
Cette "Carte spéciale visiteurs" (TEV) est remise aux visiteurs à l'aéroport de Santiago du Chili, le seul à desservir cette île chilienne du Pacifique sud. Ils doivent y consigner le motif, la durée et le lieu de leur séjour.
Elle a été mise en place un mois après le blocage de l'aéroport de l'île par des habitants réclamant des garde-fous concernant la durée de séjour des touristes et l'immigration.
La plus haute instance judiciaire du Chili, qui s'est prononcée à l'unanimité, a jugé cette carte "illégale et arbitraire" au nom de la défense de la liberté d'aller et venir sur l'ensemble du territoire national, consacrée par la Constitution.
A l'avenir, la TEV ne sera donc plus obligatoire.
Les moins de 5.000 habitants de l'îlot s'inquiètent des flux humains croissants vers leur bout de paradis perdu à 3.500 km des côtes chiliennes. Chaque année, 50.000 touristes visitent ses plages, ses paysages volcaniques et ses célèbres Moai, statues géantes de pierre.
Pour les personnes y résidant, ces flux mettent en péril le fragile écosystème et le patrimoine de Rapa Nui, le nom polynésien de l'île de Pâques. Ils contribuent aussi à une hausse de la délinquance, importée, selon eux, par des Chiliens du continent.
Julio Albert Poch, après être arrêté à l'aéroport de Manises Valence, Espagne. Photo El PaísMercedes Sosa "est morte dimanche matin", selon un communiqué de la clinique. Elle était en soins intensifs depuis le 18 septembre, avec de "graves dysfonctionnements rénaux et pulmonaires", a précisé un rapport médical.
"C'était la voix de ceux qui n'avaient pas de voix à l'époque de la dictature (1976-1983). Elle a porté sa préoccupation pour les droits de l'Homme dans le monde entier", a déclaré le musicien Victor Heredia, l'un de ses amis et le compositeur de plusieurs de ses chansons.
Une veillée devait être organisée dimanche au Congrès des députés, un honneur réservé aux personnalités importantes en Argentine, selon un communiqué de la famille de la chanteuse.
Mercedes Sosa était le symbole d'un mouvement de renouveau de la musique folklorique, socialement engagé, qui comptait entre autres figures de proue le chanteur argentin Altahualpa Yupanqui, mort à Paris en 1992.
Surnommée "La Negra" en raison de son épaisse chevelure noire, elle a partagé la scène avec des artistes internationaux tels que Luciano Pavarotti, Sting, Joan Baez, Andrea Bocelli, Chico Buarque, Gal Costa ou Shakira.
Elle s'est produite dans des lieux prestigieux, la Chapelle sixtine au Vatican (1994), le Carnegie Hall de New York (2002) ou le Colisée de Rome (2002) lors d'un concert pour la paix, auquel participa notamment Ray Charles.
Sa vie avait débuté le 9 juillet 1935 à Tucuman, dans une famille d'origine indienne vivant dans un quartier modeste et bercée par la culture populaire.
D'abord professeur de danse folklorique, elle s'est lancée dans la musique dans les années 1960, rejoignant avec son mari, le musicien Manuel Oscar Matus, le mouvement Nuevo Cancionero, qui a dépoussiéré le folklore. Elle enregistre son premier disque "Canciones con fundamento".
Mais vient bientôt le temps de l'exil pour cette militante communiste. En 1979, elle est arrêtée lors d'un concert à La Plata. Mercedes Sosa n'a plus le droit de chanter et préfère s'intaller à Paris puis à Madrid.
Elle ne retournera en Argentine qu'en 1982 pour une série de concerts à Buenos Aires.
C'est "la voix la plus vigoureuse d'Amérique latine", avait déclaré la présidente chilienne Michelle Bachelet avant le décès de Mercedes Sosa qui a contribué à diffuser la chanson "Gracias a la Vida" composée par la Chilienne Violeta Parra.
"Je suis chanteuse. Je suis veuve. J'ai un fils, Fabian Ernesto, et deux petites-filles. Je conduis une petite Audi. J'ai été très malade et je me suis retrouvée avec Dieu. Je suis progressiste. Je suis ambassadrice de l'Unicef", avait résumé Mercedes Sosa dans une interview en 2000.
Ses problèmes de santé et son hospitalisation en mars l'avaient empêchée de participer au lancement de son double album "Cantora" ("Chanteuse") composé de duos avec des vedettes de la musique hispanophone (Joan Manuel Serrat, Luis Alberto Spinetta, Caetano Veloso, Shakira).