samedi 1 juillet 2017

INCENDIES AU CHILI. DES CHIENS REDONNENT VIE AUX TERRES CALCINÉES


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À TALCA AU CHILI, TROIS BORDER COLLIE SÈMENT DE NOUVELLES
PLANTES DANS UNE FORÊT RAVAGÉE PAR DES INCENDIES EN JANVIER
PHOTO AFP

En janvier, le pays sud-américain avait vécu « le pire désastre forestier » de son histoire, selon les mots de sa présidente Michelle Bachelet : en quelques jours, plus de 467 000 hectares étaient partis en fumée et 11 personnes avaient perdu la vie.

Des graines pour faire revenir les animaux 

Près de Talca (centre), les animaux sauvages ont fui les forêts dévastées par le feu et, pour les faire revenir, une mission spéciale a été confiée par une association à trois chiennes de la race Border Collie : Das, cinq ans, sa fille Olivia, un an, et Summer, également âgée d’un an.

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Si la mission est simple - courir, sauter, jouer à travers les bois -, elle est aussi précieuse, chaque chien portant sur son dos un sac à dos rempli de graines qui s’éparpillent sur le sol grâce à des petits trous.

« La partie principale de tout ça, c’est que la faune puisse vivre » sur ces terres, explique à l’AFP Francisca Torres, 32 ans, directrice de Pewos, association écologiste comptant plus de 26 000 membres et propriétaire des trois chiens.

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VUE AÉRIENNE DE LA ZONE OÙ LA FORÊT A ÉTÉ
ENTIÈREMENT BRÛLÉE, À TALCA, AU CHILI
PHOTO  AFP 
Également instructrice de chiens pour les personnes handicapées, Francisca donne une récompense - un peu de nourriture - à Das, Olivia et Summer à chaque fois qu’ils reviennent avec leur sac vide… pour les remplir à nouveau de graines. Les trois chiens ont été formés pour obéir à ses ordres et n’attaquer aucun animal pouvant encore se trouver dans la forêt.



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Selon Francisca, les Border Collie, dont le pelage est généralement noir et blanc, se distinguent par leur intelligence, leur énergie et leur rapidité, ce qui en fait de parfaits semeurs. 

Plus efficaces que les hommes 

Et le principal avantage d’avoir recours à des chiens, plutôt que des humains, pour effectuer cette tâche titanesque, c’est qu’ils affichent un bien meilleur rendement : ils peuvent parcourir jusqu’à 30 kilomètres en une journée et y répartir jusqu’à 10 kilos de graine. Par comparaison, un humain ne pourrait semer que sur 3 kilomètres en un jour.


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En trois mois, Das, Olivia et Summer ont déjà réussi à semer dans 15 bois différents de la région de El Maule (centre). Depuis leur passage, l’herbe a déjà commencé à repousser et des arbustes, plantes grimpantes et champignons pointent déjà leur nez, encouragés par l’humidité de l’hiver austral. 

« Nous traversons des prairies qui sont déjà totalement vertes et c’est vrai que c’est le travail d’elles trois, Summer, Olivia et Das », se réjouit Francisca, qui réalise ce travail uniquement grâce à des dons.



Retour du même écosystème d’ici cinq ans 



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D’ici l’été austral (décembre-mars), on attend une plus forte germination et le retour dans ces forêts d’animaux comme les renards, les insectes, les colibris, les lézards, les lièvres et même les singes

Et au printemps prochain, l’espoir se reporte sur les fleurs, pour qu’elles attirent des abeilles, dont des milliers ont péri dans les incendies.


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« La situation est très critique parce que les abeilles n’ont rien à manger. Normalement à cette époque, les abeilles se nourrissent de certains arbres autochtones qui ont encore des fleurs, mais en ce moment il n’y a rien », s’inquiète Constanza, la sœur de Francisca, technicienne médicale de 35 ans. 

Avec le travail de semis des chiens de Francisca, l’association Pewos estime que, d’ici cinq ans, les bois et prairies de la région auront retrouvé le même écosystème qu’avant les incendies.




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