dimanche 21 octobre 2018

L’ÉGLISE DU CHILI CONDAMNÉE À INDEMNISER TROIS VICTIMES D’UN PRÊTRE



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JAMES HAMILTON, JOSÉ ANDRÉS MURILLO, JUAN CARLOS CRUZ
ET VINKA JACKSON DES VICTIMES D'ABUS SEXUELS
PHOTO ÁLVARO DE LA FUENTE
La justice a condamné l’Église catholique à verser l’équivalent de 580 000 euros à trois victimes d’abus sexuels commis par un ancien prêtre, Fernando Karadima.
Le Monde.fr avec l'AFP
PHOTO LUIS HIDALGO  
Trois victimes d’abus sexuels ont annoncé avoir obtenu gain de cause contre l’Église catholique chilienne dimanche 21 octobre. La justice chilienne a condamné l’institution à verser des indemnités de 450 millions de pesos, soit 580 000 euros environ, à Juan Carlos Cruz, José Andrés Murillo et James Hamilton. Tous trois poursuivaient en justice l’Église pour négligence et pour avoir couvert les dénonciations d’abus sexuels visant Fernando Karadima.


Le pape François a réduit le mois dernier à l’état laïc cet ancien prêtre, qui a été condamné pour pédophilie. Cette affaire avait empoisonné le voyage du chef de l’Eglise catholique au Chili en janvier.

 ILLUSTRATION  SYLVIE SERPRIX 
« Nous nous réjouissons profondément, le chemin a été très long (…) Cette décision doit représenter la fin de l’impunité en matière d’abus sexuels de la part du clergé », ont souligné les trois victimes dans un communiqué. L’Église catholique chilienne peut encore interjeter appel devant la Cour suprême du pays.


Plus d’une centaine d’enquêtes ouvertes

Fernando Karadima, 88 ans, avait été suspendu à vie de ses fonctions par le Vatican en 2011, après avoir été condamné pour abus sexuels perpétrés sur des mineurs dans les années 80 et 90 dans une paroisse de Santiago.

À ce jour, le pape François a accepté la démission de sept évêques chiliens.

Les enquêtes judiciaires pour agressions sexuelles présumées commises par des membres de l’Eglise sur des mineurs et des adultes depuis les années 1960, ou pour avoir couvert de tels actes, se multiplient au Chili depuis la visite du pape et sont actuellement au nombre de 119.

 ILLUSTRATION  SYLVIE SERPRIX 
Au début d’août, les évêques chiliens se sont excusés d’avoir « manqué à leurs devoirs de pasteurs » et de ne pas avoir « écouté, cru, reçu ou accompagné les victimes des graves péchés et des injustices commises par les prêtres et par les membres de l’Eglise », au terme d’une assemblée extraordinaire de la Conférence épiscopale.