jeudi 4 février 2016

LE CHILI CONFIRME UN PREMIER CAS DE VIRUS ZIKA



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Un second cas suspect est en cours d'évaluation, a-t-elle ajouté.

La confirmation de ce premier cas de Zika au Chili survient au lendemain de l'annonce par l'OMS d'une situation d'urgence sanitaire internationale face à ce virus qui a infecté des personnes dans au moins 24 pays du continent américain.

Des responsables de la santé mondiale ont averti que le virus Zika, qui peut provoquer des malformations congénitales telles que la microcéphalie, se propageait rapidement en Amérique centrale et du Sud, et pourrait infecter entre 3 et 4 millions de personnes.

Au Chili, une épidémie de Zika avait infecté au moins 50 personnes sur l'île de Pâques en 2014.

La ministre chilienne de la Santé, Carmen Castillo, s'est par ailleurs envolée mardi pour Montevideo (Uruguay) pour participer à une réunion d'urgence consacrée aux moyens de lutter contre ce virus. Celle-ci, prévue ce mercredi, rassemblera les ministres de la Santé de 15 pays d'Amérique latine et des représentants de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS).

Le virus Zika est transmis par le moustique tigre (Aedes aegypti), également porteur des virus de la dengue, du chikunguya et de la fièvre jaune. Outre les risques pour les foetus, même si le lien scientifique n'a pas encore été confirmé, il peut entraîner chez 20% des personnes infectées fièvre, maux de tête, conjonctivite, eczéma, douleurs musculaires et articulaires. Ces symptômes peuvent durer jusqu'à une semaine et ne semblent pas nécessiter d'hospitalisation.

Pour l'heure, aucun remède n'est connu.

LE PARTENARIAT TRANSPACIFIQUE (TPP) EXPLIQUÉ EN 7 POINTS


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LES SIGNATAIRES DU TPP JEUDI EN NOUVELLE-ZÉLANDE. PHOTO MICHAEL BRADLEY
Le traité transpacifique, conclu jeudi 4 février 2016 entre l'Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les États-Unis et le Vietnam, a pour objectif de doper la croissance économique. Et ce, notamment en supprimant les barrières au commerce, services et investissements entre membres qui représentent près de 40% de l'économie mondiale. En voici quelques points clés.

LE MINISTRE CHILIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES HERALDO MUÑOZ (D) EST ACCUEILLI PAR LE REPRÉSENTANT MAORI D'UN SALUT TRADITIONNEL HONGI , ALORS QUE LES DÉLÉGUÉS DE 12 PAYS ARRIVENT POUR SIGNER LE PARTENARIAT TRANSPACIFIQUE (TPP) «L’ALENA AVEC DES STÉROÏDES » À AUCKLAND LE 4 FÉVRIER 2016.
PHOTO  MICHAEL BRADLEY
Par sa portée, les parties prenantes espèrent que le pacte inspirera les futures règles du jeu du commerce international, assurera l'égalité des conditions pour toutes les entreprises, la protection des droits des salariés et le maintien de la liberté d'accès à l'internet.

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POUR WASHINGTON, EST UN MOYEN DE LIMITER L'INFLUENCE CHINOISE DANS LA RÉGION.
LE PARTENARIAT SIGNÉ ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET ONZE PAYS DE LA ZONE ASIE-PACIFIQUE EST BEAUCOUP PLUS QU'UN ACCORD COMMERCIAL. POUR WASHINGTON, IL EST AUSSI ET SURTOUT UN MOYEN DE LIMITER L'INFLUENCE CHINOISE DANS LA RÉGION.

Voici certains points clés de ce traité qui pour entrer en vigueur, doit encore être ratifié par les Parlements nationaux :


  • réduction progressive de milliers de barrières tarifaires et non tarifaires aux échanges entre membres, qu'il s'agisse de composants automobiles japonais destinés au marché américain, de médicaments australiens vendus au Pérou, de riz américain débarquant au Japon ou de fromage néo-zélandais sur le marché canadien. 
  • les douze États membres doivent ouvrir davantage leurs appels d'offres nationaux aux entreprises étrangères sans avantager indûment leurs propres entreprises publiques. 
  • les différends avec des investisseurs étrangers devront être réglés devant des commissions d'experts. 
  • création de brevets d'une durée de cinq à huit ans pour certains médicaments d'avant-garde, soit une durée inférieure au seuil de douze ans en vigueur aux États-Unis mais supérieure aux cinq ans de rigueur en Australie. 
  • détermination de normes communes pour le commerce électronique et les services financiers. 
  • les signataires doivent respecter le droit du travail tel qu'établi par l'Organisation internationale du travail (OIT). 
  • les signataires s'engagent à fournir des efforts importants en matière de protection de l'environnement.
  • Stratégie diplomatique envers la région Asie-Pacifique
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L'accord de partenariat transpacifique (TPP) est la principale composante économique du mouvement stratégique diplomatique mené par le président américain Barack Obama en direction de la région Asie-Pacifique. D'après Canberra, le TPP débouchera sur l'abolition de 98% des tarifs douaniers entre les douze États membres.

Si ses promoteurs assurent qu'il permettra de multiplier les richesses, plusieurs ONG affirment que cet accord débouchera sur une déréglementation généralisée au bénéfice exclusif des multinationales. De nombreuses voix critiquent les effets pervers du texte sur les droits des travailleurs, l'environnement, la perte de souveraineté ou encore l'accès aux médicaments.
« Le commerce est une bonne chose. Mais le commerce doit être juste et le TTP est tout sauf juste » BERNIE SANDERS 
(Avec AFP) 


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mercredi 3 février 2016

VISITE DU PRÉSIDENT CUBAIN À PARIS






PHOTO LAURENT TROUDE 

VISITE DU PRÉSIDENT CUBAIN: UNE PREMIÈRE DEPUIS 1995 
Raúl Castro, 84 ans, a effectué cette semaine la première visite officielle d’un chef d’État cubain en France depuis celle de son frère aîné Fidel il y a vingt-et-un an. Elle consacre une normalisation des relations de La Havane avec l’Europe.

VARD VA CONCEVOIR LE DESIGN D’UN BRISE-GLACE POUR LA MARINE CHILIENNE

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LE BRISE-GLACE OSCAR VIEL TORO
Destiné à opérer dans le Grand sud, en particulier vers l’Antarctique où le Chili dispose d’un certain nombre de bases, le futur brise-glace servira en particulier au soutien logistique de ces implantations, ainsi qu’à des missions scientifiques et aux opérations de sauvetage. A cet effet, le navire pourra transporter d’importantes quantités de fret, notamment en conteneurs, des véhicules, des hélicoptères et différents types d’embarcations.

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Pouvant héberger 155 personnes, il affichera une puissance propulsive de 14.5 MW et pourra naviguer à la vitesse de 2 nœuds dans une épaisseur de glace d’1 mètre. 


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LE BRISE-GLACE OSCAR VIEL TORO
Pour l’heure, la marine chilienne n’exploite qu’un vieux brise-glace. Il s’agit du Contra-almirante Oscar Viel Toro, ancien Norman McLeod Rogers de la garde-côtière canadienne. Construit à Montréal en 1969 et cédé au Chili en 1995, ce navire de 89.9 mètres de long pour 19 mètres de large affiche un déplacement de 6570 tonnes en charge.

mardi 2 février 2016

LE «SULTAN» ERDOGAN EST AU CHILI, PREMIER ARRÊT DE SON PÉRIPLE EN AMÉRIQUE LATINE

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Le chef d'État turc Recep Tayyip Erdogan avait été en 2010, le premier Premier-ministre turc à se rendre au Chili.

À présent, il est au Chili en tant que président de la République de Turquie.

Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu avec la chef d'État chilienne Michelle Bachelet au palais La Moneda.

Une cérémonie officielle s'est déroulée au palais La Moneda pour l'accueil du président turc.

Le chef d'État turc Erdogan a été accueilli par son homologue chilienne Michelle Bachelet.

M. Erdogan et Mme Bachelet ont réalisé un entretien en tête-à-tête au Palais La Monena où des entretiens inter délégataires ont également eu lieu.

M. Erdogan participera mardi à un programme réalisé à la représentation des Nations Unies.

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L'économie représente le sujet principal de l'agenda du président turc.

La coopération dans l'industrie des mines et de la défense entre les deux pays bien que de longues distances les séparent, retient l'attention.

La Turquie exporte au Chili des tracteurs, du fer et de l'acier et des produits textiles tels que des tapis.
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RASSEMBLEMENT CONTRE LA VENUE DU PRÉSIDENT TURC

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SANTIAGO DU CHILI : RASSEMBLEMENT CONTRE LA VENUE DU PRÉSIDENT TURC
CONTRE LA VENUE D'ERDOGANPHOTO ATON
Les manifestants entendent protester contre l'autoritarisme de l'AKP, parti du président turc, et la politique jugée anti-démocratique et répressive menée contre les Alévis, les Kurdes et les autres minorités ethniques et religieuses en Turquie.
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En retour elle importe du cuivre et des fruits.

Neuf accords officiels de coopération dont l'exemption de visas entre les deux et l'accord de libre-échange, avaient été signés entre la Turquie et le Chili.

La visite du président Erdogan devrait ouvrir la voie à de nouveaux accords.

Le président de la République Recep Tayyip Erdogan est accompagné de son épouse Emine Erdogan, du vice-Premier ministre Yalcin Akdogan, du ministre de la Science, de l'industrie et de la technologie Fikri Isik, du ministre de l'Energie et des ressources naturelles Berat Albayrak et des ex-ministres Nihat Zeybekci et Mehdi Eker.

IMPUNITÉ ET FORCES ARMÉES AU CHILI : QUAND NOTRE STUPEUR DEVIENT INDIGNATION




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IMAGE D'UN ANCIEN CENTRE DE DÉTENTION DE SANTIAGO DEVENU UN MUSÉE ©LONDRES 18

On peut imaginer que s’agissant d’anciens militaires et policiers, ils conservent la nostalgie d’une période où l’arrogance de l’uniforme faisait trembler l’ensemble de la société. Une période sombre durant laquelle même les juges furent dirigés par des individus de triste mémoire, laquais rampants de la dictature qui ont systématiquement ignoré les nombreuses plaintes pour assassinats, disparitions et tortures contre les citoyens et citoyennes du Chili.

Il y eut seulement une poignée de juges honnêtes, qui ont démontré que l’on pouvait être fidèle au serment qui donne un sens à la vie et à la fonction d’un magistrat durant cette période de dictature. Cependant leur action a été inefficace parce qu’elle s’est toujours heurtée à la hiérarchie du Pouvoir Judiciaire qui manœuvrait entre la peur et la complicité idéologique avec la dictature. Mais notre stupeur devient de l’indignation en constatant que des officiers en service actif de haut niveau se joignent à cette sinistre escalade dans la poursuite de l’impunité totale, tels que le Commandant en Chef actuel de la Marine Enrique Larrañaga Martin et l’ancien commandant en chef Miguel Vergara. S’adressant à la presse au Chili, ces officiers prétendent qu’il y aurait des irrégularités et jusqu’à de l’« injustice » dans le traitement que le pouvoir judiciaire applique aux militaires accusés de crimes contre l’humanité. Ces autorités militaires estiment que les procédures judiciaires vont trop loin, alors que quatre décennies se sont écoulées depuis la commission des crimes.

Mais ces Messieurs essaient de cacher une vérité évidente : si ces procès ont été si étendus dans le temps, c’est suite à l’habile stratégie appliquée de façon cohérente par les accusés de refuser d’avouer leurs crimes devant les tribunaux. Ainsi que l’ont manifesté les associations de défense des droits de l’homme, les ex-prisonniers politiques exigeons, pour notre part :

  1. La fin du pacte de silence parmi les militaires (à la retraite ou en service actif) coupables de crimes.
  2. La livraison totale et définitive par les forces armées et les carabiniers, des informations sur la destination finale du millier de détenus disparus, ainsi que l’identité de l’ensemble des personnes coupables de violations aux droits de l’homme durant la dictature et la collaboration nécessaire avec la justice pour le jugement et le châtiment de ces derniers.
  3. La fin de la participation de l’armée chilienne à l’infâme école des Amériques, un organisme que les Amériques devraient bien abolir un jour.

Asociación de Ex-Presos Políticos Chilenos residentes en Francia. Paris, France, 29 janvier 2016

lundi 1 février 2016

RAUL CASTRO, L'HOMME FORT DE CUBA, ENTAME UNE VISITE D'ÉTAT EN FRANCE

Chef des armées depuis 1959

RAUL CASTRO EN 1960
Fidel Castro militait au Parti orthodoxe, éloigné des thèses marxistes. Et si Raul participe au catastrophique assaut de la caserne de la Moncada en 1953, il n'en approuve pas le principe car pour le parti, ce genre d'action est voué à l'échec et nuit à la cause. Quand les deux frères s'installent au Mexique après avoir été graciés par Batista en 1955, c'est Raul qui rencontre Che Guevara, la future icône de la révolution cubaine. Ils ont de longues discussions politiques. Ils partagent la même admiration pour l'Union soviétique. Raul présente l'Argentin à Fidel qui sera impressionné par le personnage.


C'est Raul qui obtient en 1957 le ralliement du PSP à la guérilla et son appui au gouvernement issu de la révolution après la fuite de Batista en 1958. Fidel Castro ne déclarera la révolution «communiste» qu'en 1961 sous l'impulsion de son frère qui n'a pas eu de mal à lui prouver qu'ils ne pouvaient rien attendre de Washington.

RÉVOLUTIONNAIRE FRANCO
CUBAIN 
PAUL LAFARGUE 
Nommé chef des armées le 16 octobre 1959, Raul Castro le restera jusqu'en 2008. Conseillé par des représentants de l'Union soviétique, il fera des forces armées cubaines le pilier du pouvoir castriste. Elles seront non seulement investies d'un rôle important en matière de sécurité, de surveillance des dissidents mais aussi en matière économique. L'ensemble du secteur touristique cubain est encore aujourd'hui dirigé par l'armée.

«Raul était la cheville ouvrière du régime. Fidel a souvent humilié son frère mais au final, il suivait toujours ce que disait son frère» explique le dissident cubain Jacobo Machover. Ainsi en 1989, quand Raul a pensé qu'il fallait opérer une purge au sein de l'armée pour percer l'abcès de la corruption, sa main n'a pas tremblé en décidant la condamnation à mort du général Ochoa, un vieux compagnon de route que Fidel se refusait de voir sanctionné.

PHOTO AFP
Quand en 2006, Fidel Castro délègue l'ensemble de ses pouvoirs à son frère, le pays est dans une situation de blocage total, politiquement et économiquement. Les seuls choses qui fonctionnent sont l'armée et le secteur touristique géré par cette dernière. Les prisons regorgent de prisonniers politiques. Lors du «Printemps noir» en 2003, Fidel a fait arrêter et condamner 75 dissidents à de lourdes de peines de prison.
«Raul Castro n'a jamais hésité a se montrer critique et à dénoncer publiquement les dérives du système. Salim Lamrami
Étouffé par une fonction publique pléthorique à la productivité quasi nulle, le pays végète. Les salaires sont tellement faibles qu'ils ne constituent pour la plupart des cubains qu'une aide sociale qui ne justifie pas un travail effectif. La «libreta» permet d'obtenir les produits de base. Pour le reste, chacun se débrouille comme il peut. Raul, communiste convaincu, est conscient que le système s'est déjà écroulé. Il a en tête le modèle vietnamien qui a déjà opéré sa mutation depuis plusieurs années.

«Raul Castro est connu pour sa franchise, explique Salim Lamrani, universitaire spécialiste des relation entre Cuba et les Etats-Unis. Il n'a jamais hésité à se montrer critique et à dénoncer publiquement les dérives du système.»

Contrairement à Fidel, Raul sait ce qui se passe dans les rues, les quartiers, les campagnes. A la tête de l'armée et des services de renseignements, il est informé de la réalité que vivent les Cubains. Il décide alors que le régime doit changer. Et le changement sera radical. L'une de ses premières décisions d'importance est de licencier 500 000 fonctionnaires!

Il comprend ensuite que, si le Venezuela d'Hugo Chavez a remplacé l'URSS depuis le début des années 2000 pour soutenir financièrement Cuba, le régime chaviste a mangé son pain blanc. Il va falloir se rapprocher d'autres pays pour assurer un redémarrage du pays. Pour cela, il faut montrer un visage apaisé de l'île communiste. Il doit trouver un interlocuteur intérieur. Impossible pour lui de discuter avec les représentants de la dissidence. Ils les méprisent et ce serait un aveu de faiblesse.

Ce sera donc l'église. Une chance: le cardinal Ortega à la tête de l'église cubaine est un homme de dialogue, sans dogmatisme, qui vise deux objectifs: améliorer la vie des Cubains et donner à l'église catholique plus de visibilité à Cuba. Pour Raul, il représente l'interlocuteur idéal. Ce sera donnant donnant: L'église devient le partenaire privilégié du pouvoir, marginalisant un peu plus les représentants de la dissidence. C'est avec elle que les libérations de prisonniers seront discutées. Et le pouvoir laisse la bride sur le cou à l'église: un grand pèlerinage de la virgen del Cobre est autorisé à traverser tout le pays. La création d'une université catholique s'ouvre dans le centre de La Havane.

PHOTO TONY GENTILE
Quand un argentin est désigné comme pape, Raul saisit sa chance: en poursuivant son rapprochement avec l'église catholique et en recevant le pape François, il étouffe la dissidence et redore l'image du régime castriste.

Enfin, il opère un rapprochement avec l'Union européenne qui accepte de sortir du dogmatisme anti communiste imposé par le très conservateur Jose Maria Aznar et surtout les contacts se renouent avec Washington. Sa chance a aussi été l'élection de Barack Obama en 2008, quelques mois après que lui-même remplace son frère à la tête de l'État cubain.

L'enterrement de Nelson Mandela fin 2013 en Afrique du Sud a été l'occasion d'une rencontre rapide mais hautement symbolique avec Barack Obama. Pour officialiser le rapprochement il a fallu attendre décembre 2014 et l'annonce simultanée par les deux chefs de l'Etat de la réinitialisation des relations diplomatiques, rompues depuis… 1960!

Si Fidel Castro est la figure emblématique de la révolution castriste, Raul en est probablement l'un des principaux bâtisseurs. Aujourd'hui, Raul Castro est officiellement l'homme fort de Cuba. Mais son mandat de chef de l'État expire en 2018. «Il respectera sa parole et se retirera, nous confie une source appartenant aux instances dirigeantes du régime. Il est en train de construire des institutions qui disposent de la légitimité nécessaire pour remplacer sa légitimité historique par une légitimité institutionnelle».

Raul va avoir 85 ans le 3 juin prochain. Fidel soufflera ses 90 bougies le 13 août 2016. Pour l'instant, rien ne filtre sur qui pourra succéder à la dynastie Castro qui dirige le pays depuis 57 ans.