lundi 13 octobre 2014

EVO MORALES RÉÉLU PRÉSIDENT DE BOLIVIE AU PREMIER TOUR

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« EVO À NOUVEAU » 
Après les premiers résultats partiels, Evo Morales est réélu dès le premier tour pour un troisième mandat à la tête de la Bolivie. Il obtiendrait 60% des voix. Le leader socialiste devance largement le candidat de centre-droit Samuel Doria Medina, qui pointerait à 25%. Côté Parlement, le parti MAS du président obtiendrait les deux tiers des sièges, mais cela reste à confirmer.
Le président sortant termine loin devant ses
adversaires. Doria Medina est à environ 25%. Troisième, l’ex-président de droite Jorge Quiroga est à 9%. Evo Morales l’aurait aussi emporté dans la région de Santa Cruz, supposée bastion de l’opposition de droite.

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 EVO MORALES À VIENNE APRÈS UNE HALTE FORCÉE
PHOTO HELMUT FOHRINGER

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Ce qui reste encore indécis, selon les premiers résultats, c’est en revanche l’obtention des deux tiers des sièges au Parlement. Un peu plus de 6 millions de Boliviens étaient appelés aux urnes. Le vote est obligatoire en Bolivie. Le scrutin s’est déroulé sans incident majeur.

Après la publication des premiers résultats, Evo Morales a notamment dédié sa victoire au Cubain Fidel Castro et au défunt président vénézuélien Hugo Chavez. Il s’agit donc d’un véritable triomphe pour le leader indigène.

Un succès historique

Arrivé au pouvoir en 2005, Evo Morales remporte un nouveau succès électoral historique, autant par son ampleur que par la confirmation d’une stabilité politique inédite en Bolivie depuis le retour de la démocratie en 1982.

Dès l’annonce des premiers résultats, le leader indigène s’est adressé à ses partisans rassemblés sur la place Murillo au pied du palais présidentiel. Quant au candidat malheureux, Samuel Doria Medina, il a reconnu sa défaite :

« Nous prenons ce résultat comme un mandat. Un mandat pour que tous les parlementaires d’Unité démocrate contrôlent de manière adéquate la gestion de ce gouvernement. Pour que nous nous assurions qu’il n’y ait plus de réélections, que nous nous assurions que la Constitution et les lois soient respectées. Que nous nous assurions que la santé, l’éducation et la lutte contre l’insécurité s’améliorent dans notre pays. »

Parmi les priorités affichées du président réélu, on trouve la lutte contre l’insécurité et la corruption, la consolidation de la bonne santé économique, ou encore l’approfondissement de l’industrialisation du pays. Quant à l’opposition, elle a désormais cinq ans de plus pour essayer de se réunir enfin derrière un projet et un seul candidat, ce qui semble être l’unique manière de pouvoir un jour inquiéter le président Morales et son parti.

dimanche 12 octobre 2014

AU BRÉSIL, MARINA SILVA APPELLE À VOTER TOUT SAUF ROUSSEFF

DESSIN DE PANCHO CAJAS
MARINA SILVA CANDIDATE «SOCIALISTE» AUX IDÉES SOCIÉTALES CONSERVATRICES, MÉTISSE AFRO-INDIENNE, ORIGINAIRE D'AMAZONIE, ANALPHABÈTE JUSQU'À L'ÂGE DE 16 ANS, ET ÉVANGÉLIQUE DE SURCROÎT, COMME DES MILLIONS DE BRÉSILIENS.
«Le résultat du premier tour a permis de vérifier l’existence d’un indiscutable désir de changement au sein de la société brésilienne, qui s’est traduit par les 22% obtenus au premier tour par Marina Silva et un taux important d’environ 30% de votes blancs et d’abstentions», souligne le communiqué. «Par respect pour ceux qui ont voté Aécio en croyant au changement, pour ceux qui n’ont pas défini leur position et pour ceux qui ne se sentent pas représentés par la polarisation (PT-PSDB) qui dure depuis vingt ans, nous laissons chaque militant libre de décider laquelle de ces alternatives représentera le mieux les propositions de changement défendues par Marina Silva», souligne ce parti.

Marina Silva devait à l’origine se réunir jeudi à Brasilía avec les leaders du PSB et d’autres partis alliés pour annoncer sa position. Mais dans la matinée, son service de presse a indiqué à l’AFP qu’elle «restera à São Paulo et ne dira rien pour le moment». «Pour le moment, elle n’a pas prévu de parler, […] parce qu’elle estime que la priorité est que les partis (alliés) se mettent d’accord» sur un programme, a souligné un attaché de presse.

Mercredi soir, le PSB, dont Marina Silva était la candidate pour la présidence, avait déjà opté pour un soutien au social-démocrate Aécio Neves. Dilma Rousseff, 66 ans, a remporté dimanche dernier le 1er tour avec 41,59% des voix contre 33,55% pour Aécio Neves, 54 ans. Tous deux se disputent les voix des électeurs de Marina Silva, une dissidente du Parti des travailleurs qui prône une «nouvelle politique» en rupture avec le jeu des partis traditionnels.

Marina Silva a fait savoir qu’elle était prête à soutenir Aécio Neves, à condition qu’il accepte d’intégrer à son programme des mesures qu’elle défend. Elle avait fait irruption dans la course présidentielle lorsque le PSB l’avait désignée candidate après la mort dans un accident d’avion, en août, de son leader, Eduardo Campos. Elle était alors sa colistière. D’autres partis alliés de Marina Silva, comme le petit Parti populaire socialiste (PPS, ex-parti communiste) et le Parti social chrétien (PSC), ont annoncé mercredi leur soutien à Neves. Le Parti des verts (PV) a fait de même.

AFP

PRÉSIDENTIELLE AU BRÉSIL : AÉCIO NEVES DEVANCE DILMA ROUSSEFF DANS LES SONDAGES

Ces deux sondages comportent une marge d’erreur de +/-2%, qui situe de facto les deux adversaires à égalité technique, confirmant le caractère dès l’origine très indécis de l’élection pour la présidence du géant émergent d’Amérique latine. Les votes blancs et nuls sont comptabilisés au Brésil, ce qui explique qu’un candidat puisse remporter l’élection sans nécessairement franchir la barre des 50%.

Dilma Rousseff a remporté le premier tour avec 41,59% des voix face à ses deux grands rivaux du camp du «changement», Aécio Neves (33,55%) et l’atypique écologiste Marina Silva (21,3%), éliminée alors qu’elle avait un temps été favorite de l’élection.
Marina Silva contre Dilma Rousseff

Grande perdante du premier tour, Marina Silva - qui a fédéré de nombreux déçus de la gauche en prônant une «nouvelle politique» de rupture avec 20 ans de bipolarisation PT-PSDB - est paradoxalement devenue l’arbitre du second.

Durement attaquée pendant la campagne par le camp présidentiel, Marina Silva a exclu d’appeler à voter pour Mme Rousseff, au nom du respect de la volonté de changement majoritairement exprimée par les Brésiliens au premier tour. Mais elle a fait monter jeudi les enchères de son éventuel soutien à Aécio Neves en le conditionnant à un accord de programme, par souci de cohérence avec sa promesse de rupture avec les traditionnels ralliements contre postes.

Elle exige que M. Neves fasse siennes les grandes lignes de son propre programme : non-rééligibilité du président de la république dont le mandat serait porté de quatre à cinq ans, promotion de l’agriculture familiale, affectation de 10% du PIB au budget de l’éducation, protection des populations indigènes, engagement effectif pour stopper à terme la déforestation de l’Amazonie, et tout une batterie de mesures en faveur du développement durable.

Marina Silva devait initialement annoncer ses consignes jeudi à Brasilia. Mais elle est restée à Sao Paulo et son entourage rencontrera vendredi M. Neves à Rio de Janeiro pour lui soumettre ses conditions.

Aécio Neves dans l’espoir d’un accord avec Marina Silva

«J’attends avec sérénité la décision de Marina», a répondu jeudi le «candidat des forces du changement» à Rio. M. Neves a dit espérer un accord sur l’essentiel mais pas au prix de renier ses propres engagements : «Nous n’allons pas créer de fausses illusions car ce serait une fraude.» Le Parti socialiste brésilien (PSB), ex-membre de la coalition de gauche au pouvoir, dont Marina Silva était devenue la candidate de circonstance après la mort de son allié socialiste Eduardo Campos en août, s’est rallié mercredi à M. Neves.
Mais le parti vert de Marina Silva, Rede Sustentabilidade, a appelé jeudi ses militants à voter «soit pour Aécio Neves, soit blanc ou nul». «Par respect pour ceux qui ont voté Aécio en croyant au changement, pour ceux qui n’ont pas défini leur position et pour ceux qui ne se sentent pas représentés par la polarisation (PT/PSDB), nous laissons chaque militant libre de décider laquelle de ces alternatives représentera le mieux les propositions de changement défendues par Marina Silva», a souligné Rede Sustentabilidade.

Electeurs partagés

Les 142,8 millions d’électeurs du géant émergent d’Amérique latine sont divisés, en particulier ceux de la classe moyenne désormais majoritaire de ce pays-continent de 202 millions d’habitants. Beaucoup, surtout dans les classes populaires et régions pauvres du Nord-Est, voteront Dilma Rousseff par fidélité aux conquêtes socio-économiques de la gauche au pouvoir, qui ont permis à 40 millions de pauvres d’accéder à la classe moyenne.

Le camp du changement est partagé : d’un côté, l’opposition traditionnelle d’Aécio Neves, qui veut en finir avec la gauche et prône des recettes libérales pour relancer le moteur de la septième économie mondiale en panne, de l’autre, les déçus du «Lulisme» de Marina Silva. 

Source AFP

PRÉSIDENTIELLE AU BRÉSIL : ROUSSEFF ET NEVES AU SECOND TOUR

La grande surprise du premier tour de l’élection de dimanche a été également la force avec laquelle le sénateur Aecio Neves, longtemps distancé dans les sondages, a surpassé Marina Silva, l’autre candidate du changement.
DILMA ROUSSEFF PAR PANCHO CAJAS

Candidate du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir depuis 12 ans, Dilma Rousseff s’est imposée avec un score attendu de 41,6%, devant Aecio Neves, à 33,6% - alors que les derniers sondages de samedi le créditaient d’à peine 27% - et Marina Silva, reléguée à 21,3%.

«Aecio Neves renaît de ses cendres et arrive au second tour en force. Je crois que Rousseff et Neves ont chacun 50% de chances de l’emporter. La campagne va être très courte et très intense», a commenté pour l’AFP l’analyste politique André César, du cabinet de consultants Prospectiva. «L’électeur brésilien a voulu voter pour ce qu’il connaît. Les partis traditionnels se sont imposés», explique David Fleischer, de l’Université de Brasilia. Au cours des 20 dernières années, les présidentielles brésiliennes ont toutes été des affrontements entre le PT de l’ex-président Lula (2003-2010) et le PSDB de l’ancien président Fernando Cardoso (1995 et 2002).

REPORTS DE VOIX

Paradoxalement, la victoire finale va se décider autour «des reports de voix déterminants» des électeurs de Marina Silva entre les candidats des deux grands partis de la «vieille politique» qu’elle voulait enterrer, souligne Barcelos Vargas, analyste de la Fondation Getulio Vargas. «S’ils votent majoritairement pour Aecio Neves, alors celui-ci sera en condition de l’emporter au second tour», ajoute-t-il. Marina Silva et Aecio Neves ont cumulé à eux deux 55% des voix en faveur du changement. Les enquêtes d’opinion effectuées jusqu’à présent montrent que 60% des électeurs de Marina Silva voteraient pour Aecio Neves, alors qu’elle a été militante du PT pendant 30 ans et ministre de l’Environnement de Lula.

Les résultats du premier tour montrent qu’une grande partie de la campagne se jouera dans le sud-est du pays, la zone la plus industrialisée et peuplée du pays avec de grandes capitales comme Sao Paulo, Rio de Janeiro et Belo Horizonte. Marina Silva y a enregistré des scores bien souvent supérieurs à sa moyenne nationale. C’est là que les jeunes des classes moyennes avaient majoritairement protesté pour l’amélioration des services publics et contre le système lors de la fronde de juin 2013.

«Il existe un désir de changement, des personnes mécontentes de la détérioration de l’économie, spécialement dans les classes les plus favorisées, mais la défense des conquêtes du PT a aussi beaucoup de force au sein de l’électorat», souligne Joao Augusto de Castro Neves, de Eurasia Group, pour qui Dilma Rousseff reste favorite. «Ce n’est pas seulement quatre ans de Rousseff mais douze du PT, avec croissance économique, hausse du salaire minimum et mise en place des programmes sociaux», précise-t-il.

«La présidente est favorisée par les puissantes structures du PT, l’administration publique et une ample alliance de partis. Mais elle a contre elle une économie en berne sans perspectives d’améliorations», analyse André César. «Neves, lui, part avec beaucoup de force, avec un parti structuré et des militants encouragés par le résultat, mais il lui faudra aussi conquérir les indécis, le ferme soutien de Marina Silva et combattre la peur des Brésiliens d’un changement qui pourrait leur faire perdre les bénéfices sociaux».

«Le PT et le PSDB vont se disputer chaque vote», prévoit Daniel Barcelos Vargas, analyste de la Fondation Getulio Vargas.

LA POPULARITÉ INOXYDABLE D’EVO MORALES

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UNE FEMME MARCHE EN FACE D'UNE PEINTURE MURALE
À EL ALTO, LA PAZ EN BOLIVIE. PHOTO JUAN KARITA 
ancien producteur de coca d’origine aymara, Evo Morales Ayma est le premier président syndicaliste et indigène de Bolivie. Après son impressionnante victoire au premier tour de l’élection en 2005 avec près de 54 % des voix, beaucoup se demandaient comment le dirigeant socialiste allait s’en sortir à la tête d’un pays convulsé qui avait vu se succéder deux présidents cette même année. Neuf ans plus tard, Evo Morales a non seulement largement été réélu en 2009, mais il brigue un troisième mandat à la tête d’un pays en pleine croissance, jouissant d’une relative paix sociale.
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LE TÉLÉPHÉRIQUE QUI UNIT EL ALTO Y LA PAZ. PHOTO MARTIN ALIPAZ 

« GRAND CONSTRUCTEUR »

« Il y a toujours des conflits dans différents secteurs, mais ils ne remettent pas en cause l’hégémonie du gouvernement », précise le politologue et spécialiste du MAS, Hervé Do Alto. Crédité de plus de 57 % des intentions de vote selon les derniers sondages, M. Morales devancerait dimanche de plus de 40 points l’entrepreneur centriste Samuel Doria Media, son adversaire le plus sérieux. Un taux d’approbation faisant de lui l’un des chefs d’Etat les plus populaires d’Amérique latine.

Les raisons de cette popularité sont nombreuses. Pour Pablo Stefanoni, journaliste argentin et ancien conseiller du dirigeant socialise, « Evo Morales a gardé son aura de chef populaire » et reste le « représentant d’un renouvellement de l’élite ». Depuis son arrivée au pouvoir, « l’Etat a fait une place aux indigènes et aux paysans, ce qui n’avait jamais été le cas avant », insiste Pablo Stefanoni.

« Il est des nôtres, c’est un président qui est fier de ses origines », salue Clemente Paco, un agriculteur de la province d’Ingavi, venu mercredi à El Alto. « Beaucoup de Boliviens se sentent représentés par le président », souligne à son tour le sociologue George Komadina, qui rappelle aussi la reconnaissance internationale dont jouit Evo Morales.


« Les gens voient en Evo Morales un grand constructeur »
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EVO MORALES SOUTIENT UN LINGOT DE PLOMB LE 10 SEPTEMBRE
2014 À
 POTOSÍ (BOLIVIE). PHOTO DAVID MERCADO
Au charisme et à l’intelligence politique du président Morales s’ajoutent les bons résultats économiques depuis 2006. En huit ans, le PIB a été multiplié par trois et le taux d’extrême pauvreté est passé de 38 % à 21 % en 2012. La loi de nationalisation de 2006, conjuguée à une hausse du prix des matières premières (pétrole, gaz, mais aussi étain), a permis à l’Etat d’augmenter les dépenses publiques au profit des plus pauvres. « Cet argent a été redistribué de manière habile dans les secteurs les plus fragiles de la société », explique George Komadina.

Le gouvernement a mis en place des bons d’aide aux personnes âgées et aux enfants scolarisés. Il a construit des écoles, des hôpitaux ou des terrains de jeux. « Résultat, les gens voient en Evo Morales un grand constructeur », analyse M.Komadina. « Dans notre région, il a fait goudronner les routes, a installé le système d’égouts et financé des tracteurs », remercie l’agriculteur Martin Mamani, de la province d’Aromas.

« ENFIN DE LA STABILITÉ »

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EVO MORALES EN COSTUME TRADITIONNEL
L’absence d’opposition, faute d’union, ouvre la voie à la victoire annoncée d’Evo Morales, qui, depuis 2009, a gagné le soutien de la population de la riche région de Santa Cruz et des entrepreneurs, qui lui étaient pourtant farouchement opposés dans un premier temps. « Ils ont choisi d’être pragmatiques et de négocier », constate Pablo Stefanoni, qui estime «qu’en plein boom économique, ils n’avaient aucun intérêt à continuer de s’opposer au gouvernement ».

Le système de pouvoir mis en place par Evo Morales n’est pas exempt de critiques, notamment dans le domaine de la justice, trop souvent mise au service de l’exécutif. « La corruption au sein des institutions a aussi été dénoncée mais très peu sanctionnée », note George Komadina, dénonçant un « hyper-présidentialisme » alors que le MAS, qui regroupe la majorité des mouvements sociaux, concentre tous les pouvoirs.

Evo Morales a aussi été très critiqué en 2013 pour avoir décidé de la construction d’une route traversant le parc naturel du Tipnis, aux dépens de communautés amazoniennes. Ce projet a entraîné une cassure au sein des peuples indigènes et poussé Fernando Vargas à se présenter pour le Parti vert de Bolivie, mais il est crédité d’à peine 1 % des intentions de vote. « Moi, je ne trouve pas sain de ne pas avoir plus d’opposants ou de projets d’alternance dans une démocratie », indique un fonctionnaire qui refuse de dire son nom. Peu convaincu par le gouvernement, ce jeune père de famille votera toutefois pour Evo Morales dimanche, « car le plus important pour un pays est qu’il soit stable, qu’il y ait de la continuité. Et, avec ce gouvernement, admet-il, nous avons enfin cette stabilité. »

Chrystelle Barbier (La Paz, envoyée spéciale) 
Journaliste au Monde

samedi 11 octobre 2014

CHILI: LE SÉNAT ADOPTE LA LOI SUR L’UNION CIVILE

Les débats ont été sensiblement houleux, et les parlementaires opposé.e.s à cette avancée ont tenté à plusieurs reprises de limiter les bénéfices de l’AVP. À l’inverse, plusieurs amendements ont été rejetés, l’un prévoyait par exemple d’exclure les couples hétérosexuels de l’AVP. Enfin, si les militant.e.s pour la reconnaissance des couples de même sexe et l’homoparentalité ont assisté silencieusement aux séances, les opposant.e.s à l’égalité présent.e.s dans les tribunes n’ont pas hésité à intervenir pendant les discussions.

L’association chilienne Movilh a fait part de sa satisfaction et a rappelé que l’adoption de cette loi est une suite logique dans les progrès accomplis ces dernières années: «Dans les années 90, les personnes homosexuel.le.s et les personnes trans’ étaient des criminel.le.s aux yeux de la loi qui a finalement été abrogée. Puis, avec la loi anti-discrimination, nous avons acquis une certaine protection contre l’homophobie et la transphobie [suite au meurtre du jeune Daniel Zamudio en 2012, ndlr]. Aujourd’hui, nous passons à l’égalité non seulement pour les personnes LGBTI, mais à la construction de la famille et de l’amour. L’AVP est la reconnaissance de la diversité de la famille.»

mercredi 8 octobre 2014

CHILI: LES EMPLOYÉS DE MAISON TRAVAILLERONT 45 HEURES AU LIEU DE 72

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ÉDUCATION POUR LES EMPLOYÉS DE MAISON ANNÉES SOIXANTE-DIX AU CHILI.

Le dimanche sera par ailleurs chômé et ceux vivant chez leur employeur ne pourront se voir décomptés de leur salaire le logement et les repas.

"C'est une grande nouvelle pour le pays", a déclaré la ministre du Travail Javiera Blanco, en se félicitant que les employés de maison puissent bénéficier "de conditions de travail dignes et décentes".

La nouvelle loi bénéficiera aux quelque 370 000 employés domestiques de ce pays de 17 millions d'habitants.