samedi 28 janvier 2012

LE CHILI VEUT PÉNALISER LA CONTESTATION

Jeudi, les organisations sociales et la très active Fédération des étudiants de l’université du Chili (Fech) ont appelé à manifester devant le palais de justice de Santiago contre une loi qui prétend, entre autres choses, « criminaliser la protestation, poursuivre, par exemple, ceux qui ont manifesté avec leurs casseroles sans autorisation – terrorisme d’État – ou utiliser des photographies, que nous avons nous-mêmes prises, contre nous », explique la Fech. Au titre de l’article 269 de la loi Hinzpeter, seront punis d’une peine de prison de cinq cent quarante et un jours à trois ans ceux qui participent aux désordres ou quelconque autres actes de violences pour les faits suivants : « Paralyser ou interrompre un service public comme les communautés hospitalières, les combustibles, les communications, les transports (…) Envahir ou occuper les services ou établissements commerciaux, industriels, éducatifs, religieux, privés ou municipaux (…) Empêcher ou altérer la libre circulation des personnes sur les ponts, les chemins. » Toujours selon cet arsenal répressif, les peines s’appliqueraient à ceux qui ont
invité ou promu « ces désordres ». Ce qui revient à interdire toute protestation. Et ce alors que « l’opération châtiment » à l’œuvre s’est traduite par l’expulsion de 3 000 étudiants et le licenciement de 4 000 enseignants pour avoir participé aux mobilisations pour un autre modèle éducatif.

Un projet de loi entend criminaliser les mouvements sociaux et leurs organisateurs.

Cathy Ceïbe

CHILI : UN POLICIER CONDAMNÉ POUR AVOIR GRIÈVEMENT BLESSÉ UN PHOTOGRAPHE DE PRESSE


DES COLLEGUES ASSISTENT AU PHOTOGRAPHE GRIÈVEMENT BLESSÉ 

M. Salas avait été frappé le 21 mai 2008 avec une longue cravache, au moment où il couvrait une manifestation, pendant le discours sur l'état de la Nation de la présidente d'alors Michelle Bachelet, au Parlement de Valparaiso (120 km à l'ouest de Santiago).

Les graves lésions à l'oeil droit avaient entraîné la perte de cet oeil.

Le policier a toujours nié sa responsabilité dans l'agression, et n'avait été identifié que par le moyen de photographies, grâce à des marques sur son casque, et des tâches reconnaissables sur la robe de son cheval.

L'avocat du photographe, Alfredo Morgado, a exprimé sa satisfaction "que la justice ait réussi à établir la vérité en dépit de la coopération inexistante des policiers". Mais il fera appel pour alourdir la peine, selon lui "minime" eu égard aux circonstances et à la gravité de la blessure.

Le Chili a été dénoncé par Reporters sans Frontières dans son rapport 2011, notamment pour des agressions, arrestations et détentions pendant plusieurs heures de photographes de presse et cameramen couvrant des manifestations étudiantes.


  VÍCTOR SALAS, PHOTOGRAPHE DE L'AGENCE EFE, GRIÈVEMENT BLESSÉ. 
LES GRAVES LÉSIONS À L'OEIL DROIT AVAIENT ENTRAÎNÉ LA PERTE DE CET OEIL.

RSF a fait reculer le Chili de 47 places, au 80e rang sur 179 pays au classement de la liberté de la presse, en raison de "nombreuses atteintes à la liberté d'informer, très souvent commises par les forces de l'ordre" dans le contexte des protestations étudiantes. Le gouvernement a déploré des incidents qu'il "n'approuve en rien" et s'est engagé à faire en sorte qu'ils soient évités à l'avenir.

mercredi 25 janvier 2012

EX AGENTS DE LA DICTATURE MILITAIRE CONDAMNÉS POUR LA DISPARITION DE 3 DÉTENUS À COLONIE "DIGNIDAD"

ELIZABETH REKAS URRA, 27 ANS, ASSISTANTE SOCIALE DU METRO, ENCEINTE DE QUATRE MOIS AU MOMENT DE SA DÉTENTION, ET SON MARI, ANTONIO ELIZONDO ORMAECHEA, INGÉNIEUR DE 29 ANS, TOUS DEUX MILITANTS DU PARTI MAPU (GAUCHE). ILS ONT ÉTÉ ENLEVÉS EN PLEIN CENTRE VILLE DE SANTIAGO LE 26 MAI 1976. ILS SONT PASSÉS PAR LA MAISON DE TORTURES DE VILLA GRIMALDI ET EMMENÉS ENSUITE À COLONIA DIGNIDAD, D’OÙ ILS SONT DISPARUS COMME DES CENTAINES D’AUTRES VICTIMES DE LA DICTATURE. PHOTO : MÉMOIRE VIVANTE.
JUAN BOSCO MAINO CANALES
Les victimes sont Juan Maino Canales, 27 ans, Antonio Elizondo Ormaechea, 29 ans, et son épouse Elizabeth Rekas Urra, de 27 ans, qui était enceinte lors de leur arrestation à Santiago le 26 mai 1976.Les trois prisonniers ont été emmenés d’abord à la Villa Grimaldi, maison de tortures tenue à Santiago par la DINA, et transférés ensuite à la « colonie  Dignidad », enclave néo-nazi près de la ville de Parral, 350 km au sud de Santiago.
Les sbires de la police politique de Pinochet se sont aussi emparés de deux véhicules appartenant aux victimes, qui ont été vus par la suite à la Colonie Dignidad, où ils étaient utilisés par des membres de la colonie.

Dignidad était une colonie agricole sectaire fondée au Chili en 1961 par des expatriés allemands, dont notamment Paul Schäfer, brancardier de la Waffen SS et ancien nazi qui a fuit dans les années 60 à un procès pour actes de pédophilie en Allemagne.

La « colonie » c’est une enceinte de 15 000 hectares, clôturée par des barbelés et pourvue de sophistiqués dispositifs d’écoute et de surveillance, où quelques 300 colons d’origine allemande ont vécu en autarcie. Un petit état dans l’état, où durant des décennies a régné en maître Paul Schäfer, pasteur luthérien, gourou néo-nazi et pédophile notoire, qui a pratiqué des sévices sexuelles sur des enfants pendant des longues années, et a prêté une très active collaboration à la répression des opposants politiques à la dictature militaire de Pinochet.

Des hauts dignitaires du régime militaire, des membres de la junte au pouvoir et les responsables des appareils répressifs de la dictature étaient périodiquement invités dans la « Colonie ». Des nombreuses découvertes y ont été réalisées lors des perquisitions policières à la fin de la dictature : des caches d’armes et du matériel de guerre, des véhicules volés aux victimes de la répression 
enfouis et des charniers clandestins. Et l’énorme domaine n’a pas encore livré tous ses secrets. En 1991, après Pinochet, elle perd son statut protégé et devient la Villa Baviera.

Comme il a été établi lors de l’instruction de ce dossier -et selon des témoignages de survivants ayant déposé dans plusieurs autres investigations-, la Colonie Dignidad a été utilisée par la dictature militaire comme centre de détention et mise au secret, de tortures et d’élimination d'opposants politiques.

Le leader de l'enclave Paul Schäfer était aussi inculpé dans ce dossier, mais il est mort en prison en 2010, alors qu’il purgeait une peine pour des abus sexuels contre des mineurs.

L'ex-chef de la DINA Manuel Contreras écope donc de dix ans et un jour, et il cumule ainsi des condamnations pour près de 250 ans de prison dans  nombreux cas de violations aux droits de l'homme.

La même peine est attribuée au colonel Carlos López Tapia,  qui fut membre de la caravane de la mort, ex-chef de Villa Grimaldi, ancien maire nommé par Pinochet et responsable de plusieurs meurtres et disparitions d’opposants.

Eugenio Fieldhouse Chávez, ex-agent DINA et ancien préfet de la police civile  d’Investigations écope de 5 ans et un jour de prison pour complicité des séquestrations suivies de mort.

Gerard Mücke Koshipzke, membre de la Colonie Dignidad et ancien garde de corps de Schäfer, complice, est condamné à 5 ans et un jour.

Karl Johann Van der Berg Schurmann, membre de Dignité, 5 ans et un jour de prison comme complice.

Le juge a prononcé aussi le classement temporel pour le médecin Hartmutt Hopp, en fuite en Allemagne depuis l'année dernière pour échapper au procès dans d'autres dossiers en cours. Une demande d’extradition est en cours devant la justice allemande.

EFFACER LA DICTATURE DES LIVRES D'HISTOIRE, C'EST GRAVE

DESSIN DE PANCHO CAJAS PARU DANS LE JOURNAL  EL COMERCIO, EQUATEUR
Pour certains, ce changement conceptuel est infime et ne modifie en rien la réalité de ce qui « s’est réellement passé » au Chili pendant 17 ans. La majorité des Chiliens savent que les militaires ont gouverné de manière autoritaire, qu’ils ont été portés au pouvoir par un coup d’Etat et renversés par un gouvernement démocratiquement élu, qu’ils n’avaient pas le moindre respect pour les droits de l’homme et qu’ils ont transformé radicalement les fondements matériels et subjectifs de notre nation. Pour d’autres, le concept n’a pas vraiment d’importance si nous sommes capables de débattre en public de notre histoire et si la télévision aborde ouvertement les atteintes aux droits de l’homme avec des séries comme  « Les archives du Cardinal » ou la dernière saison de  « Les années 80 ».
 
GONZALO VIAL CORREA (NÉ À SANTIAGO DU CHILI LE 29 AOÛT 1930  MORT LE 30 OCTOBRE 2009) FUT UN HISTORIEN, JURISTE ET JOURNALISTE CHILIEN, MEMBRE DU CONSEIL DE DÉFENSE DE L'ÉTAT, INTELLECTUEL CATHOLIQUE ET CONSERVATEUR,   MINISTRE ET PARTISAN DU DICTATEUR PINOCHET.
En tant qu’historienne, je m’insurge contre ces affirmations, parce que le débat sur notre passé reste ouvert et que les changements conceptuels ne sont ni innocents ni anodins. Ces changements cachent une intention politique et idéologique évidente et c’est pourquoi il est important de la rendre visible au plus grand nombre. N’oublions pas que c’est ce passé qu’on va enseigner aux enfants de notre pays.

En janvier 1999, un groupe d’historiens dirigé par Gabriel Salazar, Julio Pinto, Mario Gracés, Sergio Grez et María Angélica Illanes ont endossé la lourde charge de débattre ouvertement de la dénomination et de la représentation de notre passé récent, s’opposant ainsi à l’historien de droite Gonzalo Vial et à son histoire du  « régime militaire » expurgée des atrocités commises pendant ces 17 années, vue selon une perspective où le coup d’Etat est conçu comme la planche de salut d’institutions politiques démocratiques en phase terminale. De ce travail est né le célèbre  « Manifeste des Historiens  » signé par des milliers d’historiens chiliens et étrangers.

Nous autres historiens savons que les concepts sont des outils essentiels pour la constitution de la réalité sociale. Car de tels concepts contribuent à produire les signifiés de cette réalité matérielle qu'on aspire à non seulement à nommer, mais aussi à transformer. Dans cette optique, la conceptualisation est un processus éminemment politique, et le débat sur l'utilisation de tel ou tel concept revêt une importance capitale pour définir le passé et l'avenir.

Dès lors, remplacer le concept de dictature par celui de régime militaire revient à changer le champ de l'expérience nominale, et, partant, les horizons d'attentes des acteurs sociaux. Le ministre [de l'Education] Beyer trahit ses intentions lorsqu'il affirme que régime/gouvernement militaire est un concept plus général que celui de dictature, et que donc son emploi est justifié, même s'il déclare ensuite qu'il croit que ce régime a été  «  effectivement dictatorial ». Ce n'est pas un problème de généralité ou d'objectivité, car l'histoire n'est pas objective, mais sujette à interprétation, ouverte au débat et par conséquent politiquement construite.

Quand le Chili est revenu à la démocratie, ce débat a eu tôt fait d'agiter le monde de l'enseignement. Il a fallu plusieurs années pour qu'on puisse dire publiquement qu'entre 1973 et 1990 le Chili avait connu une dictature militaire. Cette appellation a fait l'objet d'âpres discussions, et cette même droite qui gouverne aujourd'hui le pays a systématiquement refusé qu'on introduise le terme de dictature dans les programmes d'études et les manuels scolaires. Résultat, les propos du ministre non seulement ne convainquent pas nos concitoyens, mais encore dissimulent ce que tout processus de conceptualisation implique : imposer politiquement une nouvelle vision du passé, où les atrocités commises pendant 17 ans contre des Chiliens seront occultées par un concept comme celui de régime/gouvernement militaire. La droite qui dirige aujourd'hui le pays veut qu'on interprète le passé dans ce sens, et même si une telle position est licite en démocratie, car elle s'inscrit dans le contexte plus large de la lutte pour le pouvoir, il serait important et éthiquement souhaitable que ce gouvernement le reconnaisse.

ÉTUDE ÉCONOMIQUE DU CHILI 2012

ÉTUDES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE : CHILI 2012
Pour surmonter, à court terme, les difficultés engendrées par la situation économique mondiale et, à plus long terme, pour parvenir à une croissance plus forte et promouvoir une société plus solidaire, le Chili pourrait adopter les mesures suivantes :

Une politique macroéconomique de soutien à court terme. Compte tenu de l'incertitude qui caractérise la situation économique mondiale, la politique monétaire devrait rester inchangée pour le moment. La lenteur de l'assainissement se justifie dans les circonstances actuelles, mais le gouvernement devra rétablir l'équilibre budgétaire structurel dès que la conjoncture extérieure s'améliorera, afin de retrouver des marges de manœuvre en cas de chocs.

Une règle budgétaire renforcée et des recettes fiscales plus abondantes pour financer l'accroissement des dépenses à long terme. L'objectif d'équilibre budgétaire structurel que s'est fixé le Chili se traduit par un faible niveau d'endettement et d'abondantes réserves dans les fonds souverains. Le gouvernement a décidé de créer un conseil budgétaire indépendant qui sera chargé de veiller à la bonne application de la règle et d'évaluer l'objectif retenu par les autorités ainsi que les changements apportés à sa méthode de calcul. Cela devrait renforcer le cadre budgétaire chilien. On observe par ailleurs une forte demande de services éducatifs et sociaux de qualité qui semble devoir augmenter avec le développement du pays. Le gouvernement prévoit déjà une augmentation sensible des dépenses consacrées à ces programmes pour lesquels il va falloir trouver des financements durables. Une hausse des taxes environnementales constituerait une source de recettes particulièrement efficiente. Réduire les possibilités d'évasion fiscale et la fraude encore très répandue en matière d'impôts sur le revenu aurait en outre l'avantage de rendre le système plus progressif.

Des transferts monétaires plus élevés en faveur des pauvres assortis de mesures d'aide à la recherche d'emploi, comme le prévoit le nouveau programme Ingreso Ético Familiar que veut mettre en place le gouvernement. Bien que les autorités aient l'intention, pour le moment, de concentrer l'essentiel des transferts sur les familles extrêmement pauvres, elles devraient envisager à terme d'ouvrir tous les nouveaux transferts à un groupe plus large de bénéficiaires, en appliquant, par exemple, un taux dégressif au montant des prestations. Cela permettrait de renforcer les incitations au travail tout en limitant la fraude. Par la suite, avant toute augmentation de ces transferts, le gouvernement devrait se poser la question de son impact sur les incitations au travail, les possibilités d'emploi et la capacité des bénéficiaires d'investir dans leur capital humain.

Un meilleur accès à des logements de qualité parallèlement à des mesures visant à réduire la ségrégation résidentielle et à favoriser la mobilité. Cela pourrait permettre aux pauvres d'accéder aussi plus facilement à des services éducatifs et sociaux et à des emplois de meilleure qualité. Les aides au logement devront être mieux ciblées afin de dégager des ressources pour ceux qui en ont vraiment besoin. Il faudrait aussi que le gouvernement revoie son dispositif actuel de subventions, qui est entièrement axé sur l'accession à la propriété. Un système d'allocations-logement versées sous condition de ressources et une réglementation plus équilibrée en ce qui concerne les relations entre propriétaires et locataires contribueraient à renforcer le marché du logement locatif, ce qui favoriserait la mobilité résidentielle et atténuerait peut-être aussi la ségrégation. Une application plus stricte des quotas de logements sociaux, des investissements accrus dans les équipements collectifs et les services sociaux dans les quartiers pauvres et l'aménagement des friches urbaines seraient autant d'autres moyens de lutter contre la ségrégation et les inégalités.

mardi 24 janvier 2012

LE CHEF D'ÉTAT-MAJOR CHILIEN EN VISITE EN FRANCE

PHOTO EJÉRCITO DE CHILE DU 18 JANVIER 2012 CHEZ FLICKR
La délégation chilienne a été particulièrement intéressée par les moyens de simulation mis en œuvre dans le cadre de la préparation opérationnelle. D'ailleurs, lors de la visite du centre opérations et du bureau « simulation » du Centac, une démonstration des matériels de simulation dédiés à l'entraînement et à la préparation des unités a permis de montrer le haut niveau des compétences dispensées.


PHOTO EJÉRCITO DE CHILE DU 18 JANVIER 2012 CHEZ FLICKR
Les missions du CCPF en général, et celles du Centac et du CEPC en particulier, suscitent l'intérêt grandissant des armées étrangères. Le CCPF accueille régulièrement des représentants d'armées étrangères, que ce soit à Mailly, à Sissonne ou à Canjuers. Ces visites se concluent parfois par la réalisation d'exercices bilatéraux entre l'armée de terre française et des armées étrangères.
JOSEPH ALBERT BACLER D’ALBE FUT UN INGÉNIEUR MILITAIRE QUI APRÈS AVOIR PARTICIPÉ AUX GUERRES NAPOLÉONIENNES A EU UN RÔLE IMPORTANT DANS LA CAMPAGNE LIBÉRATRICE DU CHILI ET DANS L'EXPÉDITION LIBÉRATRICE DU PÉROU. IMAGE WIKIPEDIA
Très satisfaits par l'accueil et les démonstrations, à l'occasion du traditionnel échange de cadeaux protocolaires, le général Fuente-Alba a remis un souvenir qui souligne l'ancienneté des rapports entre la France et le Chili, rappelant le rôle de l'officier Bacler d'Albe, géographe du Premier Empire et immigré au Chili en 1817.

samedi 21 janvier 2012

CHILI : 2 GÉNÉRAUX PINOCHETISTES CONDAMNÉS POUR TRAFIC D'ARMES VERS LA CROATIE

AUGUSTO PINOCHET ET LE GÉNÉRAL HECTOR GUILLERMO LETELIER SKINNER, ANCIEN DIRECTEUR DE L'INDUSTRIE MILITAIRE CHILIENNE ET PROCHE COLLABORATEUR DU DICTATEUR. AVEC D'AUTRES GÉNÉRAUX DE L’ARMÉE DE TERRE, CET OFFICIER A CONSTITUÉ  LE CERCLE RESTREINT QUI A ASSURÉ LES CIRCUITS DE FINANCEMENT OCCULTE DE "L’APRÈS DICTATURE" ET GARANTI LE SECRET ABSOLU SUR LES ACTIVITÉS ILLÉGALES DU CLAN PINOCHET. 
Fin novembre 1991, un avion cargo privé décollait du Chili avec une feuille de route imprécise qui passant par le Sri Lanka devait le conduire vers le Niger, sa destination finale déclarée. Son comportement suspect et une trop longue escale à Budapest ont fini par intriguer les autorités locales, qui ont perquisitionné l'avion le 1° décembre.

Une  cargaison de 11 tonnes d'armes et de munitions fut alors mise à jour, étiquetée « aide humanitaire de l'armée chilienne ». L'énorme envoi de matériel de guerre, destiné aux milices croates, a été intercepté alors que la guerre des Balkans se transformait en génocide, et c'était une flagrante violation de l’embargo décidé par l’Onu contre l’ancienne Yougoslavie.

Un inimaginable trafic international d’armes et de matériel de guerre, ─opéré dans le dos des autorités civiles du Chili et au mépris des accords internationaux a été ainsi découvert, qui alimentait en fonds clandestins une sombre nébuleuse d’agents secrets et dignitaires de la dictature finissante du général Augusto Pinochet.

Dès le début de l’enquête, les tribunaux ─mais aussi les autorités politiques du Chili, fraîchement arrivées aux responsabilités après de longues années de dictature─, ont du faire face aux résistances des militaires, à tous les moyens d’obstruction qu’ils ont pu opposer aux juges et au solide pacte de silence établi entre les responsables, proches collaborateurs de l’ancien dictateur Pinochet.

La Brigade d’intelligence militaire, noyau dur de l’opération en partenariat avec les responsables de l’industrie militaire, n’a pas hésité à liquider ses propres camarades d’armes, devenus trop bavards et risquant de faire plonger le premier cercle des trafiquants.
LE COLONEL GERARDO HUBER, HAUT RESPONSABLE DE L’INDUSTRIE MILITAIRE CHILIENNE, TÉMOIN CLEF DE L’INVESTIGATION SUR LE RÉSEAU CLANDESTIN D’EXPORTATION DE MATÉRIEL DE GUERRE OPÉRANT AU CHILI SOUS PINOCHET. LA VOITURE QU’IL CONDUISAIT FUT RETROUVÉE VIDE FIN JANVIER 1992, SON CADAVRE APPARUT UN MOIS APRÈS AVEC UNE BALLE DANS LA TÊTE.

Un des volets de l’enquête qui s’achève, concerne   la mort du colonel Gerardo Huber, officier de la division logistique de l'armée chilienne, qui devait comparaître en 1992 devant un juge et avait commencé à collaborer dans l’enquête en cours. Son témoignage allait sans doute impliquer directement l’ancien dictateur Augusto Pinochet et ses proches, à la tête d’un vaste réseau de militaires réalisant des trafics d'armes et d'autres opérations de financement occulte.

Gerardo Huber a été assassiné avant de pouvoir témoigner et son meurtre ─grossièrement maquillé en suicide─ n'a jamais été élucidé. Il a d’abord été séquestré avant de recevoir une balle dans la tête, et son corps a été lancé du haut d'un pont.

La patron du colonel Huber, le général Carlos Krumm, n'a pas été déclaré responsable dans le dossier des armes. En cour, M. Krumm a raconté que la vente illégale d'armes avait été personnellement approuvée par Pinochet.
L'ancien dictateur était assigné à domicile en attendant son procès pour la vente d'armes et pour d'autres violations des droits humains lorsqu'il est décédé, en 2006.