samedi 4 avril 2020

EN PLEINE PANDÉMIE, L'UE SOUTIENT LE PLAN D'INGÉRENCE DE WASHINGTON AU VÉNÉZUÉLA

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PHOTO D'ILLUSTRATION ERWIN MICIANO
Alors que l'ONU a appelé à alléger les sanctions économiques dans le contexte de la pandémie, l'Union européenne a annoncé soutenir un plan de Washington qui conditionne cet allègement... à une transition politique au Vénézuéla, sans Nicolas Maduro. 
Les tentatives d'ingérence occidentales se poursuivent au Vénézuéla malgré la crise du coronavirus, qui n'épargne aucun pays. L'Union européenne a jugé le 3 avril le plan américain pour un «gouvernement de transition» au Vénézuéla sans le président Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido «conforme» au principe de règlement pacifique prôné par ses États membres. Ce plan américain serait la condition sine qua non pour que Washington accepte d'alléger les sanctions économiques internationales qui pèsent lourdement sur l'économie vénézuélienne.  

Premier pas pour lâcher Guaido ? 


Les États-Unis ont ainsi appelé le 31 mars leur allié Juan Guaido à renoncer, au moins provisoirement, au titre de président du Vénézuéla (qu'il s'était arrogé devant ses partisans en janvier 2019) dans l'attente de nouvelles élections. Un changement de tactique de la part de Washington qui sonne comme un aveu d'échec de sa stratégie visant à évincer Nicolas Maduro du pouvoir. 

Selon ce nouveau projet étasunien, Nicolas Maduro et Juan Guaido devraient «tous les deux» renoncer dans l'immédiat au pouvoir exécutif, confié pendant «une période de transition» à un «Conseil d'État» mis en place par «des élus de l'Assemblée nationale issus des deux camps». En échange d'un accord sur leur plan, les Américains promettent de lever progressivement leurs sanctions draconiennes à mesure que cette transition sera mise en place. 

L'UE «accueille positivement le cadre pour une transition démocratique au Vénézuéla proposé par les États-Unis», a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, dans une déclaration au nom des 27 le 3 avril. «La proposition américaine est conforme à la demande de l'UE de parvenir à une solution pacifique à la crise par la négociation pour instaurer un gouvernement démocratique, qui est plus que jamais nécessaire aujourd'hui», a-t-il poursuivi dans cette déclaration, diffusée à l'issue d'une réunion par visioconférence des ministres européens des Affaires étrangères. Il a par ailleurs assuré que l'UE s'inquiétait de «l'impact dévastateur sur le plan humain» que pourrait avoir la pandémie de coronavirus «dans un pays déjà confronté à une grave situation économique, sociale et humanitaire».
« L'Union européenne montre son soutien au projet de Washington de lever les sanctions illégales contre le Vénézuéla si, et seulement si, son vœu est exaucé et son projet ancien de coup d'État se réalise » 
Ce plan américain, formulé en pleine crise du coronavirus, intervient alors que les protestations anti-Maduro, qui alternaient un temps avec les rassemblements de soutien au président vénézuéliens, se sont essoufflées ces derniers mois. Si l'opposition est forte dans le pays, elle est récemment apparue extrêmement divisée et Juan Guaido, dont l'allégeance à Washington n'est plus à démontrer, est loin de faire l'unanimité. Ainsi, son successeur à la tête de l'Assemblée nationale, l'opposant Luis Parra, a même rencontré le 31 mars Nicolas Maduro dans le but de conjuguer les efforts dans la lutte contre la pandémie.  


L'alignement sur Washington prime sur les recommandations de l'ONU 


PHOTO JHONN ZERPA 
Le gouvernement de Nicolas Maduro a rejeté dans un communiqué l'appel des Européens, estimant que l'UE montrait «son soutien au projet de Washington de lever les sanctions illégales contre le Vénézuéla si, et seulement si, son vœu est exaucé et son projet ancien de coup d'État se réalise». Le Vénézuéla, ajoute le texte, «appelle les États membres de l'UE au respect de la souveraineté du peuple vénézuélien et leur rappelle qu'en tant que signataires de la Charte des Nations unies, le moins qu'ils puissent faire est de respecter ses objectifs et ses principes».

En effet, dans le contexte délicat de lutte contre la pandémie et compte tenu des difficultés économiques qui en résultent, la Haut-Commissaire de l'Organisation des Nations unies (ONU) aux droits de l'Homme Michelle Bachelet a demandé, dans un communiqué publié le 24 mars, que les sanctions internationales frappant l'Iran et d'autres pays comme le Vénézuéla, Cuba, la Corée du Nord ou le Zimbabwe soient «assouplies ou suspendues» en cette «période cruciale» de pandémie de Covid-19. 

Un appel que ne semble pas avoir entendu l'UE, qui préfère s'aligner sur l'agenda politique de Washington dans la région, malgré l'urgence de la crise sanitaire au Vénézuéla, comme dans de nombreux pays du monde. 

PHOTO D'ILLUSTRATION
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vendredi 3 avril 2020

LE BRÉSIL INCAPABLE DE RESTER EN ISOLEMENT PENDANT DES MOIS, SELON BOLSONARO

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DES DIZAINES DE TOMBES SONT OUVERTES AU 
CIMETIÈRE  DE VILA FORMOSA, À SÃO PAULO 
PHOTO ANDRÉ PENNER / AP
Brasilia, 3 avril (Prensa Latina) Le président Jair Bolsonaro a critiqué aujourd’hui l’isolement social et a jugé la société brésilienne incapable de supporter deux ou trois mois de confinement pour lutter contre le virus SARS-CoV-2, qui a déjà fait 299 morts dans le pays.
UNE DU «THE WASHINGTON POST»
DU 2 AVRIL 2020
«Vous connaissez ma position. Cela provoquera un chômage », a-t-il déclaré à des partisans devant le Palais présidentiel à Brasilia, où il a également affirmé que le coronavirus sera vaincu lorsque 70% des brésiliens auront été infectés.

'Ce virus est comme une pluie, il va tremper 70% du pays. Toute la nation sera libre quand 70% d´entre nous seront infectés et que l´on produira des anticorps', a-t-il estimé.

Il a précisé qu’une petite partie de ces 70% contaminés sont des « personnes âgées qui vont avoir de sérieux problèmes. Ça va arriver ».

Également devant ses partisans, le mandataire d´extrême-droite a accusé le gouverneur de São Paulo, Joao Doria, d´être à l´origine de la une du journal étasunien The Washington Post, qui a montré hier près de 100 fosses ouvertes dans un cimetière de cette division territoriale.

En pied de photo, la publication critique l’ancien militaire en rappelant le mépris avec lequel il a traité la pandémie du coronavirus. 'C’est l’effet de ce que le président Bolsonaro a appelé fantaisie', a souligné le quotidien.

Pour sa conduite irresponsable, le ministre Alexandre de Moraes, de la Cour suprême fédérale (STF), a ordonné mercredi au président de publier un rapport dans les 48 heures sur les mesures prises pour lutter contre l’avancée du Covid-19.

De Moraes a ordonné l’envoi d’informations parce que l’Ordre des Avocats du Brésil (OAB) a demandé au STF de contraindre Bolsonaro à exécuter certaines actions.

Parmi les mesures demandées par l’OAB figurent : suivre le protocole de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS); respecter les déterminations des gouverneurs; et ne pas interférer avec l’action du Ministère de la Santé.

Compte tenu de la pertinence de l’affaire en question, je demande d’urgence des informations au sujet cette plainte et qui devront être fournies par le président de la République dans un délai de 48 heures, a écrit De Moraes dans sa décision.

Mardi dernier, Bolsonaro a fait une déclaration sur le réseau national de radio et de télévision dans laquelle il a déclaré que sa mission était de sauver des vies, sans perdre d´emplois.

« D’un côté, nous devons être prudents avec tout le monde, en particulier les personnes âgées et celles qui ont des maladies préexistantes. Par ailleurs, nous devons lutter contre la croissance rapide du chômage, en particulier parmi les plus pauvres », a-t-il estimé.

Bolsonaro résiste aux mesures restrictives contre l’agent pathogène et en minimise la gravité, le comparant notamment plus d´une fois à une grippe.

Il s´oppose également aux experts et demande qu’il soit mis fin au 'confinement massif' recommandé par l’OMS.

jeudi 2 avril 2020

AFFAIRE NARUMI. LA JUSTICE CHILIENNE DONNE SON FEU VERT À L’EXTRADITION DU SUSPECT VERS LA FRANCE


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NICOLAS ZEPEDA EST SOUPÇONNÉ DU
MEURTRE DE NARUMI KUROSAKI.
PHOTO AFP
Le Chili a accordé l’extradition de Nicolas Zepeda vers la France. Il est soupçonné d’avoir tué Narumi Kurosaki, en 2016 à Besançon.
La justice chilienne a donné jeudi son feu vert à l’extradition vers la France du jeune homme soupçonné d’être derrière la disparition d’une étudiante japonaise, Narumi Kurosaki, en 2016 à Besançon, dans l’est de la France, selon la décision de la Cour suprême du Chili.

Nous donnons suite à la demande d’extradition présentée par la République française concernant le citoyen chilien Nicolas Zepeda, afin qu’il soit jugé pour l’assassinat de Narumi Kurosaki, indique le texte rédigé par le juge Jorge Dahm. La défense a cinq jours pour faire appel.

Narumi Kurosaki, 21 ans, vivait sur le campus universitaire de Besançon. Elle a été vue pour la dernière fois le 4 décembre 2016. Son corps n’a jamais été retrouvé. Nicolas Zepeda était l’ancien amant de Narumi.

Nous donnons suite à la demande d’extradition présentée par la République française concernant le citoyen chilien Nicolas Zepeda, afin qu’il soit jugé pour l’assassinat de Narumi Kurosaki, indique le texte rédigé par le juge Jorge Dahm. La défense a cinq jours pour faire appel.

Narumi Kurosaki, 21 ans, vivait sur le campus universitaire de Besançon. Elle a été vue pour la dernière fois le 4 décembre 2016. Son corps n’a jamais été retrouvé. Nicolas Zepeda était l’ancien amant de Narumi.

« Grande satisfaction »


Exprimant sa très grande gratitude à l’égard de la justice chilienne, le procureur de la République de Besançon Etienne Manteaux, interrogé par l’AFP, a dit sa très grande satisfaction.

Le magistrat a salué le sérieux avec lequel l’affaire a été examinée au Chili et remercié chaleureusement le ministère public chilien qui a vraiment soutenu avec une grande énergie la demande d’extradition présentée par le parquet de Besançon.

Il s’est également réjoui de la solidité de l’enquête diligentée par la police judiciaire de Besançon et que tous les éléments de preuves mis au jour aient été pris en compte par la justice chilienne pour aboutir à cette décision.

« Une première étape »

Interrogé sur un possible appel de Nicolas Zepeda contre cette décision, Etienne Manteaux s’est dit très respectueux du fonctionnement de la justice chilienne, précisant qu’il attendrait quoi qu’il en soit qu’elle rende une décision définitive.

Mais c’est une première étape en tout cas extrêmement importante, a-t-il insisté.

Si Nicolas Zepeda était effectivement extradé, l’instruction serait rouverte en France et il serait mis en examen à Besançon où lui-même et ses avocats auraient la possibilité de faire des demandes d’actes, la date d’un éventuel procès ne pouvant donc pas encore être précisée à cette heure, a-t-il précisé.

« 34 mois d’investigation »


Etienne Manteaux, qui s’était rendu en avril 2019 au Chili avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs chargés de ce dossier, avait annoncé le 10 octobre dernier que l’enquête sur cette affaire était close et que les 34 mois d’investigations justifiaient la demande d’extradition de Nicolas Zepeda pour qu’il comparaisse devant la cour d’assises de Besançon pour l’assassinat de Narumi Kurosaki.

D’après les enquêteurs, Nicolas Zepeda s’était rendu début décembre 2016 à Besançon pour voir la jeune femme. Le soir du 4 décembre, veille de sa disparition, ils étaient rentrés ensemble dans le logement de Narumi.

Cette nuit-là, a rapporté le procureur, plusieurs étudiants ont entendu des hurlements de terreur, des cris, mais personne n’a prévenu la police.

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LES ÉTATS-UNIS DÉPLOIERONT DES NAVIRES MILITAIRES AU LARGE DES CÔTES DU VÉNÉZUÉLA

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« CHRONIQUE D'UNE AGRESSION ANNONCÉE »
PHOTOMONTAGE D'ILLUSTRATION 
Donald Trump a ordonné le transfert de navires et d’avions vers le commandement sud de l’armée américaine, pourtant touchée par le Covid-19. Principale cible de cette opération : le Vénézuéla.
PORTE-AVIONS USS RONALD REAGAN
Alors que l’armée américaine est fortement affectée par la pandémie de Covid-19, Donald Trump a annoncé, mercredi 1er avril, le lancement d’une vaste opération antidrogue en Amérique latine. Le président américain entend ainsi « protéger le peuple américain du fléau mortel des drogues illégales », a-t-il souligné en ouvrant sa conférence de presse quotidienne sur la lutte contre le coronavirus.

Le ministre de la défense, Mark Esper, a précisé que le président avait ordonné le transfert de destroyers, de navires de combat et d’avions de surveillance supplémentaires vers le commandement sud de l’armée américaine, qui couvre l’Amérique du Sud. «Ces forces supplémentaires vont quasiment doubler notre capacité à mener des opérations antidrogue dans la région », a précisé le chef du Pentagone.

Le Vénézuéla en ligne de mire


PHOTO MICHAEL BROCHSTEIN
L’objectif est clair : déstabiliser un peu plus le pouvoir vénézuélien, jugé illégitime par Washington depuis la réélection contestée de Nicolas Maduro à la présidence. « Des acteurs corrompus comme le régime illégitime de Maduro au Vénézuéla dépendent du trafic de drogue pour maintenir leur régime oppressif au pouvoir », a ainsi ajouté le ministre de la défense.

Le chef d’état-major, le général Mark Milley, a prévenu que le coronavirus n’empêcherait pas les États-Unis de se défendre par des mesures «agressives » contre le trafic de drogue. « Vous ne passerez pas », a-t-il lancé. « Ce n’est pas le bon moment d’essayer de pénétrer aux États-Unis. Nous sommes l’armée américaine. Nous défendrons notre pays, quel que soit le prix à payer ».

Cette annonce martiale intervient alors que l’armée américaine, très impliquée aux États-Unis dans la lutte contre le Covid-19, est confinée dans ses bases dans le monde entier pour protéger ses rangs de l’épidémie. Un porte-avions nucléaire, l’USS Theodore Roosevelt, est même en cours d’évacuation partielle à Guam, dans le Pacifique, pour tenter d’enrayer une contamination galopante au coronavirus.

CHILI : 2500 JEUNES EMPRISONNÉS CRAIGNENT POUR LEUR VIE

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MANIFESTATION À CONCEPCIÓN, AU CHILI, LE 21 OCTOBRE 2019.
PHOTO JUAN GONZALEZ / REUTERS  
Incarcérés et sans procès lors de la révolte sociale entre octobre 2019 et mars 2020, les familles des 2500 jeunes décrivent une situation sanitaire désastreuse : surpeuplement, brimades, aucune mesure de prophylaxie, isolement des prisonniers par rapport à leurs proches. Elles alertent sur les risques qu’ils encourent dans cette conjoncture de pandémie du Covid-19.
PHOTO IVAN ALVARADO / REUTERS
Par Carlos Schmerkin
Le Chili compte 2 500 personnes en «détention préventive" dans le pays. Des hommes et des femmes dont la majorité sont actuellement incarcérés avec des prisonniers de droit commun. Parmi eux, de nombreux mineurs incarcérés dans les centres du Service national des mineurs (Sename). Dans le contexte de la crise sanitaire du coronavirus, ces personnes sont abandonnées par un État qui maintient des prisons surpeuplées et avec une totale manque d'hygiène, terreau propice à la propagation du virus. Il ne fait aucun doute que les personnes détenues dans les manifestations sont des prisonniers politiques; leur «faute »: avoir participé à des manifestations pacifiques rejetant le modèle néolibéral hérité de la dictature de Pinochet.

Un bilan accablant


Le rapport de l'Institut national chilien des droits de l'homme (INDH), à trois mois de l'éclatement social du 18 octobre, a fait état de 27 morts et 3600 blessés, 405 personnes ont subi un traumatisme oculaire dont 33 avec perte de vision. 2 063 ont été blessés par balle. Au cours de la période, l'INDH a réussi à enregistrer 9 129 détenus. Parmi eux, 1 445 ont accusé des agents de l'État de commettre des violences sexuelles (191), des actes de torture et des traitements cruels (412) et un recours excessif à la force (842). 770 plaintes ont été déposées pour torture et traitements cruels, 158 pour violences sexuelles (déshabillage, attouchements, menaces, insultes et quatre viols), 17 pour homicide infructueux et 5 pour homicide.

La pandémie, le referendum et la Constituante


Après plusieurs jours de déni, le président chilien s’est vu obligé à décréter le 19 mars « l’état d'exception constitutionnelle et de catastrophe » et la mise en quarantaine totale de sept communes de la ville de Santiago le 25 mars. Un referendum accepté à contrecœur par le gouvernement et le Parlement, qui devait se tenir le 26 avril, a du être réporté au mois d’octobre, suite à la crise sanitaire. Les chiliens devaient se prononcer pour ou contre le changement de la Constitution de Pinochet de 1980. L’épidémie du coronavirus a permis à Sebastian Piñera, qui avait atteint le pire niveau de crédibilité, de respirer à nouveau. Une hausse du prix du ticket de métro à 30 pesos dans la capitale a été le détonateur de cette fronde sociale inédite contre le gouvernement. Le mot d’ordre de «ce n'est pas pour 30 pesos, mais pour 30 ans d'abus de pouvoir » scandé par de centaines des milliers de chiliens sur les places et rues du pays, exprime clairement la nécessité de liquider les derniers vestiges de l'héritage institutionnel de la dictature pinochetiste (1973-1990). La lutte pour une «Assemblée Constituante libre et souveraine » garantissant la voix et la participation des jeunes, des dirigeants sociaux et syndicaux, des peuples autochtones et des femmes, reprendra certainement lorsque la pandémie aura terminée.

mercredi 1 avril 2020

COVID-19 : LA FRANCE ACCEPTE L'AIDE MÉDICALE CUBAINE POUR SES DÉPARTEMENTS D'OUTRE-MER


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DESSIN RAMSES
Après l'Italie et Andorre en Europe, la France, qui est frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19, vient d'accepter, par décret, l'offre médicale proposée par Cuba. Celle-ci permettra aussi de combler momentanément ses déserts médicaux. 
«RÉPONSE DE TRUMP AU CORONAVIRUS»
DESSIN RAMSES
Le gouvernement français vient d'accepter ce 31 mars, par décret, d'accueillir l'aide médicale réputée proposée par Cuba, afin de lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19. Cette décision devrait pallier les manques d'effectifs notamment hospitaliers de ses départements d'outre-mer. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon bénéficieront de ce renfort cubain opportun, permettant en outre à La Havane de perpétuer sa diplomatie par la coopération médicale internationale. 

La sénatrice de la Martinique, Catherine Conconne (Parti progressiste martiniquais), qui est à l'initiative de l'amendement relatif «à l'organisation et à la transformation du système de santé», datant du 24 juillet 2019, s'est enthousiasmée qu'il ait été validé par le gouvernement français. «Il a été pris principalement pour renforcer nos CHU. Il nous manque certaines spécialités médicales et nous avons du mal à faire venir des médecins d'Europe. Cet amendement nous permet d'aller puiser dans nos ressources fraternelles cubaines à nos côtés. Donc, pour moi, c’est une victoire, une grande joie. Que ce décret arrive en pleine crise du coronavirus, c’est très bien», s'est-elle réjouit, d'après RFI.

L'internationalisme des médecins cubains 

Cette aide est bienvenue chez les médecins d'outre-mer pour affronter cette crise sanitaire et permet également de combler momentanément les déserts médicaux français. Par ailleurs, cette pandémie planétaire constitue pour Cuba une occasion supplémentaire de promouvoir sa médecine internationaliste.  

Après l'Italie et Andorre en Europe, la France désirait aussi bénéficier de l'aide médicale de l'île socialiste pour lutter contre le virus. C'est en tout cas ce que souhaitaient des députés français. Le Figaro révélait, le 24 mars, que dans un courrier envoyé le 21 mars, une vingtaine de députés de tous bords s'adressant «solennellement» au Premier ministre Edouard Philippe réclamaient «l'aide médicale» des Cubains pour faire face à la crise de Covid-19 en France. «Nous vous enjoignons de solliciter sans délai le gouvernement cubain pour disposer de ces moyens supplémentaires dans le cadre d'une collaboration internationale pour faire face à l'urgence», pouvait-on notamment lire dans cette lettre. 

Les signataires de cet appel, qui font très largement partie du groupe d'amitié France-Cuba à l'Assemblée nationale, assuraient que «le gouvernement de Cuba se déclar[ait] prêt à envoyer une brigade médicale [en France] pour renforcer nos effectifs, notamment dans nos régions les plus affectées». «Effectivement, Cuba a développé une expertise rare dans la gestion des crises d'épidémies sanitaires sur tous les continents. Cuba dispose de moyens humains experts prêts à partir», rappelait François-Michel Lambert, président du groupe et député ex-LREM, cité par Le Figaro. 

La petite île caribéenne socialiste, très réputée pour sa compétence en la matière, avait répondu à l'appel de l'Italie en dépêchant le 21 mars en Lombardie, région la plus touchée par la pandémie de Covid-19 en Europe, une équipe de 52 médecins et infirmiers, dont certains ayant combattu l'épidémie d'Ebola en Afrique. Et pour cause, selon les données de la Banque mondiale, Cuba est le pays du monde qui compte le nombre de médecins le plus élevé par habitant, avec 8,2 médecins pour 1000 habitants en 2017, loin devant la Suède qui comptait 5,4 médecins pour 1 000 habitants en 2016, la Suisse (4,2), la France (3,2) et les Etats-Unis (2,6).