mercredi 16 février 2011

Les 33 mineurs chiliens avaient envisagé suicide et cannibalisme

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Pendant les seize premiers jours qui ont suivi l'effondrement de la mine, les trente-trois mineurs ont dû se contenter de rations de thon. Presque tous souffrent aujourd'hui de troubles psychologiques post-traumatiques, explique M. Franklin dans son livre 33 Men ("33 hommes", non traduit en français).
"Nourriture ou pas, je me disais que j'allais me sortir de là", a déclaré Mario Sepulveda, le deuxième mineur libéré de la mine de San José, dans une interview diffusée dimanche dans le magazine d'informations "60 Minutes" de la chaîne CBS. "Comment ? Je me suis demandé quel était le mineur qui allait perdre connaissance en premier et comment j'allais pouvoir le manger. Je peux vous promettre cela ne m'a pas dérangé. Cela ne me faisait pas peur."
"Ils m'ont dit qu'ils avaient une scie et une casserole prêtes", précise Jonathan Franklin, un spécialiste du Chili, qui a pu interroger les trente-trois mineurs. Mais au dix-septième jour, les sauveteurs entrent en contact avec les mineurs et commencent à leur faire passer de la nourriture.
Victor Zamora a également raconté que les mineurs avaient vécu des moments de profonde détresse, allant jusqu'à envisager le suicide : "Si c'était pour continuer à souffrir, on pensait que ce serait aussi bien d'aller dans le refuge, de démarrer le moteur et d'en finir, avec le monoxyde de carbone." Pour le mineur, ce geste n'était pas, à ce moment-là, perçu comme un suicide, mais comme une délivrance : "C'était pour arrêter de souffrir. De toute manière, nous allions mourir."
Les trente-trois mineurs ont passé soixante-neuf jours dans une mine de cuivre dans le nord du Chili. Depuis leur sauvetage, le 13 octobre, ils sont devenus des vedettes mondialement connues.

jeudi 10 février 2011

Chili: plainte contre Mme Bachelet pour les ratés de l'alerte au tsunami

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Vue aérienne de la ville côtière de Dichato au Chili,  après le tremblement de terre. Jeudi 4 Mars 2010.  Photo AP  / Natacha Pisarenko
La plainte "pour déni d'assistance", qui vise également d'anciens ministres et hauts fonctionnaires de l'administration Bachelet, a été déposée par des avocats représentant des familles de victimes, a indiqué dans un communiqué l'un d'entre eux, Raul Meza Rodriguez.
Selon l'avocat, une condamnation pourrait déboucher sur "l'interdiction à vie d'exercer des charges publiques" pour les responsables incriminés.
La plainte a été "acceptée" par un tribunal de Santiago qui la transmettra au parquet, a précisé à l'AFP une source au tribunal.
Les ratés de l'alerte au tsunami dans les heures qui avaient suivi le séisme de magnitude 8,8 du 27 février 2010 avaient déclenché une très forte polémique.
Le séisme puis le tsunami avaient ravagé des quartiers voire des villages entiers du littoral du centre-sud du Chili, faisant 523 morts et 24 disparus, et des dégâts à hauteur de 30 milliards de dollars.
La Marine chilienne avait reconnu dès le lendemain avoir commis une "erreur de diagnostic".
Elle avait admis avoir transmis à la présidence, via son Service d'hydrographie et d'Océanographie (SHOA), une "information fort peu claire" qui ne facilitait pas la prise de décision sur le maintien de l'alerte au tsunami.
Mais selon Alberto Meza, "l'ex-présidente a pris des décisions techniques qu'elle n'était pas habilitée à prendre" au moment de l'alerte.
Mme Bachelet, 59 ans, dont le mandat présidentiel avait pris fin trois semaines après le séisme, a pris depuis septembre la tête d'"ONU Femmes", la nouvelle agence de l'ONU en faveur des droits des femmes.
L'ex-présidente a déjà été entendue en qualité de témoin par le ministère public dans une enquête distincte sur les ratés de l'alerte au tsunami.
L'ancienne directrice du Service national d'urgence (Onemi), Carmen Fernandez, est également visée par la plainte enregistrée mercredi, de même que les anciens ministres de l'Intérieur Edmundo Perez, de la Défense Francisco Vidal et l'ancien vice-ministre de l'Intérieur Patricio Rosende.
"Cette voie judiciaire, qui envisage des sanctions pouvant leur interdire à vie d'exercer des charges publiques, est la seule qui restait", a déclaré l'avocat Alberto Meza, ajoutant: "la sanction serait juste, pour les dommages terribles et irréparables subis".
Sur le total des décès du 27 février, 156 sont dus au tsunami, selon les données officielles.
Le président actuel Sebastian Piñera qui avait pris ses fonctions en mars 2010, a estimé dans un rapport publié mardi que la reconstruction va durer jusqu'en mars 2014, terme de son mandat.

mercredi 9 février 2011

Chili: un ministre va visiter des centrales nucléaires en France et Belgique

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 La centrale nucléaire du Bugey est implantée au cœur de la région du Bugey, sur la commune de Saint-Vulbas (Ain), à 19 kilomètres d'Ambérieu-en-Bugey et à 35 kilomètres à l'est de Lyon. Le site nucléaire occupe une superficie de 100 hectares sur la rive droite du Rhône.
"Je vais visiter, probablement à la fin du mois, quelques centrales nucléaires en France et en Belgique", a déclaré mercredi M. Golborne.
"Le pays ne peut renoncer à aucune option", a-t-il ajouté, alors qu'il inaugurait la seconde tranche d'un parc éolien construit par le groupe français GDF Suez, qui fournira de l'énergie à 74.000 foyers à 400 km au nord de Santiago.
Le mois dernier, le patron de GDF Suez pour l'Amérique latine, Jan Flachet, avait annoncé que le groupe était "disposé à construire une centrale nucléaire" au Chili, si le pays se convertissait à cette énergie.
Le ministre chilien des Affaires étrangères, Alfredo Moreno, avait pour sa part indiqué que son pays avait l'intention de parler du nucléaire avec les Etats-Unis lors de la visite du président américain Barack Obama en mars à Santiago.
"La Commission nationale de l'énergie ne prévoit aucune centrale nucléaire dans les dix prochaines années", a toutefois rappelé mercredi Golborne.
Le Chili, qui dépend encore principalement du pétrole et du gaz importés pour son énergie (55%), cherche à diversifier ses sources d'énergie pour nourrir une croissance que le président Sebastian Pinera a promise à 6% par an durant son mandat.
Le pays fait face actuellement à une sécheresse affectant ses barrages hydro-électriques (43% de la production) et à une forte hausse de la consommation, qui ont poussé le gouvernement à envisager de rationner sous peu l'électricité, du jamais vu depuis 2008.
GDF SUEZ

Chili: Sur la mort de l'ex-président Frei, le gouvernement porte plainte à son tour

L’ancien président Salvador Allende (à droite) avec le général félon Augusto Pinochet, le 23 août 1973 à Santiago photo afp
L'exécutif "a décidé de collaborer au processus judiciaire en déposant une plainte, via le ministère de l'Intérieur", a déclaré le chef de l'Etat, accusé par certains secteurs d'opposition et des associations de victimes de faire traîner les procédures pour des crimes commis sous la dictature.
"De cette manière, notre gouvernement veut collaborer pour lever les zones d'ombres sur la mort d'un ex-président, faire la lumière une fois pour toutes sur ses circonstances, ses causes et ses responsables, et que ceux-ci en assument les conséquences", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.
L'ancien président (1964-70) Frei Montalva est décédé à 71 ans des suites d'une opération bénigne en 1982, durant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).
Le juge en charge du dossier a inculpé au total six personnes, dont quatre médecins, soit pour avoir effectué à l'ancien chef de l'Etat une "injection de substances toxiques", sur ordre du régime militaire, soit pour avoir tenté d'étouffer l'affaire, notamment en falsifiant le rapport d'autopsie.
M. Frei Montalva était également le père d'Eduardo Frei, lui aussi président de 1994 à 2000 et candidat de centre-gauche à la dernière présidentielle remportée par l'entrepreneur milliardaire de droite Sebastian Piñera.
Cette annonce survient deux semaines après l'ouverture d'une première enquête sur les circonstances de la mort du président Salvador Allende, décédé durant le coup d'Etat du général Augusto Pinochet qui a renversé son gouvernement de gauche, le 11 septembre 1973.
Une autopsie a conclu qu'Allende s'était suicidé, mais ce résultat est contestés par certains secteurs politiques et des organisations de défense des droits de l'homme

mardi 8 février 2011

La Bolivie et le Chili discutent de l'accès au Pacifique

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Il s'agit de la première rencontre entre les deux pays sur le sujet de l'accès au Pacifique depuis 50 ans. Le dernier meeting pour arriver à un accord avait échoué à la Paz en 1962. Rappelons que la Bolivie avait un accès à la mer jusqu'à ce qu'elle perde la guerre face au Chili il y a 134 ans. Moreno, qui s'est exprimé auprès des médias chiliens, s'est "déclaré heureux de rencontrer son homologue bolivien. Nous allons travailler dur, donner le meilleur de nous-même pour trouver une solution avec nos amis boliviens."
La proposition chilienne de redonner un espace maritime au Bolivie a refait surface sous le gouvernement de Michelle Bachelet, l'ancienne présidente. Mais on sait que le président actuel, Sebastian Piñera, n'est pas favorable à cette proposition et, pour cette raison, il y a matière à se demander si cette rencontre n'est pas qu'un écran de fumée.

L’ouverture d’une enquête officielle sur la mort d’Allende.

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CADAVRE DE SALVADOR ALLENDE SALON INDEPENDENCE 2° ETAGE LA MONEDA 11 09 1973
À l’annonce de la nouvelle, le 27 janvier, le quotidien La Nación (centre gauche) titrait : "Le PS salue l’ouverture de l’enquête". Puis, citant les propos du président du Parti socialiste chilien, le député Osvaldo Andrade : "Il y a encore un déficit de justice et de vérité au Chili".
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LIEU DU SUICIDE LE DIVAN SUITE AU RETRAIT DU CORPS 11 09 1973
Le même jour, The Clinic Online (magazine satirique) mettait en ligne les déclarations d’Isabel Allende : "J’espère que l’État collabore au maximum avec la justice dans la recherche de ces faits qui ont impliqué la pire dictature que nous avons subie, nous les Chiliens". À propos de l’ouverture de l’enquête, la fille de l’ex-président Salvador Allende a précisé combien "il est important que soient réalisées toutes les actions judiciaires qui cherchent à établir la vérité de toutes les morts et disparitions depuis le 11 septembre 1973. "
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LE PRESIDENT SALVADOR ALLENDE ET SA FILLE AINEE ISABEL ALLENDE BUSSI. Elle est actuellement sénatrice socialiste de la Région d'Atacama.
"Mon père est mort par sa propre décision"
Le 29 janvier, The Clinic Online publiait une longue interview d’Isabel Allende intitulée "Mon père est mort par sa propre décision et volonté comme un geste de dignité".
La sénatrice socialiste s’est déclarée "sûre que l’enquête judiciaire sur la mort de son père ratifiera qu’il s’est suicidé pour ne pas se rendre aux putschistes".
Pour elle, cette enquête "est la plus symbolique d’un ensemble de plaintes destinées à satisfaire les droits de beaucoup de familles de victimes de la dictature qui “n’ont pas la version complète des faits ou qui n’ont pas pu trouver ou identifier les restes” des personnes disparues".
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FICHE DE SALVADOR ALLENDE TENUE PAR LES RG LOCAUX MEME APRES SA MORT

« Comment est mort Allende ? » titrait l’éditorialiste Gonzalo Rojas dans le quotidien El Mercurio (conservateur) du 2 février. "La maladie qui l’aurait mené à la mort était de longue date. Elle se nommait socialisme marxiste et a infecté des milliers de dirigeants […]. C’était une véritable pandémie, qui a causé des centaines de milliers de morts par inoculation directe et 85 millions d’autres par ses mauvaises pratiques." Nul doute pour l’éditorialiste pinochiste que même si les juges vont parvenir à une conclusion "déjà consolidée : le suicide ", "[…] pour notre part, nous les historiens qui avons étudié le personnage […] : il est mort de marxisme".

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FICHE DE SALVADOR ALLENDE TENUE PAR LES RG LOCAUX MEME APRES SA MOR
 Établir la clarté des faits
Le parti socialiste chilien, comme le cite El Mercurio dans son édition du 31 janvier, indiquait qu’un attentat contre un "président de la République ne peut pas rester impuni". Pilar Durán, vice-présidente du parti, a souligné qu’"à presque quatre décennies de l’événement, il est impossible qu’on n’est toujours pas une clarté des faits et que n’ait pas été établie la responsabilité de tous les impliqués dans un acte brutal et prémédité, conduit pour en finir avec celui qui était le Président de la République et un gouvernement démocratiquement élu ".
Enfin, le quotidien La Nación du 2 février mentionnait que "le député communiste (PC), Hugo Gutiérrez, s’est montré partisan d’un processus judiciaire pour déterminer les causes exactes de la mort de l’ex-chef d’État Salvador Allende". Le député reconnaissait faire partie de ceux qui "ont encore des doutes" devant la thèse du suicide : "Ce que je demande c’est une certitude judiciaire, une enquête d’un pouvoir de l’État qui établit ce qui s’est passé". Le quotidien relate que Hugo Gutiérrez a qualifié d’"inouï" qu’il se soit écoulé plus de 30 ans depuis la mort d’Allende et plus de 20 ans de transition démocratique sans que jamais il n’ait été question d’enquêter sur les causes réelles de sa mort.
par Sylvie Moisy

dimanche 6 février 2011

PIÑERA L'HÉLICOPTÈRE ET CONDORITO




Dans son dernier numéro, la bande dessinée Condorito a surpris tout le monde au Chili en incorporant le Président Sebastián Piñera, qui apparaît atterrissant à « Pelotillehue » avec son hélicoptère et recevant un panier de fraises en cadeau de la part de Condorito. On y voit ainsi une claire allusion à l'épisode polémique de « Quilicura Bajo » au sud du Chili, où les mêmes fruits furent offert au président milliardaire.

Nous pouvons nous poser la question de l’intégration de Piñera dans cette bande dessinée traditionnelle: s’agit-il de la réapparition de l’humour politique propre aux dessinateurs du début du XXe siècle ou tout simplement une publi-information du gouvernement en baisse dans les sondages ?