lundi 20 août 2018

CHILI: L'AVORTEMENT RESTE L'EXCEPTION MALGRÉ LA LOI


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

DES ÉLUES CHILIENNES DES PARTIS SOCIALISTE ET COMMUNISTE
MANIFESTENT LEUR SATISFACTION APRÈS L'APPROBATION DE LA
LOI AUTORISANT L'AVORTEMENT THÉRAPEUTIQUE, LE 2 AOÛT 2017.
UN AN APRÈS, SEULEMENT 360 AVORTEMENTS LÉGAUX ONT ÉTÉ PRATIQUÉS.
PHOTO RODRIGO GARRIDO
Au Chili, cela fait un an que les femmes ont accès légalement à l'avortement, après 30 années d'interdiction totale. Pourtant, un rapport publié ce lundi par la FIDH et l'Observatoire citoyen tire la sonnette d'alarme : dans les faits, 97% des femmes chiliennes continuent d'être privées du droit à l'avortement.
Avant la loi de 2017, entre 70 000 et 160 000 chiliennes auraient eu recours chaque année à des avortements clandestins. Mais selon le rapport que publient ce lundi la FIDH et l'Observatoire citoyen, depuis l'entrée en vigueur de la loi, seulement 360 avortements légaux ont été pratiqués dans le cadre de cette loi, sur plus de 70 000 avortements clandestins.

Pourquoi cette situation ? Deux raisons principales. D'abord la loi en elle-même, qui n'autorise l'avortement que dans trois cas : quand la grossesse représente un risque pour la femme enceinte, quand le foetus est déclaré « non viable » et lorsqu'il y a viol. Dans tous les autres cas, l'avortement reste interdit.

Obstacles

Deuxième raison : les obstacles. En plus de restreindre les possibilités de recours à l'IVG, la loi a mis en place une série de contraintes : des délais très courts, un accès à l'information inexistant et la possibilité qu'ont les médecins de refuser l'avortement par conscience morale ou religieuse.

« Les dernières mesures prises par les autorités chiliennes concernant l’objection de conscience semblent davantage conçues pour ne pas appliquer la loi plutôt que pour garantir l’accès à l’avortement légal et sûr dans les trois situations prévues », déplore Elsie Monge, vice-présidente de la FIDH.

Au Chili, l'avortement reste donc l'exception et l'interdiction la norme. Et des associations féministes préviennent : de nouveaux décrets pourraient venir encore renforcer davantage le champ des restrictions.