mardi 19 octobre 2010

RASSEMBLEMENT DEVANT LA MAIRIE DU XIIIème

Le Collectif de soutien au Peuple Mapuche en France, appelle les membres de la communauté chilienne, franco-chilienne et amis à venir exprimer ensemble leur solidarité avec la lutte du Peuple Mapuche et de tous ceux qui, au Chili, se battent pour le droit à la justice sociale et contre le terrorisme d’Etat.
DROIT A LA SANTE, A L’EDUCATION ET A LA RETRAITE
POUR TOUS LES TRAVAILLEURS CHILIENS !
LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE !
SOUTIEN AUX MINEURS CHILIENS EN GREVE DE LA FAIM !
SOLIDARITE INTERNATIONALE AVEC LES MAPUCHE AU CHILI !

lundi 18 octobre 2010

Chili: Arrivée à Londres de Sebastian Piñera

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, Président de la République du Chili, arrive à Londres. Photo Alex Ibañez

Pendant les 69 jours d'efforts pour sortir les 33 hommes de la galerie dans laquelle ils étaient enfermés à 625 mètres sous terre, Piñera dit avoir puisé son inspiration dans les discours vibrants du Premier ministre britannique durant la Seconde Guerre mondiale.

dimanche 17 octobre 2010

Au Chili, derrière l’euphorie médiatique, les hommes

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
« Nous allons bien dans le refuge, tous les trente-trois. » Le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, Président de la République du Chili, brandit un message des 33 mineurs coincés dans la mine. Photo Cristián Carvallo
22 août 2010, 14 h 30. Copiapó, désert d’Atacama, au Nord du Chili. Quelques lettres griffonnées à l’encre rouge remontent d’un conduit, foré au-dessus de la mine de San José, dans l’une des régions les plus arides du monde : « Nous allons bien dans le refuge, tous les trente-trois. »
Trente-deux mineurs chiliens et un bolivien sont coincés à près de sept cents mètres sous la surface de la terre, enterrés vivants dans les entrailles d’une mine de cuivre et d’or. Depuis l’effondrement de plusieurs murs de soutènements, sous des milliers de tonnes de roche et de boue, ils survivent tant bien que mal dans l’un des refuges encore accessibles. Ils boivent les eaux de ruissellement, rationnent leurs maigres denrées alimentaires, et souffrent d’une chaleur étouffante. Mais, leur petit mot le démontre : ils sont en bonne santé.
Cette découverte est saluée par une liesse populaire : tout un peuple communie avec « ses » mineurs dans un élan de solidarité qui parcourt la cordillère des Andes et plonge jusqu’aux provinces du Sud du pays. « Oui, les héros existent bien », titre le journal à grande diffusion Las Ultimas noticias dans une édition spéciale du 23 août 2010. Le campement de San José où se sont installées les familles des mineurs est rebaptisé «campement de l’espoir ». Les travaux de sauvetage débutent.
Le 13 octobre, lorsque les premiers mineurs retrouvent la liberté, pas moins de mille sept-cents journalistes du monde entier les attendent, au milieu des drapeaux chiliens. Pour se préparer au « grand jour », les mineurs ont même dû suivre des leçons de « media-training » – au fond de la mine – en prévision de l’avalanche d’interviews et d’émissions télévisées (sans compter les propositions d’adaptation de leur histoire au cinéma, dans diverses langues).
Durant deux mois, le ministre des mines – et ancien cadre dirigeant de la filiale chilienne d’ExxonMobil –, M. Laurence Golborne, a joué les animateurs vedettes. Sans jamais quitter son blouson aux couleurs du pays et des festivités liées au bicentenaire de l’indépendance (1810-2010), il embrassait les proches des victimes et commentait les moindres progrès de l’opération de sauvetage. Mais le jour « J », c’est le président lui-même qui s’est placé sous les feux des projecteurs.
Cinq heures onze du matin (heure française) : le premier mineur sort du puits d’évacuation. Il embrasse son enfant, son épouse puis… le président. Quatre minutes plus tard, ce dernier fait sa première déclaration et remercie Dieu, « sans qui ce sauvetage n’aurait pas été possible ». Il ajoute : « Aujourd’hui, nous pouvons nous sentir plus orgueilleux que jamais d’être chiliens. »
Pour l’exécutif, le drame présentait certains avantages. M. Sebastián Piñera, président-entrepreneur multimillionnaire élu le 17 janvier 2010, connaît des débuts difficiles (1). Sa gestion désastreuse des conséquences du tremblement de terre de février dernier suscite de nombreux mécontentements cependant que les mobilisations et grèves de la faim des Indiens Mapuches, dans le sud, lui donne du fil à retordre. Le martyre des « 33 » représentait donc une occasion rêvée d’organiser, deux mois durant et en direct, un formidable spectacle télévisé. Alors que les « 33 » étaient proclamés « héros du bicentenaire de l’indépendance », tout fut fait pour transformer l’élan de solidarité en un consensus politique : « tous unis » derrière le président Piñera. Pourtant, selon le journaliste Paul Walder, l’accident de San José constitue surtout une allégorie du Chili contemporain, un pays où la classe ouvrière se trouve « ensevelie » sous un système qui l’opprime (2).
Dans la région d’Antofagasta,
277 gisements sur 300 sont exploités
sans être aux normes

Dans les faits, les trente-trois mineurs surmédiatisés demeurent paradoxalement sans voix. Ni eux, ni leur familles, ni le mouvement syndical – historiquement puissant dans ce secteur, mais affaibli par la dictature et ses réformes néolibérales –, n’ont eu l’occasion de donner leur analyse des causes de l’accident. A l’extérieur, ceux qui ont réussi à échapper à l’éboulement tentent de rappeler que leurs salaires n’ont pas été versés depuis plusieurs semaines : « Arrête ton show Piñera, nous sommes aussi trois cents dehors (3). » Ils se heurtent à l’indifférence générale.
Le Chili est l’un des fers de lance du capitalisme minier latino-américain. L’extraction représente 58 % des exportations et 15 % du produit intérieur brut (PIB). Le pays exploite le charbon, l’or et surtout le cuivre, dont il est le principal producteur au monde (avec 40 % du marché), notamment grâce à la plus grande mine à ciel ouvert de la planète (Chuquiquamata). Le Chili disposerait même de réserves équivalentes à deux cents ans d’exploitation.
Au moment des grandes nationalisations de 1971, le président socialiste Salvador Allende avait estimé que l’exploitation du cuivre constituait le « salaire du Chili ». Le gouvernement de l’Unité populaire avait alors exproprié les grandes firmes américaines et transféré leur propriété à la Corporation nationale du cuivre (Codelco).
A partir du coup d’Etat de 1973, la dictature, puis la démocratie néolibérale, inversèrent la logique en offrant de nombreux gisements en concession aux entreprises privées nationales et internationales. Sans oublier de ramener les taux d’imposition à l’un des niveaux les plus faibles au monde (4) et les conditions de sécurité à leur plus simple expression. Elles sont parfois inexistantes. Peu importe, de toute façon : dans la région d’Antofagasta, 277 gisements sur 300 sont exploités sans être aux normes. Dans un tel contexte, l’exploitation minière devient une activité très lucrative.

Trente-et-un morts par an

Tout irait néanmoins pour le mieux puisque le développement de l’activité aurait propulsé les mineurs au rang de véritable « aristocratie ouvrière ». Leurs salaires ne sont-ils pas jusqu’à trois fois supérieurs au salaire minimum (262 euros mensuels) ? Mieux, ajoutait un quotidien du soir : « Le drame des “33” de San José et l’opération en cours pour les sauver ne doivent pas faire oublier l’essentiel : la grande majorité des mineurs chiliens travaillent dans d’excellentes conditions de sécurité (5). » Pourtant, avec trente-et-un morts par an, en moyenne (sur un total de 106 340 personnes travaillant dans la mine et les gravières), on a connu environnement plus engageant.
« San José est un cauchemar. C’était dangereux, je le savais, tout le monde le savait, déclare l’un des mineurs rescapés. Il n’y a qu’un mot d’ordre : productivité (6). » La compagnie minière San Estaban – qui exploite le sous-sol du pays depuis plus de deux cents ans – appartient à MM. Alejandro Bohn (60 % du capital) et Marcelo Kemeny (40 %), le fils du fondateur de la compagnie. Des deux mines qu’ils possédaient, l’une a dû fermer, épuisée. Il fallait donc que San José continue à financer le train de vie des dirigeants de la société.
A San José, la hausse du prix du métal sur le marché mondial se traduit par une intensification du travail, le recours quasi-systématique aux heures supplémentaires (jusqu’à douze heures par jour) et… une certaine désinvolture dans le domaine de la sécurité : quand, au moment de l’accident, le 4 août, les trente-trois mineurs se précipitent dans la cheminée de secours pour remonter, ils découvrent qu’aucune échelle n’y a été installée...
Une surprise ? Non : depuis 1999, les accidents se multiplient. En 2004, suite à la mort d’un ouvrier, les syndicats avaient déposé une plainte d’abord rejetée par la cour d’appel. Finalement, en 2005, c’est la fermeture sur décision de la direction du travail. Pourtant, la mine rouvre en 2009, sans que l’ensemble de l’exploitation ait été mise aux normes. En juillet 2010, nouvel accident : un mineur a les jambes broyées. Malgré tout, trois semaines plus tard, le service national de géologie et des mines (Sernageomin) autorise le maintien de la production. Plusieurs syndicalistes parlent de corruption. Vingt-six familles de mineurs ont même décidé de porter plainte contre les propriétaires et l’Etat.
M. Nestor Jorquera, président de la Confédération minière du Chili (syndicat qui regroupe dix-huit mille salariés), regrette que le Chili ne soit pas signataire de la convention 176 de l’organisation internationale du travail (OIT) sur la sécurité et la santé dans les mines. Il dénonce surtout une législation du travail régressive, héritage de la dictature. Le droit de grève, par exemple, est limité.
Malgré quelques programmes de prévention des risques, la superintendance de sécurité sociale (ministère du travail) reconnaît que 443 personnes sont décédées suite à un accident du travail en 2009 (282 pour le premier semestre 2010), tandis que 191 685 accidents non mortels ont été enregistrés l’année dernière (pour une population active de 6,7 millions d’individus).
Le 28 août 2010, le président Piñera a annoncé la création d’une «superintendance des mines » (les syndicats n’y seront pas représentés), renvoyé le directeur du Sernageomin et promis l’augmentation des contrôles et du nombre d’inspecteurs. Il faut dire que ces derniers sont aujourd’hui... seize, pour contrôler plus de quatre mille mines réparties dans tout le pays (7).
Franck Gaudichaud
Maître de conférences en civilisation hispano-américaine à l’université Grenoble 3. A dirigé : Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine, Textuel, Paris, 2008.

(1) Voir Franck Gaudichaud, « Tremblement de terre politique et retour des Chicago boys », Recherches internationales, juillet 2010 (accessible sur le site du Centre tricontinental).
(2) Paul Walder, « La sepultada clase obrera », Punto Final, n° 717, Santiago (Chili), septembre 2010.
(3) José Luis Córdova, Diarioreddigital.cl, 8 octobre 2010.
(4) En juin 2010, le ministre des mines reconnaissait que la fiscalité minière au Chili était la troisième plus faible au monde (Radio Cooperativa, 1er juin 2010).
(5) « Au Chili, les mineurs forment une aristocratie ouvrière enviée », Le Monde, 21 septembre 2010.
(6) Cf. Jean-Paul Mari, « La malédiction de San José », Le Nouvel Observateur, n° 2395, 30 septembre 2010.
(7) Andrés Figueroa Cornejo, « Treinta y tres mineros, uno tras otro », Agencia latinoamericana de información, 10 septembre 2010.

samedi 16 octobre 2010

Les dessous de l'odyssée des 33 mineurs de l'Atacama au Chili

Ainsi, les familles de certains d'entre eux ont appris pour la première fois comment, acculés au désespoir, les 33 ont incendié des pneus, déclenché des explosifs et bu de l'eau contaminée au pétrole pendant les 17 jours qui ont précédé leur localisation après l'effondrement de terrain.
"Le pire moment fût au moment du second éboulement, lorsque le puits a été entièrement obstrué. J'ai alors pensé que je ne reverrais jamais plus ma femme et que je ne ferais jamais la connaissance de mon futur fils", a raconté Richard Villarroel, un mineur âgé de 27 ans. "Lorsque je priais, je priais en fait pour eux".
Après leur sauvetage, mercredi, les mineurs ont paru en bonne forme relative, doté d'un moral également bon après 69 jours passés dans les entrailles de la Terre.
Et pourtant, plusieurs miraculés de l'Atacama ont admis avoir eu peur de mourir lors des premières semaines de captivité.
Selon le témoignage de Richard Villarroel, les 33 se sont précipités vers les conduites d'air pour faire brûler des pneus afin d'attirer l'attention des sauveteurs en surface.
Comprenant que leur odyssée risquait de durer un certain temps, les mineurs ont limité leur alimentation quotidienne à deux cuillères de thon et la moitié d'un biscuit sec chacun.
Lorsque le bruit des premiers travaux de forage est parvenu à leurs oreilles le 22 août, les emmurés ne se nourrissaient très légèrement que toutes les deux heures. Et quand leur réserve d'eau minérale est tombée à seulement dix litres, ils ont commencé à boire de l'eau provenant de fûts métalliques contenant des restes d'huile de moteur.
"Nous nous nous serré les coudes dans les moments difficiles, lorsque nous n'avions plus rien, lorsque nous nous sommes résolus à boire de l'eau qui n'était pas potable", a raconté un autre mineur, Franklin Lobos.

jeudi 14 octobre 2010

Chili : des "petits cadeaux" et après ?

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
Le patron d'Apple Steve Jobs, a offerts des IPod pour aider le mineurs à tenir lors de leur calvaire. Ici Jobs avec le milliardaire conservateur Sebastián Piñera, Président de la République du Chili. Photo José Manuel de la Maza
Les petits cadeaux
Du côté des petits cadeaux, les mineurs auront le choix entre plusieurs activités "détente" : deux places de stade pour aller voir un match de Manchester United ou encore du Real Madrid, une croisière dans les îles grecques pour eux et leur famille, un Ipod avec dédicace du patron d’Apple Steve Jobs.



Une star de la télé-réalité chilienne, Adriana Barrientos, leur a même proposé un strip-tease gratuit.
Devenus des stars médiatiques, les "33" ont les cartes en main pour faire payer très cher leurs témoignages. D’abord dans les médias. Selon le quotidien canadien Globe and Mail , des chaînes de télévisions seraient prêtes à mettre près de 300.000 euros sur la table pour une interview exclusive.
Déjà des espèces sonnantes et trébuchantes
Les miraculés peuvent aussi compter sur les recettes du film Les "33" , tourné par le réalisateur chilien Rodrigo Ortuzar et qui devrait sortir au deuxième semestre 2012. Le cinéaste a déjà assuré que les recettes iraient à une fondation veillant à l'avenir des fils des mineurs. Et Hollywood serait déjà sur le coup pour racheter les droits.
En attendant, les mineurs peuvent profiter de la générosité du millionnaire chilien Leonardo Farkas. L’entrepreneur a déjà versé à chaque famille de mineurs l'équivalent de 7.000 euros et s’est engagé à leur verser à terme environ 700.000 euros.
De retour dans la mine ?
Mais, sur le plan professionnel, les mineurs vont devoir se reconstruire. A l'exception des plus âgés qui devraient pouvoir partir à la retraite, les autres vont devoir retrouver un emploi. Très dangereux, le travail dans les mines était en contrepartie bien payé, trois fois supérieur au salaire moyen chilien. D'où la tentation de retourner sous terre, qui a déjà été exprimée par certains.
Seule certitude dans l'immédiat : les miraculés ne retourneront pas dans la mine de San José. Pour des raisons financières et de sécurité, celle-ci ne rouvrira pas. Le gouvernement chilien n’a cessé de répéter qu’il veillerait au reclassement de ses héros. Mais rien n'est en fait assuré. Un bras-de-fer va s'engager devant la justice entre les mineurs et leurs anciens employeurs. En jeu : le montant des indemnités qu'ils pourraient percevoir.

mercredi 13 octobre 2010

Comment Piñera a orchestré le sauvetage des mineurs chiliens

Lui aussi, d'une certaine façon, vit un miracle politique. Elu en mars dernier, il avait été très critiqué pour sa gestion de la reconstruction après le tremblement de terre et le tsunami qui avaient frappé le Chili. Trop lent, trop désorganisé : les populations touchées ne l'avaient pas épargné.
Alors, quand l'accident de San José s'est produit, le 5 août, il a tout fait pour offrir une autre image. Il a multiplié les déplacements à la mine, a fait venir les experts de la Nasa et des sauveteurs du monde entier.
Sa première allocution (voir la vidéo ci-dessous), au moment du sauvetage, était consacrée à l'unité des Chiliens. Un peuple entier vibre au rythme de ce sauvetage. Un peuple qui a longtemps été divisé par les séquelles de la dictature. Piñera espère refermer ces plaies.


Premier président de droite élu démocratiquement depuis les années 1950, il espère, au passage, changer l'image de son camp, dans un pays où la gauche a largement dominé pendant vingt ans, après le retour de la démocratie en 1990 et la fin de l'ère Pinochet. Ce serait, pour lui, un autre exploit.

mardi 12 octobre 2010

Ce qui attend les mineurs chiliens à la sortie

Cette remontée devrait prendre moins de 15 minutes par mineur, mais la préparation de chaque va-et-vient amène les autorités à parler d'une heure environ par mineur, soit, de un jour et demi à deux jours pour l'ensemble de l'opération. Chaque mineur portera des électrodes suivant en permanence fréquence cardiaque, respiratoire, ventilation, consommation d'oxygène, température. En cas de problème, il pourra détacher l'habitacle de la nacelle, et redescendre en douceur.

L'ordre de sortie des mineurs ne sera pas rendu public, mais les autorités ont indiqué qu'un groupe de quatre à cinq mineurs jugés «plus habiles» sortiraient en premiers. Ils seront suivis d'une dizaine de mineurs jugés plus faibles physiquement ou psychologiquement et enfin des plus forts, capables de supporter une attente prolongée.

Les «33» subiront un examen médical dès leur retour à la surface et pourront rencontrer leur famille proche, avant d'être transférés dans un hôpital de Copiapo, à moins d'un quart d'heure d'hélicoptère, où ils séjourneront deux jours pour des examens poussés, sauf complication. Il leur restera à faire face à l'immense pression médiatique suscitée par ce sauvetage inespéré.

1700 médias accrédités se trouvent déjà sur place, un chiffre qui pourrait encore augmenter. Depuis la découverte en août du fameux mot «Nous allons bien, les 33 dans le refuge», l'emballement pour les «miraculés» n'a pas cessé de croître. Florilège des initiatives.

Une livraison de maillots de foot

Franklin Lobos, 55 ans, conducteur d'engins et ancien footballeur - il avait porté le maillot de l'équipe du Chili dans les années 90 - a éveillé les consciences dans le monde du foot. Les mineurs ont ainsi reçu les maillots dédicacés de l'équipe du Chili et du Real Madrid. Le club espagnol a même invité les 33 à venir voir un match au stade Santiago Bernabeu quand ils seront sortis.

Il a également publié sur son site des photos de l'entraîneur portugais José Mourinho et des stars de l'équipe, Cristiano Ronaldo, Iker Casillas ou encore Sergio Ramos, en train de signer les maillots, évidemment floqués du numéro 33.



Début septembre, le champion du monde David Villa avait envoyé deux maillots dédicacés de son club, le FC Barcelone, pour témoigner de son soutien en tant que fils de mineur. A noter que le club anglais de Manchester United a lui aussi invité les rescapés à assister à une de ses rencontres, dans le stade d'Old Trafford.

Porte-bonheur?

33 chapelets bénis par Benoît XVI ont été envoyés par le Vatican à chacun des mineurs.

PSP et autres Ipods

Sony avait eu la primeur de la publicité gratuite. Fin août, quelques consoles portables de jeux vidéo (des PSP) avaient été remises aux mineurs, avant que les médecins ne décident de leur retirer, afin d'éviter tout réflexe d'isolement. Quelques semaines plus tard, Steve Jobs, jamais en reste d'un bon coup marketing, a remis au président chilien Sebastian Piñera 33 Ipods. Mais aux mêmes maux, les mêmes effets: les mineurs ne verront pas la couleur des lecteurs MP3 du patron d'Apple avant leur sortie de terre.

La «Schramm T-130», cette héroïne

REUTERS/Mariana Bazo

L'excavateur qui a percé le puits de secours a quitté lundi la mine de San José sous les acclamations et quelques larmes des familles des mineurs. La machine s'est frayée un passage entre les journalistes, protégée comme une star de cinéma par les policiers, deux jours après avoir réussi la jonction, à 622 m de fond, avec les mineurs prisonniers.

Emplois, dons, interviews

Le quotidien canadien Globe and Mail recense les nombreuses propositions que vont recevoir les rescapés. Le magnat chilien Leonardo Farkas a ainsi offert 10.000 dollars à chacun des 33, alors que certaines chaînes de télévision négocieraient des interview exclusives pour plus de 400.000 dollars. Sans parler des centaines d'offres d'emplois...