas étatsuniens.

Elle, elle devient la starlette de l'école d'équitation cornaquée par Ruy da Camara, natif du Portugal. Ce cavalier aux manières de prince l'initie à la tauromachie à cheval. Elle s'y révèle avec éclat. En janvier 1936, elle débute en public. Comme elle n'a que 14 ans, on ne lui permet pas d'estoquer le taureau. La plaza d'Acho est pleine à craquer. Sa beauté irradiante fait le reste.

Un Mexicain basané, Chucho Solorzano, lui apprend à toréer et estoquer à pied. Elle fait ses débuts au Mexique en juin 1939. Puis, de succès en succès, entre dans la plaza de la consécration, celle de Mexico. La tauromachie à cheval se pratique en costume du campo"rejoneadores" : prononcer quelque chose comme "rrehoneadorra"), cet art, cette pratique exigent une vivacité, une force, un amour très singuliers des animaux. (les terres libres où vivent les taureaux), chapeau noir ou gris perle à bords plats, gilet brodé, cache-poussière en cuir finement ouvré. Les taureaux sont épointés, ce que réprouvent à juste titre les aficionados sérieux. L'art des toreros ou toreras à cheval (que l'on nomme

"DÉESSE BLONDE"

Jusqu'en 1943, Conchita Cintron torée uniquement en Amérique du Sud, 211 corridas au total, et estoque 401 taureaux. Elle défile avec les plus grands toreros à pied de son époque : Armillita, Luis Procuna, Silvio Perez, lequel invente son surnom de "Déesse blonde".

Elle traverse les mers en bateau et débute en Espagne sous la houlette de Martial Lalanda, torero historique, qui à cette époque dirige les carrières d'Antonio Ordoñez et des frères Vazquez, Pepe Luis (le mythe) et Manolo (le valeureux). Soient les plus "artistes" des toreros de leur temps.

En avril 1945, elle foule le sable doré de la Maestranza, la plaza de Séville, sa Scala, sa Fenice. Et vite après, Las Ventas, à Madrid, devant un novillo de Garcigrande, élevage fameux dont on peut voir une tête aux murs d'un boui-boui de Belleville (Paris).

L'Espagne franquiste interdit aux femmes de descendre de cheval. Pourtant, Conchita Cintron excelle à la cape et se conduit plus qu'honorablement à la muleta. Sans oublier ses estocades franchement courageuses qui impressionnaient Ordoñez.

Elle passe la frontière par le col d'où Carmen et son fougueux nigaud Don José sont natifs, puisqu'ils se reconnaissent en parlant basque. Une Gitane bascophone, c'est aussi rare qu'une déesse blonde qui torée à cheval. Le 3 août 1947, Conchita débute dans les arènes de Bayonne. Sa beauté, son charisme, sa blondeur, un mélange de dignité portée à l'extrême et de force vive, lui valent une réputation qui se répand partout.

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Elle torée à Paris aussi bien qu'au Stadium de Toulouse. En France, elle se retire le 1er octobre 1950. Quinze jours plus tard, elle met fin à sa carrière à Jaen. Jaen est cette ville andalouse où, épisode bien trop peu exploré, de Gaulle est venu secrètement rencontrer Franco après avoir, en 1969, quitté le pouvoir. Qu'avaient-ils à se dire ? Parler de dictature ? de répression ? de l'OTAN ? Non : de Conchita Cintron qui n'eut jamais le droit d'estoquer en Espagne.

Elle, elle se retire au Portugal, épouse un cavalier du nom de Branco qui produit de petits films en super-8, et finit, mère de nombreux enfants, aux côtés d'un industriel lisboète. En 1991, à 69 ans, elle accepte de sortir de sa retraite pour conférer l'alternative à Marie Sara "rejoneadora" blonde à la carrière magnifique. A l'époque, Marie Sara partage la vie de Simon Casas, grand rénovateur du système taurin de France et toutes les Espagnes. (Bourseiller),

Qu'avait bien pu inventer Simon Casas pour convaincre Conchita Cintron de reparaître, splendide, altière, déesse blonde aux reflets d'argent, sous le soleil des arènes à Nîmes, le 21 septembre 1991 ? Causeur sublime, mixte imprévisible de Jacques Lacan et Roland Dubillard, il n'est pas impossible qu'il ait improvisé pour elle les dialogues de Franco et de Gaulle à Jaen.

Toujours est-il que Marie Sara vient de dire sa tristesse, ce qu'elle doit à Conchita Cintron, son émotion d'avoir été la seule femme adoubée par la déesse blonde, plus, non sans mystère, cette délicate impression : "Par la suite, je l'ai croisée plusieurs fois, au Portugal, et je me suis aperçue que la vie n'était pas si drôle que cela. Une véritable diva s'en est allée."

Francis Marmande

samedi 21 février 2009

CHARLES DARWIN, UN DESTIN HORS DU COMMUN

-->Note du journal El Mercurio de Valparaiso, sous le titre « Mouvement maritime » dans la quelle est annoncé l’arrivé du bateau de Charles Darwin, le "Beagle", au port de Valparaiso au Chili.

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Id. 23 --La barque de S. M. B. (Sa Majesté Britannique) Beagle, en provenance de Chiloé en 9 jours de navigation.
Et la Goélette Abenturera , son commandant Wickhman. Ces bateaux voyagent en convoia afin de lever des plans


Sa famille est anglicane, libérale, et a fait fortune dans le commerce et l’industrie. Il n’a que 8 ans quand sa mère, fille d’un célèbre céramiste, meurt. Son père, un homme sévère avec ses enfants, est médecin de campagne, tout comme son grand-père paternel, Erasmus Darwin, poète et botaniste, qui, en 1794, publia Zoonomia ou la Loi de la vie organique, un ouvrage sur la médecine et la biologie dans lequel il évoquait la transformation des espèces. Il semble que Charles le lira, mais n’en sera pas marqué pour autant.

Enfant, il adore courir la campagne, à la recherche d’insectes ou d’oiseaux. Avec son frère aîné Erasmus, il fait des expériences de chimie, ce qui lui vaut le surnom de « Gaz ». Il est un élève très ordinaire à l’école ; son instituteur lui reproche sa manie des détails.

À l’âge de 16 ans, on l’envoie à Édimbourg pour faire sa médecine. Mais il ne supporte pas les dissections. Il abandonne la médecine, au grand dam de son père, qui l’envoie en 1828 à l’université de Cambridge pour devenir… pasteur anglican. Car, à cette époque, c’est une occupation qui laisse beaucoup de temps libre. Charles pourra donc chasser, herboriser et collecter ses coléoptères.

A 22 ans il part pour un voyage de 8 ans

En 1831, il obtient son Bachelor of Arts avec un classement moyen, quand son professeur de botanique, John Henslow, lui signale qu’on cherche un naturaliste pour une expédition scientifique qui part cartographier les côtes d’Amérique du Sud ; il faut un homme de bonne éducation et curieux de la nature pour accompagner Robert Fitzroy, capitaine du navire hydrographique de la Royale appelé Beagle, le « Fouineur ».

Charles est emballé, lui qui a lu les récits d’aventures de Cook et Humboldt. Sauf qu’il faut de l’argent pour acheter livres et instruments, et que son père s’oppose à son départ. Heureusement, son oncle Josiah arrange les choses et, le 27 décembre 1831, Charles embarque à Plymouth sur un trois-mâts barque de 27 m de long et 7 m de large avec 72 personnes à bord pour une aventure qui, initialement, devait durer deux à trois ans. Il a alors 22 ans !

Ce fut, évidemment, le tournant de sa vie. Sujet au mal de mer, Charles parvient tout de même à lire les Principes de géologie de Charles Lyell, dans lesquels il prend connaissance de la théorie de Lamarck. Au cours de son voyage d’une richesse incroyable, là encore il eut de la chance. Au Chili, il assiste à un tremblement de terre et comprend que la Terre bouge. Au Brésil, il découvre une nouvelle espèce d’autruche – qui porte son nom – juste avant un naturaliste français qui était aussi aux trousses de l’animal. Enfin, c’est parce que le Beagle remonte vers le nord plus haut que prévu que le jeune savant mettra le pied sur l’archipel des Galapagos, site ô combien emblématique dans sa réflexion.

Une passion pour la biologie tenace

À son retour, en 1839, Darwin épouse sa cousine Emma Wedg wood avec qui il aura 10 enfants. En 1842, le jeune couple quitte Londres pour s’installer à la campagne, dans le village de Down (Kent), où Darwin vécut jusqu’à sa mort, à l’âge de 73 ans. Là, modeste et affable, doté d’une fortune héritée de ses parents et beaux-parents, Darwin travaille d’arrache-pied et fait des croisements avec ses pigeons et ses orchidées, malgré ses ennuis de santé un peu mystérieux (nausées, palpitations), peut-être dus à la maladie de Chagas qu’il aurait contractée au Chili.

Président de la Royal Society, membre de la Société de géologie, il délaisse ces responsabilités londoniennes, mais conserve des relations étroites avec ses amis scientifiques Henslow, Lyell, Joseph Hooker et Thomas Huxley, le « chien de garde » de Darwin. En 1851, la mort de sa fille adorée Annie, âgée de 10 ans, emportée par une tuberculose, le touche particulièrement et contribuera à l’éloigner de la foi. « Il deviendra agnostique, mais ne sera jamais athée », estime Barbara Continenza, professeur d’histoire des sciences à l’université de Rome (1). Au désespoir de sa femme qui était, elle, très croyante.

La théorie de l'évolution

Dernier clin d’œil du destin : la lettre d’Alfred Wallace, reçue un beau matin de 1858. « En relation épistolaire avec Darwin, ce jeune naturaliste âgé de 35 ans, de retour d’une mission en Asie du Sud-Est (Malaisie, Indonésie), propose ni plus ni moins la même idée que celle à laquelle Darwin réfléchit depuis vingt ans », raconte Daniel Becquemont, professeur émérite à l’université de Lille.

Abasourdi, Darwin contacte immédiatement ses amis Lyell et Henslow qui, depuis de longues années, suivent la lente progression de la théorie darwinienne. Ils décident d’organiser une conférence commune devant la Linnean Society à Londres. Mais l’événement passe inaperçu. Dans les mois qui suivent, Darwin finalise son manuscrit. Le 24 novembre 1859 est publié De l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, qui sera épuisé en quelques jours et suscitera une immense polémique.

Continuant à travailler, il publie d’autres ouvrages sur la domestication des animaux et des plantes, ainsi que sur la filiation et la descendance de l’homme. Décédé le 19 avril 1882, il est enterré avec les honneurs royaux à l’abbaye de Westminster, non loin d’un autre grand héros de la science moderne, Isaac Newton.


Denis SERGENT

(1) Dans le numéro spécial de Pour la science consacré à Darwin, paru en février 2004.

vendredi 20 février 2009

Nouvelle éruption du volcan Chaiten

Crachant des cendres à 23000m d'altitude, on avait pu constater des retombées jusqu'en Afrique du Sud.

La cendre avait recouvert les villes d'Esquel, Trevellin, Futaleufu et une bonne partie de la province de Chubut en Patagonie Argentine.

Depuis il ne crachait plus qu'à 2/3000m d'altitude, rendant impossible le retour dans la ville de Chaiten.

Aujourd'hui le volcan a explosé de nouveau. Les populations du Chili quittent la région pour le Nord ou pour l'Argentine.
Un effondrement du cratère parait avoir lieu.

Une bien mauvaise nouvelle pour le tourisme dans cette région et pour l'agriculture déjà fortement mis à mal par une sécheresse prolongée.

LES MEMBRE DU COMITÉ

Arthur Chaskalson (Afrique du Sud) assure la présidence du Comité. Il est le premier président de la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud.
Georges Abi-Saab (Égypte) est professeur émérite de droit international à l'Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. Ancien juge à la chambre d'appel du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et pour le Rwanda (TPIR).
Robert K. Goldman (États-Unis), est professeur de droit au Washington College de l'American University. Ancien président de la Commission interaméricaine des droits de l'homme.
Hina Jilani (Pakistan), est avocate devant la Cour suprême du Pakistan. Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la question des défenseurs des droits de l'homme.
Vitit Muntarbhorn (Thaïlande), est professeur de droit à l'Université Chulalongkorn de Bangkok. Rapporteur spécial auprès du Conseil des droits de l'homme sur la situation des droits de l'homme en Corée du Nord.
Mary Robinson (Irlande), est présidente de la Commission internationale de juristes et de l'Initiative pour une mondialisation éthique (EGI). Ex Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.
Stefan Trechsel (Suisse), est juge ad litem au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Ancien président de la Commission européenne des droits de l'homme.
Raúl Zaffaroni (Argentine), est juge à la Cour suprême argentine. Ancien président de l'Institut latino-américain des Nations Unies pour la prévention des crimes et le traitement des délinquants.

A Genève, huit juristes reconnus et respectés ont documenté les violations commises dans le monde au nom de la lutte contre les terroristes. Fruit de

«Le monde n'est pas devenu plus sûr, mais plus divisé.» Mary Robinson résume ainsi les sept ans de «guerre contre la terreur» initiée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.
«Pour justifier ces mesures, les gouvernements utilisent le même langage que les dictatures sud-américaines dans les années 70 et 80», assène l'ancienne haut-commissaire aux droits de l'homme.

L'ancienne présidente irlandaise évoque aussi l'exemple de l'Irlande du Nord dans les années 70 et de l'internement sans procès de membres du groupe armé de l'IRA: «La police elle-même a fini par reconnaître que cela avait produit un désastre total.»
Avant de souligner: «Il y a bien une rhétorique des droits humains dans la lutte antiterroriste, mais pas d'enquête minutieuse pour évaluer le problème. Cela doit changer.»
Une enquête mondiale
Ce travail d'investigation, Mary Robinson l'a justement entamé avec sept autres personnalités issues des quatre continents, comme Arthur Chaskalon, 1er président de la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud, l'avocate pakistanaise Hina Jilani, représentante spéciale de Ban ki-Moon pour les défenseurs des droits de l'homme ou le Suisse Stefan Trechsel, juge au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
Mandaté par la Commission internationale de juristes (CIJ) - un réseau mondial de juges, d'avocats et de défenseurs des droits humains basés à Genève – ce panel d'éminents juristes a rédigé un rapport de près de 200 pages, fruit de trois ans d'enquête, de 16 audiences (dont la transcription est aussi disponible) couvrant plus de 40 pays dans toutes les régions du monde avec des dizaines de témoins (victimes, dirigeants politiques, juges, avocats, membres d'agences de renseignement).
Des constats inquiétants
Résultat: cette vaste enquête valide une série de constats déjà tirés ici ou là. «Les Etats démocratiques qui avaient coutume de défendre les normes juridiques relatives aux droits de l'homme participent aujourd'hui à l'érosion du droit international en les violant, en se rendant complices de violations perpétrées par d'autres États ou en faisant montre de tolérance à leur égard», relève le rapport.
Un inquiétant dérapage qui n'a rien de momentané: «Les mesures originellement adoptées à titre temporaire sont devenues permanentes et l'interprétation qui est donnée des notions applicables au terrorisme va souvent bien au-delà de l'objectif visé.»
Le rapport pointe une autre conséquence dangereuse de cette «guerre contre la terreur», comme l'appelait George W. Bush, l'ancien locataire de la Maison Blanche: «Partout dans le monde, les agences de renseignement ont acquis des pouvoirs grandissants et disposent de nouvelles ressources, sans être pour autant tenues de mieux rendre compte juridiquement et politiquement de leurs actions.»
Les effets de ces pratiques secrètes sont bien visibles: «Souvent, les mesures de lutte contre le terrorisme conduisent à la mise au banc des communautés locales, alors que leur pleine implication est pourtant essentielle la réussite de ces mesures. »
Tous concernés
Ce qui a particulièrement frappé les panélistes, c'est l'ampleur du phénomène. «Pratiquement tous les Etats sont concernés, de même que les organisations internationales», estime le Suisse Stefan Trechsel.
Avant d'ajouter: «Pour un pays comme la Suisse dont la législation et la pratique en matière de lutte antiterroriste est assez acceptable, notre rapport est plutôt une mise en garde. » Une allusion aux transports secrets par la CIA de présumés terroristes via l'espace aérien helvétique.
En guise de recommandations générales, le rapport préconise une première mesure: « Il est urgent de procéder à un examen complet des lois, politiques et pratiques en matière de lutte contre le terrorisme et de prendre des mesures correctives à l'échelle nationale, régionale et internationale. »
Les panélistes recommandent également une approche plus civile que militaire: «Le droit pénal doit être le premier outil de lutte contre le terrorisme. Les États doivent développer des plans d'action prenant en compte les rancœurs -perçues ou réelles- propices au terrorisme et intégrer des considérations relatives aux droits de l'homme et à l'égalité dans leurs lois et politiques. »
Convaincre l'ONU
Reste à savoir si ce rapport va finir – comme tant d'autres - dans la tombe des beaux principes jamais respectés. Pour éviter une telle issue, les juristes espèrent convaincre le Conseil de sécurité et le Conseil des droits de l'homme de l'ONU de jouer un rôle moteur pour rétablir la pleine puissance du droit dans la lutte contre le terrorisme.
Un combat qui n'a rien de désespéré, selon Mary Robinson. L'ancienne présidente irlandaise relève le tournant pris par le principal instigateur de ces violations au nom de la lutte antiterroriste: les Etats-Unis.
«L'administration Obama a reconnu les dégâts causés par ces pratiques contraires aux droits humains et pris une première série de mesures pour y mettre un terme», se réjouit l'ancienne Haut-commissaire aux droits de l'homme.
Et de conclure: «J'espère que ce retournement à Washington sonne comme un réveil pour les autres gouvernements.»
swissinfo, Frédéric Burnand, Genève