dimanche 6 février 2011

Séisme de magnitude 5,8 dans le centre du Chili

Il y a un an, la même région avait été dévastée par un tremblement de terre d'une magnitude de 8,8 sur l'échelle de Richter.

vendredi 4 février 2011

Le président souffle le chaud et le froid

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Le milliardaire conservateur chilien Sebastián Piñera dans une randonnés à cheval avec Rafael Correa président de la République de l'Équateur  lors de la visite de ce dernier au Chili, le 3 février  2011. Photo José Manuel de la Maza
Les manifestations ont fait deux morts et pris au piège 4 000 touristes qui visitaient le parc Torres del Paine. Le président, Sebastian Piñera, en chute dans les sondages, a révoqué le ministre de l'Energie pour nommer le ministre des Mines, Laurence Golborne, auréolé de la libération des 33 mineurs en octobre. Il a aussi promis de limiter à 3 % la hausse du gaz.

Le président chilien au plus bas dans l'opinion publique

Seulement 23% des sondés pensant que Sebastian Piñera « est digne de confiance » et 46% estiment qu'il est un homme « intègre ». C'est surtout dans la région de Santiago que la popularité de Piñera en prend un coup, chutant de 51% en Décembre dernier à 39% fin Janvier. Les analystes estiment que la chute de Piñera est dû à sa gestion hasardeuse des manifestations contre la hausse du prix de l'essence dans la région sud de Punta Arenas. Le président est apparu incapable de mettre fin à la crise, revenant plusieurs fois sur sa parole. On est loin des images triomphantes du président chilien en Octobre dernier après la sortie des 33 mineurs.
Le taux de mécontents du gouvernement chilien est passé à 45% contre 44% de satisfaits. Les mesures économiques sont aussi remises en cause par l'opinion puisque 49% des sondés se déclarent satisfaits de l'économie chilienne, soit une baisse de 7 points par rapport à Décembre. Afin de changer la tendance actuelle qui lui semble défavorable, Sebastian Piñera a l'intention de faire plusieurs annonces de remaniement cette semaine. Il s'agit de postes concernant les différents secrétariats, notamment au niveau de la défense et de l'économie.

mercredi 2 février 2011

Comment l'Etat chilien a volé les terres des indiens Mapuches

Théoriquement, la loi disait que les familles mapuches recevraient le territoire correspondant à l'espace qu'ils occupaient. En fait, les autorités ont considéré que ce qui était occupé était l'espace qui recouvrait leur maison et leur potager. On n'a pas pris en considération le fait que c'était un peuple qui bougeait et qui élevait des animaux sur de vastes superficies de terre…

Les familles mapuches ont été réduites à vivre sur quelques hectares, rarement plus de dix. La surproduction de ces terres a diminué le rendement du sol qui a perdu de sa valeur et de nombreux Mapuches ont dû émigrer vers les grandes villes, à Santiago notamment où ils ont apporté une main d'œuvre peu exigeante occupant des emplois non qualifiés.

Qui s'est installé sur les grandes étendues de terres ?

Dès le début du XXe siècle, l'Etat chilien favorise délibérément la création de grandes propriétés foncières, des « fundos », voisins des communautés mapuches. 45 000 hectares sont par exemple délivrés à un certain Eleuterio Dominguez dans la région du lac Budi. En contrepartie, celui-ci doit peupler la zone de colons.

Dominguez parvient à convaincre de pauvres paysans de l'île des Canaries en leur promettant monts et merveilles, mais lorsqu'ils arrivent au Chili, ils sont exploités sans vergogne. Dans les archives des années 30, un rapport de l'intendant de la province de Cautín signale une possible alliance entre ces paysans colons des Canaries et les communautés mapuches. Une alliance des mécontents…

Dès le début du XXe siècle, les Mapuches revendiquent leur territoire. Ils protestent dans le cadre de tribunaux prévus à cet effet, les « juzgados de indios », mais ceux-ci donnent toujours raison aux grands propriétaires fonciers.

Comment évoluent ces grandes propriétés dans la région de Lleu-Lleu ?

A la fin du XIXe siècle, une famille fraîchement arrivée d'Allemagne constitue une grande propriété de 6 000 hectares, le Fundo Tranaquepe. Autour, on trouve plusieurs communautés mapuches composées de dizaines de familles et réduites à vivre dans des réserves de 300 à 400 hectares.

Une réforme agraire se met en place, qui commence avec le président Alessandri en 1961, continue avec Frei Montalva et s'approfondit avec Allende. Le Fundo Tranaquepe est alors exproprié au profit des ouvriers agricoles qui y travaillaient, mais pas au profit des Mapuches.

Des discussions se noueront entre Mapuches et représentants locaux du gouvernement d'Allende, pour prendre en considération leurs revendications, mais le coup d'Etat militaire met un terme à ces pourparlers…

Que deviennent ces terres sous la dictature ?

Les militaires commencent par détruire les institutions qui soutenaient la réforme agraire et qui rendaient viable la petite exploitation paysanne (crédit, assistance technique, etc.). Les paysans vendent et les grandes propriétés comme le Fundo Tranaquepe se reconstituent pour être vendues à des entreprises multinationales étrangères, principalement à des forestières qui bénéficient de subventions du gouvernement militaire.

Objectif : encourager la culture du pin et de l'eucalyptus qui détruit tous les autres arbres endémiques et épuise les nappes phréatiques. Résultat : les communautés mapuches, voisines de ces exploitations forestières, ont des difficultés d'approvisionnement en eau. Et les fumigations de pesticides et engrais sur les pins et eucalyptus ont des conséquences catastrophiques sur leurs jardins potagers.

Les Mapuches seront-ils visés pas la dictature ?

Souvent, les Mapuches ont eu des rôles de leaders au moment de la réforme agraire, ce qui leur vaut d'être victimes d'une violente répression de la dictature. Parmi les gens qui rendent la torture possible se trouve un Chilien, Santos Jorquera, qui possède environ 200 hectares de terre dans la région depuis 1930.

Pendant la dictature, il a mis sa propriété à disposition des services de répression, ce qui lui a valu le surnom de « Soplón », celui qui dénonce, qui a largement collaboré avec la dictature.

Son nom est au centre du procès de Cañete. Le jour où la caravane blindée du Fiscal Elgueta affronte les Mapuches, le 15 octobre 2008, Elgueta vient justement de se rendre chez ce Santos Jorquera, qui avait été visité, quelque temps auparavant, par des individus masqués qui auraient menacé de brûler sa maison.

Ce qui est très étrange, c'est que Jorquera et son rôle de tortionnaire n'apparaissent nulle part dans le procès. L'accusation cherche délibérément à cacher la dimension politique du procès et à attester la thèse d'un conflit interethnique.

Quelles sont aujourd'hui, les revendications des Mapuches ?

Ils ont deux types de revendications. D'abord celles qui s'appuient sur des documents attestant la propriété, les « títulos de Merced », que l'Etat chilien a délivré aux Mapuches. Nombreux gros propriétaires fonciers voisins des terres mapuches ont fait bouger l'enclos d'une quinzaine de mètres et se sont ainsi appropriés plusieurs dizaines d'hectares.

Généralement, quand l'Etat se retrouve devant cette situation, que le titre de propriété délivré par lui-même n'a d'évidence pas été respecté, il donne comme mission à la Conadi (Corporation nationale de développement indigène) d'acheter des terres et les remet gratuitement aux Mapuches.

Hector et CAM (Arthur Dressler)D'autres Mapuches considèrent que ces « títulos de Merced » sont illégitimes parce qu'ils sont issus d'une conquête militaire et qu'ils n'ont pas respecté l'espace réellement occupé pas les familles. En d'autres termes, les terres que les entreprises forestières possèdent sur le papier aujourd'hui, leur appartiennent historiquement.

Les militants mapuches revendiquent également des droits politiques, en tant que peuple, c'est-à-dire la possiblité d'exercer une autonomie politique.

Sur quelles preuves s'appuient les Mapuches pour revendiquer leurs terres ?

Parfois, une communauté porte le nom d'un lieu sacré, un arbre, une montagne… mais elle ne le possède plus. Aujourd'hui, beaucoup d'historiens chiliens et mapuches travaillent sur la mémoire et retracent l'histoire de l'espace en s'appuyant sur les chroniques militaires réalisées par les généraux en charge de la conquête du territoire.

Ils faisaient souvent référence aux « Loncos » (chefs traditionnels mapuches) et décrivaient précisément le territoire qu'ils occupaient, en détaillant le domaine sur lequel s'étendait leur juridiction. Les plaintes déposées par les Mapuches auprès des tribunaux (« juzgados de indios ») sont également des preuves écrites qui permettent aux Mapuches de constituer des dossiers et d'argumenter concrètement leurs revendications territoriales.

Quelle est aujourd'hui la réalité des Mapuches de cette région ?

La forestale Mininco possède environ 700 000 hectares de terre au Chili. Il faut mettre ce chiffre en perspective avec 600 000 hectares de terre, qui représentent l'ensemble des terres possédées par le peuple mapuche, estimé à environ 800 000 personnes au Chili.

mardi 1 février 2011

CAP HAÏTIEN : LE 14E BATAILLON CHILIEN HONORÉ POUR SA « PERFORMANCE »

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Au terme d’une mission de six mois dans le pays, 355 soldats chiliens du XIVe bataillon (CHIBATT XIV) de la MINUSTAH ont été félicités par M. Kennedy pour « la discipline et le professionnalisme », dont ils ont fait montre notamment lors « des moments les plus difficiles de la période postélectorale » en décembre dernier. Une période qui a été marquée par des manifestations de rue ponctuées de barricades enflammées, qui avaient fait au moins un mort et trois blessés au Cap-Haitien.

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 PHOTO MINUSTAH: Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haiti chez flickr.
 « C’est un honneur pour moi d’être ici au Cap-Haïtien, pour vous remettre la médaille des Nations Unies. Le Représentant spécial, M. Edmond Mulet, m’a chargé de vous transmettre ses chaleureuses félicitations pour le travail accompli en faveur de la paix», a déclaré Kevin Kennedy aux militaires. Ces propos élogieux leur ont été adressés en présence du Consul du Chili et de certaines autorités locales, dont des représentants de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

Dans le cadre du soutien au processus démocratique, les casques bleus chiliens ont, en effet, réalisé, de jour comme de nuit, des patrouilles afin de protéger les populations des départements du Nord et du Nord-Ouest où ils sont déployés. Ils ont également contribué au transport de matériel électoral et à la sécurisation des installations stratégiques pour la réalisation du scrutin du 28 novembre 2010.

« Vos efforts ont apporté des améliorations significatives dans la vie de la population haïtienne. Certes, parfois ces efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Malgré ces frustrations, vous avez toujours persévéré. C’est cela même la nature du maintien de la paix. Il ne s’agit pas d’une tâche facile», a encore relevé Kevin Kennedy.

Le numéro 2 de la MINUSTAH en a profité pour souligner qu’en dépit des efforts accomplis, beaucoup restait à faire. « Le pays fait face aujourd’hui à une crise politique à laquelle s’ajoutent les défis de la reconstruction, de la lutte contre le choléra et autres. La situation demeure donc fragile. Mais, nous sommes déterminés à continuer à aider le peuple haïtien à surmonter ces difficultés », a-t-il souligné.

Le Colonel Andrade Careaga, le commandant du XIVe CHIBATT, a quant à lui déclaré que pour lui et pour chacun de ses hommes, « servir le peuple haïtien sous la bannière des Nations Unies a été un challenge personnel et professionnel ». Il a cité en exemple, les violences qui ont secoué la ville du Cap Haïtien, à la mi-novembre 2010.
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PHOTO MINUSTAH: Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haiti chez flickr.
Un mouvement de protestation civile contre la gestion de l’épidémie de choléra faite par le gouvernement. Un mouvement de protestation qui s’était soldé par la mort de deux personnes, des blessés et l’incendie des bâtiments publics. « Ces scènes de grande violence ont connu un terme grâce à la performance des soldats chilien, supportés à l’occasion par des collègues uruguayens et brésiliens», a relevé le commandant.

LE CHILI ÉCARTE LA POSSIBILITÉ DU RETRAIT DE SES TROUPES D'HAÏTI

"L'engagement en Haïti est un investissement à long terme. Le Chili est un pays sérieux et il remplira ses obligations(...) Nous continuerons à tenter de déterminer quels sont les meilleurs moyens de collaborer, et un éventuel changement de personnel n'est pas à exclure", a déclaré M. Moreno à la presse.
M. Moreno a tenu ces propos après que le parti chilien de l'Union démocratique indépendante (UDI) eut demandé au gouvernement de débattre de la présence des troupes chiliennes en Haïti en raison des critiques de plus en plus virulentes se faisant entendre dans le pays caribéen.

L'UDI a également indiqué que les troupes chiliennes pourraient être considérées par la population comme des forces d'occupation du pays.

Depuis le mois de mai 2010, le gouvernement du président René Préval et la présence de la Minustah sont fortement contestés.


Le 28 septembre 2010, l’Argentine, le Brésil et le Chili ont requis le prolongement de la présence de leurs troupes en Haïti, afin qu'elles puissent participer, notamment, aux travaux de reconstruction menés depuis janvier 2010 dans le pays.


Haïti a été gravement dévasté en 2010 par un puissant séisme, qui a fait plus de 250.000 morts et laissé 1,5 million de personnes sans-abri.

Un Montréalais d’origine chilienne risque l’expulsion

M. Morales, qui est père de trois enfants, était appelé à se présenter lundi à la Cour fédérale, après qu’Immigration Canada ait ordonné son expulsion, à cause des actes de criminels qu’il a commis dans le passé. « J’ai fait des erreurs de jeunesse, mais je suis réhabilité et je suis une personne bien maintenant », a-t-il raconté en entrevue dans les instants précédant le début de son audience.
En effet, l’homme qui était alcoolique a déjà purgé des peines de prison allant de 14 jours à deux mois, notamment pour « possession de drogue » et « vol de moins de 5000 $ ».
Mais depuis 2004, M. Morales se dit sobre et n’a fait l’objet d’aucune accusation, ce qui lui fait dire qu’il a payé sa dette à la société.
Quitter sa famille
Si M. Morales doit retourner au Chili, sa famille resterait au Québec, ce qu’il ne peut concevoir. Agés de 8, 12 et 20 ans, les enfants de M. Morales « souffrent d’anxiété, car ils ont peur que je les quitte », affirme le père.
De plus, l’homme affirme être « le soignant principal » de sa mère atteinte du sida.
M. Morales, qui gagne sa vie en tant que musicien dans le métro, assure qu’il « a sa place ici ». Au moment d’écrire ses lignes, la décision de la Cour fédérale n’avait toujours pas été rendue.