dimanche 16 septembre 2018

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’OEA N’EXCLUT PAS UNE « INTERVENTION MILITAIRE » AU VENEZUELA


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LUIS ALMAGRO LORS D’UNE VISITE À CUCUTA,
PRINCIPAL POINT D’ENTRÉE DES VÉNÉZUÉLIENS
EN COLOMBIE, LE 14 SEPTEMBRE.
PHOTO CARLOS EDUARDO RAMIREZ / REUTERS
Luis Almagro, le dirigeant de l’Organisation des États américains (OEA) [une sorte de ministère des colonies des États-Unis], a dit ne pas écarter une « action » pour « renverser le régime de Nicolas Maduro ».
LUIS ALMAGRO 
LE POUSSE AU PIRE 
DESSIN 
CRISTIAN MOREIRA
Le Monde
Le secrétaire général de l’Organisation des États d’Amérique (OEA), Luis Almagro, a déclaré, vendredi 14 septembre, qu’il ne fallait pas exclure « une intervention militaire » au Venezuela pour « renverser» le gouvernement de Nicolas Maduro, responsable de la grave crise économique, humanitaire et migratoire que traverse le pays.

Lors d’une conférence de presse dans la ville colombienne de Cúcuta, principal point d’entrée des Vénézuéliens en Colombie, près de la frontière avec le Venezuela, M. Almagro a déclaré :
« En ce qui concerne une intervention militaire visant à renverser le régime de Nicolas Maduro, je pense que nous ne devons exclure aucune option. »
Le dirigeant de l’OEA, que le président Maduro accuse d’« ingérence », a soutenu sa déclaration en faisant état de « violations des droits de l’homme » et de « crimes contre l’humanité » commis selon lui par le gouvernement vénézuélien contre son peuple.
« Devant la souffrance des gens, devant l’exode [de la population] qu’il [le gouvernement vénézuélien] a provoqué, des actions diplomatiques doivent tout d’abord être menées, mais nous ne devons exclure aucune [autre] action. »
« Inadmissible »

M. Almagro, qui achève vendredi une visite de trois jours en Colombie pour s’informer de la vague migratoire des Vénézuéliens, a remis en cause la « dictature » de Nicolas Maduro pour avoir refusé de recevoir une aide humanitaire face à la grave crise économique qui frappe le pays. Il a affirmé que le pouvoir vénézuélien utilisait « la misère, la faim, le manque de médicaments et des instruments répressifs pour imposer sa volonté politique au peuple ». « C’est inadmissible », a-t-il dit.

Les Vénézuéliens, étranglés par la crise économique, souffrent de pénuries qui touchent les produits de première nécessité, notamment les médicaments et les produits alimentaires. Selon l’ONU, sur les 2,3 millions de Vénézuéliens vivant à l’étranger, plus de 1,6 million ont fui depuis 2015.

Onze pays d’Amérique latine, réunis pour la première fois la semaine dernière pour discuter de la « crise des migrants vénézuéliens», ont appelé Caracas à accepter l’aide humanitaire pour endiguer cet afflux qui déstabilise les capacités d’accueil de la région.