mercredi 26 juin 2019

LE VÉNÉZUÉLA ACCUSE LA COLOMBIE, LE CHILI ET LES ÉTATS-UNIS D'ÊTRE LIÉS À UNE TENTATIVE DE COUP D'ÉTAT


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LE GOUVERNEMENT VÉNÉZUÉLIEN A DÉJOUÉ UNE TENTATIVE DE « COUP D'ÉTAT »
MILITAIRE QUI PRÉVOYAIT L'ASSASSINAT DU PRÉSIDENT NICOLAS MADURO,
A ANNONCÉ MERCREDI LE MINISTRE DE LA COMMUNICATION.
PHOTO  PRÉSIDENCE VÉNÉZUÉLIENNE
Le Venezuela a évoqué mercredi une tentative de  « coup d'État » destinée à renverser le président Nicolas Maduro. Selon Caracas, le Chili, la Colombie et les États-Unis seraient impliqués.
Le gouvernement vénézuélien a annoncé mercredi avoir déjoué une tentative de  « coup d'État » militaire impliquant les États-Unis, la Colombie et le Chili, qui prévoyait l'assassinat du président socialiste Nicolas Maduro.

Selon Caracas, le coup d'État prévoyait l'assassinat du président


« Nous avons assisté à toutes les réunions de planification du coup d'État », a déclaré le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez. Des agents gouvernementaux auraient été infiltrés dans la préparation de cette tentative de renversement de Maduro et son remplacement par un général. Le coup d'État, impliquant des militaires actifs et en retraite ainsi qu'un ancien chef du renseignement, devait avoir lieu entre dimanche et lundi, a précisé le ministre.

Il a accusé le président de droite colombien Ivan Duque de « planifier des coups d'État, des assassinats du président » Maduro, mettant en cause également le président conservateur du Chili Sebastian Piñera et le Conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton.

Un pays en pleine crise économique et politique


Bien qu'assis sur d'immenses réserves de pétrole, le Venezuela est frappé par une récession qui se traduit entre autres par une hyperinflation, des pénuries et des coupures de courant à répétition et a poussé 4 millions de Vénézuéliens à émigrer depuis 2015, selon l'ONU. Quelque sept millions de personnes, soit un quart de la population, a besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

Le pays vit au rythme du bras de fer entre Nicolas Maduro et le chef de file de l'opposition Juan Guaido, depuis que ce dernier s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier et qu'il a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays    [laquais], des États-Unis.

SUR LA ROUTE DU « RÊVE AMÉRICAIN », UN PÈRE ET SA FILLE SE NOIENT DANS LE RIO GRANDE


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LES CORPS D’OSCAR ALBERTO MARTINEZ RAMIREZ ET
DE SA FILLE VALERIA, LUNDI 24 JUIN, SUR LA RIVE
MEXICAINE DE MATAMOROS.
PHOTO JULIA LE DUC 
Publiée par le quotidien mexicain « La Jornada », la photographie de ces deux corps inertes cramponnés l’un à l’autre remet en lumière les drames de l’immigration.
PHOTO JULIA LE DUC
Les deux corps gisent sur le ventre, côte à côte, enserrés dans un même tee-shirt sombre qui devait empêcher le courant de les éloigner l’un de l’autre. Le dernier geste désespéré d’un père pour protéger sa fille, dont le petit bras se cramponne encore à son cou. Ils sont morts ensemble, dans les bouillons du Rio Grande, ce fleuve qui marque la frontière entre le Mexique et les États-Unis, et que tentent chaque année de traverser, au péril de leur vie, des milliers d’hommes et de femmes attirés par le « rêve américain ».

Publiée par le quotidien mexicain La Jornada, la photographie de ces deux corps inertes, visages encore enfouis dans l’eau boueuse, a fait le tour du monde. Grâce à Julia Le Duc, la journaliste mexicaine qui a réalisé le cliché lundi 24 juin, ces noyés du Rio Grande ont retrouvé un nom : ils sont Oscar Alberto Martinez Ramirez, 26 ans, et sa fille, Valeria, 23 mois. Leur histoire, pourtant tristement banale, est devenue « l’incarnation poignante des conséquences tragiques et souvent éclipsées derrière le débat cynique et bruyant sur le contrôle des frontières », rappelle le journal américain The New York Times.

Attente interminable


Oscar Alberto Martinez Ramirez était salvadorien. Avec sa femme, Tania Vanessa Avalos, 21 ans, et leur fillette, ils avaient quitté leur domicile de San Martin le 3 avril pour tenter de gagner les Etats-Unis. Mais après deux mois d’attente dans un centre d’accueil de Tapachula (Mexique), où leurs procédures pour demander l’asile semblaient indéfiniment suspendues, la famille a décidé de poursuivre sa route, en traversant tout le pays.

Selon l’enquête de Julia Le Duc, tous les trois étaient arrivés dimanche matin au poste-frontière de Matamoros pour y déposer leurs formulaires de demande d’asile. Le bureau américain était fermé pour le week-end. Surtout, trois cents personnes attendaient déjà de pouvoir en faire de même – sachant que le bureau n’offre, depuis la dernière réforme migratoire décidée par Donald Trump, plus que trois rendez-vous par semaine pour étudier les demandes. Pour eux, cela signifiait encore de longues semaines d’attente avant même d’entamer toute procédure.

Selon Tania Vanessa Avalos, c’est son mari qui a alors suggéré de traverser le fleuve à la nage, repérant un passage qui lui semblait praticable. Devant les policiers, elle a raconté l’avoir laissé s’éloigner avec leur fille sous le bras jusqu’au côté américain, à quelques centaines de mètres de là. Il a déposé l’enfant sur l’autre rive. « Mais quand il a fait demi-tour pour retourner chercher sa femme, la fillette l’a rejoint dans l’eau. Quand il s’est retourné pour la récupérer, le courant les a emportés tous les deux », a raconté la journaliste Julia Le Duc au quotidien britannique The Guardian.

À moins d’un kilomètre du pont


C’est la mère de la fillette qui a donné l’alerte. Les recherches ont commencé dès dimanche après-midi et se sont poursuivies tôt lundi matin. A 10 h 15, derrière un rideau de roseaux, les pompiers ont trouvé les deux corps enlacés. Ils avaient été portés par le courant sur la rive mexicaine, à moins d’un kilomètre du pont international qui relie les deux pays. « C’est là que j’ai pu prendre les photos, avant que la police n’installe les cordons de sécurité », explique Julia Le Duc.
Difficile de ne pas établir de parallèle entre le sort de la jeune Valeria et celui du petit Aylan Kurdi
La position des corps, le petit vêtement rouge, le destin tragique dans les mêmes conditions… Difficile de ne pas établir de parallèle entre le sort de la jeune Valeria et celui, quatre ans plus tôt, du petit Aylan Kurdi, cet enfant syrien retrouvé noyé après avoir tenté de traverser la Méditerranée avec sa famille. Déjà, à l’époque, les journaux du monde entier avaient placé à leur une cette photo de la journaliste Nilufer Demir.

LE RIO GRANDE EN MISSION, TEXAS. 
PHOTOGRAPHE ERIC GAY 
Comme alors, les réactions se sont multipliées des deux côtés de la frontière américaine pour rappeler l’urgence de ces situations désespérées. Car l’histoire de ce père et de sa fille n’est qu’un exemple, parmi de nombreux autres, des conséquences dramatiques du tour de vis migratoire imposé par le présent des Etats-Unis depuis sa prise de fonction. Dimanche, une femme avec un jeune enfant et deux nourrissons ont succombé à la chaleur dans le parc d’Anzalduas, qui borde le Rio Grande. Plus tôt ce mois-ci, c’était une fillette de 6 ans venue d’Inde qui trouvait la mort en Arizona, vraisemblablement aussi à cause de la chaleur. En 2018, 283 personnes sont mortes en tentant de franchir la frontière, rappelle USA Today.

Plusieurs candidats à l’investiture démocrate ont réagi, mardi, à cette image. « Trump est responsable de ces morts », a tweeté Beto O’Rourke, tandis que Kamala Harris a évoqué « une tâche sur notre conscience morale ».

L’autrice mexicaine Alma Delia Murillo a, quant à elle, vu dans cette image « le symptôme douloureux d’une faillite du système » et déploré « les idiots qui, en plus de la tragédie, blâment les migrants de prendre des risques inconsidérés ». « Cela me fait horreur », a réagi, de son côté, le président américain, Donald Trump, mercredi soir, rendant responsable l’opposition démocrate qui veut, selon lui, « des frontières ouvertes et cela veut dire des gens qui se noient ».

Dans son interview au The Guardian, la photographe Julia Le Duc s’interroge :

« Est-ce que cela va changer quelque chose ? Cela devrait. Ces familles n’ont rien et risquent tout dans l’espoir d’une vie meilleure. Si des scènes comme celles-ci ne nous font pas réfléchir de nouveau, si elles n’émeuvent pas nos leadeurs, alors notre société va dans la mauvaise direction. »

mardi 25 juin 2019

AMÉRIQUE CENTRALE. LE MEXIQUE ET LE SALVADOR AU CHEVET DES MIGRANTS



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LE PRÉSIDENT DU SALVADOR NAYIB BUKELE ET LE PRÉSIDENT DU
MEXIQUE MANUEL LOPEZ OBRADOR POSENT APRÈS AVOIR PLANTÉ
DES ARBRES DANS LE CADRE DU NOUVEAU PLAN DE MIGRATION
ENTRE LE MEXIQUE ET L’AMÉRIQUE CENTRALE À PUERTO DE CHIAPAS,
AU CHIAPAS, AU MEXIQUE, LE 20 JUIN 2019.
PHOTO REUTERS/ CARLOS JASSO
Les deux pays ont signé un accord de développement économique pour endiguer les flux migratoires. Un projet aux antipodes de la politique défendue par Trump.
Sommé par Donald Trump de durcir sa politique migratoire, le président mexicain a opté pour la politique de la main tendue à ses voisins. Face au flux de migrants centre-américains qui transitent par le Mexique pour gagner les États-Unis, Andres Manuel Lopez Obrador, surnommé Amlo, avance un « plan de développement intégral » pour la région, supervisé par la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal). Cette dernière propose d’augmenter les investissements publics et privés à hauteur de 25 % du PIB dans le Triangle Nord (Salvador, Honduras et Guatemala), dont sont originaires l’immense majorité des migrants.

Le premier volet, « En semant la vie », a été implanté jeudi dernier à Tapachula, dans l’État du Chiapas, en présence d’Amlo et de son homologue salvadorien, Nayib Bukele. Le projet, qui vise à relancer les activités économiques pour endiguer l’immigration clandestine, prévoit un reboisement sur 200 000 hectares, qui accueilleront également des productions de café, cacao et maïs. Il en sera de même au Salvador sur une superficie de 50 000 hectares, avec à la clé la création de 20 000 emplois, que pourraient également occuper des migrants. Mexico a déjà déboursé 30 millions de dollars sur un montant de 100 millions de dollars « sans conditions politiques, ni économiques, ni financières », a précisé le ministre mexicain des Relations étrangères, Marcelo Ebrard. L’investissement annuel a été chiffré à 10 milliards de dollars. Il pourrait financer des coopérations dans d’autres domaines, comme l’énergie, avec un système de connexion électrique entre les quatre pays, ou encore la construction d’écoles. La région n’avait pas connu une telle initiative depuis 2001, lorsque le Mexique avait lancé le plan Puebla-Panama, censé aider au développement du sud du pays et de l’Amérique centrale, avec un investissement de 20 milliards de dollars sur dix ans.

Lors de la cérémonie de clôture, le président mexicain a rappelé que, depuis son investiture, il n’a cessé d’interpeller Donald Trump, en plaidant auprès du locataire de la Maison-Blanche pour la création de projets productifs afin de réduire la pauvreté et les violences, à l’origine du phénomène migratoire dans la région. « Les gens ne quittent pas leurs communautés, leurs villages par plaisir, mais par nécessité », a-t-il souligné.

Trump a menacé son voisin mexicain de sanctions économiques


Ce projet de développement régional est aux antipodes de l’accord convenu entre le Mexique et les États-Unis. Washington a mis la pression sur le gouvernement d’Amlo pour qu’il redouble d’efforts – y compris militaires  – afin d’empêcher l’immigration clandestine, estimée en moyenne à 2 800 personnes par jour au mois de mai. Le président Trump est allé jusqu’à menacer son voisin de sanctions, en appliquant des taxes de 5 % sur les importations mexicaines, voire de 25 % si Mexico ne refoulait pas les migrants. Les pertes économiques auraient été colossales, avec une chute de 1 % du PIB et la destruction de près 1,2 million d’emplois. De guerre lasse, Andres Manuel Lopez Obrador a été contraint de s’aligner sur les injonctions de Donald Trump. Désormais, 6 000 agents patrouilleront à la frontière du Guatemala, et notamment sur les quarante principaux points de passage empruntés par les migrants.

Les organisations des droits humains ont fait part de leur inquiétude quant à la militarisation du problème. Elles craignent – à juste titre – qu’elle renforce le crime organisé spécialisé dans les routes de l’immigration clandestine.
Cathy Dos Santos

samedi 22 juin 2019

FAIT DIVERS : UN CANADIEN POIGNARDÉ À MORT AU CHILI DEVANT SA FEMME ET SA FILLE



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UN CANADIEN POIGNARDÉ À MORT AU 
CHILI DEVANT SA FEMME ET SA FILLE
Un citoyen canadien a été poignardé à mort au Chili, en fin d’avant-midi, vendredi, dans la ville portuaire de Valparaiso, qui est située à environ 120 km de la capitale Santiago.
PETER WINTERBURN, FUT UN PROFESSEUR 
À LA RETRAITÉ DE L’UNIVERSITÉ DE 
LA COLOMBIE-BRITANNIQUE
PHOTO THE UNIVERSITY OF
 BRITISH COLUMBIA (UBC)
Selon Global News, l’homme de 57 ans a été assassiné devant sa femme et sa fille, qui n’ont rien pu faire pour lui venir en aide.

Des médias locaux, dont le site biobiochile.cl, ont précisé qu'il s’agirait de Peter Winterburn, un Canadien qui s’était installé à Santiago en février dernier.

On ne sait pas de quelle province canadienne il était originaire.

Une tentative de vol serait à l’origine de ce meurtre. Deux suspects auraient voulu s’emparer de l’appareil photo de la victime, avant de la poignarder parce qu'il refusait d’obtempérer.

Le maire de Valparaiso, Jorge Sharp Fajardo, a indiqué qu’il a offert ses condoléances à l’ambassadeur du Canada au Chili et demandé aux autorités de resserrer la sécurité.

Des images vidéo provenant de caméras de sécurité vont aider les autorités chiliennes à faire avancer l’enquête.

vendredi 21 juin 2019

ENTRETIEN DU 19/6/2019 AVEC ROMAIN MIGUS, JOURNALISTE, SPÉCIALISTE DU VENEZUELA.


« ENTRETIEN DU 19/6/2019 AVEC ROMAIN MIGUS,
 JOURNALISTE, SPÉCIALISTE DU VENEZUELA.  »  

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jeudi 20 juin 2019

VÉNÉZUÉLA: DROITS DE L'HOMME ET CRISE AU MENU DE LA VISITE DE LA HAUTE-COMMISSAIRE DE L'ONU



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LA HAUT-COMMISSAIRE DE L'ONU AUX DROITS DE L'HOMME,
MICHELLE BACHELET ARRIVE AU MINISTÈRE DES AFFAIRES
ÉTRANGÈRES, LE 19 JUIN 2019 À CARACAS, AU VÉNÉZUÉLA
PHOTO AFP
Au premier jour de sa visite à Caracas, Michelle Bachelet, la haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a été reçue mercredi soir par le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza, qui a exprimé la volonté du gouvernement de travailler avec elle pour « corriger ce qui doit être corrigé... afin de préserver les droits humains des Vénézuéliens. »
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Mme Bachelet a tweeté qu'elle était impatiente de «travailler avec tous les acteurs pour promouvoir et protéger tous les droits humains pour tous les Vénézuéliens ».
« La Haut-Commissaire a également fustigé à plusieurs reprises les sanctions économiques qu'a prises le gouvernement américain pour mettre Nicolas Maduro sous pression. 
Elle s'est ainsi montrée critique concernant l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien, qui accentue la crise financière et frappe durement la population dans ce pays dont 96% des revenus proviennent précisément de l'exploitation du brut. »
Dans la soirée, le chef de l'État Nicolas Maduro a dit dans une allocution télévisée espérer que cette visite soit « pour le meilleur » et que les "recommandations" que Michelle Bachelet formulera permettent au Venezuela d'« aller mieux ».

La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme est au Vénézuéla afin de prendre la mesure de la crise qui secoue le pays, où le bras de fer entre le président Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido dure depuis cinq mois.

Jusqu'à vendredi, Mme Bachelet, qui prépare un rapport sur le Venezuela, doit notamment rencontrer Nicolas Maduro, mais aussi son rival Juan Guaido, qu'une cinquantaine de pays reconnaissent comme président par intérim de ce pays affrontant la pire crise de son histoire récente.

Selon les Nations unies, quatre millions de Vénézuéliens ont fui à l'étranger depuis 2015. La récession se traduit, entre autres, par des pénuries de médicaments et surtout par une hyperinflation qui devrait atteindre 10.000.000% cette année, selon les prévisions du FMI.

Un quart des Vénézuéliens, soit 7 millions de personnes, a besoin d'une aide humanitaire d'urgence, selon l'ONU.

LA TENTATIVE D’IMPOSER UN 
PRÉSIDENT FANTOCHE 
PAR LES ÉTATS-UNIS
Au plan politique, le Vénézuéla est dans l'impasse, depuis que [ le fantoche pro-americain ] Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier.

Il qualifie « d'usurpateur » le chef de l'État socialiste réélu en 2018, à l'occasion d'un scrutin « frauduleux » lui ayant permis de se maintenir au pouvoir. Nicolas Maduro, à la tête du pays depuis 2013, continue, lui, à jouir du soutien de l'état-major de l'armée.

M. Maduro affirme que la visite de Michelle Bachelet n'a été possible qu'avec son assentiment. De son côté, Juan Guaido a estimé mercredi que sa venue prouvait combien Mme Bachelet avait pris la mesure de la « catastrophe«  que vit le pays.

Le bureau de Michelle Bachelet a assuré qu'elle rencontrerait également des « victimes d'abus et de violations des droits humains ainsi que leurs proches ».

À l'occasion de sa visite, plusieurs ONG ont appelé à manifester vendredi pour dénoncer ces abus. « Tous dans la rue vendredi », a lancé Juan Guaido lors d'une allocution mercredi.

- « Exécutions extrajudiciaires » -


Michelle Bachelet, qui doit faire une déclaration aux médias à la fin de sa visite, a elle-même dit avoir été mise au courant de cas d'« usage excessif de la force, d'assassinats, de détentions arbitraires et de torture » de la part des forces de l'ordre au cours des gigantesques manifestations organisées en janvier contre le pouvoir chaviste.

À l'image d'Amnesty International, certains défenseurs des droits de l'homme dénoncent aussi des « exécutions extrajudiciaires ».

« Nous espérons que Michelle Bachelet sera en mesure de rencontrer les fils, les frères et les épouses de toutes ces personnes qui ont été exécutées de manière extrajudiciaire et en toute impunité », a déclaré à l'AFP Carolina Jimenez, directrice du programme Recherches pour la région des Amériques chez Amnesty.

Selon l'ONG Foro Penal, 715 personnes sont actuellement détenues pour motifs politiques au Vénézuéla. En prélude à la visite de Mme Bachelet, les autorités vénézuéliennes, qui nient l'existence de prisonniers politiques, ont libéré lundi soir le député d'opposition Gilber Caro, emprisonné pendant près de deux mois.

La Haut-Commissaire a également fustigé à plusieurs reprises les sanctions économiques qu'a prises le gouvernement américain pour mettre Nicolas Maduro sous pression.

Elle s'est ainsi montrée critique concernant l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien, qui accentue la crise financière et frappe durement la population dans ce pays dont 96% des revenus proviennent précisément de l'exploitation du brut.

Michelle Bachelet va « faire part de son scepticisme quant aux sanctions, mais elle va aussi se faire l'écho de certaines situations qui devraient montrer le régime de Maduro sous un jour très défavorable », prédit Mariano de Alba, un juriste vénézuélien à [la solde de ] Washington spécialisé en droit international.

QUELS SONT LES ENJEUX DE LA VISITE AU VÉNÉZUÉLA DU HAUT-COMMISSAIRE DE L'ONU ?


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MICHELLE BACHELET, HAUT-COMMISSAIRE AUX DROITS DE
L'HOMME DE L'ONU, LE MINISTRE DE LA DÉFENSE DU VÉNÉZUÉLA
VLADIMIR PADRINO LOPEZ, ET LE COORDINATEUR DES
NATIONS UNIES AU VÉNÉZUÉLA, PETER GROHMANN,
À LA CHANCELLERIE À CARACAS LE 20 JUIN 2019.

PHOTO MANAURE QUINTERO
Michelle Bachelet effectue une visite de trois jours au Vénézuéla et entend rencontrer Nicolas Maduro ainsi que son opposant Juan Guaido. Le journaliste Romain Migus estime que sa venue pourrait faire pression pour alléger le blocus.
Au premier jour de sa visite à Caracas, Michelle Bachelet, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a été reçue le 19 juin au soir soir par le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza, qui a exprimé la volonté du gouvernement de travailler avec elle pour «corriger ce qui doit être corrigé afin de préserver les droits humains des Vénézuéliens».

CAPTURE D'ÉCRAN 
Michelle Bachelet a tweeté qu'elle était impatiente «d'écouter toutes les voix et de travailler avec tous les acteurs pour promouvoir et protéger tous les droits humains pour tous les Vénézuéliens».

Le Haut-Commissaire a annoncé qu'elle ferait une déclaration le 21 juin, pour conclure sa visite. Elle a prévu de rencontrer aussi bien le président vénézuélien Nicolas Maduro que son opposant et président autoproclamé Juan Guaido. Le chef de l'Etat affirme que la visite de Michelle Bachelet n'a été possible qu'avec son assentiment. De son côté, Juan Guaido a estimé le 19 juin que la venue de l'envoyée de l'ONU prouvait combien elle avait pris la mesure de la «catastrophe» que vit le pays. Il a appelé publiquement les Vénézuéliens à manifester le 21 juin.

Michelle Bachelet compte également rencontrer des opposants du gouvernement Maduro, qui disent avoir été victimes d'abus et de violations des droits humains, ainsi que leurs proches. Elle a affirmé avoir été mise au courant de cas «d'usage excessif de la force, d'assassinats, de détentions arbitraires et de torture» de la part des forces de l'ordre au cours des manifestations organisées en janvier contre le gouvernement chaviste.

Des ONG anti-Maduro consultées par l'ONU


La visite de la Haut-Commissaire pourrait créer un appel d'air dans un contexte de crise humanitaire préoccupant. Elle permettra peut-être, de l'avis du journaliste Romain Migus interrogé au journal télévisé de RT France, de rétablir un équilibre dans les prises de positions de l'ONU.

«L'essentiel est que madame Bachelet puisse voir par elle même ce qu'il se passe réellement au Venezuela et constater que les attaques systématiques sur des violations des droits de l'homme sont plus l'effet d'une bulle médiatique que de la réalité», estime le journaliste Romain Migus.

Il relève également qu'une commission du Haut-Commissariat des droits de l'homme avait visité Caracas en mars. Il n'en est ressorti que le point de vue d'ONG de l'opposition, selon le chercheur et journaliste. Or, d'après lui, certaines de ces ONG seraient indirectement liées aux autorités américaines. «Un pays hostile au gouvernement de monsieur Maduro finance des ONG qui elles-mêmes émettent des rapports qui les transmettent ensuite au Haut-Commissariat de l'ONU».

L'espoir d'un allègement du blocus ?


Les enjeux de la visite s'avèrent importants et suscitent un espoir au sein du gouvernement Venezuela. Nicolas Maduro a confié dans une allocution télévisée espérer que cette visite soit «pour le meilleur» et que les «recommandations» que Michelle Bachelet formulera permettent au Venezuela d'«aller mieux». Selon les Nations unies, quatre millions de Vénézuéliens ont fui à l'étranger depuis 2015.

La récession se traduit, entre autres, par des pénuries de médicaments et surtout par une hyperinflation qui devrait atteindre 10 000 000% cette année, selon les prévisions du FMI. Un quart des Vénézuéliens, soit sept millions de personnes, a besoin d'une aide humanitaire d'urgence, selon l'ONU. «La crise économique que connait le Venezuela est en très grande partie due au blocus criminel que les Etats-Unis abattent sur ce pays», estime Romain Mingus, notant par exemple que le Venezuela n'a pas l'autorisation pour acheter des produits tels que des médicaments sur les marchés internationaux. 

La Haut-Commissaire des Nations Unies a fustigé à plusieurs reprises les sanctions économiques qu'a prises le gouvernement américain pour mettre Nicolas Maduro sous pression. Elle s'est ainsi montrée critique concernant l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien, qui accentue la crise financière et frappe durement la population dans ce pays dont 96% des revenus proviennent précisément de l'exploitation du brut, selon l'AFP.

D'après Romain Migus, l'incidence que pourraient avoir Michelle Bachelet et l'ONU pourrait permettre de «faire pression sur les Etats-Unis pour lever ce blocus unilatéral qui détruit la vie des Vénézuéliens».