lundi 22 juin 2020

CHILI : PROCESSUS CONSTITUANT EN TEMPS DE PANDÉMIE

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REFERENDUM
« ON SE VOIT EN OCTOBRE »
DESSIN LAUZAN
La crise liée au coronavirus a bousculé le calendrier politique au Chili où la mobilistation sociale débutée en octobre dernier avait contraint les autorités et le président Piñera à lancer un important processus de réforme constitutionnelle. L’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation Jean-Jaurès publie une analyse de la fondation chilienne RED sur le sujet, signée d’Ernesto Riffo, avocat et coordinateur de l’Observatoire du processus constitutionnel-RED, et de Claudia Heiss, politiste au sein de la RED.
« JE VEUX PLÉBISCITE MAINTENANT !!! »
DESSIN ALEN LAUZAN
Le 26 avril 2020, un référendum national devait être organisé au Chili pour consulter les citoyens afin de savoir s’ils étaient d’accord ou non sur le projet d’élaboration d’une nouvelle Constitution. Et aussi pour savoir s’ils souhaitaient le faire via une assemblée composée pour moitié de parlementaires et pour l’autre de représentants élus – Convention constitutionnelle mixte – ou via une assemblée d’élus – Convention constitutionnelle. Pourtant, le 26 avril dernier, les rues étaient vides, comme c’est le cas depuis le début des mesures de confinement social et de quarantaine tournante imposées depuis mars 2020, comme réponses à la pandémie liée au coronavirus.

Le processus constituant chilien initié fin 2019 est le fruit d’une demande sociale datant de plusieurs décennies. Au retour de la démocratie en 1990, le pays a maintenu la Loi fondamentale en vigueur imposée par la dictature d’Augusto Pinochet en 1980, qui consacrait un modèle néolibéral accentuant la concentration des pouvoirs économique et politique entre quelques mains. Les droits sociaux ont été marchandisés ; l’accès à la sécurité sociale, à la santé, à l’éducation, au travail et aux autres secteurs considérés comme des droits fondamentaux dépendait de la capacité de chacun à payer. Qui plus est, ce modèle permettait à ses organisateurs de gagner de l’argent public collecté par un système fiscal régressif basé principalement sur la TVA.

Ce n’est qu’après la formidable explosion sociale du 18 octobre 2019 que le système politique a été en mesure d’offrir une sortie institutionnelle à la demande de changement profond du modèle social et des institutions le garantissant. Le 15 novembre dernier, la majorité des partis représentés au Congrès a signé un accord visant à organiser un référendum et l’élection de représentants à une assemblée constituante démocratique chargée de rédiger la nouvelle Loi fondamentale. Le processus négocié a été découpé en trois moments électoraux : une ouverture « référendaire » qui devait être organisée en avril 2020, l’élection des membres de la Convention constitutionnelle – selon une des modalités citées précédemment – et un référendum de « sortie » pour ratifier la Charte fondamentale élaborée au terme d’une année de travaux de la Convention.

La totalité de ce chronogramme a été décalée du fait de la pandémie. Par exemple, le référendum d’avril 2020 a été reporté au 25 octobre prochain, l’élection des membres de la Convention – au cas où l’option serait approuvée en octobre – se tiendrait le 11 avril 2021, et le référendum de ratification pourrait donc être organisé en fonction de la fin des travaux de la Convention en août 2021.

Le processus constituant chilien matérialise non seulement le désir d’abandonner le legs autoritaire d’Augusto Pinochet inscrit dans sa Constitution, mais aussi une demande de démocratisation d’un système politique terriblement concentré et excluant. C’est pour cela que le Congrès a adopté d’importants correctifs au système d’élection de la Convention constitutionnelle, reprenant des dispositifs électoraux en vigueur pour la Chambre des députés. Ainsi ont été offerts des avantages aux candidatures indépendantes qui, dans un système traditionnel, ont peu de possibilités de s’imposer face à celles de partis politiques. Et de façon historique, le Congrès a adopté une formule d’intégration paritaire entre hommes et femmes pour la Convention constitutionnelle. Est toujours en débat et négociation la création de sièges réservés aux peuples indigènes au sein de la Convention.

Il y a peu, le président Sebastian Piñera et d’autres représentants de la droite ont émis des doutes sur la faisabilité d’un référendum organisé en octobre prochain en raison de la crise sanitaire et de la crise économique qui s’annonce comme conséquence de la pandémie. Ces doutes sont en contradiction avec divers appels à la normalité, au retour à l’école et à la réouverture des centres commerciaux proposée par le gouvernement lui-même, désireux de réactiver l’économie.

De façon évidente, l’argumentation défavorable à la tenue du référendum basée sur des raisons économiques est simplement non recevable. La volonté de poursuivre les processus démocratiques ne peut pas être conditionnée par l’économie. La logique du doute ne peut être comprise que comme l’expression d’une volonté de reprendre l’argumentation de fond de la droite en faveur du modèle social et politique actuel, qui serait facteur de stabilité politique et de croissance économique du pays. Pendant des dizaines d’années, nous avons entendu ce genre d’arguments pour excuser la dictature. Cette même logique de justification rétrospective est avancée aujourd’hui pour défendre le statu quo. Abandonner le modèle hérité mettrait en danger ces acquis. On se rappelle qu’à l’occasion de la tentative de processus constituant voulue par le gouvernement de Michelle Bachelet, la droite avait déjà critiqué l’initiative au nom de possibles effets négatifs sur la croissance économique causés par une Constitution garantissant un excès de droits. Plus récemment, après l’accord du 15 novembre 2019, l’un des principaux arguments en faveur de l’option du « non » est de dire que le processus constituant créerait un climat d’incertitudes pendant deux ans avec des conséquences économiques négatives pour le pays.

Invoquer des arguments économiques pour écarter les demandes d’un changement du système social et politique n’est pas nouveau dans la politique chilienne, mais aujourd’hui, il apparaît que l’une des principales causes du malaise social  que révèlent les manifestations d’octobre 2019 peut être la subordination du pouvoir politique démocratique au pouvoir économique du marché. Les demandes sociales exprimées à ce moment-là n’ont pas été satisfaites, et on peut être sûr qu’elles réapparaîtront dès que les circonstances sanitaires le permettront.

Qui plus est, l’impact de la pandémie au Chili a montré à l’opinion publique l’absence d’instruments étatiques adéquats pour affronter la crise sanitaire, d’instruments régulateurs permettant d’affronter l’inflation abusive du prix des articles de santé et, de façon générale, la faible capacité de l’État à contrôler les actions d’institutions privées, telles que les banques ou les entreprises de services de base, en particulier dans des situations comme celles de la crise actuelle.

Cela dit, la marque la plus visible que va laisser la pandémie sera sans doute la mise en évidence de manière dramatique de l’absence de système de protection garantissant un minimum de bien-être à la population, et les conséquences inégalitaires qu’ont et que vont avoir les mesures adoptées pour affronter la crise sanitaire et l’imminente crise économique.

Le référendum constitutionnel a été la forme inventée par le système politique pour répondre à la crise sociale et politique. Le contester en prenant comme excuse la pandémie serait une façon d’user d’une crise pour essayer d’en étouffer une autre.

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mercredi 17 juin 2020

FRANCE : HÔPITAL. MOBILISATION MASSIVE EN FAVEUR DU SYSTÈME DE SANTÉ

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PLUSIEURS MILLIERS DE MANIFESTANTS ONT DÉFILÉ, SOIGNANTS ET
SOUTIENS, MARDI 16 JUIN 2020 À PARIS. UNE MANIFESTATION MARQUÉE
PAR DES HEURTS VIOLENTS AVEC LA POLICE.
PHOTO (©SL / ACTU PARIS)
Des milliers de personnels hospitaliers, salariés des Ehpad et usagers se sont rassemblés dans toute la France pour le premier mouvement social d’ampleur depuis la pandémie. Le Ségur de la santé est sous pression.
VIOLENTE INTERPELLATION D'UNE INFIRMIÈRE LORS
 DE LA MANIFESTATION DES SOIGNANTS À PARIS
PHOTO POLITIS
Une marée humaine sous les fenêtres d’Olivier Véran. L’avenue de Ségur, à Paris, qui a donné son nom à la concertation très décriée menée par le gouvernement, résonnait des « On est là ! » des soignants hospitaliers, des personnels des Ehpad et des usagers. Pour cette grande journée d’action post-confinement, seize mois après le début du mouvement social dans les hôpitaux, les premiers de corvée face au ­Covid, piliers du système de santé, se sont rassemblés par milliers à l’appel de syndicats et collectifs (CGT, FO, Unsa, SUD, collectif Inter-Hôpitaux…) pour refuser le retour à « l’anormale ». Dans toute la France comme à Paris. En tête du cortège dans la capitale, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, n’y va pas par quatre chemins : « Ça fait un moment que le diagnostic de ce qui ne va pas est posé. Il faut donner des réponses aux personnels tout de suite et annuler la dette des hôpitaux ! On donne bien 10 milliards d’euros aux entreprises ! »

Les oubliés du champ de bataille


UNE DU QUOTIDIEN L'HUMANIÉ
DU MARDI 16 JUIN 2020
Dans la foule compacte, la gestion catastrophique de la crise a imprimé les consciences au fer rouge. Olivier Youinou, cosecrétaire de SUD santé AP-HP, résume cette déflagration au micro : « La situation a pété à la gueule de tout le monde. » Vétérante des luttes sociales, Marie a collé sur son uniforme bleu d’infirmière anesthésiste une photo d’elle en manifestation en 1988. Elle n’avait jamais vu ça en trente ans de carrière : « Je me suis retrouvée à intuber des gens sans masque FFP2. Je gagne 2 500 euros par mois avec 17 heures supplémentaires en plus. Je suis obligée de travailler en intérim dans d’autres hôpitaux pour m’en sortir seule avec deux enfants à Paris, alors que nous avons la vie des gens entre nos mains. Notre profession n’est absolument pas représentée dans le Ségur de la santé, c’est une honte. En ce m oment, nous avons 3 000 opérations, reportées pendant le Covid, à rattraper, nous sommes toujours au bloc à 21 heures, je ne peux plus accepter ça ! »

« Ni bonne, ni nonne, ni conne ! » brandit en écho Léa, étudiante infirmière. Jetées en pâture dans les services de réanimation sans même avoir fini leur formation, les futures diplômées se remettent à peine de cette période de surtension. « Nous avons toutes été réquisitionnées, poursuit sa camarade Laura, élève dans une école à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne). On a fait office d’aides-soignantes et d’infirmières. Le tout payé 1,40 euro de l’heure, somme que nous n’avons toujours pas reçue. Nous n’avons pas non plus le droit à la prime Covid. Nous sommes diplômées dans un mois, mais nous n’avons pas envie de gérer 14 patients en même temps pour gagner 1 600 euros. On ne veut pas exercer notre futur métier comme ça. »

Le camion rose de « Vos gâteaux » détonne dans la vague de blouses blanches. Véronique a monté cette opération de distribution de nourriture pour les soignants pendant la pandémie. 9 000 bénévoles continuent toujours d’offrir aux hospitaliers douceurs et repas en tout genre. Des applaudissements au balcon à la rue, il n’y a qu’un pas, qu’ont franchi de nombreux usagers ce mardi, à l’image d’Amaury et Rémy. Ces deux comédiens ont revêtu des uniformes de soldats avec une pancarte explicite : « Plus de brancards et de lits d’hôpitaux, moins de branquignoles au sommet de l’État. » « On est en guerre, comme l’a dit Emmanuel Macron. Les revendications des soignants sont totalement justifiées », souligne le poilu d’un jour. Les personnels des Ehpad se sentent, eux aussi, les oubliés du champ de bataille. Le matin, ils avaient manifesté devant le siège du groupe Korian dans le 8e arrondissement de Paris. Alors que les actionnaires ont renoncé à 54 millions d’euros de dividendes, les salariés ne voient rien venir pour le versement des primes. « Nous avons eu des renforts, notamment d’agents de services hospitaliers, mais une fois la crise finie, ils sont partis, du coup, on se retrouve à faire une partie de leur boulot, dénonce Orneli, auxiliaire de vie dans une structure parisienne. Mais on nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour recruter. »

Urgences saturées, personnel épuisé


Si des tensions ont éclaté en marge de la manifestation parisienne, 220 rassemblements se sont tenus dans toute la France, rappelant l’élan revendicatif dans la santé de l’automne dernier. Environ 12 000 personnes s’étaient ainsi donné rendez-vous hier devant l’hôpital Édouard-Herriot, à Lyon. Personnels soignant et paramédicaux, du public comme du privé, mais aussi des salariés du secteur médico-social et plus largement des cheminots, des étudiants, des gilets jaunes et d’autres se sont joints au cortège qui s’est ébranlé jusqu’à l’agence régionale de santé d’Auvergne-Rhone-Alpes. « Ça fait plus d’un an qu’on se mobilise, qu’on n’est pas entendus. On a répondu présent pendant le Covid, on a espéré que les choses allaient changer. Mais depuis le déconfinement, c’est comme si rien ne s’était passé : les services d’urgences sont saturés, le personnel épuisé. On manque toujours autant de matériel et de lits ! » s’insurge une médecin urgentiste rattachée à l’hôpital Édouard-Herriot et à Lyon-Sud.

Le mot qui revient dans toutes les bouches ? Le besoin de reconnaissance. Salariale mais aussi professionnelle. « Pendant la crise du Covid, on s’est rendu compte que c’étaient les petites mains qui faisaient tourner le pays, pas le gouvernement », pointe Claude. Cette infirmière à la clinique privée de la Sauvegarde, en fin de carrière, manifeste pour la première fois de sa vie. « Chez nous, ce genre de mobilisation est exceptionnelle, ça montre le niveau du ras-le-bol ! » Solidaires des agents du public, elle et ses collègues espèrent une revalorisation générale des salaires.

« Il faut redonner du pouvoir aux soignants », exige également une médecin psychiatre à l’hôpital psychiatrique du Vinatier qui préfère rester anonyme. « À l’heure actuelle, les soins sont organisés par des managers avec beaucoup de violence institutionnelle. Contrairement à ce que dit le gouvernement, on a des lits qui continuent à être fermés alors que les urgences sont saturées. On se retrouve avec des patients qui décompensent en milieu extra-hospitalier, une vraie dégradation de la qualité des soins et une énorme souffrance au travail des so ignants », déplore-t-elle. Une dégradation de la psychiatrie qui a un impact sur le secteur médico-social. « Comme les hôpitaux psychiatriques ne sont plus en état d’accueillir tous les patients qui le nécessiteraient, on se retrouve de plus en plus avec des publics qui présentent des troubles psychiques et autistiques, alors qu’en parallèle, on subit une déqualification de nos métiers qui fait qu’on est de moins en moins outillés pour ce genre de mission », explique Nabila Machetto, responsable syndicale CGT à l’Adapei du Rhône.

dimanche 24 mai 2020

L´HUMANITÉ REMERCIE LA LEÇON DE COURAGE ET DE DIGNITÉ DE CUBA

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PHOTO YAMIL LAGE
Paris, 24 mai 2020 (Prensa Latina) Le quotidien français L’Humanité publie aujourd’hui un article qui reconnaît la leçon de courage, d’intelligence et de dignité de Cuba face à la guerre économique que lui imposent les États-Unis et la solidarité de l’île face au Covid-19.
Prensa Latina
JOSÉ FORT, JOURNALISTE
 POLITIQUE, ÉCRIVAIN.
«Amis cubains, merci »  s’intitule l´article du journaliste José Fort, qui souligne la résistance de la plus grande des Antilles et sa position dans le scénario dérivé de la pandémie, face à laquelle l´île assure la santé de son peuple et en soutient d’autres dans diverses parties du monde.

Ces jours-ci, vous donnez ces leçons, bien que vous ayez subi une guerre économique et des agressions terroristes sans interruption au cours des 60 dernières années, avec un blocus décrété par la première puissance économique et militaire, qui révèle quotidiennement sa stratégie d’étranglement, note l’ancien correspondant à La Havane de L’Humanité.

Selon l’auteur, en pleine pandémie de Covid-19, le paysage en Amérique Latine et dans les Caraïbes est défavorable, avec la menace d’une catastrophe sanitaire et sociale et des pays très touchés comme le Brésil, le Pérou, le Chili et l’Équateur.

Amis cubains, vous avez su vous protéger et limiter les effets de la pandémie grâce à une politique de santé exemplaire et vous avez aidé plusieurs pays du monde avec vos médecins et professionnels de la santé, affirme-t-il.

Fort défend dans son article le prix Nobel de la Paix pour les médecins de l’île, car « qui le mérite le plus aujourd’hui?  », demande-t-il ?.

Le journaliste insiste pour reconnaître la résistance de Cuba face à l’agressivité des États-Unis et son comportement solidaire envers les peuples d’Amérique Latine, des Caraïbes et d’Afrique frappés par des dictatures, des maladies et des pillages.

« Pendant plus de 60 ans, l´île a résisté à l’impérialisme nord-américain et a surmonté les provocations (...) contre vents et marées », souligne-t-il.

L’article conclut en remerciant « les amis cubains d’avoir donné une vision de ce que devrait être la planète : un monde plus juste, plus respectueux et plus uni ».

jeudi 21 mai 2020

ASSASSINAT DE NARUMI KUROSAKI : L’ENQUÊTE RELANCÉE PAR L’EXTRADITION DE ZEPEDA

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CAPTURE D'ÉCRAN
En attendant son extradition vers la France, Nicolas Zepeda, suspecté du meurtre de Narumi Kurosaki en 2016, pourrait être placé en détention provisoire au Chili. Une audience est prévue pour le 27 mai.
Ouest-France avec l'AFP.
CAPTURE D'ÉCRAN
La justice chilienne a fixé au 27 mai une audience pour décider d’un éventuel placement en détention préventive de Nicolas Zepeda, soupçonné d’avoir assassiné son ex-petite amie japonaise en 2016 à Besançon, dans l’attente de son extradition vers la France.

Lundi, après la décision de la Cour suprême du Chili d’autoriser l’extradition du jeune homme, le parquet avait demandé la tenue d’une audience en urgence pour examiner un durcissement des mesures préventives à l’égard du suspect, actuellement sous contrôle judiciaire et qui a interdiction de sortir du territoire.

L’audience aura lieu le 27 mai à 10 h locales (14 h GMT) en visioconférence en raison de l’épidémie de coronavirus et du confinement en cours à Santiago, selon une décision du juge Jorge Dahm de la Cour suprême dont l’AFP a eu copie.

La procédure d’extradition allongée


Une fois la décision d’extradition notifiée à l’ambassade de France à Santiago, les autorités françaises avaient normalement 60 jours pour aller chercher Nicolas Zepeda au Chili.

Mais face aux restrictions de circulation imposées par la pandémie (suspension des vols internationaux, fermeture des frontières), le magistrat a indiqué que le délai pour la procédure d’extradition serait porté à trois mois.

Narumi Kurosaki, étudiante de 21 ans, vivait sur le campus universitaire de Besançon où elle a été vue pour la dernière fois le 4 décembre 2016. Son corps n’a jamais été retrouvé. Nicolas Zepeda, 29 ans, était son ancien petit ami.

Fils d’une riche famille chilienne


Le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, s’était rendu en avril 2019 au Chili avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs chargés du dossier. En octobre, il avait demandé l’extradition de Nicolas Zepeda pour qu’il comparaisse devant la cour d’assises de Besançon pour l’assassinat de Narumi Kurosaki.

Selon les enquêteurs, Nicolas Zepeda s’était rendu début décembre 2016 à Besançon pour voir la jeune femme. Le soir du 4 décembre, veille de sa disparition, ils avaient regagné ensemble le logement de Narumi et, dans la nuit, plusieurs étudiants avaient entendu des hurlements de terreur, des cris.

Nicolas Zepeda, fils d’une riche famille chilienne, avait rencontré l’étudiante au Japon en 2014. Il en était tombé éperdument amoureux et l’avait présentée à sa famille au Chili.

Mais peu avant la disparition de Narumi, tous deux avaient pris leurs distances, et l’étudiante japonaise avait débuté une nouvelle relation, suscitant la jalousie du Chilien.

lundi 18 mai 2020

ASSASSINAT DE NARUMI KUROSAKI : L’ENQUÊTE RELANCÉE PAR L’EXTRADITION DE ZEPEDA

NICOLAS ZEPEDA, 29 ANS, EST ACCUSÉ PAR LA POLICE FRANÇAISE
D’AVOIR ASSASSINÉ SON EX-COMPAGNE NARUMI KUROSAKI,
PUIS DE S’ÊTRE DÉBARRASSÉ DU CORPS.
PHOTO AFP
Le Chili a validé ce lundi 18 mai 2020 l’extradition de Nicolas Zepeda. Le suspect de l’assassinat de Narumi Kurosaki, dont le corps reste introuvable, va être livré à la justice française, et à nouveau interrogé par une juge d’instruction de Besançon. Après trois ans d’inertie, l’espoir d’élucider cette sombre affaire renaît.
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Va-t-on enfin savoir ? Va-t-on enfin comprendre ? Trois ans et demi après la brutale disparition de Narumi Kurosaki du campus de la Bouloie, à Besançon, l’espoir d’élucider ce que la police française considère comme un assassinat vient de renaître de manière spectaculaire.

Transfert imminent en France

La Cour Suprême de Santiago a rejeté ce lundi 18 mai l’appel de Nicolas Zepeda. La décision d’extrader le suspect chilien vers la France - prononcée en première instance le 2 avril dernier - est désormais définitive. Un tournant majeur pour cette enquête au long cours, écartelée sur trois continents différents.

Malgré un mandat d’arrêt international émis à son encontre fin 2016, Zepeda jouissait jusqu’alors d’une liberté quasi-totale dans son pays natal. Sa vie vient de basculer de la lumière à l’ombre. Ce fils de bonne famille va être transféré par avion jusqu’à Paris, puis conduit sous bonne escorte à Besançon. Il y sera prochainement interrogé par une juge d’instruction, en vue de sa mise en examen.

Un procès à Besançon en sa présence


PHOTO WILLY GRAFF 
Parlera-t-il ? Craquera-t-il ? Jusqu’à présent, Nicolas Zepeda-Contreras a adopté deux stratégies successives. Dès son retour au Chili, l’ex petit-ami de Narumi avait d’abord remis un texte aux autorités sud-américaines, où il détaillait une version jugée peu crédible de son ultime nuit passée avec la victime. Face à une délégation bisontine venue assister à son interrogatoire, en avril 2019 à Santiago, face à la Cour Suprême du Chili, ces dernières semaines, et face aux nombreux médias qui le traquent depuis trois ans, Zepeda a ensuite fait varier son plan, en optant pour le silence.

En l’absence de corps de la victime, l’extradition avait longtemps semblé impossible. La solidité de l’enquête réalisée par la PJ de Besançon, couplée à un contexte social et politique très particulier au Chili, a donc rebattu les cartes. À l’abri de ses frontières, Nicolas Zepeda se savait hors de portée de la justice française. Ce n’est plus le cas : un procès se tiendra à Besançon, probablement en 2021.

Un soulagement pour la famille de Narumi


En cas de renvoi devant la cour d’assise pour assassinat, Zepeda encourrait la réclusion criminelle à perpétuité, une peine maximale qui pourrait l’inciter à retrouver la parole et la mémoire… C’est en tout cas ce qu’espèrent les proches de Narumi, piégés dans un deuil impossible. La famille de Narumi veut connaître la vérité.

Dans une lettre poignante transmise à la Cour Suprême du Chili, Taeko Kurosaki, la mère de l’étudiante disparue, ne cachait pas sa « haine » à l’égard de Nicolas Zepeda, tout en soutenant de tout son cœur la demande d’extradition. « Je prie pour que Nicolas soit jugé en France, je donnerais ma vie pour ça. Nous ne pardonnerons jamais à Nicolas, qui nous a pris la vie de Narumi et celle de toute la famille », écrivait notamment la maman de Narumi, pour qui l’implication du suspect ne fait aucun doute.

"Une avancée majeure" selon le procureur de Besançon


LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE, ETIENNE MANTEAUX
PHOTO L'EST RÉPUBLICAIN 
Le procureur de la République, Etienne Manteaux, ne cachait pas sa "profonde satisfaction" ce lundi 18 mai en apprenant la décision en appel de la Cour Suprême. "C'est une très grande nouvelle, un grand soulagement pour la justice avec un grand J. Compte-tenu de l'importance des charges qui pèsent sur Monsieur Zepeda, il était difficile d'imaginer un procès sans sa présence dans le box des accusés", explique le magistrat.

"Mais avant tout, l'instruction va pouvoir se poursuivre. Il sera déféré puis présenté à un juge d'instruction. Je ne sais pas quelle sera sa stratégie de défense, mais s'il admettait être l'auteur des faits, peut-être se décidera-t-il à parler et à révéler l'endroit du corps de Narumi ?", espère Etienne Manteaux. "Cette extradition est en tout cas une avancée majeure", conclut le procureur.


samedi 16 mai 2020

LE DIRIGEANT COMMUNISTE ESPAGNOL JULIO ANGUITA EST MORT

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LE DIRIGEANT COMMUNISTE ESPAGNOL JULIO ANGUITA EST MORT
PHOTO JOSE GOITIA / CP
Ancien secrétaire général du Parti communiste d’Espagne, il s’est éteint samedi à Cordoue. Julio Anguita (78 ans), ancien secrétaire général du Parti communiste d’Espagne et ex-coordinateur d’Izquierda Unida, est mort samedi à Cordoue, des suites d’une crise cardiaque. On le surnommait parfois « le prof » car il avait toujours le souci de la pédagogie. La presse l’avait affublé du titre de « calife rouge », en mémoire de ses années passées avec succès à la tête de la mairie de Cordoue, en Andalousie. Il était surtout un dirigeant populaire, très respecté au-delà de sa famille politique, qu’il avait rejointe pendant la dictature au début des années 1970.  
« OBSÈQUES DE JULIO ANGUITA : UNE CHAPELLE  ARDENTE À L’HÔTEL DE VILLE DE CORDOUE »
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EFE 
 JULIO ANGUITA 1989: Anchuras (Ciudad Real) PHOTO JOSÉ LUIS PÉREZ
après son retrait de la vie politique active pour des raisons de santé, il était devenu un « sage »  très écouté. Il s’était illustré ces dernières années sur des thèmes comme la République et la Constitution. Dans une interview qu’il m’avait accordée en 1996 à Madrid, il déclarait notamment : « Il faut régénérer la gauche, débattre des programmes et non s’en tenir à des échanges de propos de bateleurs. J’appelle à une rébellion pacifique contre la loi de l’argent, contre la corruption et la désagrégation de la société. »
Julio Anguita dégageait comme un parfum de don-quichottisme. Son physique, son allure, son refus de l’apparat et des privilèges (il avait refusé sa retraite de député lui préférant celle de professeur) n’expliquent pas tout : c’était un homme droit, dur au combat politique. Derrière la carapace, il y avait un homme sensible et émouvant. Il avait effroyablement vécu la mort en Irak, pendant la guerre de 2003, de son fils Julio, envoyé spécial du journal El Mundo  dans les zones de combats. Sans rien laisser paraître, après avoir été informé de la tragédie, il avait quitté l’assemblée générale de Izquierda Unida à Madrid pour rejoindre sa famille à Cordoue.
Julio Anguita avait accueilli avec satisfaction la formation du nouveau gouvernement espagnol réunissant les socialistes, la coalition Unidas/Podemos et la nomination de ministres communistes.
« Mon rôle désormais », disait-il, « se limite à soutenir et parfois à rester silencieux. »
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 PHOTO RAFA ALCAIDE 

vendredi 15 mai 2020

LE CREUSAGE DE TOMBES EN PRÉVENTION FAIT RÉAGIR AU CHILI

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PHOTO MARTIN BERNETTI
Le Chili a annoncé vendredi un chiffre record de 26 décès en un jour dus au coronavirus, alors que monte la polémique sur le creusage de milliers de tombes en prévision de l'avancée de la pandémie.
26 DÉCÈS EN UN JOUR
DUS AU CORONAVIRUS
Avec ces nouveaux décès, le pays sud-américain comptabilise 384 victimes du virus, depuis le premier cas apparu le 3 mars, pour un total de 39 542 cas, dont 2 502 supplémentaires lors des dernières 24 heures.

PHOTO MARTIN BERNETTI
La mise en confinement total de la population de la capitale Santiago a été ordonnée mercredi par le gouvernement, après une augmentation de 60% des cas de COVID-19 en 24 heures.

Jeudi, le directeur du cimetière général de Santiago, Rashid Saud, a indiqué à l'AFP que les fossoyeurs avaient déblayé depuis un mois près d'un millier de tombes individuelles dans l'immense complexe municipal, situé dans le quartier de Recoleta.

PHOTO MARTIN BERNETTI
«Nous réalisons le moment historique dans lequel nous sommes et que nous pourrions avoir besoin de plus de tombes, parce que nous voyons ce qui s'est passé dans les pays voisins», a expliqué M. Saud. 

Mais vendredi, les autorités sanitaires ont nié avoir ordonné une telle opération. La consigne «n'a jamais été donnée» de «créer des espaces dans le cimetière pour recevoir les victimes de la pandémie», a affirmé le ministre de la Santé, Jaime Mañalich. 

Le directeur du cimetière a confirmé qu'il s'agissait d'une initiative locale, précisant que l'objectif est d'aménager 2 000 tombes.

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Le maire du quartier de Recoleta, Daniel Jadue, a lui aussi confirmé que le quartier avait décidé il y a plusieurs mois de lancer ce travail, sans attendre de recevoir l'ordre du gouvernement. 

«Dans le cadre de notre planification, nous avons commencé à préparer une réponse face à un possible effondrement (des services sanitaires et funéraires, ndlr) en janvier, quand on a vu les informations dans le monde, mais ce n'est pas une demande du gouvernement», a-t-il déclaré à la radio Futuro. 

Chaque année le personnel du cimetière déblaie les tombes temporaires non réclamées par les proches.

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