mardi 27 juin 2017

LE PRÉSIDENT BRÉSILIEN MIS EN CAUSE PAR LA JUSTICE


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LE PRÉSIDENT BRÉSILIEN PHOTO  EVARISTO SÁ
La requête judiciaire, formulée par le procureur général Rodrigo Janot, devenu l’ennemi juré des responsables politiques en délicatesse avec la loi, fait suite à une enquête lancée, à la mi-mai, pour « corruption passive », « obstruction à la justice » et « participation à une organisation criminelle ». Une procédure déclenchée par la divulgation de vidéos compromettantes et de l’enregistrement d’une étrange conversation tenue le 7 mars vers onze heures du soir entre le chef de l’Etat et un dirigeant d’entreprise véreux, Joesley Batista.

Selon le rapport du procureur, « entre les mois de mars et d’avril 2017, en sa liberté pleine et consciente, le président Michel Miguel Temer Lulia, se prévalant de sa condition de chef du pouvoir exécutif et de leader politique national, a reçu, par l’intermédiaire de Rodrigo Santos da Rocha Loures un bénéfice indu de 500 000 reais [135 000 euros] offerts par Joesley Mendonça Batista ».

Appui d’une partie significative du Congrès

DESSIN 
Au Brésil, M. Rocha Loures, député proche de Michel Temer et membre comme lui du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), est surnommé « l’homme à la mallette » depuis qu’il a été filmé en caméra cachée recevant dans une pizzeria de Sao Paulo une valise remplie de petites coupures. Au-delà de cette somme, le procureur évoque la remise de 38 millions de reais d’argent sale au président.

Pour être suivie d’effet, la demande du procureur doit être avalisée par deux tiers des députés du Congrès. Ce n’est que dans ce cas que la demande de mise en examen provoquerait la suspension immédiate du mandat présidentiel de Michel Temer jusqu’au jugement de la Cour suprême, qui pourrait confirmer ou infirmer les soupçons en provoquant le départ définitif ou le retour en grâce du chef de l’Etat.

À en croire les analystes, en dépit d’un faisceau d’indices accablants, le président a de fortes chances d’échapper à la sanction ultime. « La probabilité qu’il reste est de 70 % », calcule Joao Augusto de Castro Neves, du cabinet d’analyse de risques politiques Eurasia.

Rusé, habitué des tractations en coulisse, Michel Temer bénéficie de l’appui d’une partie significative du Congrès. Selon le site de suivi de l’actualité parlementaire Congresso em Foco, entre 240 et 250 députés lui sont fidèles. Soit bien davantage que les 172 nécessaires pour interrompre le cours de la justice.

Absence d’alternatives

Le cabinet Eurasia souligne encore que, au début de juin, le chef de l’Etat avait déjà échappé à la cassation de son mandat par la justice électorale à la suite de soupçons d’utilisation d’argent de la corruption pour le financement de la campagne présidentielle de 2014, qu’il avait menée conjointement avec Dilma Rousseff du Parti des travailleurs (PT, gauche)

« Le président a perdu toute légitimité. Il laissera au pays une marque infamante, mais le jeu politique lui permet de terminer son mandat », observe, dépité, Pablo Ortellado, professeur de gestion de politiques publiques à l’Université de Sao Paulo, évoquant un « pacte » conclu entre les élites politiques et économiques. Michel Temer, de fait, bénéficie de l’appui des milieux d’affaires qui redoutent de vivre une nouvelle période d’instabilité comparable à l’impeachment de Dilma Rousseff.

« Tous les entrepreneurs préfèrent continuer avec le président Michel Temer. Aujourd’hui la position est celle-ci : il est préférable de continuer et d’assurer la transition, avec le moins de turbulences possibles », a affirmé Robson Andrade, président de la Confédération nationale de l’industrie (CNI) au quotidien Folha de Sao Paulo.

Se vantant d’être capable de sortir le pays du gouffre économique, Michel Temer évoque les réformes structurelles – système de retraites, marché du travail – qu’il promet de mener à bien avant la fin de son mandat en décembre 2018 et souligne l’absence d’alternative. « Il n’y a pas de plan B, il nous faut continuer », a-t-il lancé, lundi.

« Soutenir Temer devient de plus en plus délicat »

Reste une atmosphère qui s’alourdit de jour en jour. Décrit comme « le chef de l’organisation criminelle la plus dangereuse du Brésil » par Joesley Batista, Michel Temer pourrait faire l’objet d’autres demandes de mise en examen déposées par Rodrigo Janot. L’une pour « obstruction à la justice », l’autre pour « participation à une organisation criminelle ». Sans compter de possibles rebondissements de l’opération « Lava Jato » (« lavage express ») cette opération judiciaire tentaculaire qui décime progressivement la vieille élite politique brésilienne de gauche comme de droite, mouillée dans les affaires de pots-de-vin.

« Soutenir Michel Temer devient de plus en plus délicat », pointe Sylvio Costa du site Congresso em Foco. Les élections parlementaires approchent et les députés pourraient redouter que leur appui au président ne se transforme en un « baiser de la mort», leur coûtant leur réélection. Moribond, le chef de l’Etat n’est plus approuvé que par 7 % des Brésiliens, selon un sondage Datafolha publié samedi 24 juin ; 76 % souhaiteraient qu’il démissionne, et 47 % disent avoir honte de leur pays, que certains comparent désormais à une république bananière.

lundi 26 juin 2017

AU CHILI, LA DIPLOMATIE ISRAÉLIENNE EN ORDRE DE BATAILLE CONTRE LE BDS ESTUDIANTIN


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CAMPAGNE PALESTINIENNE POUR LE BOYCOTT
ACADÉMIQUE ET CULTUREL D’ISRAËL
PHOTO BDS

Elles devaient se tenir le 5 juin, au département d’anthropologie de l’université Hurtado ainsi qu’à la faculté des sciences sociales de l’université du Chili, selon le BDS local.

Cependant, l’ambassade d’Israël au Chili postait le 9 juin une photo de Joe Uziel entouré du doyen de la faculté de sciences sociales et des directeurs du département d’anthropologie.

Elle annonçait par la même voie que le directeur de l’AAI avait donné plusieurs conférences à l’université des Andes, et à l’université catholique du Chili, supposée, dans ce dernier établissement avoir été empêchée par le BDS local.

FACEBOOK DE PROPAGANDE D’ISRAËL  
Comme une réplique, le 14 juin, l’ambassade annonçait, cette fois sur son compte Twitter, que le « recteur de l’université catholique du Chili et l’ambassadeur s’étaient accordés sur un agenda de travail conjoint » comprenant un renforcement de la coopération universitaire.

Entre les pressions du  BDS , et l’effort diplomatique de l’ambassade, la bataille autour d’Israël fait rage.

Déjà en mai dernier, l’Union des étudiants de la faculté de droit de l’Université du Chili avait voté une résolution interdisant toute interaction académique avec l’Etat d’Israël et ses citoyens.

Le Centre Simon Wiesenthal avait alors appelé le recteur de l’Université, Ennio Vivaldi Vejar, afin que celui-ci annule la résolution dite « plus proche de l’Inquisition que d’une institution qui prétend lutter contre la discrimination et encourager le dialogue international. »

« Un boycott accusant faussement l’Etat d’Israël d’apartheid pratique lui-même un apartheid contre Israël et ses partisans juifs et non-juifs », a déclaré le Dr Ariel Gelblung, représentant latino-américain du Centre.

« Le maintien de cette résolution présage la fermeture de liens académiques au gré des préjugés individuels ou collectifs basés sur la nationalité, la race, la religion ou le sexe – une situation impensable pour tous les campus et particulièrement pour une faculté de droit. »

Les étudiants ont voté à propos de deux questions. Lorsqu’on leur a demandé si les étudiants souhaitaient interdire « les activités impliquant la participation de fonctionnaires de l’Etat d’Israël ou financées par l’ambassade d’Israël à la faculté de droit, » 515 étudiants, soit 56,3 % d’entre eux ont voté oui, et 399 ou 43,6 % d’entre eux ont voté non.

A la question : « Etes-vous d’accord avec le fait que l’Université du Chili ne devrait pas maintenir des liens institutionnels avec les universités israéliennes qui contribuent directement à la violation des droits de l’Homme du peuple palestinien, » 582 étudiants, soit 64 % ont voté oui, et 327 étudiants, soit 36 % ont voté non.

La Fédération palestinienne du Chili a célébré les résultats du vote, le qualifiant de protestation des étudiants en droit contre « l’apartheid israélien ».

La communauté palestinienne au Chili est considérée comme la plus importante en dehors du Moyen-Orient. Au moins 300 000 Chiliens sont d’origine palestinienne, selon les rapports. Environ 15 000 Juifs vivent au Chili.

LE PRÉSIDENT BOLIVIEN S'EN PREND AU CHILI EN LE COMPARANT À ISRAËL


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LE PRÉSIDENT BOLIVIEN EVO MORALES,
LE 21 MARS 2017 À LA PAZ
PHOTO AIZAR RALDES
Les responsables boliviens en question ont été accusés de divers faits de trafics, de vols, et de détention illégale d’armes, et devront quitter le territoire chilien d’ici 30 jours. 

Morales a qualifié ces expulsions de « mort civile » qui, selon lui, est comparable aux actions israéliennes au Moyen-Orient.Le président bolivien est un farouche opposant de l’État hébreu. En juillet 2014, lors du conflit qui a opposé, à Gaza, le groupe terroriste Hamas et Israël, Evo Morales a placé l'État hébreu sur la liste des « pays terroristes » de Bolivie en signe de protestation. Dans une salve de tweets indiciaires, le président chilien s'en est également pris à Donald Trump, dénonçant le projet du mur qui vise à séparer les États-Unis du Mexique.

jeudi 22 juin 2017

CHILI: PRÈS DE 5 MILLIONS DE DOLLARS RESTITUÉS À LA FAMILLE DE L’ANCIEN DICTATEUR AUGUSTO PINOCHET

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DESSIN KAP (JAUME CAPDEVILA)
Santiago du Chili La justice chilienne a décidé mercredi la restitution à la famille de l’ancien dictateur Augusto Pinochet d’avoirs d’une valeur de près de 5 millions de dollars qui avaient été saisis dans le cadre d’une enquête.
« VOLEUR » GRAFFITI 
La Cour d’appel de Santiago a ordonné de «restituer les sommes et biens saisis à la famille d’Augusto Pinochet Ugarte» pour un montant total de 4 894 638 dollars qui avaient été gelés par la justice en 2004 lors d’une enquête sur des malversations et détournements de fonds publics.

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LUCÍA HIRIART, VEUVE D'AUGUSTO PINOCHET, ET SES DEUX
FILLES DURANT LES OBSÈQUES DE L'ANCIEN DICTATEUR.
PHOTO EITAN ABRAMOVICH
La saisie avait eu lieu dans le cadre de l’«affaire Riggs», une enquête sur la manière dont des responsables chiliens avaient aidé Augusto Pinochet à cacher une partie de sa fortune dans la banque Riggs aux États-Unis.

«Il n’est pas possible de maintenir la saisie (de ces biens) dans la mesure où l’auteur d’un éventuel délit de malversation est décédé», déclare le jugement émis mercredi, qui est susceptible d’appel.

Augusto Pinochet est décédé d’un infarctus en 2006 à l’âge de 91 ans. Ses héritiers sont son épouse Lucia Hiriart, âgée de 94 ans, et leurs cinq enfants.

LE GÉNÉRAL PINOCHET A TENU LE CHILI D'UNE
MAIN DE FER ENTRE 1973 ET 1990.  
PHOTO MARCO UGARTE
Le général Pinochet a dirigé de 1973 à 1990 une dictature au cours de laquelle 3 200 personnes ont été tuées ou ont disparu.

L’enquête de la justice chilienne sur d’éventuelles malversations a commencé après la découverte à la banque Riggs de Washington et dans d’autres établissements bancaires d’une centaine de comptes secrets sur lesquels Pinochet avait caché à partir de 1981 près de 20 millions de dollars, grâce à des manoeuvres financières complexes.

5 MILLIONS DE DOLLARS RESTITUÉS À LA FAMILLE PINOCHET
Pinochet utilisait pour ces opérations une série d’identités alternatives, des variantes de son nom comme Augusto P. Ugarte, A. Ugarte, José Ramon Ugarte et J.P. Ugarte, ainsi que des pseudonymes comme Daniel López ou John Long.

En 2005, la banque Riggs a reconnu avoir caché les comptes de Pinochet et a accepté de payer une amende de 16 millions de dollars.





mardi 20 juin 2017

LE PAPE AU CHILI ET AU PÉROU EN JANVIER 2018

DESSIN DE MICHEL KICHKA

Au Chili, le pape se rendra dans les villes de Santiago (centre), Temuco (sud) et Iquique (nord), et, au Pérou, à Lima, Puerto Maldonado (sud-est) et Trujillo (nord-ouest).

Ce sera le sixième voyage du pape François, en Amérique latine, son continent natal, compte tenu du voyage qu’il doit effectuer du 6 au 10 septembre en Colombie.

Un projet en Inde et au Bangladesh

Selon des proches du pape, François a exprimé le désir de ne plus effectuer plus d’un voyage dans cette région par an. Le projet d’un déplacement dans son pays natal, l’Argentine, est donc reporté au moins à 2019.

Sur l’agenda du pape, figure également un projet de voyage, à l’automne, en Inde et au Bangladesh. La semaine précédente, le cardinal Oswaldo Gracias, archevêque de Bombay et membre du C9, avait confié au National Catholic Reporter qu’il doutait de voir ce voyage se concrétiser cette année. 


Nicolas Sénèze, à Rome


samedi 17 juin 2017

DÉCLARATION DU GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE DE CUBA


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Le 16 juin 2017, le président des États-Unis, Donald Trump, dans un discours chargé d’une rhétorique hostile, qui a remémoré les temps de la confrontation ouverte avec notre pays, prononcé dans un théâtre de Miami, a annoncé la politique de son gouvernement envers Cuba qui fait faire marche arrière aux progrès faits ces deux dernières années, après que le 17 décembre 2014 les présidents Raúl Castro et Barack Obama aient annoncé leur décision  de rétablir les relations diplomatiques et d’entamer un processus de normalisation des liens bilatéraux.
Dans ce qui constitue un recul dans les relations entre les deux pays, Trump a prononcé un discours et signé au cours du même meeting une directive de politique appelée « Mémorandum Présidentiel de Sécurité Nationale sur le Renforcement de la Politique des États-Unis envers Cuba » prévoyant l’élimination des échanges en matière d’éducation « peuple à peuple » à titre individuel et un plus grand contrôle des voyageurs étasuniens à destination de  Cuba, ainsi  que l’interdiction des transactions économiques, commerciales et financières de compagnies étasuniennes avec des entreprises cubaines liées aux Forces Armées Révolutionnaires et aux services de renseignement et de sécurité, le tout avec le prétendu objectif de nous priver d’entrées de devises.

Le président étasunien a justifié cette politique avec de présumées préoccupations sur la situation des droits humains à Cuba et la nécessité d’appliquer rigoureusement  les lois du blocus, posant comme condition pour sa levée, ainsi que pour toute autre amélioration des relations bilatérales, que notre pays fasse des changements inhérents à son ordre constitutionnel.

Trump a également abrogé la Directive Présidentielle de Politique « Normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba », émise par le président Barack Obama le 14 octobre 2016, laquelle, quoique ne cachant ni le caractère interventionniste de la politique étasunienne ni l’objectif de faire avancer ses  intérêts concernant l’obtention de changements dans l’ordre économique, politique et social de notre pays, avait reconnu l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination  de Cuba et le gouvernement cubain comme un interlocuteur légitime et égal, ainsi que les bénéfices qu’aurait pour les deux pays et peuples une relation de coexistence civilisée malgré les grandes différences qui existent entre les deux gouvernements. Elle reconnaissait aussi que le blocus était une politique obsolète et qu’il devait être éliminé.

Une fois de plus le Gouvernement des États-Unis a recours à des méthodes coercitives du passé en prenant des mesures de renforcement du blocus, en vigueur depuis février 1962, qui, non seulement cause des dommages et des privations au peuple cubain et constitue un obstacle incontestable pour le développement de notre économie, mais qui porte atteinte aussi à la souveraineté et aux intérêts d’autres pays, soulevant la condamnation internationale.  

Les mesures annoncées dressent des obstacles supplémentaires aux très restreintes opportunités qu’avait le secteur des entreprises étasunien de commercer et d’investir à Cuba.

De plus, elles limitent encore plus le droit des citoyens étasuniens de visiter notre pays, un droit qui était déjà limité par l’obligation d’avoir recours à des licences discriminatoires, à des moments où le Congrès des États-Unis, comme un reflet de l’opinion de vastes secteurs de cette société, réclame, non seulement que l’on mette fin à l’interdiction de voyager, mais aussi que les restrictions sur le commerce avec Cuba soient éliminées.

Les annonces du président Trump sont en contradiction avec l’appui majoritaire de l’opinion publique étasunienne, y compris avec celui de l’émigration cubaine dans ce pays, à la levée totale du blocus et aux relations normales entre Cuba et les États-Unis.

Paradoxalement, le président des États-Unis, une nouvelle fois mal conseillé, prend des décisions qui favorisent les intérêts  politiques d’une minorité extrémiste d’origine cubaine de l’État de la Floride, qui pour des motivations mesquines ne renonce pas à sa prétention de punir Cuba et son peuple, car il exerce le droit légitime et souverain d’être libre et d’avoir pris en main son propre avenir.

Ultérieurement nous ferons une analyse plus approfondie de la portée et des implications de cette annonce.

Le gouvernement de Cuba dénonce les nouvelles mesures de renforcement du blocus, qui sont vouées à l’échec comme cela a été démontré de façon répété dans le passé, et qu’elles n’atteindront pas leur objectif d’affaiblir la Révolution et de faire plier le peuple cubain, dont la résistance aux agressions de tout type et origine a été prouvée tout au long de presque six décennies.

Le Gouvernement de Cuba rejette la manipulation à des fins politiques et le double standard concernant le thème des droits humains. Le peuple cubain jouit de droits et de libertés fondamentales et il montre des acquis dont il est fier et qui sont une chimère pour beaucoup de pays du monde y compris pour les États-Unis eux-mêmes, comme le droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, à un salaire égal pour un travail égal, les droits des enfants et le droit à l’alimentation, à la paix et au développement.

Avec ses ressources modestes, Cuba a contribué aussi à l’amélioration de l’exercice des droits humains dans beaucoup d’endroits dans le monde, malgré les limitations que lui impose sa condition de pays en proie à un blocus.  

Les États-Unis ne sont pas en mesure de nous donner des leçons. Nous avons de grandes préoccupations pour le respect et pour les garanties des droits humains dans ce pays, où il y a de nombreux cas d’assassinats, de brutalité et d’abus policiers, où l’on viole le droit à la vie comme résultat des morts avec des armes à feu, où l’on exploite le travail des enfants et où il existe de graves expressions de discrimination raciale ; où l’on menace d’imposer plus de restrictions aux services de santé, qui laisseraient 23 millions de personnes sans assurance médicale ; où il existe l’inégalité salariale entre hommes et femmes ; où l’on laisse en marge des émigrants et des réfugiés, en particulier ceux provenant de pays islamiques ; où l’on prétend dresser des murs qui dénigrent des voisins et où l’on abandonne les engagements internationaux pour préserver l’environnement et faire face au changement climatique.

Il y a aussi d’autres motifs de préoccupation comme les violations des droits humains commises par les États-Unis dans d’autres pays, comme les détentions arbitraires de dizaines de prisonniers sur le territoire qu’occupe illégalement la Base Navale de Guantánamo à Cuba, où l’on a même eu recours à la torture ; aux exécutions extrajudiciaires et les morts de civils causées par des bombes et l’utilisation de drones ; et les guerres déclenchées contre plusieurs pays dont l’Irak, justifiées avec des mensonges sur la possession d’armes d’extermination massive, aux conséquences néfastes pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région du Moyen Orient.

Rappelons que Cuba est État Partie de 44 instruments internationaux sur les droits humains, tandis que les États-Unis ne le sont que de 18, raison pour laquelle nous avons beaucoup à montrer, à dire et à défendre.

En confirmant la décision de rétablir les relations diplomatiques, Cuba et les États-Unis ont ratifié l’intention d’entretenir des liens respectueux et de coopération entre les deux peuples et gouvernements, basés sur les principes et sur les objectifs contenus dans la Charte des Nations Unies.

Dans sa déclaration, émise le 1er juillet 2015, le Gouvernement Révolutionnaire de Cuba a réaffirmé que « ces relations devront reposer sur le respect absolu de notre indépendance et de notre souveraineté ; du droit inaliénable de chaque État de choisir le système politique, économique, social et culturel, sans ingérence d’aucune sorte ; et l’égalité souveraine et la réciprocité, qui constituent des principes auxquels l’on ne saurait pas renoncer, du Droit International » tout comme l’a réaffirmé la Proclamation de l’Amérique Latine et les Caraïbes comme Zone de Paix, signée par les Chefs d’état et de gouvernement de la Communauté des États Latino-américains et Caribéens (CELAC), lors de son IIème Sommet, à La Havane.  Cuba n’a pas renoncé à ces principes et elle n’y renoncera jamais.

Le Gouvernement de Cuba réitère sa volonté de poursuivre le dialogue respectueux et la coopération dans des thèmes d’intérêt mutuel, ainsi que la négociation des questions bilatérales en suspens avec le Gouvernement des États-Unis. Il a été démontré ces deux dernières années que les deux pays, comme l’a signalé de façon réitérée le Président des Conseils d’État et des Ministres, le Général d’Armée Raúl Castro Ruz, peuvent coopérer  et coexister de façon civilisée, en respectant les différences et en promouvant tout ce pouvant profiter aux deux nations et peuples, mais l’on ne doit pas attendre que pour ce faire Cuba fasse des concessions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance ou qu’elle accepte des conditions d’aucune sorte.

Toute stratégie ayant pour objectif de changer le système politique, économique et social à Cuba, que ce soit celle qui prétende y parvenir à travers des pressions et d’impositions ou en ayant recours à des méthodes plus subtiles, sera vouée à l’échec.

Les changements qui s’avéreront nécessaires à Cuba, comme ceux qui ont été faits après 1959 et ceux que nous sommes en train de faire maintenant dans le cadre du processus d’actualisation de notre modèle économique et social, continueront à être décidés de façon souveraine par le peuple cubain.

Comme nous le faisons depuis le triomphe du 1er janvier 1959, nous assumerons n’importe quel risque et nous resterons fermes et sûrs dans la construction d’une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et  durable.

La Havane, le 16 juin 2017

HELMUT KOHL, LE CHANCELIER DE LA RÉUNIFICATION ALLEMANDE, EST MORT


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L'ANCIEN CHANCELIER ALLEMAND ET LE DÉFUNT PRÉSIDENT
PATRICIO AYLWIN EN 1991 À SANTIAGO DU CHILI
PHOTO EL MERCURIO

L'ancien chancelier Helmut Kohl, mort vendredi à 87 ans, restera dans l'histoire mondiale comme le chancelier de l'Allemagne réunifiée, l'imposant en quelques mois aux grandes puissances et la plaçant au cœur du projet européen.
HELMUT KOHL
PHOTO DPA
Malade et affaibli depuis plusieurs années, Helmut Kohl s'est éteint dans sa maison de Ludwigshafen (sud-ouest), écrit le journal Bild, très proche de celui qui détient le record de longévité à la chancellerie allemande (1982-1998) depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Quand à 52 ans il prend la tête, en 1982, du gouvernement de l'Allemagne de l'Ouest à la faveur d'un changement d'alliance au Parlement, il est encore l'objet de railleries pour son côté rustique et provincial et personne n'aurait parié que ce fils d'un fonctionnaire du fisc issu d'une famille de la petite bourgeoisie de Ludwigshafen entre dans la mémoire collective européenne Mais le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s'effondre subitement et le chancelier conservateur, alors contesté dans son propre parti (CDU), endosse, pour reprendre ses propres termes, « le manteau de l'Histoire ».

SIGNATURE PAR MIKHAÏL GORBATCHEV ET HELMUT KOHL
D'UNE DÉCLARATION COMMUNE (BONN, 13 JUIN 1989)
Et il va vite. Ce catholique pratiquant surprend en proposant dès le 28 novembre un plan en 10 points devant conduire à l'unification allemande.

Dans les mois qui suivent l'automne 1989 et la chute des régimes communistes européens, il parvient à obtenir du dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev qu'il retire d'Allemagne l'Armée soviétique. Il convainc aussi ses alliés américain, français et britannique inquiets à la perspective d'avoir de nouveau une grande Allemagne au cœur du continent.

Dans ses mémoires, il écrira s'être forgé sa conviction lorsque dans les rues d'Allemagne de l'Est le slogan des protestataires « Nous sommes le peuple » s'est mué en « Nous sommes un peuple ». Cette ambition se réalise le 3 octobre 1990 : l'Allemagne est de nouveau une. Passée l'euphorie, Helmut Kohl doit faire face au défi d'intégrer une ex-RDA à l'économie ruinée et sans expérience de la démocratie. La facture de la réunification prend des proportions énormes, 100 milliards d'euros au total, selon une étude de l'université libre de Berlin de 2009. Les difficultés économiques joueront un rôle non négligeable dans sa défaite électorale en 1998 face au social-démocrate Gerhard Schröder.

LES GROS TITRES DE LA PRESSE
QUOTIDIENNE ALLEMANDE HONORENT
LE CHANCELIER DE L'UNITÉ
« Retarder l'unification aurait eu un coût politique et économique beaucoup plus lourd que le fardeau financier que nous avons accepté de porter avec la réunification accélérée », martelait-il néanmoins en 1996. « L'unité de l'Allemagne et celle de l'Europe ne sont que les deux faces d'une (même) médaille », plaidait-il.

Fervent partisan de l'extension à l'est du projet européen, il est aussi avec son ami le président français François Mitterrand l'architecte du nouveau visage de l'Union européenne avec le Traité de Maastricht (1992) et l'introduction de l'euro, actée en 1999.

En 1984, l'image des deux hommes se tenant par la main sur l'ancien champ de bataille de Verdun pour le 70e anniversaire du déclenchement de la Première guerre mondiale était devenue un symbole d'une Europe pacifiée. La construction européenne et le moteur franco-allemand comptaient d'autant plus pour Helmut Kohl qu'il était né dans une Rhénanie meurtrie par les combats entre les deux pays. La fin de sa carrière a cependant été ternie par le scandale des caisses noires de son parti. Il finira par reconnaîtra avoir recueilli pour la CDU des dons occultes. Angela Merkel, qui avait appris la politique dans son ombre, profita de l'épisode pour l'évincer.

Selon une biographie non-autorisée, il n'a guère pardonné à la chancelière, disant qu'avant de le rencontrer elle « ne savait même pas manger avec un couteau et une fourchette ». Plus récemment, en avril 2016, Kohl a dénoncé la politique d'accueil de Mme Merkel qui permit l'arrivée de 1,1 million de migrants en 2015. Il reçut aussi Viktor Orban, Premier ministre hongrois et farouche détracteur de la chancelière.

Retiré de la vie publique depuis 2002, l'ancien chancelier est néanmoins resté assez discret notamment en raison de lourds problèmes de santé : en 2009, alors qu'il était déjà cloué dans un fauteuil roulant depuis une fracture de la hanche, un accident vasculaire cérébral lui avait paralysé le bas du visage et rendu l'élocution difficile. Les soubresauts de sa vie privée, étalés dans divers livres et journaux allemands - brouilles avec ses enfants, polémique sur le rôle de sa nouvelle femme, la manière dont il a traité sa première épouse malade, Hannelore, qui s'est suicidée en 2001 - ont achevé d'assombrir ses dernières années.

vendredi 16 juin 2017

M. TRUMP RAVIVE UN CLIMAT DE GUERRE FROIDE AVEC CUBA

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CUBA (AMÉRIQUE CENTRALE) : L’OMBRE DE DONALD TRUMP PREND
LA FORME D’UN GOURDIN PERCÉ D’UN ÉNORME CLOU
DESSIN RAMSES MORALES

Le président américain a décidé d’annuler l’accord avec Cuba, conclu par son prédécesseur, et dénonce le caractère « brutal » du régime Castro. 
Donald Trump a magnifié le passé dans la capitale des anticastristes, Little Havana, à Miami, vendredi 16 juin. Célébrant les grandes heures et les figures de la lutte contre le régime cubain, en commençant par un hommage aux rescapés de la désastreuse expédition de la baie des Cochons, en 1961, le président a annoncé devant un public conquis une révision de la politique d’ouverture envers Cuba engagée par son prédécesseur, Barack Obama, en décembre 2014.

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LA HAVANE, LE 16 JUIN 2017. UN TÉLÉVISEUR DIFFUSE L’ANNONCE PAR
DONALD TRUMP DE LA RÉVISION DE LA POLITIQUE D’OUVERTURE ENVERS CUBA
PHOTO RAMON ESPINOSA
« Marché inéquitable »

M. Trump a évoqué « l’annulation » du « marché totalement inéquitable » conclu par le démocrate avec un « régime militaire » qualifié de « brutal ». « Il n’aide pas les Cubains et profite au régime », s’est-il justifié. Mais la virulence de ses paroles évoquant la restauration d’un climat de guerre froide n’a pu masquer le maintien d’une bonne partie des mesures prises jusqu’aux derniers mois de la présidence de son prédécesseur. Il n’a ainsi pas été question de revenir sur la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, même si l’ambassade des Etats-Unis à La Havane risque de ne pas être dotée d’un titulaire avant longtemps.

La volonté de M. Trump de revenir en arrière devrait se limiter pour l’instant à l’interdiction du tourisme pour les citoyens américains et au ban de toute forme de transaction pour les entreprises américaines avec des entités liées au régime, qui contrôle les principaux pans de l’économie nationale. M. Trump a rappelé également que l’embargo qui pèse sur l’île serait maintenu, une évidence compte tenu du fait que le Congrès, souverain en la matière, est entièrement contrôlé par le Parti républicain. Le Grand Old Party était majoritairement hostile à la politique d’ouverture de M. Obama.

Libération des « prisonniers politiques »

Pour justifier son revirement, M. Trump a avancé un thème absent de ses discours depuis son arrivée à la Maison Blanche : les droits de l’homme. Le président a ainsi subordonné une nouvelle normalisation à la libération des « prisonniers politiques » et à l’expulsion de personnes recherchées par la justice américaine depuis des décennies. Il a appelé également au respect par le régime cubain de la liberté d’association et d’expression, à la légalisation de tous les partis politiques et à l’organisation d’élections libres sous supervision internationale. Il a précisé que ces exigences valaient également pour le Venezuela.

L’attachement soudain de M. Trump à ces droits a tranché avec le silence qu’il a observé sur ce point le 3 mars en recevant à la Maison Blanche le président d’Egypte, Abdel Fattah Al-Sissi, artisan d’une répression implacable dans son pays. M. Trump s’est montré tout aussi silencieux lors de la visite rendue du 20 au 22 mai en Arabie saoudite, un autre pays régulièrement épinglé pour son mépris des libertés fondamentales.

Alors que les enquêtes d’opinion ont mis en évidence de manière répétée le soutien apporté aux Etats-Unis par les personnes interrogées à la politique d’ouverture de M. Obama, une opinion partagée par de nombreuses grandes entreprises américaines, M. Trump a semblé privilégier vendredi l’électorat américano-cubain le plus conservateur, qui a contribué en novembre à sa victoire en Floride. Après l’environnement et l’immigration, le dossier cubain apparaît comme un levier pour mobiliser sa base, alors que l’impopularité de son action à la Maison Blanche atteint de nouveaux sommets.


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ÉTATS-UNIS. TRUMP DURCIT LA POSITION AMÉRICAINE VIS-À-VIS DE CUBA


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LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN DONALD TRUMP EXPLIQUE SA POLITIQUE
CUBAINE, À MIAMI, EN FLORIDE, AUX ETATS-UNIS, LE 16 JUIN 2017
PHOTO JOE SKIPPER

Le président Trump revient ainsi sur une des initiatives les plus symboliques de son prédécesseur, Barack Obama, le rapprochement engagé avec le leader cubain Raúl Castro en 2014. Il tient une promesse qu’il avait faite durant sa campagne à la communauté cubaine exilée de Miami. Selon l’administration américaine, cette directive doit pousser le régime castriste à respecter davantage les droits de l’homme.

Un objectif qu’il est peu probable de voir atteint, estime l’éditorialiste Andrés Oppenheimer dans El Nuevo Herald, le journal hispanophone de Miami :

« Ce cocktail de mesures ne fera que donner de nouveaux arguments au régime cubain pour se proclamer victime de ‘l’agression yankee’, et de surcroît lui servira d’excuse pour différer toute réforme vers plus de démocratie. »
Moyen terme

LES DRAPEAUX DES ÉTATS-UNIS
ET DE CUBA À LA HAVANE EN 2016.
PHOTO YAMIL LAGE
Les mesures qu’annoncera aujourd’hui le dirigeant américain ne constituent cependant pas un renversement complet du dégel des relations entre Washington et La Havane, note The New York Times. Les ambassades qui ont rouvert dans les deux capitales en 2015 ne seront pas fermées. Donald Trump ne rétablira pas non plus la politique dite “pieds secs, pieds mouillés”, qui offrait des visas aux Cubains mettant un pied sur le sol américain.

Le président adopte ainsi un moyen terme entre le durcissement prôné par des parlementaires d’origine cubaine comme le sénateur Marco Rubio et la poursuite de l’ouverture défendue par des milieux d’affaires et des défenseurs des droits de l’homme, explique le journal.

Les journaux américains partagés

Dans la presse américaine, les réactions sont contrastées. “Trump a raison de faire payer Cuba pour son intransigeance”, estime dans son éditorial le Miami Herald. Bien que favorable au dégel initié par Obama, le journal juge que depuis 2014 “les États-Unis ont fait la plupart des concessions, tandis que La Havane a donné très peu en retour, particulièrement dans le domaine des droits de l’homme”.

Un argument qui ne convainc pas The Boston Globe. “Ce que l’administration Trump semble oublier, c’est que cinq décennies de politique d’isolement et de sanctions envers Cuba […] n’ont pas plus contribué à faire pencher la balance en termes de changement politique.” Le quotidien souligne aussi le soutien massif de la population américaine à l’ouverture vers Cuba, à l’exception “d’un très petit groupe de Cubains-Américains âgés et jusqu’au-boutistes, les anticastristes de Miami”.

À Cuba, la désillusion

À La Havane, les passants ne semblent guère anxieux de connaître  les projets finaux de Donald Trump pour l’île, constate le site Cubanet, qui s’interroge sur “ce qu’attendent les Cubains de Donald Trump.” En réalité, croit deviner le journal, “les Cubains aimeraient pouvoir accorder de l’importance aux annonces de Donald Trump. Mais ce que décide un président des Etats-Unis a ici un impact si nul sur le quotidien qu’en fin de compte, cela ne les intéresse pas.” Rien d’étonnant à cette feinte indifférence, qui contraste avec la joie qu’avait exprimée la population de l’île en décembre 2014 à l’annonce du réchauffement des relations entre les deux nations. “Une fois dissipée la fascination provoquée par la visite du président Obama en 2016, tout le pays est revenu à sa tortueuse normalité”, conclut le site.

lundi 12 juin 2017

MANU CHEZ VENTE PRIVÉE


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FRANCE - RÉSULTATS LÉGISLATIVES 2017: EN FONCTION DES POURCENTAGES D'INSCRITS


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RÉSULTATS LÉGISLATIVES 2017: L'AUTRE FAÇON
DE VOIR LES SCORES DU 1ER TOUR, C'EST CELLE
QUI INCLUT LE TAUX DE PARTICIPATION
YOANN FERRET


LÉGISLATIVES 2017 - S'il fallait retenir un chiffre de ces élections législatives, c'est le pourcentage de l'abstention. Selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur, 51,29% des électeurs ne sont pas allés voter. 
GRAPHIQUE MIS À JOUR AVEC LES DERNIÈRES DONNÉES EN DATE
DU MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR. DES VARIATIONS À LA MARGE.
YOANN FERRET
Face à ce chiffre record sous la Vème République, un internaute, Yoann Ferret, a eu l'idée de représenter l'abstention dans un camembert. Un graphique qui met en perspective le raz-de-marée du mouvement La République en Marche (LREM) qui décrocherait entre 390 et 460 sièges à l'Assemblée nationale, avec 32,32% des suffrages.

Avec ce graphique, partagé et aimé près de 3000 fois en trois heures sur Twitter, son auteur a en fait placé les scores des partis en fonction des pourcentages d'inscrits, et non pas des pourcentage exprimés.

Le suffrage exprimé correspond à un vote enregistré qui n'est ni nul ni blanc. Le nombre de votes exprimés, ou nombre de voix, détermine le résultat final de l'élection qui seront pris en compte par les candidats et les médias.

Le nombre d'inscrits en revanche constitue le nombre total d'électeurs inscrits sur les listes électorales. Lors de cette élection législative, si 44.442.823 Français sont inscrits, ils n'ont été que 21.577.033 à s'exprimer dans l'urne. 48,71% des inscrits ont voté.


Avec ce camembert, les scores des partis politiques présents lors de ces législatives sont représentés comme si l'abstention était comptabilisée dans ce scrutin. Ainsi, LREM d'Emmanuel Macron ne décroche seulement 13,43% des voix chez les inscrits, contre 28,21% en suffrages exprimés (32,32% avec ses alliés du MoDem). De la même manière que les Républicains, arrivés second du 1er tour avec 15,77% des voix des suffrages exprimés (21,56% avec ses alliés UDI/DVD) qui n'ont été plébiscités que par 7,51% des inscrits.