lundi 8 août 2011

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CAMILA VALLEJO DOWLING DIRIGEANTE DE LA FEDERATION D'ETUDIANTS DU CHILI.

Camila Vallejo, leader de la FECh, a indiqué que cet arrêt national "est le moyen d’envoyer aujourd’hui un signal au gouvernement. Nous avons donné au ministre Bulnes un délai de six jours pour qu’il nous donne une réponse à nos demandes".

"Cette manifestation est une démonstration du soutien des citoyens à nos demandes, mais aussi un questionnement au gouvernement, pour qu'il donne enfin une réponse favorable aux exigences que notre mouvement a soulevées, et qu’il démontre ainsi son respect pour la démocratie au Chili", a soutenu Vallejo.

Le cortège partira à 10:30 du matin (15:30 GMT) du centre ville, et sera suivi d’une "casserolée" à 21:00. Les organisateurs ont demandé les autorisations nécessaires et ils attendent une réponse de la préfecture pour la réalisation et le parcours de la manifestation.

Le président de l'Université du Chili, Víctor Pérez, a salué la leader étudiante et lui a témoigné de « son soutien pour ce qu'elle doit personnellement endurer. » En effet, la dirigeante de la fédération des étudiants de l’université du Chili a reçu des menaces de mort, son adresse personnelle et son numéro de téléphone ont été publiés dans les réseaux sociaux.

Des responsables politiques du gouvernement Pinera ont cherché à minimiser la portée des mobilisations et à criminaliser les manifestants, en les désignant comme « ramassis de vagabonds paresseux ». En réponse, les étudiants ont souligné le caractère strictement pacifique et créatif du mouvement, que doit être maintenu malgré les nombreuses provocations qu’ils subissent.

Les établissements de l’enseignement secondaire, ainsi que des organisations sociales, syndicales et politiques se sont pliés à l’appel à la grève nationale du 9 août, la première du genre pour le milliardaire conservateur Pinera, héritier politique de la dictature de Pinochet en chute libre dans les sondages d’opinion.

samedi 6 août 2011

CHILI : FIN DE LA GRÈVE DANS LA MINE DE CUIVRE D’ESCONDIDA

Avec notre correspondante à Santiago, Claire Martin

Les mineurs réclamaient une prime de production pour l’année de 7 500 euros. Après deux semaines d’une grève qui a complètement paralysé la production, la mine Escondida leur a accordé moitié moins. Les travailleurs ont décidé après une nuit de délibération d’accepter cette dernière offre.

La mine Escondida contrôlée majoritairement par le géant anglo-austalien BHP Billiton a perdu 280 millions d’euros à cause de la grève. Elle produit près de 7 % du cuivre mondial. En deux semaines, elle a cessé de produire 40 000 tonnes de métal rouge.

Les travailleurs considéraient inacceptable que l’entreprise baisse leur prime de production, alors que le prix du cuivre était encore en hausse et que l’entreprise avait réalisé l’an dernier 3,5 milliards d’euros de bénéfices. Peut-être était-il temps de négocier. Pour éviter les pertes de bénéfices, les entreprises minières ont tendance à licencier dans ces cas là.

vendredi 5 août 2011

CHILI : JEUDI NOIR À SANTIAGO POUR LES ÉTUDIANTS EN COLÈRE

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LE GOUVERNEMENT DE SEBASTIÁN PIÑERA A DÉCIDÉ, NON SEULEMENT D'INTERDIRE CETTE MANIFESTATION, MAIS AUSSI DE LA MATER.
Leur demande de promotion d'une éducation publique, gratuite, laïque et non discriminatoire, d'augmentation de fonds étatiques destinés à l'éducation universitaire, de faire baisser les droits d'inscription, et leur remise en cause des prêts banquaires qui ne financent que les étudiants riches… - ces revendications mobilisent les élèves du secondaire et les étudiants depuis deux mois - n'auront visiblement pas été entendues comme ils l'espéraient.
Puisque le gouvernement de Sebastián Piñera a décidé, non seulement d'interdire cette manifestation, mais aussi de la mater. (voir la vidéo)


« Il est fini, le temps des manifs »

Une interdiction et une répression annoncée la veille, mercredi, puisque le président déclarait haut et fort qu'il « y a une limite à tout » et que le ministre de l'intérieur Rodrigo Hinzpeter ajoutait : 

« il est fini, le temps des manifestations ». 
 
Un millier de policiers avaient été dépêchés sur la place d'Italie (que l'on pourrait comparer à la place de la Bastille parisienne, tant l'Alameda qui y prend naissance, y est symbolique) pour contrer les jeunes à coups de véhicules lanceurs de puissants jets d'eau et de bombes lacrymogènes.
Les forces de police « sont en train d'utiliser des gaz qu'elles n'avaient pas utilisé jusqu'ici » a affirmé la porte parole de la Confédération des étudiants du Chili (CONFECH), Camila Vallejos.
« Ce n'est pas en l'interdisant qu'on rendra ce mouvement invisible ».

Vous avez dit « dialogue » ?

A la fin de la journée, plus de 500 jeunes avaient été embarqués, et parmi eux quelques « encapuchados » (capuches), des provocateurs violents, dont on ne sait pas par qui ils sont manipulés (…), et qui parviennent à jeter un discrédit sur l'ensemble du mouvement estudiantin en détruisant tout ce qu'ils rencontrent sur leur passage.
Camila Vallejos s'est insurgée contre l'absence de droit des citoyens à manifester dans un lieu public :
« la rue appartient à tout le monde. Cette interdiction ressemble à un état de siège, j'imagine que c'était comme ça il y a 30 ans, au Chili, pendant la dictature militaire ».

Des propositions inacceptables

Cette manifestation prévue depuis longtemps, a eu lieu trois jours après qu'une proposition en 21 points a été faite, lundi, aux étudiants par le nouveau ministre d'éducation, Felipe Bulnes. Mais le thème central, du but lucratif de l'éducation au Chili, n'a pas été abordé.
La proposition a été rejetée en assemblée par la plupart des étudiants, d'après Camila Vallejos, qui a appelé à faire sonner les casseroles (un geste symbolique des opposants à la dictature) contre la répression.
Malgré ce refus, le gouvernement enverra sa proposition au Congrès. Sachant qu'il est majoritaire à la chambre des députés mais minoritaire au Sénat.
La côte de popularité du président Piñera, au pouvoir depuis mars 2010, atteint un niveau critique en ce moment. D'après une enquête du Centro de Estudios Públicos, 35% de l'opinion seulement soutient sa gestion du pays.

CHILI / MOBILISATION: 550 ARRESTATIONS

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LA POLICE CHILIENNE A FAIT USAGE DE GAZ LACRYMOGÈNES POUR DISPERSER UNE MANIFESTATION D’ÉTUDIANTS À SANTIAGO

 PHOTO VICTOR RUIZ CABALLERO / REUTERS
Pas plus de 5.000 personnes ont pris part aux manifestations, à Santiago et dans une dizaine de villes, mais "on a atteint le total de 552 interpellations et 29 policiers blessés, dont un dans un état grave", a annoncé à la presse en soirée le vice-ministre de l'Intérieur Rodrigo Ubilla, selon qui il n'y avait pas de "civils blessés". La majorité des personnes interpellées (284) l'ont été à Santiago, pour trouble à l'ordre public, ports d'armes ou de matériel explosif, a précisé M. Ubilla.

Cette journée d'action étudiante, la huitième depuis le début des mobilisations en mai, a été de loin la plus violente, mais la moins suivie. Des manifestations monstres, en juin, ont réuni jusqu'à 80.000 personnes, les plus spectaculaires depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990. Etudiants, lycéens et enseignants, qui réclament de l'Etat des moyens accrus pour l'enseignement public et supérieur, avaient annoncé deux manifestations pour hier. Le gouvernement n'a pas autorisé ces marches, un refus perçu comme une "provocation" par les manifestants.

A Santiago, les violences sont survenues en deux temps en une journée chaotique. Dans la matinée, la police a usé de gaz lacrymogènes et de lances à eau, pour disperser une manifestation naissante Plaza Italia, et dégager des carrefours névralgiques que des étudiants paralysaient avec des barricades de pneus enflammés. Le calme était revenu en milieu de journée dans le centre de la capitale, patrouillé par des policiers à cheval et des fourgons anti-émeutes.

Les troubles ont repris en soirée, quand la police a empêché la tenue d'une seconde manifestation non autorisée, a constaté l'AFP. Un groupe de 200 étudiants a brièvement occupé les studios de la télévision privée Chilevision, exigeant de passer en direct, avant de quitter les lieux une fois un message enregistré. Le gouvernement avait interdit les manifestations en estimant le temps du dialogue venu, après une série de propositions transmises lundi, notamment sur des bourses accrues et des crédits avantageux aux étudiants, dont la majorité s'endettent pour étudier. Propositions rejetées comme "insuffisantes". "Les étudiants ne sont pas propriétaires des rues", s'est exaspéré le porte-parole du gouvernement Andres Chadwick.

Le gouvernement de droite de Sebastian Piñera vit sa crise sociale la plus grave depuis son arrivée au pouvoir en mars 2010, avec l'explosion du malaise structurel de l'éducation au Chili: un système à deux vitesses, dont le pan public est le parent pauvre de la réussite économique du pays depuis 20 ans. Le président Piñera a vu sa côte de popularité chuter à 26% d'opinions favorables, selon un sondage publié hier: un seuil record qui fait de lui le président le plus impopulaire depuis le retour de la démocratie en 1990.

Une image dans les rues de Santiago a d'ailleurs rappelé hier l'ère des manifestations contre la dictature Pinochet: des habitants qui exprimaient leur soutien aux manifestants en tapant sur des casseroles, de leur fenêtre ou sur le pas de leur porte. Les étudiants ont lancé hier soir un ultimatum de six jours au gouvernement pour des propositions "sérieuses, concrètes et cohérentes". Ils réclament en particulier des garanties constitutionnelles sur une éducation publique gratuite et de qualité. "On n'impose pas ainsi au gouvernement", a répliqué M. Chadwick.

mercredi 3 août 2011

INONDATIONS DANS LE DÉSERT DE L'ATACAMA (CHILI)

Le dernier épisode pluvieux est à l'origine d'inondations notables qui ont endommagé près d'un millier de maisons. Dans la ville côtière d'Antafagosta, les murs de plusieurs maisons et commerces se sont effondrés.

Dans les montagnes de l'altiplano, ces pluies se sont transformées en neige. Des cumuls de 1m ont été enregistrés et ont bloqué plusieurs routes.

Source : AP

AU CHILI, ON NE PARLE PLUS DE PROJETS DE CENTRALES NUCLÉAIRES

Et matière de petits schémas, je vous conseille donc plutôt ce le tableau ci-dessous qui propose une vision un peu plus réaliste des dangers liés à la production d'électricité via le nucléaire.

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SOURCE 
Laurence Golborne, alors ministre de l’énergie et des mines, avait annoncé que la décision de doter le Chili de centrales nucléaires serait prise « probablement lors de cette décennie ». Un contrat similaire avec les États-Unis devait être signé une semaine après le tremblement de terre au Japon, juste avant la visite du président américain, Barack Obama, à Santiago.

Quelques heures après le séisme nippon, Laurence Golborne relativisait sur son compte Twitter : « Énergie nucléaire : du calme. N’exagérons pas et ne parlons pas sans avoir d’informations fiables. » Mais, face aux craintes exprimées dans tout le pays, vu l’ampleur de la catastrophe de Fukushima, le ton avait vite changé au gouvernement.

Trois jours après le séisme, Laurence Golborne s’exprimait à nouveau sur Twitter en ces termes : « Ce qui s’est passé va évidemment affecter les discussions dans l’avenir. » Quelques jours plus tard, il y mettait encore plus d’emphase : « J’ai été clair : nous n’avons pas de centrales nucléaires au Chili, il n’y a pas de projet d’en construire et nous nous sommes engagés à ce qu’il n’y en ait pas pendant ce gouvernement. » Le débat était donc repoussé à une prochaine administration.

DÉFICITAIRE EN MATIÈRE ÉNERGÉTIQUE

Le contrat de coopération avec les États-Unis a bien été signé, mais en toute discrétion, par le ministre des affaires étrangères, Alfredo Moreno, et l’ambassadeur américain au Chili, Alejandro Wolff. Le gouvernement s’est alors empressé de préciser qu’il ne s’agissait pas de mettre en place un réacteur nucléaire, mais simplement de donner une formation aux ingénieurs.

Le Chili « n’est pas en mesure d’avoir de l’énergie nucléaire et ce qui s’est passé au Japon n’a fait que ratifier cet état de fait », a même déclaré Alfredo Moreno pendant la cérémonie de signature.

Le Chili, pays déficitaire en matière énergétique, cherche activement de nouvelles sources pour faire face à la croissance économique. Le mois dernier, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, en tournée dans cinq pays latino-américains, a rencontré les autorités chiliennes. Il a alors souligné que l’accident de Fukushima devait encourager à améliorer la sécurité dans les centrales nucléaires, mais pas à écarter cette source d’énergie.

TROIS EMPLACEMENTS DE CENTRALES À L’ÉTUDE

Il existe aujourd’hui au Chili deux réacteurs expérimentaux, qui servent uniquement à la recherche et à un usage médical. Trois emplacements de centrales nucléaires sont à l’étude, à Antofagasta, Coquimbo et El Libertador, sur la côte pacifique. Deux d’entre eux ont été affectés par le tsunami du Japon. Les riverains d’un des réacteurs expérimentaux, situé en pleine zone urbaine et sur la faille sismique de San Ramon, ont demandé qu’il soit déplacé.

De l’autre côté de la cordillère des Andes, en Argentine, où fonctionnent deux centrales nucléaires et où une troisième devrait entrer en fonctionnement à la fin de l’année, on minimise les risques : les technologies sont différentes de celles du Japon et les centrales ne sont pas installées sur des zones sismiques, assurent les autorités.

À Buenos Aires, le débat n’émeut presque personne, à part Greenpeace. Au contraire, ces jours-ci, une exposition technique et scientifique, Tecnopolis, fait la promotion du projet Carem (Centrale argentine d’éléments modulaires) dont la mise en service est prévue pour 2014 : un réacteur nucléaire développé intégralement en Argentine, d’une puissance de 25 mégawatts, de quoi fournir en électricité une ville de 100 000 habitants.

ANGELINE MONTOYA, à Buenos Aires

lundi 1 août 2011

Une grève de mineurs chiliens fait flamber le cuivre

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LES GRÉVISTES ONT ENTAMÉ DES POURSUITES CONTRE LEUR ENTREPRISE POUR « PRATIQUES ANTI-SYNDICALES » APRÈS AVOIR SUBI DES MENACES DE LICENCIEMENT. PHOTO GLENN ARCOS
Depuis le 22 juillet, la Minera Escondida, premier gisement à l’échelle mondiale avec 7 % de la production globale, exploitée par la firme anglo-australienne BHP-Billiton, est paralysée. Un mouvement qui pourrait faire tâche d’huile, les travailleurs de Collahuasi, 3e site d’extraction de cuivre au monde, ayant emboîté le pas ce week-end, au moins pour 24 heures. Selon le Groupe international d’études sur le cuivre ( ICSG), le marché mondial du cuivre raffiné devrait enregistrer cette année un déficit de 377 000 tonnes.

Tensions sociales au Chili

Le Chili étant à lui seul fournisseur du tiers du cuivre mondial, la situation dans le pays pèse lourdement sur les marchés. Or, des tensions sociales sont apparues le mois dernier. D’abord à la société d’État chilienne Codelco, premier producteur mondial de cuivre, dont les employés redoutent la privatisation par le gouvernement conservateur de l’homme d’affaires Sebastian Pinera, au pouvoir depuis début 2010.

Si le travail a repris rapidement, l’État ayant donné certaines garanties, les tensions ont par la suite touché la Minera Escondida, à Antofagasta, dans le nord du pays, pour des raisons salariales cette fois-ci. Alors l’entreprise minière a proposé à chacun de ses employés le versement pour l’année 2010 d’une prime de 6 000 dollars (4 200 €), ces derniers exigent près du double.

L’année dernière, la compagnie a enregistré 4,3 milliards de dollars de profits (3 milliards d’euros), en augmentation de 35 % par rapport à 2009, notamment du fait de l’augmentation des cours sur les marchés internationaux.

Bras de fer avec la direction

Le 22 juillet, les 2 300 employés d’Escondida ont cessé le travail, alors que la direction refuse toute discussion. Si la satisfaction des revendications syndicales coûterait à la compagnie moins que le montant des pertes provoquées par une seule journée de grève, l’entreprise ne veut pas céder. « Le dialogue doit s’effectuer alors que les employés travaillent, nous rétablirons le dialogue lorsqu’ils reprendront leurs activités », a déclaré à la presse locale la vice-présidente des affaires externes de BHP Billiton au Chili, Maria Olivia Recart.

Les grévistes ont entamé mercredi des poursuites contre leur entreprise pour « pratiques anti-syndicales » après s’être plaint d’avoir subi des menaces de licenciement et des tentatives d’empêchement de l’accès à la mine. Face au blocage, l’entreprise a évoqué la semaine passée un cas de « force majeure » et a annoncé à ses clients qu’elle ne pourrait honorer certaines commandes avant la fin du conflit.

Risque de contagion de la grêve

Les conflits salariaux sont récurrents ces dernières années, la flambée des cours des matières premières poussant les syndicats à des revendications salariales plus exigeantes. Mais ce mouvement – qui pourrait s’étendre aux autres mines du pays, notamment si la grève à Collahuasi se confirmait dans la durée – tombe mal pour le président Pinera.

Le chef de l’État est en effet confronté à une contestation sociale croissante sur plusieurs fronts, depuis la colère des militants écologistes opposés à un projet de barrage en Patagonie, jusqu’à la forte mobilisation des étudiants qui réclament plus d’investissements dans l’éducation.

GILLES BIASSETTE